PRÉCEPTES GÉNÉRAUX
Comme ces métaux brillants qui se ternissent lorsqu’on les laisse exposés au jour, le somnambulisme et l’extase perdent bien vite les divines facultés qui les caractérisent par des communications trop fréquentes , soit avec les malades, soit avec des observateurs peu scrupuleux sur le choix des expériences et des questions.
PHÉcxvTxs GÉ»r£aAxrx.
Conditions de temps et de lieux pour nuiKnétlser.
Bien que l’on puisse magnétiser partout, à toute heure de la journée, on a cependant constaté quelque différence dans le développement des effets. Outre les causes naturelles, celles qui tiennent à la constitution du magnétiseur, à son éducation, etc., on doit mentionner celles-ci.
Dans notre climat , le temps sec et chaud paraît être le plus favorable à la magnétisation. Le milieu du jour fait gagner quelque chose.
L’hiver, on doit magnétiser plutôt dans une pièce trop chauffée que pas assez j préférablement en plein air que dans un courant d’air.
Les hommes qui paraissent avoir profondément réfléchi sur le magnétisme, les prêtres de
234 MANDEL DE L’ÉTDDIANT MAGNÉTISEUR, l’antiquité, l’appliquaient loin du bruit, dans des temples, où l’âme recueillie permettait au corps d’en ressentir d’une manière plus puissante encore les énergiques effets. Le magnétiseur également éprouvait aussi moins de contrainte , moins de distraction, et sa pensée n’était nullement contrariée.
Souvent ou a vu, il est vrai, des faiseurs de miracles opérer sur les places publiques; mais, outre qu’ils ne s’adressaient qu’à des malades atteints d’affections nerveuses , et par conséquent impressionnables , ils avaient pour eux la foi qui remue l’âme, et une force morale qu’ils tenaient de leur genre de vie; car l’austérité , qui donne peu aux sens, affine l’esprit et développe singulièrement la propriété magnétique.
J’ai observé que le temps brumeux, pesant, celui qui vous porte vous-méme au sommeil, à la paresse, diminuait les forces magnétiques.
Si, dans une chambre où vous magnétisez, plusieurs personnes occupent votre attention, celle sur qui vous dirigez votre action se ressentira de vos distractions et sera moins impressionnée.
Si des personnes déjà magnétisées antérieurement sont placées près d’un autre sujet d’expé-
CAUSES INCONNUES D’INSUCCËS. 235 rimentation nouveau pour vous , il suffit même qu’elles soient dans la môme chambre , vos émissions magnétiques peusent être détournées de leur direction et aller frapper leur système nerveux.
Vous réussirez plus sûrement, plus promptement, dans une chambre où vous magnétisez souvent que dans un lieu toujours nouveau. Le magnétisme , comme les odeurs , semble s’attacher aux corps et y rester très longtemps.
Causes Inconnues d’InsnccCs.
J’ai remarqué que , certains jours, t(yas ceuoo que je magnétisais étaient vivement imftréssionnés^ et cela en quelques minutes, tandis que dans d’autres temps, où je n’apercevais en moi aucune différence, j’avais beaucoup de peine à obtenir quelques effets appréciables dans un temps plus que double.
Vous remarquerez qu’il est des jours où les effets s’obtiennent plus tôt en employant une main que l’autre; les malades sentent la différence qu’il y a dans l’action de ces conducteurs. Mais vous-même , si vous faites attention, vous reconnaîtrez ce fait d’observation que j’ai eu l’occasion de constater plus de cent fois.
236 MANL’EL DE L’ÉTODUNT MAGNÉTISEUR.
Ganses morales d’insaccès.
Lorsque j’agissais sur un somnambule dans le silence et dans le recueillement, et que je n’avais près de moi que des personnes inoffensives qui ignoraient ce qui allait se produire, ou qui l’attendaient sans suspecter mes intentions, j’étais calme et tranquille; l’action de mon être sur le somnambule était régulière presque comme celle d’une machine physique, et ce qui se passait dans le somnambule était aussi régulier. La nature alors se manifestait sans contrainte, et les phénomènes qui en résultaient avaient un caractère particulier et presque toujours satisfaisant. Mais il en était autrement lorsque mon désir de faire participer des gens qui doutaient de mes récits me faisait les admettre à mes expériences. Bientôt ceux-ci agissaient sur moi par leur doute exprimé souvent par des paroles mordantes ou des rires amers. Dès lors je cessais d’être calme et tranquille, mon esprit entrait dans une agitation extrême; mon cœur battait avec violence, et c’est dans cette disposition physiquement et moralement défavorable que j’étais obligé de justifier mes assertions. J’aurais dû avouer que je ne le pouvais plus, mais l’orgueil empêchait d’écouter