‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 14 sur 84 · ACTION SDR DES MALADES · texte numérisé non relu

ACTION SDR DES MALADES

je l’ai dit, pour expérimenter. El quel ne fut pas mon étonnement ! Ses yeux devinrent mobiles; il reprit connaissance; nous le vîmes mouvoir sa main, la porter à ses lèvres, arracher avec ses doigts les mucosités épaisses qui tapissaient sa bouche. Il demanda à boire, on lui en donna, et le liquide passa. Une demi-heure de magnétisation avait suffi pour produire ces phénomènes. Je ne magnétisai que cette seule fois ce malade, qui succomba trois jours après.

Deuxième exemple. — Une jeune 611e , appartenant è une honnête famille , fut affectée d’une Gèvre à peu près semblable. Je la vis avec son médecin , le docteur Desprez ; comme il avait déclaré qu’il n’y avait plus d’espoir, je le tourmentai pour qu’il me la laissât magnétiser; il y consentit et les parents aussi. Le fait observé plus haut se renouvela : elle arracha les mucosités de sa bouche, elle qui un instant auparavant était sans connaissance ; elle but aussi , ce qui n’avait plus lieu depuis longtemps. Elle sentit vivement les parties sur lesquelles on avait appliqué de la moutarde et des vésicatoires, quoique auparavant ces parties fussent complètement insensibles. Je la laissai dans l’état que je viens de décrire. Mais bientôt après elle reperdit connais-

20 MANUEL DE L’ÊTDOIANT MAGNÉTISEUR, sance, et retomba dans i’état où je l’avais trouvée. J’y allai de nouveau, la magnétisai, et obtins le retour des heureux symptômes. Encouragé de ce succès, je ne la quittai plus, et dès le second jour on avait le plus grand espoir de la sauver par le moyen que j'employais. Elle guérit enfin. 11 y a bien longtemps de cela, je l’ai perdue de vue; mais les parents doivent avoir, comme moi , conservé le souvenir du succès de mes heureux efforts. Quant au médecin , il était ravi , et proclamait partout que cette jeune fille me devait la vie.

Troisième exemple. — La comtesse de R...

avait été atteinte d'une fièvre que ses médecins nommèrent muqueuse inflammatoire.

Depuis soixante jours au moins pas une seule garde-robe, en dépit de tous les remèdes employés ; pas un instant de sommeil , malgré toutes les compositions soporeuses.

La bouche était sèche , ulcérée , ainsi que la langue; l’abdomen ballonné; chaleur sèche et âcre à la peau.

Je la magnétisai dans cet état. Eh bien, la nuit qui suivit , elle eut quatre heures de bon sommeil, et le matin deux selles. On la croyait sauvée, je l’espérais aussi; mais ses médecins (ils étaient cinq), n’ayant pas été prévenus de.Uessai

ACTION SUR DES MALADES. 2l

que j’avais fait, crurent que la nature seule était cause de ce changement heureux, et voulurent Vaider. Ils administrèrent deux onces d'huile de ricin , et une tisane pour en favoriser reffet. Le bien produit s’effaça rapidement ; cependant je la magnétisai encore deux fois , mais c’était dès lors sans espoir. Je me retirai, et cinq ou six jours après , j’appris que la malade était morte.

Je borne ici mes citations ; les multiplier serait superflu. Ces trois exemples suffisent à montrer l’évidence de l’action physique que l’agent magnétique exerce sur les malades.

Passons maintenant à son action curative. Mais avant de tracer les règles de son application au traitement des maladies en général , et de chacune d’elles en particulier, il est essentiel de dire quels sont les principes qui nous dirigent , nos procédés , notre manière d’expérimenter, notre méthode enfin.

MeUiodc expérimentale de l’antenr.

Lorsque le patient peut s’asseoir, nous le mettons sur un siège , et nous nous plaçons en face de lui. sam le toucher; plus tard on saura pourquoi. Nous restons debout, ou si nous nous asseyons, nous tâchons toujours d’èlre sur un

Fig. I.

siège uu peu plus élevé que le sien , de manière que les mouvements du bras que nous avons à faire ne deviennent pas trop fatigants.

