‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 18 sur 84 · CHOLERA · texte numérisé non relu

CHOLERA

se porte , toute douleur disparaît , j’éprouve un bien-être inexprimable.

» 2“ M. le comte de Mont, . . , témoin, dans son enfance, des merveilles de«Buzancy, fut frappé d’une attaque de choléra portée à un très haut degré, dans la nuit du 13 au ik avril. Je ne négligeai aucun des moyens que la médecine conseillait en pareil cas ; mais j’espérais surtout dans le magnétisme, que j’employai tantôt en frictionnant les membres avec la main pour y rappeler la chaleur, tantôt en faisant des insuiïlations sur la région du cœur pour y ranimer la vitalité de cet organe. Enfin, après plusieurs heures d’angoisses et de souffrances, tout danger disparut, et le lendemain M. Fouquier, appelé en consultation , déclara qu’il venait assister à une convalescence. Cette convalescence fut longue, sans doute, mais une demi-heure de magnétisme par jour en abrégea de beaucoup la durée, etM. le comte de Mont... recouvra une santé parfaite.

» 3“ Je fus appelé, le 14 juillet, pour unejeune fille âgée de onze ans, qui venait d'être prise du choléra. En quelques minutes le pouls avait cessé de battre ; la peau était d’un froid glacial et offrait cette coloration bleuâtre qui caractérisait les

cas les plus graves; les vomissements et les garderobes se succédaient sans interruption : de toutes les soulTrances, la plus insupportable était une soif inextinguible. Ajii sangsues , à la glace et aux excitants extérieurs, je joignis un magnétisme de tous les instants , tantôt en réchauffant les mains de la malade dans les miennes, tantôt en frictionnant doucement la région du cœur et de l’estomac. Au bout de douze heures, un peu de vie revint aux extrémités; les vomissements se calmèrent, et la circulation se rétablit. Le soir, un hoquet ayant paru, j’exécutai quelques passes, et immédiatement le hoquet se dissipa. Cette maladie , qui avait fait craindre pendant deux jours les suites les plus fâcheuses, guérit presque sans convalescence. »

Pour éviter une répétition, je passe outre sur les résultats quej’ai obtenus lorsque cette cruelle épidémie sévit à Paris, renvoyant ceux qui sont vraiment désireux de s’instruire à la relation que j’ai consignée dans mon Essai sur l’enseignement 'philosophique du magnétisme.

L’action magnétique doit être longtemps soutenue et porter principalement sur l’estomac et les intestins.

L’analogie des symptômes qu’offrent les

RHDMATISMES<^ . 59

typhus , fièvre des camps, fièvre jaune , me fait penser qu’elles pourraient être heureusement influencées de la même manière; mais c’est seulement une opinion que je soumets à l’observation de ceux qui sont témoins des ravages de cesfléaux, s’ils veulent bien expérimenter.

g VI. Rhumatismes.

Dans ces affections si douloureuses, si communes, si faciles à reconnaître , le magnétisme , plus que tout autre remède, est appelé è rendre d’éminents services. Déjà des cures nombreuses ont eu lieu là où la médecine avait échoué complètement. ■

La fièvre ne doit point empêcher ou retarder l’emploi du magnétisme. L’exaspération de la douleur est souvent apaisée subitement ; mais il est certains cas où le magnétisme le fait naître; alors elle n’est que critique, et annonce que les matériaux, cause de la maladie, vont changer de lieu, ce qui est un symptôme favorable.

Quand ces affections sont héréditaires, elles reparaissent. Mais si vous avez eu le bonheur de les atteindre par votre action, les crises sont alors moins fréquentes , comme aussi moins doulou-

reuscs , et cèdent plus promptement à l’emploi du magnétisme.

Le rapport magnétique établi par une magnétisation de cinq à dix minutes, vous dirigez vos doigts en pointe dans la direction des nerfs qui sont affectés ou sur l'articulation qui est le siège de la maladie, et vous descendez vos mains lentement, comme si vous vouliez attirer quelque chose vers les extrémités. Vous reprenez ensuite une magnétisation générale pour revenir encore au siège de la maladie. Et surtout ne craignez nullement, je vous le répète, les douleurs que vous aurez ainsi fait naître.

