‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 15 sur 84 · PHLEGMASIES DU TUBE DIGESTIF · texte numérisé non relu

PHLEGMASIES DU TUBE DIGESTIF

voir. Bientôt les fâcheux symptômes qui caractérisaient son état se compliquèrent de violentes douleurs de tète, qui. furent suivies d’une congestion cérébrale des plus graves.

» Madame F... était d’un tempérament sanguin très prononcé, vive, impatiente à l’excès, et d’un caractère, par conséquent, très irritable ; je n’ai pas besoin de dire que la médecine la plus active fut employée par moi dès le début de la maladie, mais malheureusement sans aucun succès ; les saignées réitérées, les applications nombreuses de sangsues, les bains, etc. , etc. , tout fut inutile, ou du moins ne parvint pointa entraver la marche de la maladie. M. le professeur Fouquier, appelé en consultation , joignit ses efforts aux miens; mais des vésicatoires aux cuisses, qu’il proposa , furent obstinément repoussés par la malade ; il ne paraissait plus possible de tenter de nouvelles saignées , ù cause de l’état de faiblesse où se trouvait la malade. Nous jugeâmes le cas tellement grave, que nous annonçâmes è la famille que nous prévoyions une catastrophe comme infiniment probable et prochaine. Je voyais la malade trois fois par jour; elle déclinait sensiblement, et dans les derniers jours, on accourait souvent en toute bâte chez moi, me

priant d’y aller bien vile, car on croyait à tout instant qu’elle allait périr.

» Un soir qu’elle était extrêmement mal , je voulus la voir une dernière fois avant de rentrer chez moi; il était entre dix et onze heures, la journée avait été mauvaise; toute la famille, épuisée de fatigue, prenait un peu de repos; la garde même, luttant contre le sommeil , veillait à moitié sur son siège. Ma venue ne dérangea personne, et je m’approchai de ma malade, qui était sans mouvement; je m’assis en silence à côté d’elle, et contemplai quelques instants cette intéressante femme, dont la mort semblait déjà s’emparer. Sa belle figure était à peine éclairée par la lueur d’une bougie qui finissait: c’était le calme précurseur du néant. La malade fit un léger monvemç^nt ; je lui pris la main et lui fis connaître que j’étais près d’elle ; elle me reconnut , mais ne me parla pas. Il me vint tout à coup la pensée de la magnétiser; je ne sais en vérité comment cette idée me vint , car il y avait bien deux ans que je n’avais eu occasion de renouveler des expériences magnétiques, et je n’aurais certes point songé à proposer un pareil moyen dans de telles circonstances. Enfin , je magnétisai , je puis bien dire, en présence de Dieu seul , car la garde,

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