PHLEGMASIES DU TUBE DIGESTIF
considération est certainement la cause que beaucoup de médecins qui auraient envie peut-être d’expérimenter le magnétisme ne l’osent pas, dans la crainte du qu en-dira-t-on ; et moi-même j’avoue que je me suis vu souvent arrêté par cette crainte mondaine, dont il est difficile de se garantir entièrement.) Cependant le désir de sauver ma malade l’emporta sur la puérile considération de ce qu’on pourrait dire de moi. Je magnétisai de nouveau en présence de la garde, tout ébahie; la malade ne tarda pas à entrer dans l’état de somnambulisme complet ; quelques instants après, je l’interrogeai ; elle m’assura que je lui avais sauvé la vie, mais me dit qu’il fallait que je fisse une nouvelle saignée. J’eus beau lui faire observer qu’elle était extrêmement faible, que je craignais d’interrompre la crise salutaire qui semblait vouloir s’opérer, elle n’en persista pas moins dans l’opinion qu’il lui fallait une saignée.
» Réveillée, elle n’eut aucune connaissance de ce qu’elle m’avait dit ; elle me confirma seulement qu’elle se sentait beaucoup mieux ; elle connaissait par ouï-dire le magnétisme, mais ne l’avait jamais vu pratiquer. Cependant je n’osai pas saigner; le soir, profitant d’un moment où il
54 MANtEL DE L’ÉTUDIANT MAGNÉTISEUR, n’y avait point d’importuns, nous iimes une nouvelle séance, et de nouveau ma malade se prescrivit une saignée ^ en me faisant des reproches sur ce que je n’avais point encore exécuté sa prescription, La journée s’était assez bien passée, mais la douleur de tête persistait avec beaucoup d’intensité. Je me décidai donc à faire la saignée le soir même; le lendemain, la malade fut si bien, que chacun autour d’elle s’étonnait d’un changement aus.si prompt et aussi complet. A partir de ce moment, rien n’arrêta le progrès de la convalescence, ainsi que le retour à une santé parfaite, et madame F , que j’ai depuis per-
due de vue, si elle a oublié le médecin , doit garder au moins quelque bon souvenir du magnétisme. »
11 y a des milliers de faits semblables. Us sont tous réels , authentiques , consignés pour la plupart dans les divers écrits des magnétiseurs; je ne veux pas en grossir ce volume.
§ IV. Fièvres esseoUelles.
Cette partie compliquée de la pathologie embrasse les fièvres continues, intermittentes et rémittentes, désignées sous les noms aussi nombreux qu’incompréhensibles de : graves, essen-
FIÈVBES ESSENTIELLES.
tielles, inflammatoires^ bilieuses ^ muqueuses, adynamiques, ataœiques, typhoïdes, putrides, malignes, pernicieuses, hectiques, etc., etc. J’abrège cette nomenclature ennuyeuse.
Ici les indications varient selon l’intensité et le siège du mal. La marche du magnétisme est obscure j le trouble général ne permet pas de distinguer clairement les effets résultant de votre action. Ce n’est que par une saturation que l’on pourrait appeler expérimentale que l’on doit procéder. Il faut chercher l’ organe (\\û répond le plus vite à l’appel que vous lui faites.
La force médicatrice est presque anéantie.
Espérez pourtant , car il sulBt que l’action d’un seul organe se régularise pour que bientôt, de proche en proche, vous apaisiez le tumulte des forces qui se combattent. Rappelez-vous surtout que la force vitale que vous donnez n’est point viciée, qu’elle secourt celle du patient, en chassant devant elle les matériaux putrides. Établissez des courants de la tète aux pieds ; mais aussitôt.que vous vous sentez affaibli , prenez du repos à l’air, car, lorsque vous n’avez plus la force, vous absorbez à votre tour les miasmes délétères dont votre action a augmenté considérablement l’expansion.
Pénétrez-vous de ce que j’ai dit des cas désespérés, des fièvres intermittentes, plus haut, à l’article Règles générales ; méditez les exemples que j’ai cités au commencement de cet ouvrage, sur l’action du magnétisme dans les maladies aiguës, et si vous voulez en savoir davantage, consultez les faits relatés dans mes autres écrits, vous y trouverez des analogies qui pourront vous guider dans les cas graves qui se présenteront à votre observation.
g V. Choléra.
Le docteur Foissac , page 531 de son Rap^ port, en cite les cas suivants :
« 1* M. le docteur Douin , sujet depuis dix ans à une névralgie atroce, qui le forçait à prendre soixante-dix grains d’opium par jour, était depuis trente-six heures en proie à toutes les horreurs du choléra bleu. Je me joignis, pour le traitement, à MM. Louyer-Villermay et Pirori, ses médecins. Afin de combattre des vomissements verdâtres , accompagnés de vives angoisses à la région épigastrique, je choisis ce moment pour magnétiser le malade. 11 ne pouvait assez se louer de cette salutaire influence : « Combien votre main me soulage ! disait-il; partout où elle