‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériques, surtout dans ses applications à l'anatomie pathologiqueChapitre 72 sur 85 · NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

NERF OPTIQUE

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FiG. 110.

Névro-ré tinite par tumeur cérébrale, — No. Nerf optique. — Se, Sclérotique. — R. Rétine. — Vc. Tracé des yaisaeaux centraux. — Vr. hamifications des yaisseaux de la rétine.

FiG. 111 (1).

Atrophie du nerf optique dans une tumeur cérébrale, — No. Nerf optii^e. — Se, Sclérotique. ~ Ch. Choroïde. -» R, Rétine. — Fc. Ramifications des vaisseaux de la rétine.

(1) Les figures 106-111 sont extraites de Schweigger, Leç. d'ophth.

A cet effet, après avoir décollé la dure-mère et fracturé la voûte orbitaire à l'intérieur du crâne, on saisira avec des pinces Tenveloppe du nerf optique {i ), enfin on détruira les adhérences avec des ciseaux mousses introduits sous les paupières, en avant de Tœil. L'œil sera examiné au microscope (fîg. \ 04-4 4 4 )d'abord à rétat frais (on pourra déjà voir que les taches blanches sont composées de granulations graisseuses, que les éléments des couches de la rétine ont plus ou moins disparu, que les capillaires sanguins sont hémorrhagiés ou sans globules, leurs parois étant parsemées de granulations graisseuses, que la choroïde est dépigmentée, etc.)* ensuite durci à l'acide chromique, ou mieux encore, selon le conseil de Henri Millier (de Wurtzbourg), avec :

FiG. 112.

Papille normale d'un enfant de deux ans (M. Bouchut), avec ses vaisseaux normalement peu nombreux.

(1) Cette enveloppe peut elle-même être lésée. Dans l'observation précitée de M. Koster (page àOO), elle était distendue par une infiltration séreuse de tissu cellulaire unissant entre elles les deux lames de la gedue^ avec cellules ellipsoïdales^ transparentes^ sans noyau. — On peut ainsi distinguer deux sortes d'inflammations du nerf optique : ou bien il s'agit de la partie concentrique de la papille^ et alors la lésion porte sur le périnerf, il y a périnévrite ; ou bien c'est la substance du nerf qui est atteinte, il existe une névrite optique essentielle (page àà9).

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eau distillée (4 000 parties], sulfate de soude sec (400 parties), bichromate de potasse (250 parties).

Depuis les récents travaux sur la pathologie cérébro-oculaire, une des affections qui réclament les recherches les plus minutieuses sur le cerveau, c'est l'albuminurie, quand elle s'accompagne d'amaurose par dégénérescence graisseuse de la rétine. II serait

FiG. H 3.

Examen à l'ophtlialmoscope (siu* le vivant) de la rétine en ilégénérescence graisseuse, dans ralbuminurie. — a, a. Artères voilées par l'exsudation. — &, h. Taches blanches dues à la dégénérescence graisseuse. — V. Même tache, plus étendue. — e. Tache blanche centrale dans la macula^ avec irradiations. — d. Taches rouge foncé le long des veines (apoplexie rétinienne).

bon, dans ce cas surtout, de soumettre l'œil à l'examen histologique. En outre, le cerveau placé sur sa convexité, et le cervelet enlevé avec assez de soin pour que les tubercules quadrijumeaux fussent respectés, on devrait extraire les nerfs optiques, le chiasma, les bandelettes optiques, les corps genouillés, les natei et les lesus. Le tout serait réservé à une étude

a6/i SPLANGHNOTOMIE ET EXAMEN DES ORGANES.

microscopique minutieuse, l'inspection à i*œil nu pouvant faîrs croire à Tintégrité de cet appareil visuel, alors que des modifications importantes existeraient dans les éléments anatomiques. Avouons cependant que, si les lésions de la papille et de la rétine, dans Tamblyopie albuminurique, ont été déjà bien éta-

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Tuméfaction considérable de la rétine^ de la papille et de la lamelle criblée scléroticale dans une rétinite albuminurique (Schweigger). — R. Rétine. — e. Refoulement de ses couches externes dont les éléments nerveux sont dissociés et le tissu conjonctîf hypertrophié. — Vc, Vaisseaux.

