VIRILITÉ, FÉCONDITÉ
tidn rhumatismale, vit en même temps que la cessation de ses douleurs revenir une faculté qu’il ne possédait plus depuis longtemps.
Une femme de trente-cinq ans, stérile, devint grosse à la suite d’un traitement magnétique qui lui avait été ordonné pour une maladie qui n’avait point son siège dans l’abdomen.
Deux autres exemples sur des femmes qui avaient déjà eu des enfants, mais qui, par le temps qui s’était écoulé (dix ou douze ans), semblaient devoir ne plus être mères, le sont devenues de nouveau, et, dans tous ces cas, l’accouchement a été très heureux.
Le magnétisme ravive la sensibilité, il la porte même sur des organes manquant de celle qui leur est nécessaire, et leur fait de cette sorte retrouver le ton convenable. Je ne cite que des cas positifs j je n’ai commencé à les observer que lorsque plusieurs autres de même nature avaient eu lieu, mais je ne les attribuais pas alors au magnétisme.
§ VI. Vésicatoires, cautères , sétons.
11 est un fait précieux que n’ignore aucun de ceux qui magnétisent : c’est que les malades chez qui on a établi un ou des émonctoires les voient.
durant le traitement magnétique, «dcAer ou sup~ purer beaucoup plus abondamment. On acquiert ainsi une donnée certaine sur leur opportunité. Dans le premier cas, on peut les supprimer sans danger, car ils sont inutiles ; dans le second , il faut bien se garder d’y toucher, ils sont nécessaires, et celui qui les avait ordonnés avait bien jugé. La nature dirige sur ce point des humeurs viciées ou superflues J il faut laisser la source s’en tarir.
§ VII. Phthis^es.
Elles peuvent être influencées à leur origine d’une manière favorable^ mais, passé le second degré, le magnétisme est tout à fait contraires! l’on ne sait le doser. Animé d’une foi vive, j’ai essayé à diverses reprises d’arrêter ce cruel mal ; mais plus je faisais d’efforts violents et plus mon énergie était grande, moins je faisais de bien. C’est que l’action d’un remède, quel qu’il soit, doit être calculée en raison de la puissance des organes. Ici cette puissance n’existait que fort peu, et la circulation augmentée, trouvant un organe en partie détruit, ne faisait plus que fatiguer en pure perte ce qui en restait. Souvent même des étouffements, des crachements de sang
TENTATIVES INUTILES. \il
étaient la suite forcée de mes tentatives. Il est donc une limite où vous devez vous arrêter : ici elle est toute tracée. Vous ne pouvez guérir. — Contentez-vous de soulager, et vous y parviendrez par un magnétisme doux et de quelques instants.
S VllI. Tentatives inutiles. ^ '
Parmi les maladies que l’on doit pas chercher à guérir, signalons :
1* Les tumeurs enkystées d’un gros volume.
Le magnétisme peutiien, dans certains cas, agir sur leur masse j mais cette dissolution est dangereuse, et ne fait qu’aggraver l’état du malade en portant dans la circulation des matériaux d irritation trop abondants.
2° Les calculs de la vessie ne peuvent être en rien diminués, ni expulsés par l’action magnétique. Il en est de même des corps étrangers introduits dans les organes. Il faut alors chercher le wmmeil lucide, car il y a des ressources inconnues. Sans lui , il n’y a nul espoir par le magnétisme simple.
3“ Les taches de la cornée , la cataracte^ ne peuvent non plus être détruites par le magnétisme. Mieux vaut pour lui la paralysie des nerfs
138 MANUEL DE L’ÉTUDIANT MAGNÉTISEUR, optiques, car plusieurs ont cédé assez promptement.
h° Les membres atrophiés dès le jeune âge, et qui sont restés en arrière du développement des autres parties de l’individu.
5“ Le rétrécissement du diamètre du canal rachidieq , comme la paralysie qui en est la suite : maux totalunent incurables.
6* luidiotisfMi de naissance, lorsque surtout la tête présente un défaut de proportion.
7® Enfin toutes les inSrmités ayant pour cause un vice de conformation , \orsque le temps et la constitution ne les ont point déjà modifiés en bien.
Une énumération plus longue serait superflue J il ne faut pas beaucoup d’intelligence pour distinguer ce qui est possible, faisable, de ce qui ne l’est pas.
Cependant, comme je vous l’ai fait pressentir, on peut, dans quelques cas, surmonter toutes les difficultés, même celles que vous oppose la nature , et je ne puis me refuser à vous offrir un grand exemple d'une impossibilité vaincue.
ANÊTRISHE.
Anévrlnne.
S’il est une maladie incurable par sa nature, n’est-ce pas une affection organique , celle du cœur surtout? Voici pourtant une guérison dont j’ai été témoin.
