‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériques, surtout dans ses applications à l'anatomie pathologiqueChapitre 73 sur 85 · GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

GRAND SYMPATHIQUE

grand nombre de petits noyaux qui envahissent même la gaine des^ cellules ; la pigmentation est ainsi masquée ; les prolongements sont semés de petits noyaux, ainsi que la substance ambiante. Le ganglion semi-lunaire a une structure analogue à ceUe du cervical supérieur. Ainsi les ganglions centraux et latéraux du grand sympathique n*ont pas la même structure (Duchenne), et le ganglion cervical supérieur joue en quelque sorte le rôle de ganglion central pour le système grand sympathique. M. de Bezold a montré récemment qu'une action accélératrice est exercée sur les mouvements cardiaques par la portion cervicale du grand sympathique.

— Les soins et les réactifs employés pour l'examen micrographique du grand sympathique (1) sont a peu près les mêmes que pour les autres parties du système nerveux (p. UtiZ). On peut étudier les ganglions sur le frais en les dilacérant dans un liquide inerte (eau sucrée ou glycérine). 11 vaut mieux les faire macérer deux ou trois jours dans l'acide chromique dilué (^), ou pendant un mois^ dans le perchlorure de fer au ^^{Vulpian). Puis la préparation est fixée par divers encollages sur du liége^ et coupée au microtome (p. HMi) en segments très- minces^ longitudinaux et transversaux^ qui sont trempés douze heures dans l'eau distillée ou les liquides colorants précités. Enfin on dilacère sous le microscope (100 grossissements)^ tout en soumettant aux agents chimiques colorés.

— Le grand sympathique^ en communication avec la moelle et le pneumogastrique^ est le nerf de la vie nutritive^ de la sensibilité înconscicnte^ bien que cette distinction entre nerfs de la sensibilité consciente (système cérébro-spinal) et inconsciente ne soit pas toujours possible. Il reste étranger aux phénomènes de conscience^ de Tie relative ou animale^ de mouvements directs, phénomènes intermittents, tandis que son action est continue. C'est lui qui^ coordonnant tous les viscères^ entourant de ses filets les moindres ramifications vasculaires^ le cœur^ les intestins^ préàide aux mouvements involontaires (contraction du cœur^ des vaisseaux, de l'utérus, des vésicules séminales, etc.) et à la sensibilité obtuse ou organique. Aussi lui distingue-t-on des tubes minces moteurs, dépourvus de cellules sur leur trajet (rameaux carotidiens), et des tubes minces sensitifs, passant par les ganglions (grand splanchnique). L'irritation du splanchnique arrête le mouvement intestinal, ce nerf étant suspensif, sauf pour M. Schi£r, qui admet ici la même explication que pour le vague (p. 467).

Quand on coup& les rameaux du grand sympathique (comme l'a fait au cou Pourfour du Petit en 1727, et d'après les résultats obtenus par Cl. Bernard en sectionnant le filet carotidien qui se rend à la glande sous-maxillaire), la sensibilité et la motricité animales restent intactes, mais la température augmente immédiatement et d'une ma-

(1) Voyez VoXàiiiony Journal d'anatomie de M. Robin, 1866.

nière constante dans la région (Cl. Bernard) (1), contrairement à ce qui a lieu avec la résection des nerfs cérébro-spinaux. La yascularisation s'exagère aussi (rougeur due aux émotions^. En effet les nerfs vaso-moteurs^ que le sympathique envoie à la tunique musculaire des vaisseaux^ se trouvent alors frappés d'inertie^ et le sang stagne. 11 stagne aussi dans les gros vaisseaux (Goltz); il y a diminution de la tension artérielle (Ludwig, Tbiry), et le cœur se contracte irrégulièrement (d'où les palpitations nerveuses par émotions). Cette influence du sympathique sur le cœur est encore peu déterminée (2), bien que^ chez les fœtus amyencéphales et anencéphales^ ell& suffise à l'entretien des contractions cardiaques^ les ganglions étant alors plus développés (Breschet^ Lallemand).

Le grand sympathique est donc considéré, en France au moins, comme le modérateur (p. Â69) des vaisseaux, comme le régulateur de la vitesse de la circulation ; son action produirait un resserrement par contraction de la tunique musculaire, d'où entrave à la circulation, pâleur et refroidissement, alors qu'au contraire l'excitation du système cérébro-spinal provoque la dilatation des vaisseaux par paralysie de leurs hbres musculaires. M. Marey (3) explique ainsi qu'on trouvera tantôt le pouls faible, les artères petites et dures, l'amaigrissement et le froid des extrémités, enfin l'état algide (du choléra, des fièvres intermittentes), les organes, traversés par moins de sang dans un temps donné, se laissant refroidir par l'air ambiant ; tantôt, si tous les vaisseaux du corps sont relâchés par inaction du vaso-moteur, rougeur de la peau, bouffissure des extrémités et de la face, fièvre (second stade des fièvres pernicieuses). — Des théories analogues permettent à M. Cl. Bernard de comprendre la glycosurie produite par la section du trisplanchnique au foie ou au bulbe (p. 128 et àZà), Ce nerf agirait « par son absence » , serait paralysé sous l'action des centres cérébro-spinaux ; dès lors le sphincter des capillaires ne serait plus fermé, et le sang, au lieu de passer du système porte dans la veine cave^ affluerait dans les cellules du foie, où sa diastase transformerait l'amidon hépatique en sucre.

Le centre d'action du système, spécialement de son influence sur le foie, serait au-dessus de l'origine du vague. Le grand sympathique agirait de même sur les vaisseaux de chaque glande, alors que le pévraxe dilaterait leur tunique musculaire pendant l'activité glandu-

(1) Rechefxhes expérim, sur les nerfs vascular. et calorif, du grand sympathique.

(2) Cl. Bernard, comme Bezold, croit que le trisplanchnique, empruntant d'ailleurs son action à la moelle, détermine, quand on l'excite, une accélération des battements cardiaques. Pour Wagner, il y a ralentissement. Weber et Ludwig veulent qu'il n'y ait rien. Molescl.ott, admettant l'uniformité d'action des nerfs moteurs (p. 469), pense qu'une irritation faible accélère, et qu'un excès de stimulation ralentit le cœur.

(3) Physiologie médicale de la circulation du sang, 1863.

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