(liées au microscope sur le cadavre (^), surtout par Virchow (2), Turck, Muller (3), Lecorché (4), Wagner, Schweigger (5), —

(1) Altération des tubes nerveux sur les deux yeux, granules graisseux dans les cellules nerveuses; dégénérescence graisseuse là ou existent les taches blanches. A rophthalmoscope (fig.43), congestion et infiltration de la papille avec plaques rouges le long des vaisseaux; plus tard traînées blanches augmentant en nombre le long des vaisseaux ; a la troisième période, réunion des taches graisseuses en une seule plaque blanche. — Dans la rétinite glycosurique, atrophie des deux papilles sans trace d'inQltration rétinienne ; épanchements sanguins peu nombreux, disséminés (fig. 115).

(2) Archiv fur pathol. Anat,, t. X, p. 170.

(3) Mûller, Archiv fur Opkthalm., t. IV, 2« part., p. 41 et 287.

(4) De r altération de la vision dans la néphrite album., 1858.

(5) Archiv fur Ophthalm, von Graefe, t. VI, 2« part., p. 287.

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on n'a guère encore constaté des désordres équivalents sur la partie intraer&nien ne de Tappareil visuel (4).

FiG. 115.

Altérations ophthalmoscopiques de la rétinite glycosurique, d'après M. GalezAWski r" — A. Papille atrophiée dans sa partie externe, et luisante. — B. Les artères capillaires atrophiées. — C. Taches rouges apoplectiques près des artères. — D. Plaques blanches graisseuses.

Ajoutons aussi les recherches de M. Bouchut sur Tétat anatomique de la papille (dilatation, et plus tard flexuosité des veines rétiniennes, suivie d*bémorrhdgie rétinienne ou de congestion

(1) Voyez cependant Union méd., 27 mai 1865. M. Galezowski a rencontré : anémie du cerveau^ globules graisseux et tissu conjonctif dans le chiasma^ la bandelette optique et les tubercules quadrjjumeaux droits. Quant aux ycux^ on voyait à l'œil nu, sur la rétine^ des taches, les unes apoplectiques, les autres blanches (fig. 113) ; ces dernières correspondant, au microscope, à des amas graisseux dus à la dégénération du tissu interstitiel : les fibres nerveuses avaient perdu à ce niveau leur transparence ; la couche des bâtonnets (fig. 105) pré sentait^vers la macula des granulations adipeuses, etc.

^66 SPLANGHNOTOMIE ET BXÂMEN DES OBGANES.

péripapUlaire ou d'in^ltration séreuse des contours de la papii/e) dans les méningites granuleuse ou simple (fig. 4 4 6, 4 4 7), surtout quand elles sont basilaires et accompagnées de coagulums dans les sinus caverneux (1)»î^o us conseillerions encore la nécropsie de

Œdème papillaire avec flexuosités et thromboses des veines {phUbectasie rétinienne), chez un enfant de deux ans atteint de méningite granuleuse du cervelet, d'après l'examen ophthalmoscopique de M. pouchut, confirmé û la nécropsie. — A. Artère centrale de la rétine. — B. Veines pleines de caillots. — C. Veinules de la rétine

encore perméables D. Hémorrhagie de la rétine grosse comme un grain de blé.

— E. Papille voilée par une infiltration séreuse.

(1) Bouchut, Gaz. des hôp., avril 1862 ; Gaz. méd. de Paris, 1865 ; Diagnostic des maladies du système nerveux par Pophthalmoscope, 1865. Déjà en 1860, M. Stellwag von Garion {Die Ophthalmohgie, 1856, B. abt. I, p. 570) avait décrit la névrite optique dans la méningite dite tuberculeuse. — La question est cependant en litige : « 11 est faux, dit M. Wecker, qu'on puisse diagnostiquer ainsi la méningite, et notanmient la forme tuberculeuse. Nous avons, sur Tinvitation de M. Roger, examiné à cet effet, pendant un an, tous les enfants^ se présentant avec des symptômes cérébraux. Dans les cas de méningite vraie, confirmée par l'autopsie, Texamen ophthalmoscopique n'a relevé, à part une ampleur douteuse des vaisseaux rétiniens, aucune altération significative. Quand il y a xme production abondante de

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rœU, beaucoup trop négligée des élèves, ail y avait rélinite sy*philitiqae(4 ), et dans toutes ces prétendues névroses sur lesquelles

