‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 46 sur 84 · DIFFICULTÉS D’APPRÉCIATION · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS D’APPRÉCIATION

insurmontable. Cet obstacle vient de la liaison si intime dans l’homme entre le physique et le moral j la constitution, en eiïet, est telle qu’une je ne sais quelle cause intérieure a le pouvoir d’imprimer à tous les organes matériels les mêmes mouvements : que dis-je? des mouvements cent fois plus rapides et plus violents que ne peuvent les exciter toutes les causes extérieures et physiques. Quel est l’agent extérieur qui pourra jamais faire mouvoir le bras d’un homme aussi violemment que sa propre colère, aussi rapidement que sa frayeur ?

Or, de cette ressemblance entre les effets produits dans l’homme par la force intérieure que nous appelons l’âme , et les effets produits par des causes extérieures et physiques, résulte cet embarras inévitable de prononcer ;

1°Si tel phénomène observé dans l’homme est l’effet de causes extérieures seulement , ou de la cause intérieure, ou du concours de ces deux causes.

2” Quand même ce phénomène serait évidemment produit par une cause extérieure et physique , on peut toujours douter s’il ne pourrait pas être produit aussi , et même très augmenté par la cause interne et morale.

3° Enün, on peut douter encore si la plupart des effets produits en nous par une cause physique ne peuvent pas être anéantis ou suspendus par la seule puissance de l’àme ou de cette cause intérieure.

CoodlUons de succès dans les maladies ctaronlques.

Constance du magnétiseur, son abnégation.

Passivité du magnétisé pendant l’opération.

Résolution de l’un et de l’autre dans les douleurs.

Ne pas mesurer le temps ; car il ne doit pas se compter par jours, mais par mois.

Bien se garder d’user, par de forts travaux ou une application de l’esprit, les forces déposées dans l’organisation. Plus le magnétiseur a le sentiment de sa puissance, moins il doit en user tout à coup. Il faut seulement qu’il dépose graduellement, et par des actes de volonté réglés , dans l’organisation malade, une somme de force suffisante : l’excès n’est pas utile.

Plus il rencontre de sensibilité , moins il doit agir. Il est des malades à qui cinq minutes de magnétisation suffisent j le plus longtemps que l’on doit accorder, dans les cas ordinaires, c’est (rune demi-heure à une heure , en partageant

CONDITIONS DE SUCCÈS DANS LES MALADIES. 241 en deux cette séance, c’est-à-dire que le repos du magnétiseur est nécessaire pendant quelques instants , lorsque la magnétisation dure plus de trente minutes.

Dans des circonstances graves , le temps ne . doit point être mesuré; la prolongation de la vie dépend souvent des elTorts que vous ferez.

J’ai cité de ces cas, le choléra , par exemple.

Il faut éviter que le malade ait des accès de colère ou de violentes contrariétés ; il arrête ainsi le travail de la nature, lorsqu’il ne détruit pas ce qui a déjà été produit de bon.

Il faut que le magnétiseur ne se laisse point influencer par la crainte. La responsabilité qui pèse sur lui ne doit point l’elTrayer, ou il n’est plus qu’un instrument inutile. Puisque la crainte ôte les forces , il a beau vouloir, le fluide magnétique ne franchit plus les extrémités. Cette émission, au reste, quand elle a lieu, n’a plus les qualités requises.

La douleur, les cris , le délire , l’agonie même, doivent trouver le magnétiseur impassible; qu’il garde sa pitié, ce n’est pas cela qu’on lui demande, mais sa force. Son œuvre accomplie, c’est seulement ; lors qu’il doit se plaindre, si la nature n’a paSj répondu à ses efforts, se réjouir s’il a réussi.

Il ne faut pas que le magnétiseur soit depuis trop longtemps à jeun, ni qu’il ait l’estomac trop chargé.

S’il cause trop, sa besogne s’arrête. Le mieux serait de ne rien dire pendant l’opération : seulement recevoir les observations du malade sur les effets qu’il ressent.

11 ne faut pas que le magnétiseur soit fatigué avant l’opération , sans cela il fera peu de bien. Il eu est de même du malade ; il doit ménager les forces qu’il possède , et ne pas dépenser sans un impérieux besoin la richesse qu’on lui apporte.

Il est extrêmement rare que le magnétiseur n’abuse point de l’état magnétique qu’il a développé; si c’est du somnambulisme, il le prolongera outre mesure; il fera du dormeur un instrument d’observation, le forcera à chercher et à voir des choses qui ne sont point utiles à son rétablissement.

Si c’est seulement une sensibilité phénoménale, il l’exagérera encore pour montrer sa puissance, il fera cent essais qui fatigueront le magnétisé. D’un côté, il y aura faiblesse, de l’autre abus coupable.

EFFETS UÂGNÉTIQDES LATENTS.

2UZ

Effets magnétiques latents.

Les traitements les plus désagréables sont ceux qui n’oiïrent aucun signe physique de la marche de la nature ; bientôt laconBance du malade l’abandonne, le zèle du magnétiseur se ralentit : cependant c’est souvent par un travail sourd, moléculaire, que la nature procède; la vie est en plus pourtant, mais on ne l’aperçoit point, pas plus que l’on ne sesenteroitre ou décroître, et cependant, dans ces cas, que de choses se passent en nous !

Il est nécessaire de bien étudier ces cas embarrassants. J’ai guéri des individus, bien gravement malades, et pour lesquels la nature depuis longtemps ne faisait rien. Je les ai vus, dis-je, revenir à la santé, sans que l’on ait fait emploi d’aucune drogue; ils n’avaient été que magnétisés, et rejetaient le magnétisme comme cause de leur rétablissement ; c’était bien lui pourtant , et , pour m’en assurer, dans des cas semblables, j’ai suspendu mon traitement, et le mieux qui existait déjà a bientôt disparu. Puis, je recommençais la magnétisation, et j’amenais ainsi, en reproduisant l’amélioration perdue, le malade à croire à l’eflicacité do magnétisme.

Cependant je ne puis autoriser des traitements

244 MANÜEL DE L’ÉTODIANT MAGNÉTISEUR.

sans fin et être cause de l’exploitation de quelques malades; il faut que l’on sache que deux mois suffisent pour s’assurer que le magnétisme agit et modifie sourdement l’organisation.

Quelquefois le magnétisme aggrave les symptômes du mal ; le magnétisé et le magnétiseur s’effraient ; il n’y a cependant rien à craindre , mais il faut savoir bien distinguer ce qui est le produit de vos efforts ou de la marche naturelle d’une maladie dont la gravité se manifeste de plus en plus. Ici il faut nécessairement des connaissances en médecine ; heureux sont alors les magnétiseurs qui en possèdent : leur jugement peut être un oracle.

On ne se sent, comme nous l’avons dit, ni croître ni décroître; on voit le fait, il se produit, mais nous ne sentons pas le travail moléculaire qui se fait en nous : cependant il est de tous les instants. Il est des maladies qui procèdent comme la vie, à petit bruit, et qui disparaissent sans laisser apercevoir le travail qui s’accomplit en nous-mêmes, liorsque la vitalité s’augmente par le magnétisme, elle ne change pas toujours cette disposition naturelle, et votre action, quoique réelle, peut être contestée ou vous laisser à vousmême des doutes sur son résultat.

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