Un jeune médecin suivait, en 1833, un de mes cours de magnétisme; il était convaincu de l’existence réelle de l’agent contesté et des singuliers phénomènes qu’il produit. Sa croyance, basée seulement sur l’examen des faits passés, avait cependant besoin d’une sanction. 11 obtint bientôt , en magnétisant lui-même , la preuve matérielle que sa raison ne l’avait point trompé. Un jour il vint tout joyeux m’annoncer qu’il avait fait une somnambule lucide. C’était une jeune femme de vingt-cinq ans, affectée d’un anévrisme au cœur; après lui avoir donné des preuves d’une grande clairvoyance, cette dame venait de lui annoncer qu’elle pouvait se guérir, si l’on suivait avec exactitude les prescriptions qu’elle ferait, quelle qu’en fût la nature.
Monsieur Le B... s’était assuré par tous les moyens en son pouvoir que la maladie du cœur était des plus graves et déjà fort ancienne; les ''■jmptômes d’ailleurs en étaient effrayants : tous
1/!tO MANUEL DE L’ÉTUOIANT MAGNÉTISEUR.
les deux jours elle crachait abondamment du sang; elle avait souvent des palpitations très fortes, accompagnées et suivies d’étouffements; les jambes étaient gonflées , la marche pénible ; monter un escalier lui était très difficile. Le teint de cette jeune femme était d’un gris verdâtre ; l’oreille du médecin et le stéthoscope ne laissaient aucun doute sur l’existence d’une dilatation considérable d’un des ventricules du cœur.
La première médication de cette somnambule consista dans l’application immédiate de cent cinquante sangsues : soixante-quinze devaient être .posées dans la région du cœur, et les soixantequinze autres sur la région correspondante dans le dos.
Monsieur Le B... ne voulut rien faire sans prendre mon avis, et comme je lui avais dit que les somnambules ne se trompaient point pour eux, il consentit à entreprendre ce traitement si je voulais en partager la responsabilité; j’acceptai sans hésitation. J’allai donc avec lui voir cette femme; il la mit en sommeil magnétique devant moi, et elle répéta qu’elle se guérirait si l’on voulait de point en point suivre ses prescriptions ; elle persista dans sa première indication , assurant en outre que , le lendemain de l’exéculio»
ANÊVBISME. 14t
(le son ordonnance , elle dirait ce que l’on devrait faire. La diète la plus rigoureuse devait dès cet instant être suivie.
Les sangsues furent donc appliquées, et on les laissa saigner le temps qu’elle avait indiqué j malgré cela elle devait encore avoir un crachement de sang J elle l’eut.
Endormie le même jour, elle se prescrivit une abondante saignée du bras pour le lendemain.
M. Le B... vint de nouveau me trouver, ne voulant rien faire que je n’eusse approuvé. Nous vîmes encore la malade en sommeil; elle répéta qu’il fallait absolument cette saignée , et que nous n’étions pas au bout La saignée fut donc pratiquée malgré la grande faiblesse de la malade; elle n’avait déjà plus la force de se tenir debout. Endormie le lendemain, elle s’ordonna encore une abondante saignée pour le jour suivant, et nous annonça qu’éveillée elle ferait les plus grandes difficultés lorsqu’on lui parlerait de cette saignée , mais que , pendant la discussion que cette proposition amènerait, elle aurait une syncope, et qu’il fallait profiter immédiatement de cet état pour l’exécuter.
li’inquiétude commençait à nous gagner, nous nous interrogions des yeux, M. Le B... et moi.
142 MANtEL DE L’ÉTUOIANT MAGNÉTISEUR.
mais la malade, devinant notre pensée, nous dit: line fallait pas commencer si vous ne vouliez pas finir! D'ailleurs vous n’êles pas au bout.
La faiblesse de cette jeune femme paraissait déjà extrême , la diète la plus rigoureuse avait été observée ; sa parole était à peine entendue, et nous dûmes cependant faire encore celte abondante saignée. Nous nous y résolûmes. Tout se paesa comme elle l’avait dit^ elle ne voulut, malgré tous les raisonnements, y consentir dans son état de veille, yous voulez me tuer, disaitelle, vous m*assassinez ; ce sont des essais que vous faites sur moi, etc., etc. Mais bientôt elle succomba à la fatigue ; la bande fut ôtée tandis qu’elle était sans connaissance, et il coula de nouveau un sang dont la couleur n’était déjà plus riche et foncée , mais une espèce de lymphe rosée j de légères convulsions curent lieu. On la magnétisa, elle s’endormit j nous l’interrogeâmes, elle nous assura que nous avions bien fait, qu’elle voyait parfaitement son cœur et le travail qui s’y faisait, qu’il reviendrait immanquablement sur lui-même pour reprendre son volume et sa consistance ordinaires, mais qu'il fallait encore tirer du sang. A cette parole, le nôtre s’était glacé dans nos veines j elle aperçut notre