MALADIES ADX MILLE NOMS
Les voyages , les eaux , l’hydropathie n’ont point produit d’amélioration; l’homœopathie essayée a soulagé. Cependant le corps s’affaiblissait comme les forces, le pouls devenait plus petit, plus rare; la langue se couvrit d’un enduit d’un jaune foncé; la peau devint plus sèche , et une fièvre lente ne quitta plus la malade.
Tel était son état lorsque j’entrepris son traitement. On avait prescrit les aliments : mangez, mangez , forcez-vous , était un commandement. Je conseillai le régime contraire , car je reconnus bien vite que l’estomac et les intestins fonctionnaient difficilement; des matières putrides s’étaient accumulées dans les voies digestives; l’haleine étaitaigre et fétide. Cependant j’eus à combattre toutes les préventions qui accompagnent un traitement magnétique. Je persistai et mis la malade au bouillon aux herbes pour toute boisson et alimentation.
Toute mon attention , mes forces magnétiques furent dirigées sur l’estomac et les intestins.
Ces parties semblaient ne plus exister, il fallait y ranimer la sensibilité; je ne l’espérai pas en vain. Ma main appliquée tantôt sur l’estomac, tantôt sur les intestins, et laissée sur ces parties jusqu’à ce qu’il s’y manifestât une vive chaleur,
128 MANUEL DE L’ÊTLDIANT MAGNÉTISEUR, me fit remarquer un commencement d’action, mais j’attendis deux mois ce symptôme. La fièvre avait considérablement augmenté, la maigreur était plus apparente, les forces nulles, et des espèces de vertiges avaient lieu vingt fois dans la journée. J’assurai cependant hautement la guérison , mais , je dois le dire , sans convaincre la famille; la malade avait seule confiance en moi. Le sommeil devint meilleur, malgré tous ces signes fâcheux. La langue, quoique toujours jaune, était moins sèche; des gaz commençaient à circuler dans les intestins , ce qui n’avait point eu lieu depuis longtemps.
Toujours avec la même obstination, mes magnétisations étaient dirigées sur l’abdomen.
Enfin la crise cherchée avec tant de persévérance se produisit. Des matières blanches et concrètes furent rejetées au dehors; elles étaient tellement abondantes que la malade n’en pouvait croire scs yeux. Ces premières déjections la soulagèrent; la langue fut moins pâteuse. De petits potages au beurre furent très bien digérés, ainsi que du café de glands. Les garde-robes continuèrent, et, chose remarquable, celles critiques suivaient presque immédiatement les ordinaires, et toujours copieuses, sans que l’alimentation pût les justi-