Lorsque le malade est couché , nous nous tenons debout près de son lit, et l’engageons à s’approcher de nous le plus possible. Ces conditions remplies , nous nous recueillons un instant I et nous considérons le malade. Lorsque nous jugeons que nous avons la tranquillité, le calme d’esprit désirable , nous portons une de nos

PBOCÉDÉS DE l’acteur. 22

Fig. î.

mains, les doigts légèrement écartés et sans être tendus ni roides, vers la tète du malade; puis, suivant à peu près une ligne droite, nous la descendons ainsi jusqu’au bassin , et répétant ces mouvements [passes') d’une manière identique pendant un quart d’heure environ, en expectant avec soin les phénomènes qui se développent.

24 UANIIEL DE l’étudiant MAGNÉTISEUR.

Noire pensée est active, mais n’a encore qu’un but : celui de pénétrer les parties sur lesquelles nous promenons nos extrémités (quand un bras est fatigué, il est essentiel de se servir de l’autre) de l’émission d’un fluide que nous siipposons partir des centres nerveux, et suivre le trajet des conducteurs naturels, les bras, et par suite les doigts. Je dis supposons , quoique pour nous ce ne soit point une hypothèse : notre volonté met bien évidemment en mouvement un fluide. 11 se dirige et descend en suivant la direction des cordons nerveux jusqu’à l’extrémité des mains, franchit cette limite , et va frapper les corps sur lesquels on le dirige.

Lorsque la volonté ne sait pas le régler, il se porte par irradiation d’un objet sur un autre qui lui convient; dans le cas contraire, il obéit à la direction qui lui est imprimée, et produit ce que vous exigez de lui , quand toutefois ce que vous voulez est dans le domaine du possible.

Nous considérant donc comme une machine physique , et agissant en vertu des propriétés que nous possédons , nous promenons sur les trois cavités splanchniques, crâne, poitrine et abdomen, nos membres supérieurs, comme conducteurs de l’agent dont le cerveau paraît être le réservoir,

PROCÉDÉS DE l’auteur. 25

en ayant soin que des actes de volonté accompagnent nos mouvements.

Faisons une comparaison qui rende notre pensée plus compréhensible.

Lorsque vous avez l’intention de lever un fardeau, vous envoyez, par votre volonté , la force nécessaire à vos extrémités, et elle obéit; car si elle ne s’y transportait point, vous ne pourriez rien. De même pour magnétiser.

Les effets dont le développement plus ou moins marqué suit d’ordinaire toute magnétisation apparaissent dès lors en raison de Vénergie de notre volonté, de la force émise et de la durée de l’action.

Nous avons toujours l’intention que les émissions du principe soient régulières, et jamais nos bras, nos mains, ne sont en état de contraction; ils doivent avoir toute leur souplesse pour accomplir sans fatigue leur fonction de conducteurs de l’agent.

Si les effets qui résultent ordinairement de celte pratique n’ont pas eu lieu promptement, nous nous reposons un peu, car nous avons remarqué que la machine magnétique humaine ne fournit pas d’une manière continue et selon notre volonté la /brce que nous exigeons d’elle. Après

26 MANUEL DE L’ÉTUDIANT MAGNÉTISEUR, cinq ou dix minutes de repos, nous recommençons les mouvements de nos mains {passes), comme précédemment, pendant un nouveau quart d’heure , et nous cessons tout à fait , pensant que le corps du patient est saluré'àa fluide que nous supposons avoir émis.

Cotte pratique si simple, si facile à suivre, si inolTensive en apparence, fournit pourtant la matière des plus grands résultats.

Pour vous la rendre plus compréhensible encore, voici, sous une autre forme, les procédés magnétiques des Puységur et Deleuze. Cet abrégé sera suflisant pour vous guider. Tout gît dans les premiers succès j on marche ensuite résolùment, lorsqu’on soi on a découvert la force cachée, cause de tous les phénomènes.

CATÉCHISME MA.GBrÉTO]:.OGIQV£.

D. Qu’entendez-vous par magnétiser ?

R. C’est diriger sur un malade à l’endroit de son mal, ou sur les parties les plus sensibles de son corps , l’agent magnétique afin d’y occasionner de la chaleur, ou un mouvement quelconque.

