PHLEGMASIES DU TUBE DIGESTIF
voir. Bientôt les fâcheux symptômes qui caractérisaient son état se compliquèrent de violentes douleurs de tète, qui. furent suivies d’une congestion cérébrale des plus graves.
» Madame F... était d’un tempérament sanguin très prononcé, vive, impatiente à l’excès, et d’un caractère, par conséquent, très irritable ; je n’ai pas besoin de dire que la médecine la plus active fut employée par moi dès le début de la maladie, mais malheureusement sans aucun succès ; les saignées réitérées, les applications nombreuses de sangsues, les bains, etc. , etc. , tout fut inutile, ou du moins ne parvint pointa entraver la marche de la maladie. M. le professeur Fouquier, appelé en consultation , joignit ses efforts aux miens; mais des vésicatoires aux cuisses, qu’il proposa , furent obstinément repoussés par la malade ; il ne paraissait plus possible de tenter de nouvelles saignées , ù cause de l’état de faiblesse où se trouvait la malade. Nous jugeâmes le cas tellement grave, que nous annonçâmes è la famille que nous prévoyions une catastrophe comme infiniment probable et prochaine. Je voyais la malade trois fois par jour; elle déclinait sensiblement, et dans les derniers jours, on accourait souvent en toute bâte chez moi, me
priant d’y aller bien vile, car on croyait à tout instant qu’elle allait périr.
» Un soir qu’elle était extrêmement mal , je voulus la voir une dernière fois avant de rentrer chez moi; il était entre dix et onze heures, la journée avait été mauvaise; toute la famille, épuisée de fatigue, prenait un peu de repos; la garde même, luttant contre le sommeil , veillait à moitié sur son siège. Ma venue ne dérangea personne, et je m’approchai de ma malade, qui était sans mouvement; je m’assis en silence à côté d’elle, et contemplai quelques instants cette intéressante femme, dont la mort semblait déjà s’emparer. Sa belle figure était à peine éclairée par la lueur d’une bougie qui finissait: c’était le calme précurseur du néant. La malade fit un léger monvemç^nt ; je lui pris la main et lui fis connaître que j’étais près d’elle ; elle me reconnut , mais ne me parla pas. Il me vint tout à coup la pensée de la magnétiser; je ne sais en vérité comment cette idée me vint , car il y avait bien deux ans que je n’avais eu occasion de renouveler des expériences magnétiques, et je n’aurais certes point songé à proposer un pareil moyen dans de telles circonstances. Enfin , je magnétisai , je puis bien dire, en présence de Dieu seul , car la garde,