MALADIES NERVEUSES
leurs yeux s’ouvraient, si déjà il y avait eu commencement de sommeil. Cet eiïet me paraissant singulier, je répétai le procédé avec intention ; alors je vis clairement de quoi dépendait ce réveil subit. Depuis, dans des circonstances semblables, j’ai fait usage de ce procédé, que je dois à l’observation , et toutes mes craintes ont disparu (1).
Cette curieuse observation m’a conduit à une autre découverte bien plus importante; la voici :
11 m’est maintenant démontré que, dans beaucoup d’affections nerveuses de nature convulsive, les désordres qui apparaissent sont produits par une véritable rétention des fluides nerveux ou forces vives qui n’ont pu s’écouler par les extrémités, leur route naturelle. Il suffit d’une cause morale pour produire cet accident.
Ces forces ainsi déviées occasionnent dans les parties où elles séjournent une espèce de congestion nerveuse, bien différente sans doute des congestions sanguines , mais tout aussi réelle , tout aussi appréciable. Les désordres qui en résultent n’ont pas non plus les mêmes dangers, mais iis deviennent pour le médecin plus dilliciles à com-
(1) Voir mon Cours de magnétisme en sept leçons, î« édit., 1840, 1 vol. in-8.
92 MANÜEL DE L’ÉTUDIANT MAGNÉTISEUR, battre, car contre eux la lancette ne peut rien.
Tous ces accidents disparaissent lorsqu’une voie nouvelle s’est ouverte à la circulation des fluides ainsi retenus; mais avant qu’il en soit ainsi, que de troubles, que de cris, que de mouvements, que de sensations bizarres et singulières éprouvent les malheureux chez qui ce fait arrive!
Quelquefois ce sont des altérations d’organes qui produisent ces rétentions, ainsi qu’on l’observe dans quelques cas , heureusement rares , d’épilepsie, de catalepsie, d’hystérie, etc. Mais il suffit de la compression d’un nerf pour que le fait que je signale puisse avoir lieu. Peut-être même, dans les amputations, le tétanos traumatique, qui arrive si souvent et qui amène toujours la mort, tient-il à la ligature de quelques nerfs ou au spasme des parties voisines de l’amputation. C’est à vérifier, et s’il en est ainsi, il serait facile de faire cesser cet état par un quart d’heure de magnétisation.
Cet aperçu, que je ne veux pas pousser plus loin, va pourtant recevoir un peu plus de lumière par les faits qui suivent.
Voyons si, par le magnétisme, en établissant des courants artificiels , ou en rétablissant la cir-