‹ Manuel de l'étranger aux eaux d'Aix-en-SavoieChapitre 18 sur 72 · J CO K · texte numérisé non relu

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I ABLEAU des principes chimiques , contènns dans dix litres soit lOjOoo grammes d’eau des sources minérales d’Aix , ___ d après les analyses de MM. Uonvoisin , Socquet, Tiiibald et St.-Martin.

Des expériences ultérieures, laites sur les eaux thermales d'Aix , par les professeurs Miclielotti , Daubeny et autres Savans , ont prouvé que les gaz contenus dans ces eaux forment environ le tiers de leur volume. Ces gaz sont de l'acide carbonique, en très-petite quantité, beaucoup d’azote et un peu d’hydrogène sulfuré. Le premier est plus abondant dans l’eau d'Alun , tandis que l’acide hydro-sulfurique prédomine dans beau de Soufre.

Le D1 Bonvoisin a affirmé que les vapeurs de l’eau d’Àlun contenaient de l'acide sulfurique libre. « Je me suis attaché, dit Francœur ( Journ. de Pharm . 1828 , p. 34 0 ), aux preuves assignées pour reconnaître l’existence de cet acide, et voici ce qui me paraît l'attester incontestablement : »

<( i° Les grottes, chambres fermées, corridors, où les vapeurs pénètrent, ont leurs murailles corrodées et recouvertes de cristaux de sulfate acide de chaux. »

<c 20 Tous, les objets en fer sont non-seulement corrodés par l’oxidation ; mais, on y a reconnu le fer, la chaux, etc. , à l'état de sulfate, dans beaucoup de circonstances. »

« 3° Les rideaux de toile qui sont exposés aux vapeurs, sont promptement rongés, et leurs lambeaux se trouvent imprégnés d’acide sulfurique. »

n On ne peut pas admettre l’existence de l’acide sulfurique dans l’eau même. Il faut donc qu’il se forme par voie de décomposition , au contact des murs, du fer, etc., et , puisque la vapeur ne contient que de l’hydrogène , de l’azote , du soufre et de l’acide carbonique, il faut bien reconnaître que, par la présence de l’air atmosphérique, le soufre est abandonné à l’oxigènc , pour former peut-être du gaz sulfureux , mais certainement de l’acide sulfurique. »

Le chevalier Charles de Gimbernat ne pensait pas que l’hydrogène sulfuré existât tout formé dans l’eau de Soufre , et s’appuyait , à cet effet , sur l’expérience suivante : il versait de l’eau de Soufre dans une éprouvette, jusqu’à la moitié de sa hauteur, et y trempait une lame d’argent , de manière que la moitié inférieure fût seule plongée dans le liquide; cette partie de la lame ne changeait pas de couleur, tandis que la supérieure , qui n’était soumise qu’à la vapeur de l’eau , se colorait rapidement en brun.

Ce chimiste regardait, avec le docteur Murray, le gaz qui se dégage des Eaux d’Aix , comme un composé d’acide carbonique et de soufre dissous dans l’azote. Par le contact de l’air , ce gaz est décomposé; il en résulte d’une part, de l’azote et de l’acide carbonique, et de l’autre , du soufre qui se précipite et de l’acide sulfurique libre.

On avait observé depuis long-temps que ,

lorsque

lorsque la température de l’air s’abaissait audessous de zéro , les eaux de Soufre seules fournissaient une grande quantité de matière gélatineuse grise ou légèrement rosée , répandant une odeur empyreumatique , si on l’expose sur des charbons ardens. Il était réservé au Dr Daubeny , professeur de chimie à Oxford , de démontrer que cette même matière azotée peut se coaguler aussi à une température plus élevée , et qu’on peut l’obtenir, sous forme de pellicules violacées , flottantes dans le liquide , lorsqu’on fait évaporer au feu une certaine quantité d’eau de Soufre, pendant quelques heures, dans une capsule de platine.

Le meme auteur a démontré en outre , que les cristaux aciculaires qui se forment , en houppes filamenteuses , sur les parois de la grotte des eaux de Soufre , pris par divers chimistes pour de l’acide sulfurique concret , et par d’autres , pour du sulfate calcaire , n’étaient autre chose que du fer et delà chaux sulfatés, provenant sans doute de la décomposition de la roche , dont la grotte est formée , et des pyrites qui s’y trouvent éparses.

On a cru reconnaître , il y a quelques années, des traces d’iode dans les eaux de Soufre et d’Alun. Ayant voulu vérifier ce fait par moi-même , et après avoir inutilement employé l’amidon comme réactif, j’ai eu recours à l’action de

la pile galvanique, considérée parle professeur Cantu et autres savans chimistes , comme le meilleur moyen de découvrir les plus petites quantités d’iode, existant à l’état d’hydriodate dans les eaux minérales. Aucun des fils de platine placés, dans cette expérience, aux pôles de la pile, ne s’est coloré en bleu et n’a perdu de son brillant métallique ; ce qui rend extrêmement problématique l’existence de ce principe dans nos Ecux.

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