ATTRACTION MAGNÉTIQUE
Si le magnétisé est assis, il s’inclinera dans votre direction; les jambes s’allongeront, deviendront d’une très grande roideur, et si vous tournez lentement, en décrivant un cercle, le magnétisé s’inclinera forcément de votre côté. Les corps opaques n’empêchent nullement la transmission du principe magnétique. Une porte fermée, comme je l’ai montré cent fois , n’était point un obstacle à mon action; le magnétisé venait se heurter contre elle lorsque j’étais placé dans la pièce voisine. Des milliers d’expériences, toutes variées, peuvent se faire ainsi; elles étonnent l’esprit , confondent la raison , et on se demande qu’est-ce donc que l’homme? d’où lui vient son pouvoir ?
La cire à cacheter, l’ambre et le verre, frottés légèrement, attirent les corps légers; l’aimant attire le fer; mais ces attractions sont' aveugles ; tandis que l’homme seul imprime au principe qui émane de lui, è la force magnétique, des directions diverses et opposées. Il veut , et la matière organisée obéit. Ici point de pôles. Si pour les corps inertes la nature a tracé des lois, elle a voulu ou elle a permis que l’homme , par son esprit, s’en affranchit. Il est donc indépendant , et le mieux constitué des êtres qui peuplent
162 MANDEL DE L’ÉTODIANT MAGNÉTISEUR, ce monde ; car, si d’un côté nous voyons des animaux exercer une sorte d’attraction sur d’autres animaux (1) , cette attraction est bornée à certaines limites ; l’accident le plus léger la dérange, et comme résistance, c’est plutôt l’instinct qu’elle rencontre qu’une volonté puissante.
Mais qu’est-ce que la volonté ellc-mèmc? Toutes les écoles de philosophie sont impuissantes pour éclaircir ce mystère. Je veux, et mes membres obéissent; mais je veux aussi que mon désir, ma pensée, franchissent la limite de la peau où semble se terminer leur domaine, et cette limite est franchie, et mon commandement va s’imposer à un autre être qui n’a rien de moi; il faut qu’il cède à un pouvoir étranger... La nature obéit à son impulsion , à une volonté de l’architecte des mondes. Si Dieu a permis que nous ayons en nous une force capable d’agir au dehors, il faut l’en remercier, et ne pas nous en étonner. Des choses plus extraordinaires se découvriront encore et viendront s’ajouter bientôt aux pages merveil-
(1) Voir, pour de plus amples renseignements, mon Cotirs de magnétisme en sept leçons, 2' édition, 1840, 1 vol. in-18, pag. 425, et mon Essai sur renseignement philosophique du magnétisme, pages 206 et suivantes.