‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériques, surtout dans ses applications à l'anatomie pathologiqueChapitre 4 sur 85 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

dispensable de toute observation médicale ou chirurgicale bien prise. Les observations sont dites incomplètes, quand, le sujet n'ayant pas succombé, ou bien ayant été soustrait par quelque circonstance à nos recherches cadavériques, elles n'ont pas été suivies d'une description des lésions anatomiques. Sans doute, nous nous représentons bien le plus souvent, d'après la description des symptômes, l'aspect que doivent offrir les parties, quand ces désordres ont été déjà révélés par beaucoup de nécropsies antérieures faites avec soin : néanmoins la curiosité légitime du lecteur se révolte toujours du doute que laisse à l'esprit l'absence des constatations />05^ mortem ; et, d'ailleurs, l'excuse précédente ne saurait être toujours applicable : ainsi, deux opérations de hernie étranglée, vérifiées sur le mort, ne se ressemblent presque jamais. Nous ne sommes heureusement plus à l'époque aphoristique où Pinel ne voyait rien à répondre à l'auteur des Phlegmasies chroniques, qu'en lui reprochant la longueur de ses observations, qu'on trouve toujours trop courtes de nos jours. « Sabrez, sabrez » (1), disait Pinel à son ancien élève devenu médecin militaire distingué, au point que celui-ci, confiant encore dans l'infaillibilité de son maître, avait consenti à mutiler son ouvrage en plus d'un point. Aujourd'hui, loin de faire le reproche que Pinel adressait à Broussais, tout chef de service est disposé à enseigner que, pour une observation bien prise, il faut le contrôle de la nécropsie. Dans celle- ci, on ne saurait jamais trop préciser, on doit même relater aussi bien les symptômes positifs que les négatifs, — non pas sans doute tous les phénomènes négatifs, ce qui rendrait la relation d'une longueur fastidieuse et la surchargerait de détails inutiles, entre lesquels les faits réels seraient comme perdus, mais en tenant un juste milieu , en s'arrêtant sur les signes que le lecteur peut s'attendre à trouver afiSrmatifs.

L'histoire des affections morbides est donc incomplète quand on en sépare l'altération des organes affectés, et l'examen anatomique, seul ou aidé du microscope, vient souvent redresser les erreurs ou lever les doutes de la clinique. En un mot, toute thèse nosologique réclame la sanction anatomo-pathologique, comme l'a dit le regrettable Legendre : c'est par l'altération des organes que l'on doit caractériser et spécifier la maladie. Aussi le médecin doit-il presque toute sa vie interroger les

(1) Voyez Éloge de Broussais, par M. Bérard (séance publique de la Faculté de méd., 4 novembre 1839).

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