D. Croyez-vous que le magnétisme puisse pénétrer dans tout le corps du malade ?

Jk

CATÉCHISME MAGNÉTOLOGIQÜE. 27

R. Oui ; et c’est ainsi qu’ii produit de nombreux phénomènes.

D. Comment considérer ces effets?

R. Comme une accélération du mouvement tonique et une accélération de circulation de tous les fluides.

D. Le magnétisme est donc l’art d’accélérer et de régulariser le mouvement tonique des corps de nos semblables ? •

R. C’est un art et une faculté.

D. Tous les hommes sont-ils capables de l’apprendre et de l’exercer ?

R. Sans doute, d’abord selon l’énergie de leur force et de leur volonté , et je puis dire de leur santé.

D. Pourquoi la volonté?

R. C’est que les hommes ne se déterminent à faire un acte quelconque que lorsqu’ils ont la volonté de le faire.

D. C’est donc une action de magnétiser?

R. C’est un acte aussi physique que de piler quelque chose dans un mortier, scier du bois, travailler à un métier, ou la composition d’ouvrages qui demandent de la force et de l’application, enfin comme tous les actes que quelques motifs nous inspirent la volonté de produire.

28 MANUEL DE l’ÉTÜOIANT MAGNÉTISEUR.

Z). Si tous les hommes ont la faculté de magnétiser, comment se fait-il qu’ils ne l’aient pas plus tôt découverte en eux ? '

R. Tout atteste qu’autrefois les hommes ont joui pleinement de leur puissance magnétique. Les fables, les mystères, les cérémonies religieuses des peuples anciens en laissent apercevoir des traces nombreuses ; mais probablement les formes, les procédés extérieurs pour magnétiser étoulTërent bientôt l’esprit qui les avait institués. L’usage rationnel de cette faculté une fois perdu , l’ignorance, les superstitions et le fanatisme ont constamment persécuté les hommes qui , à différentes époques, ont annoncé l’avoir recouvré.

D. Une fois persuadé que l’on a en soi la puissance magnétique, ne s’agit-il plus que d’avoir la volonté de l’exercer pour produire des effets ?

R. Oui, pour produire des effets quelconques, il ne faut pas davantage j mais, pour n’en produire que de bons et jamais de nuisibles, il faut agir d’une manière constante et régulière.

D. Qu’entendez-vous par agir d’une manière constante et régulière?

R. jJne comparaison vous le fera comprendre ‘

CATÉCHISME MAGNÉTOLOGIQUE. 29

c’est par l’effet de i’air, sur les ailes d’un moulin, que son mécanisme se meut; que cet effet cesse ou s’affaiblisse, la meule du moulin se ralentit ou s’arrête à l’instant. Que le vent change ou devienne trop violent, le mécanisme du moulin se désorganise aussitôt. Notre action magnétique, c’est le vent qui donne ou plutôt qui accélère le mouvement tonique dans les veines d’un malade ; notre volonté, c’est ce qui donne à notre action et à l’agent magnétique sa direction convenable et nécessaire.

D. On pourrait donc faire du mal en magnétisant ?

R. Sans doute, si l’on magnétise un malade sans intention ou sans attention , on produit des effets généraux sans but; la nature ne reçoit aucune indication , une impression est bientôt suivie d’une impression différente, et ce n’est alors qu’une suite de désordres. 11 n’est qu’une manière de magnétiser utilement, c’est de ne jamais changer ni varier la direction de sa volonté.

D. Mais, avec la volonté ferme et constante de procurer le plus de bien possible à un malade, ne pourrait-on pas quelquefois produire trop d’action sur lui ?

R. Oui; il peut .arriver un moment où votre agent tourmente avec trop de violence les organes, il faut savoir d’abord le mettre en équilibre dans toutes les parties, puis lui ouvrir une ssue.

D. Comment y parvenir ?

R. En faisant des passes jusqu’aux extrémités des pieds et en bornant la magnétisation lorsque la sensibilité exaltée est devenue générale.

D. Quoique tous les hommes aient plus ou moins la puissance magnétique , ne croyez-vous point cependant que les médecins en feraient toujours usage avec plus de discernement que d’autres ?

R. Cela est vrai seulement pour quelques cas diffîciles qui seront d’ailleurs spécifiés dans ce traité, mais, avec un peu d’expérience, tous les hommes peuvent faire du bien ; le magnétisme est l’agent de la nature, il s’harmonise avec toutes les forces vives qui sont en nous, il augmente l’action médicatrice qui tend sans cesse à rétablir l’équilibre dans le jeu des organes.

D. Il n’est donc pas nécessaire de connaître ni l’espèce ni la cause des maladies pour s’employer à les guérir par le magnétisme?

