XVIII INTRODUCTION
« L'ouverture des cadavres, la dissection et l*examen clinique des organes ont fourni les plus précieuses lumières sur la structure, la forme, la composition élémentaire, les fonclions et les lésions des parties du corps humain , sur Taction des aliments, des médicaments et des poisons. C'est surtout à Touverture des corps que sont dus les progrès de la médecine depuis le milieu du dernier siècle, et ses découvertes les plus récentes (1), fruit des travaux de Técole française, dont la doctrine est devenue inébranlable, parce qu'elle est jfondée sur la plus intime union de Fanatomie, de la physiologie et de l'observation clinique. » (Fin de Part. Cadavre, Dictionn. abrégé, en 15 vol., 1821. )
La médecine moderne n'existe, à proprement parler, que du jour où le praticien, ne se contentant plus des dissections sur les animaux, commentées par Galien, au temps où les préjugés réduisaient à étudier sur des singes anthropomorphes, put, malgré le respect qu'on avait pour les morts, et osa, malgré l'horreur qu'inspiraient encore ces recherches, s'essayer sur le corps humain lui-même à l'étude des maladies de notre organisme. Jusque-là on devait se contenter de faire l'anaiomie pathologique sur le vivant, la physiologie pathologique. La grande différence de la médecine ancienne et celle des temps modernes, c'est que les anciens ne consultaient pas le cadavre. L'époque n'eût pas, au reste, été propice pour l'ouverture des morts. Les connaissances indispensables, empruntées à la physique, celle ci longtemps en germe sous le nom de sciences occultes, — à la chimie, qui ne fut d'abord que l'alchimie, et surtout à l'anatumie ou à la physiologie, — restaient encore complètement inconnues.
Toujours est-il que l'anatomie de l'homme sain était déjà cultivée avec assez grand succès depuis les travaux de Montagnana, Fallope, Vésale, Eusiachi, et, qu'en exceptant Ant. Beuevieni, Benedelti, Dodoens, Fabricius(159/i), Piètre (1634), on ne s'était pas encore occupé des lésions ou altérations morbides révélées par l'autopsie cadavérique, quand Thomas
livres, mais sur le cadavre ! Tout ce fatras de descriptions qui n'ont pas reçu la sanction de ramphithéâtre, néaut. Il faut de solides assises au monument nouveau. Les symptômes sont plus mobiles, il faut des lésions. »
(1) Nous citerons notamment l'endocardite (Bouillaud), la méningorrhagie, certaines paralysies, le ramollissement du cerveau ( Rostau, 1820 ), etc.