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Infiltratiun séreuse péripapUlaire et thrombose des veines de la rétine ôlie2 vm enfant de onze ans atteint de méningite granuleuse par abcès du rocher, d'après M. Bouchut (examen ophthahnoscopique et nécropsique). — A, Papille voilée. — B. Veines rétiniennes, dilatées en denors seulement de la papille. — C. Artère centrale de la rétine.

tubercules dans le cerveau et le cervelet, nous avons, dans (luelques cas, reconnu de la névro-rétinite ; mais à une époque où les autres symptômes étaient tellement complets, que les données ophtlialinos* copiques restaient d'une valeur secondaire. » C'est dans la méningite simple principalement qu*il peut ne pas y avoir adultération de la vue, névrite optique. Cette méningite, chez les adultes notamment, se borne souvent à la convexité des hémisphères, où elle peut se localiser même assez; elle est plus rare à la base, et là encore faut-il qu'elle se rapproche du chiasma ou des bandelettes optiques pour intéresser la vision. M. Jacobi a décrit récemment une épidémie de méningite cérébro-spinale sans désordres oculaires {Erkrankung des Âugapfels bel Meningitis cerebro-spinalis epidemica in Danzig. — Archiv fur Ophthalm,, XI, 3).

(1) Sur les lésions de cette rétinite, voyez Sichel, Gaz. hebd.^iSb9^

Zi68 SPLANCHNOTOmE ET EXAMEN DES ORGANES.

on a si peu de renseignements anatomiqaes, la chroop8ie,rachro matopsie ou daltonisme, qui nous parait cependant liée à une lésion du cerveau, des lobes antérieurs surtout (4), Théméralopie, ainsi que les amauroses dites sans lésions (amaurose hystérique), etc. Je puis citer aussi les recherches sur la cataracte (2), et les autres maladies du globe de l'œil sans aucun rapport avec les affections cérébrales (glaucome, hydrophlhalmie, etc.), enfin les tumeurs intra-orbitaires (3). D'après M. Gdlezowski(4), ces dernières sont divisibles en trois groupes, selon qu'elles naissent dans la rétine ou le nerf, dans la choroïde, enfin au dehors de la coque oculaire, qu'elles envahissent ultérieurement. Les plus fréquentes des tumeurs de la rétine (5) sont les gliomes (hyperplasie du tissu cellulaire, affectant les couches externes de la membrane, p. 400, note 4], les gliosarcomes (cellules plus volumineuses, fusiformes, à plus forts noyaux), puis les encéphaloldes (fongus hématodes de Wardrop, 4 809), naissant le plus souvent du nerf. Parmi les tumeurs primitivement développées dans la choroïde (spécialement au cercle ciliaire), dominent les fibro -sarcomes et les cancers roélaniques de Laennec (avec cejlnles de pigment brun).

Pneumogastrique ou vague. — Il n'est pas inutile d'esquisser en quelques mots sa physiologie^ car elle est loin d'être incontestée. Depuis Weber^ la majorité des auteurs considère le vague conune modérant les mouvements du cœur; ce serait le type des nerfs dits suspensifs ou frénateurs, ou modérateurs. Contrairement aux autres moteurs^ il ralentirait les battements cardiaques^ il serait le frein du

De V amaurose cérébrale et de V amaurose syphilitique ', Quaglino et Scarenzio^ Gazette méd, de Paris, 11 novembre 1865.

(1) Voyez sur ces deux affections : De la perceptivité normale et surtout anormale de Pcsil pour les couleurs, notamment de l'achromatopsiCy par E. Goubert, 1866, chez Delahaye (chapitre diagnostic et pronostic, et notre p. 406, note 1), — Le docteur Quaglino (de Pavie) a déjà observé, dans l'héméralopie, des altérations constantes : teinte blanc grisâtre de la rétine, congestion des veines et artères, coloration rouge de la papille.

*^ (2) Robin, dans Archives d'ophthalmoîogie, novembre et décembre 1855, et Iconographie ophthalmologique de M. Siebel, 1855.

(3) Demarquay, Des tumeurs de l'orbite, 1853 ; Mackenzie, etc.

(4) Gazette des hôpitaux^ 14 juin 1866, et Sichel, loc, cit.