CATÉCHISME MAGNÊTOLOGIQUE. 31

R. Ce sont des connaissances que la nature semble ne pas exiger ; il paraît même qu’une trop grande préoccupation de l’esprit, appliquée à la recherche des causes, détourne les forces magnétiques en suspendant par instant leur émission.

D. Vous parlez d’agent, de forces, et de fluide, êtes-vous donc certain que ce ne soit pas seulement la pensée du magnétisme qui agit sur la matière ?

R. En admettant l’action d’un corps sur un autre corps, nous pensons qu’un agent d’une grande subtilité existe, mais jusqu’à présent aucun instrument n’en a donné la preuve matérielle; les elTets ne peuvent s’expliquer sans recourir à l’hypothèse d’un agent, nous admettons l’existence d’un fluide nerveux ; mais n’importe la manière de se rendre raison des principes de toutes nos volontés et de nos actions, tout homme qui, avec l’esprit sage et le cœur compatissant , exercera sa puissance magnétique, se procurera les jouissances les plus douces qu’il soit possible de goûter, car il soulagera ses semblables et produira des œuvres supérieures à toute science d’école.

D. Quel est l’eflet le plus désirable à obtenir en magnétisant ?

32 MANUEL DE l’ÊTUüIANT MAGNÉTISEUR.

/{. Tous les eiïels sont également salutaires; un des plus satisfaisants est le somnambulisme; mais il n’est pas plus fréquent, et les malades, sans entrer dans cet état, peuvent également guérir.

D. Ne doit-on pas toujours avoir la volonté de produire le sommeil ?

R. Non , il faut le laisser arriver de lui-même; l’agent ayant en lui une vertu, une propriété dormitive , il la développera si la nature en a besoin.

Z>. A quelle indication peut-on reconnaître qu’un malade est susceptible d’entrer dans l’état somnambulique ?

R. Lorsqu’en magnétisant Un malade, on s’aperçoit qu’il éprouve de l’engourdissement , ou de légers spasmes, une légère altération des traits, et qu’il ferme les yeux , il arrive au sommeil en continuant la magnétisation.

D. Quoi ! il n’y a pas autre chose à faire pour mettre un malade en somnambulisme?

R. Non; vous n’avez plus qu’à attendre du temps; car souvent il faut plusieurs opérations semblables, cette sorte de crise arrivant rarement à son terme du premier coup.

D. L’état magnétique, autrement dit le

Digiti, '! by G00^t(

CATÉCHISME HAGNÊTOLOGIQUE. 33

somnambulisme , cxige-t^il quelques ménagements ?

R. 11 faut considérer l’homme en état de somnambulisme comme l’étre le plus intéressant qui existe par rapport à son magnétiseur ; c’est la confiance qu’il a eue en vous qui l’a mis dans le cas de vous en rendre maître j ce n’est que pour son bien seul que vous pouvez jouir de votre pouvoir^ le tromper dans cet état, vouloir abuser de sa conGance , c’est faire une action

malhonnête, c’est enfin agir en sens contraire à celui de son bien , d’où doit s’ensuivre, par conséquent, un effet contraire à celui que l’on a d’abord produit sur lui. L’abus du pouvoir porté un peu trop loin peut même devenir criminel, c’est pourquoi on ne doit jamais se laisser magnétiser par le premier venu.

Voici comment s’exprimait une somnambule lucide interrogée sur le magnétisme. Ne perdez pas de vue que, presque dans tous les cas, les somnambules redètent l’opinion , la croyance de leurs magnétiseurs; mais ici il parait y avoir une connaissance parfaite du magnétisme.

« 1® Du magnétisme. — L’homme porte en lui-même autant de Guide qu’il lui en faut pour exister; mais il n’en a pas toujours assez pour le

communiquer aux autres. Ce fluide est élémentaire, léger, subtil, blancliâire : lorsqu’il émane de notre corps , et qu’il est mù avec vivacité, il devient brillant. Les malades, lorsqu’on les magnétise, l’attirent selon leur différents besoins.

» Ce fluide est répandu dans toute la nature; mais il n’y a que l’homme qui sache l’employer : c’est par une vertu que sa volonté met en action, et qu’au défaut d’un terme plus convenable, on peut nommer vertu magnétique.

