MANIÈRE D'ADMINISTRER LES EAU Y
Les divers modes d'administrer les eaux peuvent se réduire aux suivans : la Boisson , la Douche , le Bain et V Etuve. Nous allons successivement parler de ces quatre manières d’en faire l'application au corps humain , telles qu’elles se pratiquent à Aix.
Ce sont les eaux de la source St. -Paul qu'on emploie principalement en boisson. Cette préférence leur est accordée sur celles de Soufre, parce qu'elles sont plus chaudes , moins pesantes à l’estomac et moins désagréables à boire. On les prend depuis une verrée de 8 à îo onces, jusqu’à six , huit, dix et même douze verréesdans la journée. Ce traitement dure quinze à vingt jours ; il est rarement administré seul, c'est-à-dire, sans douche ni bain. Dans tous les cas , il convient
Cuisson.
de les prendre le malin à jeun el près de la fontaine , afin d'éviter la déperdition des gaz et du calorique. Lorsqu’on les laisse refroidir , leur goût devient fade et nauséabond.
Pour faciliter le passage des Eaux , il est utile de se promener au grand air. Cette précaution , trop négligée sur le Continent, forme un objet important de la thérapeutique anglaise. J'en ai vu les plus heureux effets aux bains de liath , de Cheltnam et de Brighton. On peut encore y joindre l’exercice à cheval qui est généralement avantageux par la secousse légère qu'il imprime à tous les organes sécréteurs.
L’intervalle qu’il faut laisser entre chaque verre d’eau , varie selon la force digestive de l'appareil alimentaire. Quinze à vingt minutes suffisent généralement; mais on doit toujours attendre que la digestion du premier verre soit faite avant d’en prendre un second et ainsi de ceux qui suivent.
L’àge et l'idiosyncrasie du malade influent tellement sur nos Eaux , qu’il n’est pas rare de leur voir produire la constipation. Autrefois on remédiait à cet inconvénient, en administrant de temps à autre, quelques gros de sels neutres ; on y supplée aujourd’hui par des tablettes de Viclii , des pilules laxatives , ou de la limonade anglaise.
Une heure ou deux après avoir bu sa der-
nière verrée d'eau thermale
le malade fait un
déjeuner léger , si les eaux ont tellement excite son appétit , qu’il ne puisse attendre le premier repas. Ce déjeûner consiste en un bouillon , du vin vieux du pays qu'on a soin d'édulcorer avec du sucre ou du sirop; du vin de Malaga , dans lequel on trempe une mouillette ou un biscuit ; enfin , du chocolat ou du café.
Les eaux sont quelquefois coupées avec du lait, de l'eau de poulet ou de veau, des sirops béchiques ou rafraichissans , lorsqu’elles déterminent de l’irritation , comme on le voit assez souvent dans l'asthme , le catarre chronique , la dyspepsie, etc.
Les cas où on les emploie spécialement en boisson sont la chlorose , la leucorrhée , le catarre vésical , les sables ou graviers de la vessie qu’il n’est pas rare de voir expulser , quoique assez volumineux , par le seul effet de la boisson des eaux ; certaines névroses de l’appareil digestif , la dyspepsie sans phlogose locale , l’ictère chronique , l’asthme , le catarre des vieillards , la phtisie pulmonaire à son début, la dysménorrhée, etc.
La douche, affusio des Romains, consiste à exposer une ou plusieurs parties du corps à la percussion d’une colonne d’eau, dont le diamètre varie selon le besoin, et qui, suivant la
Oouclie,
hauteur de sa chute, frappe avec plus ou moins de vitesse et de force. On y joint ordinairement rimmersion des pieds dans l’eau chaude : cette précaution est souvent indispensable pour détourner le sang’ de la tête et prévenir les conjestions cérébrales.
L’eau thermale alimente les douches par sa chute naturelle et sans être refroidie ni battue par le jeu d’une pompe. Elle est conduite dans les cabinets, au moyen de tuyaux de plomb , dont l’orifice est terminé par un robinet à clef. Des ajutages et des jets de divers calibres en modifient de mille manières la veine liquide, au moment de son application. Ici, c’est une nappe d’eau; là, une gerbe de filets divergens ; quelquefois une multitude de jets se réunissant vers un même point; plus loin , une pression de 25 à 3o pieds qui fait exercer à l’eau passant au travers de la pomme d’arrosoir , Faction d’une brosse vigoureuse, dont les effets pénètrent jusqu es dans les profondeurs de l’organisme.
Les ajutages variés dont on se sert à Aix , les tuyaux flexibles en cuir qui y sont adaptés permettent d’appliquer les douches à toutes les parties , à toutes les régions du corps , et d’en modifier l’effet , pour ainsi dire , à l’infini ( Foy. la pi. 8 ).
La colonne d’eau peut se diriger verticale-
ment, horizontalement ou d’une manière oblique. Le plus souvent, elle agit de haut en bas , soit dans le sens de la force de gravitation : d’autrefois cette colonne agit en remontant ; c’est alors une douche ascendante, et on l’emploie de cette manière pour l’intérieur du nez , des oreilles , du rectum , etc.