(5) Virchow, Die Krankhaften Geschwùlste, t. Il, liv. 1, p. 151,

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cœur (1). Son excitation arrête en effet le cœur en diastole. Cependant cette opinion classique nous paraît incertaine. Schiff^, et d'après lui Moleschott, ont établi que le vague diffère seulement des autres moteurs en ce qu'il est plus facilement épuisable par les excitants. L'illustre professeur de Florence (2) montre à qui veut le visiter dans son laboratoire qu'un courant faible appliqué à la dixième paire produit le même effet moteur qu'avec les autres nerfs. En appliquant graduellement et avec patience divers degrés de galvanisation sur le tronc cervical du pneumogastrique, au moyen de la pile de du Bois- Reymond, le savant professeur de physiologie de Berlin, en procédant millimètre par millimètre, il y a d'abord accélération du pouls et des battements cardiaques. Mais rapprochez- vous successivement les deux bobines, on dépasse bientôt l'irritation faible, et c'est alors que * le nerf épuisé, paralysé, laisse le cœur s'arrêter en diastole. Moleschott a répété nombre de fois ces expériences avec le rhéostat. Le vague n'est donc pas suspensif : à vrai dire, il n'y a pas de nerf réellement' modérateur, pas même le laryngé supérieur, dont nous parlerons plus loin (3) : ces nerfs sont seulement plus épuisables que les autres ; l'effet de leur surexcitation a été pris à tort pour leur action physiologique. Tous les moteurs, par exemple le sciatique, quand on les rend épuisables par des irritations convenables, au moyen d'un courant interrompu, acquièrent des propriétés suspensives dues à leur tétanisation (Schiff, Pflùger). M. Cl. Bernard explique l'accélération première du cœur par une augmentation de tension du sang, maiS: celle-ci est la conséquence même de l'accélération cardiaque (à)^

(1) Kûthe, Pfliiger, Funcke, Berold, Sée, Leçons de physiologie clinique (Gaz. des hôp,^ 14 et 16 février 1865, et numéros suivants). De Sousa-Martins, Le pneumogastrique préside à la tonicité de la fibrt musculaire du cœur, thèse (1865).

(2) Voyez son excellente Physiologie, et Académie des sciences, 12 août 1861.

(3) Il n'y a pas non plus, pour Schiff, de centre modérateur de l'action réflexe. Le grand physiologiste de Saint-Pétersbourg, M. $eczcnow, dans ses Études sur les mécan. modér, de V action réflexe de la moelle épinière (Berlin, 1863), et à l'Académie de Saint-Pétersbourg (1865), place ces centres dans les couches optiques et (p. 315) au niveau des corps quadrijumeaux (sans doute dans les pédoncules cérébraux, car les tubercules ne sont pas moteurs). Mais M. Al. Herzen, dans ses Centres modér, de l'action réflexe (Turin, 1864), a montré que « l'irritation d'une partie quelconque du système nerveux,, central ou périphérique, produit une dépression ou une exaltation de l'action réflexe dans tout le reste du système. »

(4) Pour Brown-Séquard, le vague serait non un modérateur, mais le moteur des vaisseaux cardiaques. Malheureusement, M. Sauveur a montré que la galvanisation du nerf arrête le cœur avant qu'il se manifeste aucune action sur les vaisseaux,

klO SPLANGBNOTOMIE ET BXÂMÊN DES OEGANES.

Valsalva^ Petite Dupuy^ Broughton^ Mayer (de Bonn)^ ont montré que la section du tronc du vague entraine l'accélération énorme des mouvements du cœur^ qui deviennent tremblotants, inégaux, moins énergiques qu'à l'état normal. On sait que cette résection ne paralyse point les fibres ultimes^ qui ne participent pas à la dégénérescence du bout coupé^ et si l'on irrite ce dernier^ le pouls remonte brusquement.

S'il faut admettre la théorie de Schiff^ il devient difficile de dire avec M. Sée^ que « les palpitations résultent de la suppression ou de la paralysie du nerf phrénateur. » (Sée, Leçons de physioL, 1865.)

liC pneumogastrique ne se contente pas de fournir au cœur des rameaux constituant le plexus cardiaque avec les filets venus des trois ganglions cervicaux du sympathique. II donne encore la sensibilité au poumon, à l'œsophage^ à l'estomac, au foie (plexus solaire)^ au pharynx et au larynx, envoyant à ce dernier organe le laryngé supérieur et, de concert avec le spinal, qui est moteur, l'inférieur ou récurrent. Aussi la section du vague détermine-t-elle, outre Taccélération précipitée du pouls, qui devient dichrote, un ralentissement marqué de la respiration (1), une paralysie de l'œsophage (2) et de l'estomac (3), enfin une exagération de la fonction glycogénique du foie (H).