» 11 faut que le magnétiseur se recueille, qu’il soit sans distraction, uniquement occupé de lui et de la personne qu’il veut magnétiser, afin d’employer un des moyens de la nature pour agir sur elle-môme. Il faut que son âme s’élève au plus haut degré de l’amour du prochain; non parce qu’il nous a été ordonné de l’aimer, mais parce que tous les hommes étant liés par des rapports indissolubles, et le genre humain formant un corps, cet amour résulte de la nature de l’homme.

» Le magnétiseur donne, par le mouvement de ses mains, plus d’essor au fluide qui émane de lui; il agit ainsi sur le fluide de celui qu’il magnétise, et lui communique une rapidité qui, dans l’état naturel, ne lui est pas propre.

CATÉCHISME MAGiSÉTOLOGIQUE. 35

>* Le magnétiseur ne doit avoir d’autre but que celui de faire le bien , et de soulager le souffrant. Que l’un et l’autre soient tranquilles, et soumis à la Providence. Que le malade se recueille, que sa volonté reste sans action , qu’il songe à la vertu dont il attend du secours.

I' Pour donner le premier rapport, il faut que le magnétiseur se place vis-à-vis de la personne magnétisée, qu’il tienne les mains sur les épaules, qu’il les glisse le long des bras, et qu’il tienne pendant quelques instants, pour que le fluide circule de l’un à l’autre et se mette en harmonie.

«Le magnétiseur doit avoir soin de sa conservation, de ses forces, et maintenir son âme dans une assiette tranquille. Le magnétisme convient à presque tous les êtres souffrants ; mais ses effets sont plus salutaires et plus prompts dans les uns que dans les autres.

» On peut agir sur des personnes éloignées, mais cet effet n’est possible qe’autant qu’il y a eu préalablement un rapport fortement établi par une action immédiate.

■ Souvent pendant la cure magnétique se manifestent des maux qui , sans le magnétisme, se seraient développés plus tard , et auxquels il peut

remédier. Si le magnétiseur connaît le genre de maladie, il dirigera le magnétisme sur la partie affectée; s’il ne la connaît pas d’abord, le magnétisé la lui indiquera bientôt, parce qu’il ne manquera pas d’éprouver quelques sensations à l’endroit où siège le mal.

» Il est impossible de donner des règles fixes sur la manière dont on doit magnétiser : elle dépend des circonstances et du genre de maladie ; mais il importe de distribuer le fluide dans tout le corps, pour y occasionner une circulation prompte et égale. »

AmXOATXOïr THi&AVZUTIQITX.

Ici je dois m’étendre davantage, car le but de cet ouvrage n’est pas seulement d’établir matériellement la preuve que notre agent physique est la cause réelle des guérisons qui se produisent, mais encore d’enseigner les moyens, la manière de faire plus que nos prédécesseurs. Ce n’est point un vain orgueil qui me fait parler ainsi, aucune science ne reste stationnaire. On ajoutera bientôt à ce que nous aurons pu découvrir; mais nous sommes plus habile que les magnétiseurs dont tout à l’heure nous avons exposé la méthode.

Mon désir est d’éclairer en même temps ceux qui veulent se livrer à la pratique du magnétisme et ceux qui, tout en s’y livrant, manquent cependant des connaissances nécessaires.

Pour y parvenir, je crois que la seule marche rationnelle est de dire ce que j’ai observé dans les maladies que j’ai eu à traiter. De cette manière, ceux qui voudront m’imiter, vérifier ce que j’avance , seront convaincus, par leur propre expérience, des résultats thérapeutiques qui suivent forcément toute magnétisation régulière. Ils apprendront en même temps et la règle et l’emploi, l’action et son résultat. Leur jugement s’exercera sur la cause, le but et les moyens, comme leur opinion se formera sur l’ensemble j je n’ai pas cru devoir suivre une autre marche. D’ailleurs les effets les plus simples se présentant à l’observation avec les plus compliqués, j’ai suivi la nature.

ConBldéraUons

Nous avons prouvé jusqu’à la dernière évidence la réalité de phénomènes résultats d’une force physique, existant en nous-mêmes , force qui est à notre disposition, et qui, par des actes de volonté, franchit notre enveloppe, non par jet

38 MANUEL DE L’ÊTÜDIANT MAGNÉTISEUR, continu, mais par sorte d’ondes successives, d’émissions que la volonté rend plus ou moins abondantes, selon l’énergie du vouloir et la perfection des instruments qui servent à la transmission.

Chaque être possède cette force. Les enfants en ont même une quantité sufGsante pour agir sur des hommes faits et sur des animaux.

