OUVERTURE DU CANAL RACHIDIEN
Cisailles de M. Ludovic Birschfeld. — Cet instrument (ûg. 37) se compose d'un double levier muni d'une branche B qu'on introduit dans le canal rachidien au niveau de la cinquième vertèbre
Fig. 37.
lombaire, après y avoir fait une section suffisante. Cette branche B est fenêtrée de manière à recevoir le tranchant A ou F. qui est indépendant et qui doit couper chaque lame vertébrale sans qu'il soit besoin d'une forte pression.
Dans beaucoup de bottes d'amphithéâtre il existe, pour ouvrir le canal vertébral, un instrument qui porte le nom de racMtome d'AmMssat et qui est représenté ici fig. 38. Le dos de cet instru-
Fig. 38.
ment est assez large pour qu'on puisse le frapper fortement avec un marteau ; sa lame, tranchante, est portée successivement d'une lame vertébrale à la suivante. Cet instrument est le plus employé après la soie.
Scies-rachi tomes. — Il existe deux scies-rachitomes, ou rachitomes proprement dits. Le rachitome simple n'est qu'une sorte de scie courbe à main ; il a, par rapport à la scie double, l'inconvénient de rendre l'opération plus longue , plus difficile, par cela même qu'elle se fait en deux fois (fig. 36J.
La scie-rachitome double, préférable dans tous les cas possibles, se compose de deux scies d'acier, courbes, à convexité inférieure : ces deux lames sont éloignées Tune de T autre au moyen d'une traverse d'acier, qui s'oppose à ce que la scie dépasse les os. La distance qui existe entre elles, et qu'on peut
Fig. 39.
faire varier, est suffisante pour scinder d'un même coup la base des apophyses transverses des vertèbres. Il existe deux manches quadrillés à ce rachitome, un vertical et un horizontal. Chaque scie est montée sur une lame mousse que les dents ne dépassent pas d'une largeur suffisante pour intéresser les organes du canal médullaire. Il est facile de démonter l'instrument au moyen d'une vis, afin de réduire son volume dans les boites à autopsie, et aussi pour le nettoyer après chaque opération (fig. 39).
Ouverture, — Le cadavre est couché sur la face sternale (on
OUTERTURE DU CANAL BACHIDIEN. Ul
fait parfois pendre la télé et les membres inférieurs) ; l'abdomen et le cou sont soulevés chacun au moyen d'un billot.
On constate, s'il y a lieu, notamment dans les expertises médico-légales, l'état des téguments et la mobilité des vertèbres, spécialement des vertèbres cervicales : il faut chercher si la mort n'est pas due à l'introduction d'une aiguille dans l'origine de la moelle.
Renard, Chaussier, OUivier (d'Angers) et Béclard prescrivent une incision transversale d'une apophyse mastoïde à l'autre, puis une incision unique de la protubérance occipitale interne à la base du sacrum. La première des deux méthodes suivies dans nos hôpitaux diffère peu de ce procédé.
Première méthode. Incision unique sur la ligne médiane, — On commence par pratiquer, au moyen d'un gros scalpel, la coupe bitemporale des téguments de la tête conseillée pour l'ouverture du crâne (p. 37).
Perpendiculairement, et sur le milieu de cette coupe, on vient tracer une incision longitudinale qui, du vertex, s'étendra à l'articulation sa cro- vertébrale, en passant par le plan médian du corps (4). Puis on dissèque et l'on rabat latéralement les deux lambeaux crâniens; avec la pointe du couteau, on sectionne, en tenant de la main gauche la peau écartée, la masse des muscles existant dans les gouttières vertébrales postérieures de chaque côté, soit dans toute l'étendue du rachis, soit, s'il ne faut enlever qu'une partie de la moelle, dans la région considérée. Les muscles coupés ou détachés aussi exactement que possible jusqu'au niveau des côtes environ, et rejetés latéralement, la surface postérieure des lames des vertèbres est ainsi mise à nu : s'armant du rachitome double, on prend le manche vertical daiis la main gauche et Thorizontal dans la droite. L'instrument est placé de manière que la série des apophyses épineuses soit, en partie, logée dans l'intervalle séparant les deux lames : il ne reste plus qu'à scier, en appuyant avec assez de force, les lames des vertèbres par un mouvement de va-et-vient alternatif, en prenant soin de îie pas intéresser la moelle et ses méninges. L'habitude est de procéder de bas en haut.
Quand toutes les lames paraissent sciées, — nous supposons qu'on a déjà noté, s'il y a lieu, l'état et les rapports anormaux des os et de leurs ligaments (mal de Pott, gibbosités, déforma-
(1) Il reste entendu que cette incision pourra être modifiée dan certains cas de lésions traumatiques ou pathologiques des vertèbre (carie, nécrose, ostéite), ainsi que dans le spina-bifida, dans les abcè par congestion de la région vertébrale, etc. (chap. VIII).
lions diverses), — il faut enfoncer dans l'ouverture pratiquée le crochet du marteau crânien (fig. 28), et enlever par traction le segment osseux circonscrit. Si quelque point adhérait encore, on pourrait appuyer la lame d'un couteau tronqué, ou bien un clseau-gouge (fig. 30, 34 , 38), et donner, avec précaution, quelques coups de maillet ((ig. 34) ou de marteau.
Deuxième méthode. Incision latérale double, — La seconde méthode, suivie dans la plupart des hôpitaux de Paris, ne diffère pas de la précédente pour le mode de section des os. Elle consiste simplement en une double incision parallèle, dirigée de la ligne courbe .occipitale supérieure à la base du sacrum, le long des apophyses Iransverses. Cette méthode a l'inconvénient de laisser un long lambeau intermédiaire, que le garçon se dispense le plus souvent de recoudre, tandis que la première n'entraîne qu'une seule suture sur le plan médian.
La portion spinale du rachis enlevée par l'un ou l'autre procédé, il faut examiner l'état du canal rachidien (élargissement, rétrécissement, stalactites osseuses du mal de Pott), des trous de conjugaison, etc., les lésions et les adhérences de h face externe de la dure-mère, comme il sera dit pour la portion crânienne de la méninge. On note les épanchements qui peuvent exister entre elle et les os, et qu'il ne faut pas, au reste, confondre avec la sérosité limpide et jaunâtre, parfois visqueuse, résultant souvent de la position du cadavre depuis la mort.
Remarque, — Chez le fœtus et le nouveau -né, après avoir enlevé les muscles des gouttières vertébrables postérieures, mieux vaut prendre, au lieu de rachitome, une paire de forts ciseaux, dont la pointe sera engagée sous la portion annulaire de la cinquième lombaire, aussi près que possible de la base de l'afophyse transverse; en remontant jusqu'à la nuque, on coupe toute la portion postérieure des vertèbres, on en fait autant de l'autre côté, enfin ce long segment est enlevé pour découvrir les parties contenues dans le canal vertébral.