Tout ceci est applicable aux rhumatismes musculaire et articulaire, quelle qu’en soit l’acuité.

On peut, dans ces maladies, constater les phénomènes physiques les plus curieux. De loin, on peut, en dirigeant un doigt sur une partie douloureuse, y développer une sensibilité si prodigieuse , qu’un corps quelconque placé entre vous et le malade ne pourra l’empècher de vous sentir.

§ vu. Hernies.

L’observation suivante est due au docteur Baudot ; c’est son début magnétique :

Une femme de trente-quatre ans, chez laquelle

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on pouvait reconnaître deux hernies, l’une crurale, de la grosseur d’un œuf de poule, et qui me parut étranglée; l’autre ombilicale, du \olume du poing, et à laquelle j’attribuai les symptômes suivants , présentés en outre par la ma- % lade : pouls à peine sensible, pâleur de la face, froid aux extrémités, efforts pour vomir et vomissements jusqu’à défaillance; la veille, cette dame avait eu déjà plusieurs vomissements, dont la matière offrait quelques stries de sang. Dans cet état déplorable, cette dame fut magnétisée environ trois quarts d’heure : un doux sommeil se déclara pendant ce temps; réveillée, les vomissements ne reparurent plus, les hernies étaient rentrées. La malade accusait seulement de la pesanteur dans les bras; du reste, tout présentait l’équilibre le plus satisfaisant. Le lendemain, son bien-être se confirma; elle m’assura qu’elle ne ressentait plus rien de sa cruelle maladie , etc.

Je vois que cette cure a produit sur moi

une profonde impression. Le doute après un tel fait ne me paraîtrait qu’un aveugle pyrrhonisme ;,et en conserver, c’est afficher le mépris le plus formel pour l’expérience, mère de toutes nos vérités.

Baudot, D.-M. P.

Voici un fait plus récent, et que nous avons innpriiné d^jà dans le Journal du magnétisme , in-18, t. 3, page Û33 :

A Monsieur Hébert [de Camay).

«Voici, mon cher ami,- une observation curieuse.

» M. du Polet nous disait un jour : « Je suis sûr que le magnétisme réduirait des hernies étranglées. » Moi qui étais fort (songez! un prosecteur d’anatomie, c’est fort par nature, par prédestination); donc, moi très fort, j’ouvre de grands yeux , et me permets de sourire in petto, et de douter de toute la force de ma compréhension , et même je pardonne majestueusement cet excès mesmérien, en disant :11a oublié son anatomie. Mais, mon cher, voici qui vient de me corriger pour l’avenir.

» Un de mes parents, Edme Flogny, âgé de cinquante-six ans, demeurant à Mérey (Yonne), portait une hernie depuis trente ans, sans jamais en avoir été incommodé , bien qu’il n’eût pas de bandage. Il y a quinze jours, ce brave homme s’occupait à ramasser des débris de chaume jetés h terre par les ouvriers qui découvraient sa maison, occupation qui le tint continuellement courbé, les génitoires pendants.

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» Probablement l’anse intestinale ordinaire entraîna une portion voisine , qui distendit le sac herniaire hors de coutume , et de là inflammation.

» A minuit on vient me chercher. Je trouve le malade pâle, respirant à peine ; point de selles, vomissements fréquents. S’il m’eût été permis de me tromper sur le faciès,' y eusse pensé au choléra: songez! nous étions en pleine épidémie ! Je vais pour examiner l’abdomen, le malade s’y oppose. « Que diable , lui dis-je , vous n’êtcs pas une femme! » Je le découvre de force, et j’aperçois une tumeur énorme (iScent. de long, 20 de circonférence). « Mais c’est une hernie! m’écriai-je j que ne le disiez-vous donc tout de suite? — Oh î cousin , voyez-vous, ça se cache, ces infirmités-là! » Et j’eus toutes les peines du monde à lui faire comprendre que cette infirmité était très commune à notre époque , et qu’il n’y avait rien de déshonorant pour lui. *

» Enfin j’examine les vomissements. Déjà des matières stercorales ! Je tente le taxis, une, deux, trois fois ; point de succès. Et certes je fus à assez , bonne ?cole pour dire qu’alors il n’y avait plus d’espoir que dans le bistouri. J’envoie chercher un confrère immédiatement , pour procéder à l’opération. Les accidents se succédaient d’une

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manière effrayante. II était quatre heures du matin j j’attendais.