La nature , en cela , n’a point accordé de privilège : c’est une loi.

Pour développer des phénomènes et opérer quelques guérisons, nous avons déjà dit qu’il n’est pas nécessaire de connaître la nature du magnétisme. Ce n’est que lorsqu’on veut avancer dans l’étude de la science, cesser d’être machine magnétisante., et obtenir des effets physiques et moraux qui sortent de la ligne commune, que de nouvelles connaissances sont nécessaires. Le commençant peut s’en passer. Tous les hommes n’ont pas la capacité de les bien saisir, et des connaissances imparfaites ne sont propres qu’à jeter le trouble dans les idées des magnétiseurs et des personnes qu’ils magnétiseront. 11 y a un noviciat à faire, et il doit durer un certain temps.

Il y a donc deux sciences dans le magnétisme?

— Non . Il y a un art et une science seulement.

Les raédécins devraient posséder la science^ et des hommes sains, bien disposés de cœur et d’âme, ayant suffisamment de sensibilité pour être émus ù la vue des soulîrances d’autrui, devraient exercer seulement l’arf de magnétiser, rf’est-à-dire avoir une méthode régulière, sans laquelle aucune application rationnelle de la force magnétique dont ils disposent ne peut avoir lieu.

Cette force étant utile aux malades, ils pourraient en disposer selon les intentions du médecin et les indications que ses connaissances spé^ ciales lui permettraient de donner, c’est-à-dire, pour être mieux compris, qu’il devrait y avoir un artiste pour tracer le plan, et un ouvrier qui exécutât les travaux , en fournissant les matériaux nécessaires ; l’un, le génie, qui conçoit une chose; l’autre, l’habileté, qui l’exécute.

En voici les motifs.

■Il se présente des cas difficiles où l’observation de toute une vie suffit 5 peine pour trouver les moyens de lever les obstacles que la nature et la maladie opposent à nos efforts. Il faut quelquefois forcer la nature à revenir sur ses desseins, et à reprendre en sous-œuvre son premier ouvrage. Cela ne se peut faire sans une connaissance profonde de l’organisation humaine, des lois qui pré-

sident au développement des êtres, de la marche ordinaire des maladies , et enfin des propriétés nouvelles dont peut se revêtir l’agent magnétique, lorsqu’une pensée créatrice a dit : Je veux que ceci s’accomplisse.

Mais ici tout est rempli de mystères, et dans . ce Mani/e/ nous n’en voulons approfondir aucun. Le magnétisme, c’est-à-dire l’agent ainsi nommé, ayant par lui-même des propriétés thérapeutiques par excellence, pouvant, par conséquent, guérir un grand nombre de maladies sans que celui qui l'applique ait besoin de sortir de son rôle d’instrument de magnétisation, c’est à ceux qui voudront s’avancer dans cette connaissance à lire d’autres écrits, et à chercher des vérités d’un ordre moral , qui seraient ici mal placées.

Règles générales.

Dès que la force magnétique, en cela semblable aux autres agents de la nature , a pénétré dans une organisation saine ou maladive, elle y développe une série de phénomènes appréciables.

Comme telle, son application exige une direction méthodique. Il faut savoir la doser, connaître le moment précis d’agir et celui où l’on doit s’arrêter.

APPLICATION THÉRAPEUTIQUE. Ùl

Malheureusement, aucun auteur jusqu’ici n’a tracé de règles certaines. On a magnétisé sans s’informer en rien si le moment était opportun, et la durée de la magnétisation a été , non pas selon le besoin du malade, mais suivant le caprice du magnétiseur.

Nous allons essayer de remplir cette lacune , en prévenant toutefois que nous sommes loin de connaître U)vies les conditions nécessaires.

h' art de magnétiser se perfectionnera avec le temps; mais, en attendant, voici ce que nous tenons de l’observation.

Dans toutes les maladies accompagnées dl^ paroxysme ou de redoublement, et elles sont nombreuses, Y application du magnétisme doit précéder l'accès.

Dans les fièvres intermittentes , par exemple , il faut que la magnétisation précède de deux heures au moins l’accès fébrile, et dans les cas où vous n’avez que de courts instants, il faut profiter du peu de temps qui vous est laissé.