L’on peut néanmoins rapporter toutes les douches que l’on a coutume d’administrer à Aix, aux douze ou quinze espèces suivantes. D’après sa température, la douche est chaude , froide ou mitigée. D’après sa direction , elle est verticale , ascendante ou oblique. D’après son application au corps et l’étendue de la région qu’on y soumet , elle s’appelle générale ou locale; enfin , les eaux de Soufre froides et d 'Alun s’administrent seules ou mélangées , et dans tons les cas , on peut en adoucir le choc ou le laisser avec toute sa force de pression. Dans ce dernier cas , la douche prend le nom de Grande Chute.
Une des conditions essentielles pour pouvoir retirer le plus grand effet d’une douche , c’est de bien affermir la partie qu’on y soumet. Il faut donc que cette partie soit appuyée et le corps soutenu. Le malade y est généralement assis sur une escabelle ou étendu sur un coussin de paille ou de crin. Les paralytiques sont placés dans un fauteuil adapté à leurs infirmités. Les person-
1 ozj
lies affectées de coxalgie et de maladies articulaires qui leur interdisent tout mouvement , sont transportées sur des cadres en toile claire ou canevas , au moyen desquels on peut administrer la douche au malade , le porter de son domicile à rEtablissement et le rapporter ensuite , sans qu’il soit nécessaire pour cela de le déplacer de cette sorte de litière.
La température de la douche varie suivant les indications à remplir. 11 en est de même de sa durée: en général, elle est de i5 à 20 minutes. Pour les personnes sensibles et irritables , huit ou dix minutes suffisent et souvent même c'est beaucoup trop. Les douches locales seules se prolongent indéfiniment : mais , dans tout traitement méthodique, il faut marcher avec prudence et n’augmenter la douche en durée et en force que graduellement.
L’effet de la douche peut encore être infiniment modifié par des moyens auxiliaires concomitans, tels que les frictions à la main ou à la brosse , le massage , la flagellation , l’alternat avec le bain et des jours de repos.
L’action de la douche sur la surface cutanée , la réaction qui en résulte sur les divers systèmes de l’économie, ainsi que les changemens amenés par irradiation dans les centres nerveux , doivent être, pour le médecin des Eaux, un objet important de méditation. E11
effet ,
ion
effet, si dans la douche ordinaire la peau s’anime, se colore; si le réseau capillaire se dilate et s'épanouit ; si les houppes nerveuses du derme acquièrent une plus grande sensibilité qui se transmet aux organes sous-jacens; si l’action des organes secrétoires et excrétoires en est augmentée ; si la circulation du sang est accélérée ; si enfin , tout cet ensemble de symptômes produit un véritable accès fébrile factice qui se termine par une sueur abondante : que ne peuton pas attendre de ses effets thérapeutiques , soit pour éliminer du corps les principes morbifiques qui l’entachent , soit afin d’y produire des absorptions et des crises salutaires , pour lesquelles la nature toute seule se trouverait impuissante !
A Aix,le malade se présente à la douche avec son Séchcur qui a dû se munir d'n billet de Bain et du N° d’ordre. Quand son tour est arrivé , il entre , son Séclieur le déshabille et emporte ses vêtemens. Alors le malade est conduit dans le bassin par les Doucheurs ( ou les Doucheuses , si c'est une femme ) ; il se place sur l’escabeau ou la chaise qui lui convient , et recouvre ordinairement ses épaules d’une pièce de flanelle en forme de schall. Les Doucheurs dirigent d’abord leur cornet sur ses pieds, et lui font parcourir successivement les differentes parties du corps, en s'arrêtant , de préférence, aux
régions qu’il leur indique. Ils y joignent près-* que toujours des frictions à la main ou à la brosse : ils massent ensuite , pressent et pétrissent les muscles dans tous les sens : il font exécuter aux membres des mouvemens d’extension et de flexion; ils les secouent légèrement; puis ils exercent , s’il est besoin , sur l’abdomen , des frictions douces qui procurent une espèce de ballottement aux organes qu’il renferment par là en favorisent les secrétions et le jeu.
Le temps fixé par le Médecin étant écoulé , le malade sort de la douche ; on l’essuye avec des serviettes , on l’enveloppe d’abord d’un drap, et mieux encore d’une grande robe ou peignoir de flanelle , puis d’une couverture en laine; on lui passe des serviettes autour de la tète et des pieds , et placé dans une chaise à porteur qu’on ferme exactement , il est ainsi transporté jusque dans son lit.
La sueur qui succède à la douche dure communément une heure ou deux. On la favorise en prenant un bouillon très-chaud ou quelques verres d’eau thermale. Le paroxisme fébrile se dissipe graduellement ; bientôt un sommeil agréable vient effacer la lassitude produite par la douche et ramène , dans toute l’économie , le calme et le bien-être.
