CAUSES MORALES D’INSUCCÈS
la voix de la sagesse. Qu’arrivait-il alors ? L’être que je magnétisais, et qui n’avait aucun motif pour être troublé , car il ignorait souvent ce qui devait se passer dans son sommeil , ne s’endormait plus de la même manière; ses joues se coloraient, son cœur battait comme le mien, et, bien qu’il tombât dans le somnambulisme, j’apercevais bientôt que ce n’était plus l’état régulier de scs sommeils passés, et que l’état d’agitation et de trouble de mon être avait développé chez lui la même surexcitation; et c’est dans cette disposition toute contraire que je le pressais d’obéir, que je le sollicitais de me donner des preuves de sa vision. 11 y consentait, à la vérité, avec peine (car il était averti que des changements s’étaient opérés en lui), mais en6n il y consentait, et bientôt nous avions la preuve que sa lucidité n’existait plus , et que toutes ces prévisions étaient inexactes. Ces insuccès, en me mettant hors de moi, ne faisaient qu’ajouter aux dilhcultés qui existaient déjà, et rendaient les expériences négatives. Plusieurs leçons de ce genre m’éclairèrent enfin, et j’acquis la preuve que j’avais découvert la cause de la non-réussite de ces expériences, lorsque, les répétant devant les mômes hommes, je fus assez résolu pour être in-
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sensible à leurs discours et pour ne plus me laisser influencer par leurs regards moqueurs.
L’eau, si transparente qu’elle soit, en état de repos, ne réfléchit plus les objets dès qu’elle est agitée; de même la glace, ternie par un léger souffle , cesse d’être fidèle. Si vous faites pénétrer des courants humides près d’une machine électrique, vous aurez beau tourner la manivelle, » vous n’obtiendrez point d’électricité. Ces acci-
dents passagers ayant cessé , l’ordre reprend son cours; mais ceux qui n’ont aperçu que le désordre vous accusent de mensonge, et l’on ajoute votre nom à celui de tous les charlatans.
Que faire donc dans ces circonstances? plaindre les hommes qui vous forcent à courber la tête sous leurs jugements précipités, attendre que le temps vous donne gain de cause sur eux , car, lorsque les hommes nient un fait que la nature prouve, il est bien certain que celle-ci finira tôt ou tard par avoir raison.
DlfOcnltes natarelles «TapprCclatlon.
Toutes les fois qu’il s’agit de démêler les causes des phénomènes qui éclatent avec tant de variété dans l’économie de l’homme, l’esprit humain rencontre un obstacle inévitable et souvent