Soyez assuré que dans ces cas vous ne ferez que peu de chose si vous attendez que le trouble ait pris tout son développement. Dans cet état, il n’est laissé que peu de prise au magnétisme , car l’activité qui existe dans la circulation est un

42 MANUEL DE L’ÉTUDIANT MAGNÉTISEUR, obstacle à vos eiïorts. Âu lieu que si cette eflfervescence ne fait que se préparer, ou bien que les matériaux de la Bèvre soient en repos , vous en dérangez, à coup sûr, les dispositions, les com> binaisons, si je puis dire. Vous avancez ou retar~ dez l’invasion. Ce premier pas fait, vous êtes bientôt maître du mal.

Dans la plupart des affections nerveuses , et surtout dans Vépilepsie, V hystérie ^ la catalep^ sie, etc., où vous n’ètes pas prévenu de l’arrivée ' des accès, il faut les faire apparaître^ et vous le pouvez dans beaucoup de circonstances, comme je vous l’indiquerai tout à l’heure.

Dans toutes les affections où , par des causes naturelles ou maladives, la sensibilité est vive> ment excitée par le magnétisme , c’est par dose infiniment petite que vous devez procéder; je n’excepte qu’un cas, celui où le malade lui-même^ IL ' en somnambulisme , vous engage à poursuivre.

J’ai vu quelques malades se plaindre, avec raison, de l’inhabileté de leurs magnétiseurs, qui, debônne foi, croyaient bien faire, mais agissaient trop.

Dans les cas désespérés, ne craignez rien, marchez; la vie s’en va, donnez des forces; cinq, six heures àe magnétisation, si vous le pouvez.

APPLICATION THÉRAPEUTIQUE. hZ

Reposez-vous, recommencez ensuite; de cette manière, des crises salutaires, bien au-de.ssus des ressources de la nature seule, sc produiront sous vos elTorts, et la vie que vous aurez versée rattachera au corps du moribond celle qui, eflrayée des désordres qu’elle s’était en vain eiïorcée de détruire, abandonnait la lutte, et quittait le domicile qu’un feu intérieur minait sourdement et qui menaçait ruine.

Dans toutes les maladies passées à l’état chronique,une heure àe magnétisation suibtpour un laps de temps d’au moins dix heures. Ordinairement on laisse vingt-quatre heures, et l’observation prouve que cela sullit ; mais en laissant moins d’intervalle, le travail médicateur est plus sensible et la guérison plus prompte.

Dans les alTections scrofuleuses et lymphatiques, vous ne pouvez craindre de trop magnétiser; c’est un terrain froid qu’il faut échauffer, et lorsqu’il y a des désordres tels que tumeurs blanches, engorgement des glandes, etc., etc., vous ne ferez rien avec quelques minutes de magnétisation; c’est ;>ar mois qu’il faut compter, et avoir une constance à toute épreuve.

Dans les suppressions de règles, il faut magnétiser trois ou quatre jours avant l’époque

hh MANUEL DE L’ÉTUDIANT MAGNÉTISEUR.

naturelle que les ferames pressentent et savent fort bien indiquer, et, dans le cas de non-succès , recommencer le mois suivant.

Dans tous les cas de maladie que vous aurez à traiter chez les femmes, le flux menstruel ne doit pas empêcher la continuation du traitement. Ceux qui ont écrit le contraire étaient dans l’erreur j souvent même la nature attend cette époque et proflte de ce véhicule pour rejeter des matériaux viciés, que, sans les efforts que vous avez ajoutés aux siens, elle n’aurait pu expulser par cette voie.

Les hémorrhagies doivent seules vous effrayer; vous ne devez agir qu’en tâtonnant.

La vacuité prolongée de l’estomac, comme sa trop grande plénitude , sans empêcher l’action , est défavorable à la manifestation ostensible des effets.

Comment magnetlfter dans les maladies aimes ?

Vos efforts de volonté doivent être puissants, prolongés, pour être efficaces. Il faut diriger votre action sur l’abdomen , ne magnétiser le cerveau et la poitrine que Secondairement; tenir votre main sur ou en face de l’estomac le plus que vous pourrez. Cherchez, si vous avez des

connaissances en médecine, l’or^'one principalement affecté, et dirigez vos doigts m pointe sur sa surface lorsque vous l’aurez découvert.