Quant aux effets généraux produits par un auxiliaire aussi puissant que les frictions et le
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massage , nous ne pouvons en donner une meilleure idée qu’en reproduisant le passage relatif aux Bains orientaux , inséré dans le Dictionnaire des Sciences médicales ( V. 3 , p. i5o). « Tous les Auteurs s'accordent à dire que le massement joint aux Bains, détermine sur l’économie animale un changement accompagné des plus agréables sensations, et dont difficilement on se ferait une idée. La peau d’abord humectée par l’eau ou la vapeur dans laquelle elle a , été plongée , devenue plus souple et plus flexible, ressent un bien-être qui donne à Texis-*tence un charme tout nouveau ; il semble qu’on apprécie plus complètement le bonheur d'exister et que jusqu’alors on n’avait pas vécu. A la fatigue que l’on éprouve , succède un sentiment de légéreté qui rend propre à tous les exercices du corps; les muscles , rendus à leur contractilité naturelle , agissent à la fois avec plus d'énergie et de facilité. On croit que le sang coule plus largement dans les vaisseaux qui le contiennent , les forces physiques éprouvent donc des changemens salutaires : mais les fonctions du cerveau qui sont si souvent modifiées par celles-ci, présentent bientôt un surcroît d’activité remarquable; l’imagination se développe, le tableau riant des plaisirs s’y retrace avec des couleurs plus vives — L’Européen, condamnant aveuglément les usages des autres peuples,
quand souvent il ne les connaît qu imparfaitement , trouve , dans cette coutume asiatique , un plaisir qui la lui fait bientôt adoptei ; il pousse quelquefois cette habitude jusqu a 1 excès, et les femmes de nos contrées, transportées sous le ciel fortuné des Indes, ne passent pas un seul jour , sans se faire masser par leurs esclaves , et sacrifient des heures entières à cette occupation. »
« Le massage , ajoute le D1 Rapou, agit directement sur les organes locomoteurs et meme sur les viscères renfermés dans les grandes
cavités. Il favorise le cours du sang , l’absorption des fluides , la sécrétion de la synovie , qu’il répartit également dans les articulations et les gaines tendineuses. Par ses alternatives de pression et de relâchement , et scs mouvemens répétés, il facilite la contraction des muscles; prévient, dissipe les adhérences et les engorgemens articulaires ; il entretient les organes dans l’exercice libre et régulier de leurs fonctions , prolonge conséquemment la vie , ou la rend plus agréable , en éloignant les causes de maladies et d’infirmités. »
La douche générale avec ou sans massement est employée d’une manière très-avantageuse dans les paralysies et la myélite chronique; dans les obstructions viscérales et les engorgemens lymphatiques , dans les affections rhumatisma-
[es, les douleurs articulaires, les métastases goutteuses , menstruelles , hémorroïdales ou herpétiques ; dans la maladie de Pott , dans la gastrite et l’entérite chronique ; dans les maladies des veux et des oreilles , causées par le relâchement et la faiblesse, et généralement dans rimpotence des membres, suite de luxations , de fractures, d’entorses , de tumeurs blanches , de spinite et de fausse ankylosé.
La douche ascendante n’est qu’une modification de celle que nous venons de décrire : elle consiste , ainsi qu’on l’a dit , clans la direction imprimée à la colonne d’eau qui remonte, sous forme de jet ou de gerbe ; sa force est proportionnée à la hauteur du réservoir et à la forme de l’ajutage qui sert à la diriger. Cette douche s’emploie pour déterger les abcès du périnée, pour faire des injections utérines et vaginales , pour les injections dans le nez, sous le jarret , sous les aisselles , etc. Le malade , assis sur une chaise convenablement disposée, peut facilement diriger lui-même l’ajutage, soit d’une manière immédiate , soit en s’en tenant à une petite distance.
Un appareil spécial est établi dans un des cabinets du grand Bâtiment pour l’appliquer aux yeux , au menton , aux narines et aux oreilles :
Douche ascendante.
on en a aussi de portatifs , qui peuvent servir dans toutes les pièces de l’Etablissement.
Cette douche, dont Faction est stimulante , résolutive et détersive, produit surtout d’heureux effets dans plusieurs affections de Fintestin rectum, , dans son relâchement et celui des parties adjacentes ; dans la leucorrhée, la chlorose symptomatique , la suppression des règles, et des hémorroïdes ; la dysménorrhée et surtout dans les engorgemens du col de la matrice, où elle a presque toujours suffi pour dissiper les accidens qui semblaient faire craindre de graves affections organiques.
Douche Ecossaise. Nous appelons ainsi le bain froid , sous forme de pluie, c’est le Shower-baih des Anglais. Mon aïeul le Dr Jh. Despine , l’ayant vu employer avec succès en Ecosse dans les affections hypocondriaques , l’importa en Savoie , il y a 5o ou 60 ans, en lui donnant le nom de Bain Anglais ou Ecossais. Mon père l’introduisit en 1822 dans l’Etablissement thermal d’Aix, à l’occasion de diverses affections nerveuses qu’il traitait par la méthode perturbatrice , et dèslors cette espèce de bain a reçu chez nous de nombreux pcrfectionnemens qui en ont rendu Femploi fréquent dans un assez grand nombre de maladies.
