‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériques, surtout dans ses applications à l'anatomie pathologiqueChapitre 3 sur 85 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

Ballie (1), Laenuec, Dupaytreii, Breschet, Cruveilhier (1" vol. deVAnatomie pathologique, etc.), Louis, Àndral, Bouillaud, Rayer, Carswel, Lobslein, Vogel, Rokitansky, Rayer (2) et autres, a L'anatomie pathologique est une science, et ses lésions sont assujetties à des lois certaines. » (Cruveilhier.) — « C'est la science de l'organisation morbide, de même que i'anatomie physiologique est la science de Torganisation normale^ Elle a pour objet l'étude et la dé termina tion de toutes les lésions matérielles dont les êtres organisés sont susceptibles. » (Id., Traité d'anat pàth, génér;) — « Les caractères analomiques doivent être la base de la détermination des espèces morbides : on les puise dans la conformation extérieure et dans la texture des organes malades. » (Id.,p. 43.) — « Les espèces morbides ne se transforment pas les unes dans les autres. » (ïd.,p. 51.)

Aujourd'hui, et sans parler de ses autres utilités, notamment pour les notions physiologiques (p. 282, sq.) (3), la nécropsie, critérium du diagnostic, est le contrôle et le complément in-

(1) The morbid, etc., 1793.

(2) Sommaire d'une hist. abrégée de l'anût, pathologique. Voyez aussi l'article Anatomie pathologique dans les deux nouveaux Dictionnaires de médecine.

(3) Nous pourrions mentionner quelques-unes des expériences qu'on peut faire sur le cadavre, même avant qu'il soit porté aux amphithéâtres de dissection, par exemple les recherches de M. Villemin (Àcad. de méd., 5 décembre 1865), prenant de la matière tuberculeuse dans le poumon pour l'inoculer aux animaux, et montrer qu'elle constitue un virus. Ainsi encore M. Pforry ( Courrier médical j 13 et 18 janvier 1866 ) établit que si le plessimétrisme de l'aorte, avant l'ouverture du corps, donne un son hydrique, c'est que ce gros vaisseau n'est pas vide de liquide, ne contient pas d'air, comme le veut l'ancienne opinion sur la vacuité des artères principales ; le sang ne s'écoule que par l'ouverture préalable du cœur, et nullement si le vaisseau est lié avant cette vacuité relative.

Parmi les erreurs de ce genre que la nécropsie non raisonnée tendrait à faire admettre, et que peut rectifier le plessimétrisme pratiqué pendant la vie, on peut citer : l'état matériel du poumon, la position du cœur, de la rate ; les rapports existant entre les divers organes contenus dans le thprax ou l'abdomen.

Nous sommes heureux d'avoir à constater dès l'abord, qu'il existe aussi des écueils dans les données nécroscopiques, et qu'il ne faut pas toujours se hâter de conclure de la mort à la vie. Par exemple, la coupe d'un muscle vivant est toujours alcaline, le suc musculaire ayant une réaction basique par les sels de soude qu'il contient ; la coupe d'un muscle mort est acide.

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