‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 35 sur 84 · ANÉVRISME · texte numérisé non relu

ANÉVRISME

trouble, et ne cessa, quoique d’une voix faible, de nous encourager ; « Je sais ce que je fais, je sais ce qui est bon, je suis savante pour moi. Demain, demain il faut que je sois comme une morte, mon pouls ne doit plus battre qu’imparfaitement; ma respiration doit à peine être sensible; mes yeux ne doivent plus voir, mais tout cela est nécessaire pour que je guérisse; demain donc, vous me ferez une dernière saignée, plus copieuse que les autres. » Et, a&n qu’on ne commit aucune erreur, elle demanda un saladier qui était dans un buiïut voisin, et, l’ayant entre les mains, elle traça avec son doigt, près du bord supérieur, une ligne où , dit-elle , nous devions seulement nous arrêter. » Cette saignée durera fort longtemps, car ce sera du sang baveux (ce sont ses expressions] ; mais gardez-vous d’interrompre; j’aurai les* convulsions de la mort, je serai prise par un hoquet pendant lequel je rendrai des pulpes de cerises, cerises que j'ai mangées le matin du jour de l’application des sangsues. Elles sont dans mon estomac, je les vois ; laissez-moi ensuite dans mon état de faiblesse , et pour tout remède ne faites que passer sur mes lèvres, de temps à autre, des barbes de plumes trempées dans du vin d’Alio.ante. Il faut que mes

lUk MANUEL DE L’ÊTUDIANT HAGNÉTISEDR.

forces soient bien lentes ù revenir; dans quelques jours seulement on pourra me donner une cuillerée de bouillon dans une tasse d’eau; on augmentera graduellement la dose de bouillon , et ce n’est que dans un mois que je pourrai prendre quelque chose de solide. » Elle donna ensuite pour toute autre chose que pour elle des preuves de clairvoyance. Mais , je dois l’avouer , nous n’étions nullement rassurés; M. Le B... regrettait d’avoir suivi mon conseil, et moi je me repentais amèrement de l’avoir donné. Un ami de M. Le B..., aussi médecin, et qui était dans la confidence de ce traitement , s’adjoignit à nous ; nous nous consultâmes, nous résolûmes de nous trouver tous le lendemain au lit de la malade. M. Le B..., qui la magnétisait de temps en temps, n’était pas le moins inquiet; dix fois il alla voir son état, et à chaque visite son effroi augmentait : il voyait un visage livide, des yeux voilés; il n’entendait plus sortir de sa bouche que des sons formés par une voix éteinte. Il fallut pourtant encore nous résoudre à saigner!

L’heure vint; nous devions, je crois, alors être aussi pâles que la malade. Au premier mot de saignée elle se trouva mal, et nous levâmes l’appareil de la saignée, et le bras fut posé sur le saladier.

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