On use de la Douche Ecossaise , tantôt par
secousses vives et subites , lorsqu’on veut produire une révolution dans l’économie et une perturbation dans le système nerveux ; tantôt on s’en sert comme moyen propre à arrêter l’effet énervant des sueurs trop abondantes; tantôt encore comme un puissant tonique chez les sujets lymphatiques à tissus lâches et mous.
L’appareil de notre Shower—bath se compose d’une petite caisse carrée , en fer blanc , suspendue par un pied de chèvre , ou potence mobile. Dans le milieu de cette caisse est placé un cylindre creux, soutenu par deux pivots; il est ouvert dans le haut sur toute sa longueur , et muni d’une poignée propre à lui faire décrire un mouvement de rotation sur son axe. On y fait arriver, par. des tuyaux en plomb, dont le bout est armé d’un robinet, un filet d’eau froide et un filet d’eau chaude , au moyen desquels on obtient les degrés de tempéra t ure co nve nables .
Avant de s’en servir, on commence en général et durant quelques minutes par masser , frictionner et doucher le malade , à l’eau chaude. On lui couvre ensuite la tête avec un casque, une éponge, un bonnet de taffetas ciré, ou simplement avec une serviette mise en huit ou dix douilles, pour diminuer l’impression qui en résulte sur le cuir chevelu , qu’il est bon quelquefois de ne pas mouiller; puis on le fait
placer sous l’appareil , et on tourne le cylindre avec rapidité. L’eau se précipite dans la caisse , s’échappe au travers de son fond percé de mille trous , et vient envelopper tout le corps comme une forte pluie d’ondée. L’impression produite au moment de la chûte de l'eau est vive; on peut la comparer au réveil en sursaut.
On se borne quelques fois à une seule ondée , mais le plus ordinairement on en prend de trois à dix ; mon père a vu des malades s’en faire administrer plus de cinquante; mais il n’est pas rare d'en voir porter le nombre à i5 ou 20; en se réglant d'ailleurs sur les forces , les besoins et la sensibilité du sujet.
Chaque ondée d’eau froide est communément suivie d'un arrosement d’eau chaude. Avec cette précaution, on éprouve à peine un instant d'horripilation et de froid. Il arrive ici comme au Russe et au Finlandais, lorsqu’ils se jettent dans la Neva ou se roulent dans la neige, au sortir de leurs étuves : le surcroit d’activité qui résulte d’un pareil bain , neutralise l’effet du froid et arrête toute réaction fâcheuse. Mais il faut beaucoup de circonspection; car s’il y avait abus , une impression froide trop forte déterminerait souvent des congestions internes.
Je ne partage point l’opinion de Gianini , qui pensait que le Shower-batb est générale-
ment avantageux dans les affections fébriles; je crois au contraire, avec Alibert et Marcart , que tout Médecin prudent doit le prescrire avec beaucoup de réserve ; et si on l’administre parfois dans des cas de névroses qui présentent quelques caractères d’acuité , c’est toujours alors pour produire une action perturbatrice propre à changer le mode de vitalité , et à régulariser le mouvement des organes malades, plutôt que pour réprimer Fétat pyrétique ; indication plus facile à remplir par la saignée que par le bain dont il s’agit.
Le bain proprement dit , et tel que vulgairement on l’entend , consiste dans l’immersion d'une ou de plusieurs parties du corps dans Feau. C’est un des plus puissans moyens thérapeutiques connus. Les premiers Législateurs en firent une loi , et les pères de la médecine Hippocrate , Gallien , Celse , Avicenne, le recommandent de la manière la plus expresse.
Les bains peuvent être froids , tiedes ou chauds.
L'impression du froid et du chaud étant relative , il n’est pas possible de déterminer le degré de température dans lequel ces sensations doivent être circonscrites; cependant, pour me conformer à l’usage, j’appellerai bains froids , ceux dont la température n’excède pas
i5 degiés de Réaumur , tempérés ou tièdes , ceux de i5 à 9.5°, et enfin chauds , ceux de 25 à 3o° et au-dessus.
Bain tempéré. Pour bien comprendre les effets du bain tempéré , fon doit tenir compte d'une infinité de circonstances accessoires , appartenant à l’hygiène et à la thérapeutique, dont il sera fait mention ailleurs ; je me bornerai ici à dire qu’il a pour effet immédiat d’assouplir la peau, de la déterger des concrétions qu’amène la sueur, de faciliter les mouvemens musculaires, et d’agir efficacement sur le moral, en mettant les organes du sentiment dans une disposition agréable.
Chez les personnes de constitution molle et lymphatique , quelquefois les mouvemens du pouls se ralentissent ; le plus souvent ils s’accélèrent d abord et bientôt après reprennent leur état normal. Dans la plupart des cas , ils diffèrent peu de leur rythme ordinaire. Cependant on ne saurait tracer des règles invariables à cet égard, parce qu'il faut plutôt juger de l’influence du bain sur l’économie animale, par l’effet qu’éprouve le corps, d’après la disposition actuelle de l’individu, que par sa température absolue et ses autres qualités physiques ou chimiques.