»Toutà coup une idée lumineuse, fatidique, se lève en mon cerveau : le dire de M. du Potet. — Voici ma main sur la tumeur, sans mouvement, sans pression, simplement appliquée. Notez bien ceci ; c’est important.

O Cinq minutes, dix minutes, un quart d’heure, c’est long en magnétisme , dans une semblable perplexité. — Piien. — Vingt minutes, vingt-cinq minutes ; mon homme se tourmentait... , et rien. Les vomissements avaient cessé, et les coliques se calmaient.... Soudain la sueur me monte au front ; « toutes mes phrènes, métaphrène's et diaphragmes étaient tendus et suspendus pour incornihstibuler dans la gibecière de mon entendement (t) » ce qui venait de se passer.

» Jevenaisdesentir un mouvement vermiculaire comme celui d’un scrotum refroidi, puis quelque chose me glisser sous la main très doucement : c’était l’anse intestinale qui faisait des siennes, et se permettait de rentrer honnôtement-en son logis. « Çà y est! « me crie le malade ; et immédiatement une selle ronflante, qu’il ne peut retenir, inonde son lit.

(1] Rabelais , 1!1 , 35.

HERNIES

» J’étais atterré. Je ne puis m’empêcher de rire dans mon escient en relatant ce fait; ma surprise était épouvantable. . . Je tiens à mon expression. « Rentrée ! 6s-je avec un profond soupir ; il aura donc toujours raison , ce vieux sorcier de magicien. » Je tiens encore à mon expression, pour faire comprendre combien j’étais désappointé , moi qui tenais tout à l’heure une magnifique opération , et avais été assez innocent pour me faire un puff. J’étais pétrifié. Mais comment, diable! le magnétisme a-t-il réduit cette hernie? Je croyais pourtant la chirurgie à l’abri des attaques de Mesmer . ... Et me voici me remémorant toute l’histoire des hernies.... Je me souviens qu’un interne de l’Hôtel-Dieu, ayant éthérisé un malade pour une dernière tentative de taxis, sentit l’intestin rentrer comme de lui-même à la première pression , et qu’il expliquait ce fait par le relâchement des tissus blancs dont l’anneau est formé. Le magnétisme aurait donc relâché les ligaments : ce n’est pas la première fois qu’il se rencontre avec l’éther. Mais comment l’intestin est-il rentré tout seul, sans pression? Il est de fait médical qu’un purgatif violent a déterminé seul la rentrée de hernies ; or que faisait là ce purgatif? Il éveillait tout bonnement le mouve-

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ment péristaltique, et l’anse emprisonnée revenait à la liberté. Voici bien mon affaire : le magnétisme, endormeur par excellence, a changé de rôle: il a éveillé, tonifié, revivifié. D’un côté, il relâchait les ligaments; de l’autre, il rappelait à sa place l’intestin descendu. D’une pierre deux coups : j’éthérisais et purgeais, et cela simplice manu.

» Mais, du reste, pensai-je, il n’en pouvait être autrement. Nous guérissons le tétanos ; la hernie est admise comme un tétanos partiel : donc. . . Et voici que mon prodige devenait simple comme tisane de violette.

w Cette observation est très sérieuse ; nous en comptons bien peu, que je sache; mais impossible de vous la donner en d’autres termes, mon cher: elle perdrait son naturel.

» La médecine et la chirurgie battues par le magnétisme, sous la même cape, c’est admirable ! Dien de drôle comme ma physionomie d’alors : mon doute puni , mon petit amourpropre vexé , c’était curieux !

» Adouc, mon cher ami, réhabilitez-moi auprès du maître, dont le cœur fut toujours si débonnaire envers moi ; je m’incline à tout jamais devant sa prodigieuse expérience, avec parfaite contrition.

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