M. Oehl a conclu de ses expériences que le vague exerce une action motrice réflexe sur la vessie : les points d'immersion des fibres

(1) L'excitation du laryngé supérieur arrête tout à fait la respiration, détermine la suspension de l'action du diaphragme ou une diminution tout au moins du nombre des inspirations (Rosenthal, Âcad» des «c, 15 avril 1861), sans d'ailleurs qu'il y ait là, d'après M. Schiff {Acad, des se, 11 août 1861), action réflexe, et que le nerf puisse être appelé suspensif. Le même effet s'observe quand le nerf est comprimé par une tumeur ou un obstacle quelconque (chez les pendus). Il se produit des foyers d'engorgement pulmonaire consécutif.

(2) Ùu pneumogastrique comme agent excitateur el coordinateur des contractions œsophagiennes pendant la digestion^ par M. Ghauveau (Comptes rendus de la Soc. de bioL, 1862, etVulpian, Revue des courSy 1866).

(3) La section du nerf retarde ou amoindrit les effets de l' empoissonnement par la strychnine introduite dans l'estomac, par suite des entraves qu'apporte à Tabsorption le trouble circulatoire consécutif; au contraire elle détermine les effets toxiques résultant de la présence simultanée de l'amygdaline et de l'émulsive de l'estomac, parce que la production d'acide cyanhydrique par ces deux corps, impossible en présence de l'acidité gastrique, s'opère après l'arrêt de la sécrétion stomacale* (Lussana, Acad. des scé, 15 février 186Â.)

(4) Voyez p. 434. En piquant l'origine du vague, l'animal devient diabétique (Gl. Bernard). Le nerf cependant ne porte pas au foie l'irritation de la piqûre, car si on ne l'excite qu'après l'avoir coupé, il y a encore glycosurie. Le mécanisme de cette hypersécrétion est loin d'ptre fixé. (Voyez Grand sympathique, page 476.)

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chargées de transmettre cette action réflexe aux centres seraient situés tout près des origines du nerf^ dans la moelle allongée ou le pout de Varole, et leur émersion se ferait à la région lombaire.

Le vague devra être examiné, soigneusement, surtout quant à ses branches respiratoires, au niveau de récurrence du laryngé inférieur. Nous citerons les sujets qui ont succombé à des dyspnées asthmatiques, qui ont présenté les troubles de la voix décrits par M. Longel après la section du laryngé, de l'aphonie, une altération du timbre de la voix (voix rauque et couverte) ou de la toux. Le pneumogastrique (et en particulier le récurrent) peut alors se montrer comprimé par quelque tumeur, goître, tumeur médiastine (anévrysme de l'aorte; hypertrophie, dégénérescence cancéreuse ou tuberculeuse des ganglions bronchiques : p. 494). Il peut cheminer sur de^ ganglions tuberculeux, y adhérer par son névrilème, se perdre au milieu d'eux (4), être atrophié ainsi que le système musculaire du larynx. (Thèse de Leblond, 4 824 ; Becker, de Berlin, 4 826 ; Tonnelé, Ândral, Barthez, etc.}

Les mêmes lésions pourraient expliquer la toux spasmodique, le spasme de la glotte, — cette apnée ou suspension momentanée de la respiration suivie d'une inspiration sifflante, — certaines paralysies laryngées (2), peut-être la coqueluche.

Nous terminerons en appelant, avec Desportes et Chapmao, l'attention sur le plexus cardiaque dans l'angine de poitrine, cette soi-disant névrose (p. 277) dont les causes sont encore si obscures. Nous citerons pour exemple le cas célèbre de ce ma-

(1) Récemment, chez un sujet ayant présenté de l'aphonie avec accès de sufTocaiiou^ nous avons trouvé le récurrent perdu dans une tumeur ganglionnaire de la trachée. £n cherchant à le poursuivre^ on le brisa ; mais il recommençait à l'autre extrémité de la tumeur.