A Aix, on emploie le bain tiède composé
d’eau d’Alun ou d’eau de Soufre, pures ou mélangées, qu’on fait tantôt refroidir spontanément au point convenable , tantôt avec de l’eau commune. Dans ce dernier cas, il est plus calmant et l’on s’en sert pour diminuer l’irritabilité nerveuse ou musculaire , apaiser la douleur , combattre Fexaltation cérébrale , le spasme et les convulsions. Administré dans des proportions croissantes ou décroissantes d’eau chaude et d’eau froide , il sert de passage du bain tiède au bain chaud, ou bien à tempérer l’effet de la douche. En l’alternant avec cette dernière, il la rend moins fatigante.
Sa durée est ordinairement d’une heure, mais elle doit toujours être modifiée ainsi que sa température, d’après les circonstances, l’âge du malade, son sexe, ses forces, sa susceptibilité, la nature du mal, l’excitabilité de la peau , l’état de l’atmosphère , etc.
L’adulte, doué d’un tempérament bilieux, nerveux ou sanguin , est celui qui supporte le mieux l’usage des bains tièdes sans crainte de s’affaiblir. Les vieillards doivent les prendre un peu plus chauds et plus courts , d’après le précepte de Phylostrate : Senecta hominum balnea calida , etc.
Les femmes, ayant une sensibilité plus exquise et des tissus plus lâches, ne devront pas y rester autant que les hommes , surtout s’il
y a hypertrophie du cœur, engorgement glanduleux , disposition à la syncope. Enfin l’extrême mollesse qui caractérise l’organisation de l’enfance, la perméabilité extraordinaire de la peau jointe à la faiblesse propre à cet âge, doivent rendre le précepte plus rigoureux encore à son égard , et exiger généralement des bains de courte durée : aussi voyons-nous les enfans s’ennuyer bientôt dans un bain , à moins qu’ils ne puissent y jouer et s’y distraire par le mouvement.
Quoique l’Etablissement thermal d’Aix contienne des cabinets destinés à cet usage, le plus souvent les bains tempérés se prennent à domicile. Chaque hôtel, à cet effet, possède un nombre de baignoires proportionné à ses logemens. Pour s’en servir, il suffit de prévenir quelques instans auparavant le Sécheur qui pourvoit aux préparatifs nécessaires.
Souvent le Médecin prescrit au malade, après être entré dans le bain à une température agréable , d’y ajouter peu à peu de l’eau chaude, jusqu’à ce qu’il y ait disposition prochaine à la sueur : ce mode convient dans les cas , où après avoir amolli par le bain tiède , on veut opérer une légère excitation analogue à celle delà douche, mais moins forte. D’autres fois , au sortir de la douche , il fait porterie malade dans un bain chaud qui est ensuite graduellement re-
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froidi. Ceci a lieu lorsqu’on veut prévenir des sueurs débilitantes , et convient essentiellement aux personnes sèches, maigres, irritables, nerveuses et pour lesquelles le Shower-hath serait une trop rude épreuve.
Nos bains de piscine , o uci grande eau , ne sont Piscine, qu’une variété du bain tiède. Les anciens avaient dans tous leurs Etablissement thermaux une piscine servant à la natation , où toute la jeunesse se livrait à cet agréable exercice, et c’est encore aujourd’hui pour Aix un des plus puissans moyens d’hygiène et de thérapeutique. Aussi , en obtenons-nous des succès bien marqués, surtout chez les jeunes personnes dont la taille a quelque tendance à se dévier, et pour lesquelles ce genre de bain offre un charme irrésistible.
Notre belle piscine des Thermes-Albkrtins ( Voij. la PL vu ) est maintenue généralement à la température de ‘27 à 28° R. (92 à 95 Farenheit). Se trouvant , de quelques degrés au-dessous de la chaleur du sang , elle tempère celle de l’économie animale , et suffit néanmoins pour imprimer aux organes intérieurs l’activité nécessaire dans une foule de maux.
Les personnes qui ne savent pas nager y trouvent des globes de fer blanc , vides et bien soudés , munis d’une ceinture pour les assu-
jétir au corps. Ces globes de cinq ou six pouces de diamètre peuvent soutenir sur beau des adultes de forte corpulence ; et les enfans munis de leurs houles nagent avec une hardiesse inconcevable qui prouve leur sécurité.
Les engorgemens glanduleux , les affections scrofuleuses et lymphatiques , l’atrophie des membres, le rachitisme, une menstruation qui se fait trop attendre , la lenteur du développement de tout l'organisme aux approches de la puberté, etc. etc. , trouvent dans nos bains de natation , un remède aussi utile qu’agréable.
Les effets immédiats du bain chaud peuvent se réduire aux suivans: la circulation s’accélère, la peau se tuméfie et rougit. Une sueur légère couvre le front, les tempes et les lèvres.
