EXAMEIN EXTÉRIEUR DU CADAVRE
bonpoint, les tumeurs, marques, signes ou taches naturels , de naissance, accidentels (cicatrices), factices (talouage), ou de profession (durillons des mains, pulpe des doigts, etc.) (< ), la couleur et l'état des cheveux, de la barbe, des yeux, dés dents, Tâge approximatif, — en un mot, tout ce qui peut servir à établir l'identité.
Dans tous les cas, on examinera, sans préjudice d'une vériOcation plus attentive, Técumedela bouche, la couleur des lèvres, rétat de la langue, — tuméûée dans certaines asphyxies (2), — de la bouche, du nez, des yeux, des oreilles (3), du cou, des ongles, — les ongles peuvent contenir du sable, chez les asphyxiés par submersion, — des mains, — écorchées, présentant des contusions, etc. — On indiquera la rigidité des membres et des articulations, l'emphysème du corps dû à la fermentation putride, les caractères de la putréfaction. S'il y a trace de liens ou de violences, taches de sang (4), blessures (5), il faudra le constater sur les lieux , se réservant encore de compléter plus tard cette description superficielle. On cherchera également si les blessures paraissent faites par un instrument piquant, tranchant, contondant; si elles ont été pansées, comment elles Ton t été, combien de temps s'est écoulé depuis la mort ; quelle a pu être la durée du séjour du cadavre dans Teau, dans les fosses d'aisances, etc. (6).
(1) H nous faudrait passer ici en revue toutes les marques de profession : plaies sphacéliques avec induration sur les parties latérales des doigts ou des orteils et éruptions pustulo-ulcéreuses sur les bras chez les ouvriers qui travaillent aux chromâtes (Académie de médecine^ 29 décembre 1863, M. Delpech); — eczéma des mains chez les chauffeurs par suite de la chaleur du foyer et du contact du charbon ; — piqûres multiples des doigts chez les couturières, etc.
(2) Et dans quelques cas de suicide par explosion d'arme à feu dans la bouche.
(3) On a signalé la rupture de la membrane du tympan chez les pendus (Littré, Traité de chirurgie du docteur Wilde, p. 326) ; dans certains cas de pendaison, on a noté des hémorrhagies de l'oreille.
{^) Inspection des armes, des vêtements, des taches de sang, voyez Casper, 1. 11; examen des taches de sang^ Briaud et Gbaudé, p. 358; Devcrgie; Ortila, t. Il, p. 609. Des taches au point de vue médicolégal ^ par le docteur Gosse, Ï863.
(5) Examen médico-légal et classification des blessures, Briand et Chaude, p. 353; Orfila, t. II, p. 443.
(6) Vçyez, pour ces dcmiores questions, Brinnd et Chaude; p. 372ft273 Gaspçr, Orfila, Devergie.
22 CONSIDÉRATIONS PflÉLlMïNAlRESi
S'il y a plusieurs individus tués, il faut s^efforcer de préciser queite a été la première victime (1).
Ecmmen après la levée. — Le cadavre, placé sur une civière, sera porté sans secousses, par des gens affidés et sous la surveillance de l'expert, dans une salle bien éclairée, où Ton procédera, s'il y a lieu, à un examen extérieur plus complet, avant de fdire Touverture. C'est ici surtout que commence l'œuvre du médecin requis, une grande partie de Tinspection cadavérique dont il a été question jusqu'ici pouvant être dévolue à Tofficier judiciaire (2).
L'expert fera déshabiller avec soin le sujet, notant l'état dès vêtements avant de les laisser mettre sous scellés ; autant que possible, il ne devra pas toucher aux scellés apposés, du moins sans l'indiquer dans son rapport.
Le corps mis à nu et lavé aux endroits où il pouvait être souillé, on considère à nouveau Tétat de la peau, l'impression des liens sur répiderme, les contusions, excoriations, piqûres, ou autres blessures, — dont on déterminera soigneusement le siège, la forme, la largeur, la direction, la profondeur, avec le doigt, une sonde, un stylet boutonné, et, ultérieurement, en disséquant la plaie.
11 faudra tenir compte des lividités et vergetures cadavériques ^ — indiquant le côté sur lequel le sujet po>ivait être appuyé au moment de Taccident et depuis, — stigmates de la mort qu'il est utile de bien savoir distinguer des ecchymoses dues à Textravasation du sang dans le tissu cellulaire sous-cutané.
L'expert examinera ensuite la forme et Tétat des membres; il les palpe pour constater les fractures ou luxations possibles. Il véri&e la mobilité de la tète sur le cou et passe soigneusement en revue toutes les cavités de la face.
Il regarde atientivement le cou, le thorax, qull suffira parfois de presser pour faire refluer certains liquides par la bouche ou le nez. — On pourra parfois arriver au même résultat en met* tant le cadavre la tête en bas. — Il constate le volume et l'état des mamelles, cherchant si la pression en fait sortir du lait. Il nota
(1) Voyez, sur ce sujet, une bonne notice d'Orfila, DicHonn* en 30, art. Cadavre^ partie intitulée Médecine légale,
(2) Nous ne parlerons ni des cas d'exhumation, renvoyant aux traités précitésj notamment à Orfila, t. II, p. 58-114, ni des morts spéciales (asphyxies diverses), ni des empoisonnements et de la recherche des poisons (Briand et Chaude, p. A73 et suiv. et 5âl-72Â). Ou se reportera en général pour ces diverses questions aux auteurs classiques que nous avons déjà mentionnés dans cet aperçu médico-légal. |
OUVERTURE DES (ÎOHPS. 2S
la forme et Taspect du ventre, les rides de l'abdomen, chez une femme inconnue particulièrement, les plicatures de Faine. On termine enfin par Texamen de l'anus (1 ), et surtout dt*s organes génitaux externes, — chez la femme notamment, et chez les sujets qu'on soupçonne morts par strangulation, une demi-érection de la verge avec sortie de fluide prostatique ou spermatique ayant été signalée dans ce cas.
L'examen extérieur terminé, on pourra passer à l'ouverture du cadavre.