(2) Voyez, par exemple, Unimi méd,, 6 déc. 1865, M* Sottas : paralysie laryngée symptomatique d'une lésion du pneumogastrique» Au devant de la racine du poumon^ au milieu de ganglions suppures et tuberculeux, le vague se montre disséqué par le pus ; son volume et celui du récurrent ont augmenté; les tubes nerveux dissociés offrent autour d'eux une épaisse couche de tissu « lamineux » , plu-* sieurs sont réduits à leur périnèvi>e, sont transparents^ granuleux. Ainsi s'expliquent les prétendues paralysies dynamiques, sans altéra^ tion de texture* Dans la paralysie diphthéritique du voile du palais, MM. Gharcot et Vulpian [Soc,^ de biol.^ 1862) ont rencontré les fibres des muscles palatins pleines de granulations graisseuses, quelques nerfii vides de myline ou devenus granuleux.

ill2 SPLANGHNOTOMIE ET EXAMEN DES ORGANES.

lade dont le ccBur, aa fort de l'accès, ne battait plas, d'où une angoisse inexprimable : à la nécropsie, on trouva le vague enfermé dans une tumeur tuberculeuse (4). Si Vangorpectoris est si fréquent dans les affections de l'aorte, n*est-ce pas à cause dés relations des plexus cardiaques avec la crosse de ce vaisseau, dont les altérations (dilatation, extension anévrysmatique) retentissent sur Tinnervation du cœur (2)? Enfin M. Lancereaux a signalé concurremment le rétrécissement des artères coronaires, avec plaques saillantes à rebord festonné, « en tissu conjonctif de nouvelle formation », interposées aux tuniques interne et moyenne de Taorte entre les orifices rétrécis de ces artères cardiaques (3). — Sur les lésions du vague dans l'ostéite du rocher f voyez page 486.

Grand sYMPATHiQrE, ou nerf vaso-moteur ou teisplânchnique de Gfiaussier. — Ce nerf orme^ on le sait^ le long et en avant de la colonne vertébrale^ deux chaînes se réunissant en haut dans les profondeurs de la face, en bas dans le bassin^ et présentant de distance eu distance des renflements (ou centres) ganglionnaires, d'où partent d'une part des filets internes allant constituer des plexus autour des divers organes^ de l'autre des rameaux anastomotiques reliant ce système aux nerfs du rachis et des sens. Les ganglions sont^ de chaque côté, l'ophthalmique (p. 458), celui de Meckel, l'otique, le sousniaxillairc et le sublingual, les trois cervicaux (le supérieur latéral au pharynx, l'inférieur près du col de la première côte, le moyen

(1) Landois de Grey BVf M, Analyse pkysiol, des symp. compris soiis le nom d'angine de poiïme, traduit dans \e Mouvement médical^ 1866.

(2) Dans le cas de M. Duménil {Union méd, de la Seine-Inférieure y 15 jauv. 1865), les nerfs cardiaques droits, entre l'aorte et l'artère pulmonaire, sont énormément hypertrophiés ; l'un d'eux, offrant le volume dui[)rachial cutané interne à la partie supérieure du bras, est rouge foncé et son tissu présente une densité remarquable.

(3) Société de biologie, 1864. « Le plexus cardiaque, qui repose, on le sait, sur cette portion du vaisseau artériel, participait à la vascularisation de l'aorte, et quelques-uns de ses filets se trouvaient compris dans une sorte de gangue ou plasma appliqué à la tunique externe épaissie du vaisseau. A l'examen microscopique des filets nerveux et des ganglions, de nombreux noyaux ronds, en amas, se montraient interposés aux éléments tubuleux qu'ils comprimaient : la gaine médullaire était grisâtre et grenue. Les valvules aortiques étaient à peine altérées, le cœur était sain. Un tubercule calcaire, provenant sans doute d'un ganglion, se trouvait au point de récurrence du laryngé inférieur.» {Gaz. heàd., avril 1863.) La presse médicale a mentionné les mêmes lésions au niveau des artères coronaires, dans trois cas d'angine de poitrine {Union méd,^ 1866).

GRAND SYMPATHIQUE. /l73

inconstant), d'où partent les filets formant avec le pneumogastrique le plexus cardiaque (p. ^70)^ les douze thoraciques qui fournissent les nerfs splanchniques^ les abdominaux par lesquels le grand sympathique se termine en formant le ganglion semi-lunaire^ sur les piliers du diaphragme, et autour du tronc cœliaque, le plexus solaire.