1 ous les liquides se dilatent 5 le sang se porte rapidement aux poumons et à l’encéphale ; de là, gène dans la respiration , douleur de tête , stupeur et coma qui pourraient être suivis d’apoplexie , si l’on n’exerçait dans cette occasion , la plus exacte surveillance. Les accidens fâcheux qui peuvent être le résultat de cette espèce de bain , ont rendu les gens de l’art extrêmement circonspects dans son emploi ; cependant il a cela de commun avec les remèdes violens que son activité même peut le rendre fort utile , intie les mains d’un homme instruit qui pro-
cède avec les précautions requises. Il convient, en général , de commencer par des bains partiels , puis de passer aux bains généraux et de ne pas les prolonger au-delà d’un quart d'heure , lorsqu’on les prend par immersion entière dans la baignoire ; c’est ce qui se pratique au Mont-d’or , où l’on se baigne après la douche , dans l’eau même qui y a servi.
A Aix, le plus souvent on administre le bain chaud au sortir de la douclie,dans une pièce appelée le Bouillon. Il est rare alors qu'on y reste plus d’une à deux minutes ; ordinairement on ne fait qu’entrer et sortir, ce qui lui a fait donner vulgairement le nom de Plongeon. Il est cependant des circonstances où l’on doit le prolonger plus long-temps, surtout s'il est partiel; tels sont les cas de paraplégies anciennes qui ont résisté à tout autre moyen , ainsi que plusieurs affections chroniques de la peau , où il faut , pour me servir de l’expression d’Alibert, cuire, pour ainsi dire , le malade.
On emploie le bain chaud avec avantage dans la suppression des flux hémorroïdaux et menstruels , dans les rétractions tendineuses , les affections rhumatismales invétérées avec engorgemens froids articulaires ; enfin, toutes les fois qu’on se propose de diminuer la masse des humeurs , de ramollir les solides, et qu'on n’a pas à redouter les effets d’une stimulation violente
F.tiivp ou Bain do vnj «*.
Les effets merveilleux, obtenus par les bains chauds , durent faire penser de bonne heure à tirer parti de l’eau réduite en vapeur. Dès l’antiquité la plus reculée, le Tepidarium faisait les délices de Rome. En Egypte, en Finlande, en Russie, on se sert d’étuves depuis un temps immémorial, et en Orient surtout, les femmes recherchent ce plaisir avec ardeur. Les Egyptiens sont si convaincus de leur efficacité, au rapport de Timoni, qu’au lieu de demander, lorsqu’ils se rencontrent, comment va-t-il? ils emploient cette autre formule, comment sues-tu?
L’action du bain de vapeur diffère essentiellement de celle du bain d’eau chaude ; car, d’un côté , l’eau vaporisée pénètre le système dermoïde d’une manière bien plus énergique , par cela même que ses molécules sont plus atténuées ; et de l’autre , la compression exercée par le fluide ambiant , pouvant être considérée comme nulle , l’expansion doit être plus grande du centre à la périphérie.
Les effets immédiats du bain de vapeur sur le corps humain seront donc d’autant plus grands que la température en sera plus élevée , à moins qu’on n’y soit amené insensiblement par l’augmentation de la chaleur d’une manière lente et graduée. C’est en procédant ainsi que Fordice et le savant Broussonet sont parvenus à supporter
porter la température au-delà de 8o° R. , sans des souffrances trop vives. A la vérité , ils notaient pas dans une étuve humide : ils n’auraient pu la supporter à une température aussi élevée; car on sait qu’une chaleur sèche de 5o° R. ne fait guères sur le même individu plus d’impression qu’une étuve humide de 35°. Ce phénomène tient à l’évaporation des gouttelettes de sueur , qui a lieu plus promptement dans l’étuve sèche que dans l’étuve humide. Une conséquence de ce principe, c’est que l’étuve, telle qu’on l’emploie à Aix , qui est humide et ne dépasse pas 3o à 32 degrés , favorisant moins l’évaporation que l’étuve sèche , doit être moins débilitante et peut suffire dans tous les cas qui requièrent ce genre de médication.
Un fait extrêmement curieux et qui se lie au précédent , c’est que l’homme vivant conserve sa chaleur naturelle ( environ 32° 1/2 R. J , quelle que soit la température du milieu qui l’environne. Tille t rapporte, à cette occasion , qu’il a vu la domestique d’un boulanger se tenir dans le four de son maître , tout le temps que durait son service ( lequel consistait à arranger le bois et le pain pour la cuisson ), souvent par une chaleur excessive ; trois autres fdlcs fesaient le même service. Ayant voulu savoir au juste le degré de chaleur qu’elles supportaient, il trouva
qu’elles restaient dans le four i5 minutes , lorsqu’il était chauffé à ioG° R., 10 minutes a no° et 5 minutes à n3°. Ainsi ces filles supportaient, dans ces épreuves , une chaleur de 33° au-dessus de l’eau bouillante. Ce fait , tout extraordinaire qu’il paraît , est cependant confirmé par les expériences récentes de Blagden , Banks, Sollander , et de MM. De la lloche et Berger de Genève. Ces MM. ont constaté, en outre, i° que l’homme peut supporter une température de 86° au-dessus de la chaleur naturelle , sans de graves inconvéniens ; 2° que le pouls bat à ioi° i/3, cent quarante -quatre fois par minute; 3° que l’air expiré paraît froid et fait baisser le thermomètre; 4° que le corps, au bout d’un quart d’heure, a perdu 3oo grammes de son poids.