Une magnétisation fait ordinairement peu de chose dans les cas extrêmes ; ce n’est que dans le commencement qu’on peut les enrayer en changeant les symptômes par quelques heures de magnétisation. Mais maintenant que vous voulez voir plus que des effets curieux, il vous faut prolonger, répéter même 5 de courts intervalles, l’emploi du magnétisme. Soyez certain que, quelle que soit la gravité du mal , si une crise est possible, elle aura lieu, et si la nature a cherché à la produire et n’y est point parvenue, aidée de vous, elle cherchera de nouveau à se débarrasser de ce qui l’opprime.

N’attendez pas qu’il y ait gangrène des intestins, que des organes soient détruits ou altérés profondément dans les tissus qui les constituent : le mal ainsi fait est irréparable.

Les exemples qui suivent sont destinés à vous servir de guides, dans des cas analogues. Dans l’impossibilité d’énumérer toutes les inGrmités humaines dans un aussi petit écrit, j’ai choisi des maladies dont le traitement peut, jusqu’à certain point, être pris pour type d’affections analogues.

§ I. Rougeole, scarlatine, variole.

Dans ces aflections si nombreuses, et qui ont quelquefois une terminaison si funeste, vous pouvez obtenir des résultats qui dépasseront vos prévisions.

Lorsque la marche de ces affections languit, lorsque les éruptions se font attendre, ou que, s’étant montrées, elles semblent rétrograder au lieu d’avancer, c’est là surtout que vous constaterez l’efficacité du magnétisme.

Ne craignez pas la fièvre, ni la chaleur qui pourront se manifester j elles ne sont que le résultat du travail qui se fait par vos efforts et de l’augmentation du mouvement nécessaire.

Dans ces cas, votre magnétimtion est simple ; elle doit être générale et de courte durée j quinze ou vingt minutes pour chaque fois, et cette application ne dérange en rien le traitement judicieux qu’un médecin aura indiqué ou suivi dans pareil cas.

Môme marche à suivre dans les maladies dites éruptives^ fièvre miliaire, etc.

§ II. Inflammalion du cerveau.

Ce que vous pouvez faire dans ces cas graves est encore immense. Votre action diminue, si elle

PHLE6MASIES DU TUBE DIGESTIF. Ul

ne neutralise complètement, l’arrivée des fluides que l’irritation appelle de toutes parts.

Passes à grands courants, jusqu’aux pieds, en suivant la ligne médiane.

Placez une main à plat sur le front , frictionnez légèrement les arcades sourcilières, puis terminez votre magnétisation par des passes sur les jambes.

La paralysie, l’absence de la parole, la rigidité des membres, et même, dans certains cas, les convulsions, ne doivent point vous empêcher de tenter la guérison. Ne sauveriez-vous qu’un malade sur six, vous le pouvez ; n’est-ce pas un résultat qui doit vous encourager ?

Dans ce groupe sont comprises : la méningite, l’encéphalite, l’apoplexie, les différents degrés de congestion cérébrale ou coup de sang.

§ 111. Phlegmasies da tube digestif.

Cette dénomination comprend : la gastrite, la duodénite, l’entérite, la gastro-entérite, la diarrhée aiguë et la dyssenterie.

Des frictions magnétiques , c’est-à-dire votre main , promenée légèrement de place en place et lentement sur le ventre, diminueront les ténesmes et les coliques, et pourront empêcher le déve-

loppemeut d’une maladie qui mène souvent et rapidement à la mort.

Pievenez souvent à çes procédés, ne quittez pas le malade qn’il ne soit mieux. Vous verrez peut-être survenir le sommeil magnétique, dans une intermittence des douleurs. Appliquez votre main , parfois, sur la région de la vessie j mais que les pressions soient légères. Touchez aussi les reins en descendant jusqu’au sacrum.

Pour vous montrer que le magnétisme n’est point le patrimoine exclusif de quelques individus, mais qu’il appartient à tous, je prendrai quelques exemples en dehors de ma pratique. Ils justifient mes opinions, et montrent, jusqu’à la dernière évidence, que l’agent magnétique a des propriétés thérapeutiques qui lui appartiennent en propre , et , par conséquent , indépendantes de la croyance du magnétiseur et de sa foi.

Le fait suivant est extrait d’un ouvrage ayant pour titre : De la gastrite, par le docteur Bésuchet.

« Pendant l’hiver de 1 830 , madame F. . . , jeune femme de vingt*<juatre ans, fut prise d’une maladie inflammatoire des plus intenses. Tous les viscères du ventre étaient le siège d’une phlegraasie portée au degré le plus violent qui se puisse

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