Les faisceaux radiculaire^ communiquant avec la moelle (i) se composent d'un faisceau blanc et d'un ou deux gris. La racine blanche est faite de tubes minces (ou sympathiques ou à simple contour) et de quelques tubes iarges (de la vie animale), sensitifs^ chacun avec un périnèvrc, tous réunis par un névrilème commun. Les racines grises^ plus minces^ sans névrilème ni périnèvre^ sont constituées par quelques tubes minces et par beaucoup de fibres de Remak (plusieurs centaines pour un ou deux tubes à moelle). Ces fibres (ou fibres san^t moelle^ fibres à noyaux^ fibres gélatiniformes), élément caractéristique des cordons gris du grand sympathique^ n'ont ni moelle ni cylindre-axe ; leur diamètre est plus grand ; elles sont grisâtres, pâles, à bords nets et réguliers, aplaties, parsemées de noyaux allongés : bien que distinctes du tissu lamineux, elles pâlissent par Pacidc acétique. Au cou, le périnèvre enveloppe les fibres de Remak en même temps que les tubes nerveux (fig. 95, B).

Le cordon de communication des ganglions sur les côtés du rachis est constitué par des faisceaux blancs, côtoyant les ganglions sans y entrer, et des faisceaux gris, sans fibres de Remak. Quant aux filets qui, du côté des ganglions opposé à l'insertion des r ami- communicantes, vont se rendre à l'enveloppe musculaire des vaisseaux ou des canaux des glandes, ainsi qu'aux organes, certains sont composés do fibres blanches sans fibres de Remak (quelques nerfs cardiaques et le grand splanchnique); d'autres, gris, ont la texture des racines grises (filets de l'abdomen, la plupart des cardiaques, plexus carotidien).

Enfin, les ganglions eux-mêmes, enveloppés d'une tunique lamineuse qui se continue avec le névrilème, offrent des cellules plus petites que celles des ganglions de la vie animale (fig. 8/1 et 118). Ces cellules, que M. Jacubowitsch a constatées (1856) dans tout le trajet

(1) Ces rami-communicanfes ne sont pas les origines du sympathique ; ce sont des fibres émergeant de ce nerf, ayant leur centre trophique dans ses ganglions et se rendant simplement à la masse cérébro-spinale (Ch. Bell, Bidder et Yolkmann, Waller), mêlées à quelques fibres venues de la moelle, notamment des cellules sympathiques de cet axe (fig. 84). Winslow, Reil,Bichat, voient dans le grand sympathique un système à part, relativement indépendant (comme l'aurait établi aussi M. Cl. Bernard en montrant que les ganglions jouent ici le rôle de centre des mouvements réflexes), contractant de simples rapports avec le système nerveux de la vie animale par des envois réciproques de fibres, — indépendance niée par MM. Piégn, Sappey et autres, pour qui le sympathique naîl de toute la longueur de la moelle.

UlU

de la moelle (fîg. 84)^ ce qui infirme un peu l'indépendance du grand sympathique^ sont rondes ou ovales^ rarement apoiaires^ plus souvent bipolaires (communiquant latéralement deux a deux par nu prolongement) ou même multipolaires. Leur enveloppe n'est pas du tissu lamineux^ car elle n'en a pas les réactions chimiques (p. A 36, note 1). Leur contenu est de la matièc^ grasse et protéique^ avec un noyau à nucléole. Elles sont séparées par de la matière amorphe^ mi-opaque, non conjonctive, par des cloisons conjonctives provenant de l'enveloppe du ganglion, par des fibres sympathiques (de 0™",002 à cylindre-axe) et de Remak. Deux sortes de tubes y aboutissent^ des larges et des minces^ les premiers^ ou de la vie animale^ en rapport avec les gros corpuscules, les autres avec les petits. Quant aux tubes,

Scht^mn d'un ganglion dn grand sympathique avec ses cellules multipolaires.

également larges, émanés des racines antérieures (motrices) de la moelle, ils ne se rendent pas aux globules ganglionnaires (Robin, Acad. des se, 25 juin 1847).

Dans les ganglions cervicaux inférieur et moyen, les cellules ne présentent (Ducbenne, de Boulogne) qu'un noyau central avec nucléole ; elles sont pigmeutaires ; leur gaine est simple et sans noyau en général ; les pôles et le tissu ambiant sont aussi dépourvus de noyaux. Pour le ganglion supérieur, le noyau est entouré par un

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