Les résultats généraux, produits dans de semblables étuves , sont biens différais de ceux que nous obtenons au Vaporarium , sur la grille du Bouillon, et aux Thermes Berthollet; car ceuxci sont incomparablement plus doux , et constituent un des moyens thérapeutiques les plus avantageux. Sous leur influence, la peau se ramollit , les veines extérieures se dilatent et tout le corps se couvre d’une légère rosée due bien davantage à la vapeur qui se condense , qu’à l’exhalation cutanée. Ces gouttelettes ne tarderaient pas à produire un sentiment de froid, si
elles notaient sans eesse réchauffées par des nuées d’eau volatilisée , dont l’effet est de balancer l’évaporation qui tend à soustraire au corps une partie de son calorique.
J’ai été à même de vérifier l’effet calmant de la vapeur de nos eaux,, dans quelques affections prurigineuses , dans l’asthme spamodique et dans la phthisie au premier degré. Ces faits sont de nature à confirmer l’opinion des DDrsCliaussier et Rapou , au sujet de l’action du gaz liydrogène-sulfuré , que l’on a toujours considéré comme étant un des principes les plus actifs des eaux d’Aix. Voici comment s’exprime à cet égard le savant Auteur de l’ A tmidia trique , dont l’autorité est si recommandable , surtout lorsqu’il s’agit de l’emploi des vapeurs T comme moyen médicamenteux. <c Le gaz hydrogènesulfuré est un des plus précieux agens de la thérapeutique. 11 est aussi celui dont on connaît le moins la manière d’agir î car , presque tous les médecins le supposent excitant et emploient les vapeurs hydro-sulfurées pour augmenter l’énergie vitale de la peau, pour accroître la circulation capillaire, et par continuité de tissu , l’irritabilité des parties profondes sur lesquelles on les dirige. Il est vrai qu’elles résolvent bien plus facilement et avec plus de promptitude les tumeurs et les engorgemens lymphatiques que tous les autres moyens : mais
clics sont principalement sédatives et calmantes. Une singulière propriété du gaz hydrogènesulfuré dont je me suis convaincu un grand nombre de fois , c’est qu’il tempère manifestement l’activité du calorique : c’est-à-dire , que la vapeur aqueuse qui , appliquée, soit en douche , soit en bain , sur une partie quelconque du corps à un degré donné , déterminerait chaleur , rougeur et gonflement, ne produira aucun de ces effets immédiats, si elle est saturée de gaz hydrogène -sulfuré. Après son action, la peau est plus souple , plus douce , plus onctueuse , etc. »
Le gaz hydrogène-sulfuré pur est, comme on le sait , un des gaz asphyxians les plus énergiques , un des poisons sédatifs qui agissent le plus puissamment sur le système nerveux. Cette circonstance a souvent fait croire à des savans étrangers, médecins , physiciens et chimistes,que nos bains de vapeur pouvaient être dangereux : mais cette assertion est facilement combattue par l’expérience qui , depuis un temps immémorial , a confirmé l’efficacité de ces bains dans beaucoup de maladies , et leur innocuité parfaite, quand on en usait avec prudence. Elle l’est encore par les considérations suivantes , déduites de faits positifs.
1° Nos vapeurs hydro-sulfureuses ne sont pas
pures. L’air atmosphérique et l’azote y sont en proportions infiniment plus considérables.
2° L’hydrogène sulfuré , qui se développe au moment où le gaz fourni par les eaux vient crever à leur surface , ne s’y accumule pas , puisque, comme on La vu précédemment, il forme de l’acide sulfurique, qui imprègne le linge à sa proximité , convertit en gypse le revêtement calcaire de l’intérieur des cabinets et fait passer à l’état de sulfate le fer, le cuivre et le zinc qu’il y rencontre.
3° Enfin , les cabinets , ou ces vapeurs s’administrent , ne sont pas hermétiquement fermés ; au contraire ,1e mouvement des baigneurs , celui des gens de service , et la différence de pesanteur spécifique de l’atmosphère et de la vapeur des eaux chaudes , amène dans la masse aérienne de ces cabinets , un mouvement qui en mélange , déplace et renouvelle à chaque instant toutes les molécules.
La vapeur s’administre à Aix de quatre manières. La première consiste à placer le malade dans une étuve , où tout le corps est plongé ; c’est ce qui a lieu au Paporarium , à l’ Enfer , dans les Guérites et sur la grille du Bouillon. La deuxième se fait par encaissement , la tête seule dans ce cas se trouve hors de l’appareil, tandis que le reste du corps est plongé dans la vapeur. La troisième consiste à diriger la vapeur,
sous forme de douches, ce qui s’exécute en conduisant le jet sur une seule partie, à l’aide de tuyaux dont on peut varier à volonté le diamètre , la forme et la longueur. Souvent c’est avec un manchon cylindrique , dans lequel on introduit la jambe , le bras ou la main 5 d’autres fois c’est avec un cône qui sert à concentrer les vapeurs et à les rassembler en une sorte de foyer, sur la partie qu’on y soumet. Enfin , il est une multitude d’autres appareils , dont le détail serait fastidieux pour le Lecteur , et que la simple inspection fera beaucoup mieux comprendre. ( Voy. la PL vin. )
4° On a mis à profit la propriété qu’ont les liquides de produire une chaleur plus grande , à raison de leur densité spécifique , pour administrer des bains mixtes : c’est-à-dire , dans lesquels la tête , les bras ou la moitié supérieure du corps sont soumis à l’action de la vapeur à 270, pendant que les extrémités inférieures sont plongées dans un bassin d’eau de Soufre ou d’Alun , à leur température naturelle. Cette espèce de bain qui a de l’analogie avec le Semi-cupia des Anciens , est toujours préférable chez les personnes très-sanguines ou douées d’un tempérament éminemment nerveux. Il est prudent, chez elles , d’appeler les fluides vers les régions éloignées des centres vitaux : on évite, par ce moyen , les causes d’irritations cérébrale et nié-
dullairc , souvent accompagnées de convulsions et de douleurs atroces.
On conçoit, d’après ce qui précède , combien la seconde manière d’administrer la vapeur diffère de la première ; car , en thérapeutique , il n’est pas une modification qui n’amène de résultats différons : l’air qui pénètre dans l’éponge pulmonaire , étant ici plus oxigéné et moins brûlant , la respiration est plus libre et les inspirations moins nombreuses ; de-là , plus de calme dans la circulation; il arrive moins de sang au cerveau dans un temps donné ; ce qui doit faire préférer cette méthode , toutes les fois qu’on a à redouter des congestions sanguines dans les organes de l'encéphale.
Quanta l'application locale de la vapeur, elle peut être extrêmement utile , pour activer une inflammation circonscrite, favoriser la résolution d’un engorgement , hâter la rupture d’un abcès , faciliter le retour des évacuations menstruelles et pour produire une révulsion sur un point de la périphérie , dans l’intention de combattre une irritation profonde ou une phlegmasie latente de viscères ou d’organes plus essentiels.
Des Bains de boues ont été introduits à Aix , Bains de Boues, â l’imitation de ceux d’Acqui, de Vinadio et de St.-Amand. De tout temps , on avait usé
dos boucs thermales de nos eaux en applications et en cataplasmes. On les recueillait autrefois dans le bassin central du grand Bâtiment des bains et dans le grand bassin des eaux d’Alun appelé Bain royal. Depuis que ces bassins ont reçu des destinations spéciales qui ne permettent plus de s’y procurer ces boues spontanées , produit des conferves et de la matière animale ou glairine , on était privé de cette ressource utile ; mais , dans la distribution des Thermes-Albertins , un local spécial a été disposé pour y accumuler tous les détritus des fontaines minérales, et y opérer les mélanges convenables.
Les boues ainsi préparées se composent , comme à Acqui et à St.-Amand , d’une terre magnésienne , extrêmement douce et onctueuse au toucher , unie à la matière azotée et au soufre fournis par les deux eaux thermales. Elles sont mises en dépôt dans un espèce de puits ou réservoir disposé à cet clfet. Continuellement agitées par Beau d’Alun qui sourd audessous , leur masse s’imprègne de plus en plus de principes minéralisans , et quoique la température en soit moins élevée qu’à Acqui, Ton en retire néanmoins les plus grands avantages dans les rétractions tendineuses , et dans plusieurs affections chroniques du système de la peau.
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La densité de ce Bain étant supérieure à celle de tous les autres , et la chaleur s'y conservant conséquemment plus long-temps à égalité de température, il n'est pas douteux qu'il ne produise des cures nombreuses dans les cas de nécroses , de fracture , d’atrophie des membres, et qu’il ne devienne plus usuel dans les affections scrofuleuses , si souvent rebelles et si variées dans leurs formes.
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1‘RÉCA U T ï O IV S A O B S E K V E K
PENDANT E’üSAGE DES EAUX.
Les moyens à mettre en usage pour retirer tout le fruit qu’on doit attendre des Eaux d’Aix peuvent se rapporter à deux chefs principaux. Les uns sont purement hygiéniques et relatifs aux affections de l’ame , à l’air , aux alimens , aux boissons , à l’exercice ; les autres regardent spécialement l’administration des eaux et sont du ressort de la thérapeutique. Tous sont fondés sur l’expérience et la tradition , et c’est à redouble titre qu’ils méritent l’attention des Baigneurs.
Affections l’a me.
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