‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 54 sur 84 · DES EFFETS DIABOLIQUES · texte numérisé non relu

DES EFFETS DIABOLIQUES

Plusieurs personnes tenant une chaise , et l’ap- . puyant de toutes leurs forces sur le sol , ne pou- ^Vaient empêcher son déplacement violent lorsque cette enfant essayait de s’asseoir. Un guéridon en bois de chêne était secoué, puis renversé, par le seul contact de son vêtement; et pourtant déjà cette singulière propriété avait faibli , car à son origine cette jeune fille jetait le trouble autour d’elle en renversant tout ce qui se trouvait dans sa sphère d'activité : coffre rempli d’avoine, table de cuisine, etc., etc. ; mais cet état singulier n’a rien de l’état magnétique, il n’a pas même troublé la santé de cette enfant.

Plus de quinze cents personnes ont pu constater les faits que nous avançons. M. Hébert (de Garnay) en a fait une étude suivie, dont le résultat est consigné dans \e Journal du magnétisme .

Je vous ai donné les moyens de faire cesser toute action déréglée : des passes à grands courants sur les jambes jusqu’au! pieds, votre main sur le front quand vous pourrez l’y appliquer, ce qui n’est pas toujours possible. Ayez une tranquillité parfaite, examinez sans cesser d’être actif, c’est-à-dire sans perdre un instant de vue que vous avez été l’instrument du désordre , et que vous seul pouvez le faire cesser. Je n’ai pas besoin de vous dire que vous ne devez jamais le faire naître ;

288 HANDEL DE L’ÊTOOIâNT HAGNÉTISEOR.

mais vous le verrez dans quelques cas de maladie où la nature , pour se débarrasser de ce qui l’op« prime, ayant besoin de produire une grande perturbation , la développe sans se soucier des idées qu’elle peut faire naître en nous , et toujours sans nous demander notre permission. Voilà pourquoi, dans beaucoup d’affections du système nerveux, ou dans certaines maladies de cause inconnue, le médecin combat à toute outrance et cherche à détruire par tous les moyens ce qui peut seul sauver. Pourquoi la lumière m’a-t-elle manqué au début de ma carrière, pourquoi ne l’ai-je pas trouvée dans les livres de magnétisme? Ma vie sera trop courte maintenant pour combattre l’ignorance et établir la vérité ! Que l’expérience acquise vous serve, ouvriers habiles; vous édifierez , avec les matériaux que j’accumule , le temple de la science nouvelle , si surtout vous vous laissez guider, non par votre imagination , mais par la lumière acquise de l’observation et surtout de l’expérience.

Dolt-on faire des expériences pnbliqaes ?

Oui; bien qu’elles aient des inconvénients.

Mesmer en a fait continuellement ; Desion imitait Mesmer. Puységur, en disant : «Nous ne serons jamais que des tourneurs de mani-

EXPÉRIENCES PÜBUQÜES. 289

vclle , » cherchait à s’éclairer par des expériences, et ses somnambules étaient soumis à l’observation des gens qui doutaient. C’est par des expériences que les Lutzelbourg et toute l’école de Strasbourg s’étaient avancés dans la connaissance du magnétisme. Plus récemment, Bertrand , Georget, Rostan , Foissac publièrent, avec de judicieuses observations, les expériences qu’ils firent, soit pour arriver à une conviction , soit pour sonder le champ des découvertes.

L’immobilité, tandis que tout marche, vous place en arrière; et ceux qui, en magnétisme, ont dit : point d’expériences, ne méritent pas qu’on s’arrête pour les écouter sur ce qu’ils ont pu apprendre; leurs livres, s’ils en ont écrit, sont nuis pour la science. Comment peut-on espérer établir une croyance sans preuves? Comment faire arriver la vérité dans les intelligences sans les pénétrer de la vive lumière jetée par les faits? N’est-ce pas à l’alchimie que la chimie est redevable de la plus grande partie des découvertes qui l’honorent? Dans les autres sciences n’esl-ce pas aux tentatives, aux expériences réitérées d’esprits aventureux que l’on doit de merveilleuses inventions? Comment ai -je acquis

moi-même une certitude de diagnostic qui man-

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290 MANUEL DE L’ÉTÜDIANT MAGNÉTISEUR, quera longtemps à beaucoup de magnétiseurs, si ce n’est par d’ingénieuses expériences? Et, pour tout dire enfin, il n'est pas possible de s'éclairer sans cela. Aussi prié-je tous ceux qui me liront de répéter d’abord toutes celles citées au commencement de ce livre et dans mes autres ouvrages.

Ce n’est pas dire pour cela qu’il faille tout vous permettre, et compromettre, pour votre propre instruction ou la conviction des autres, la vie des malades, la santé des patients qui se sont confiés à vous en se livrant à vos investigations. Un instinct vous arrête lorsque vous êtes sur le point de faire le mal -, si vous n’obéissez pas au frein qu’il vous oppose, jamais les conseils de la prudence ne vous eussent arrêté. Médecin, vous eussiez essayé vos poisons sans souci des malades^ magnétiseur, vous les torturerez sans vous inquiéter des suites que peuvent produire vos iniques procédés.

Les guérisons, en tant qu’expériences janudes, ne suffisent point pour arriver au but capital : la propagation du magnétisme. Tous les malades, d’ailleurs, ne rendent pas hommage à la vérité; quelquefois même ils contestent que le magnétisme ait été la cause et vous l’instrument de leur

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guérison. Mais, fussent-ils tous animés d’une noble reconnaissance, que cela n’agirait que faiblement sur l’opinion. Aux yeux d’un médecin , une guérison ne signifie rien -, il objecte qu’il a vu des malades guérir, contre toutes probabilités, par les seules forces de la nature. L’homme du monde dit, en voyant le résultat de vos efforts, que c’est l’imagination du moribond qui a tout fait. Que dire, quand l’un et l’autre sont de bonne ’ foi?... C’est donc de l’agent que vous employez qu’il faut à chaque instant donner des preuves physiques; c’est l’étendue de votre pouvoir, la mesure de vos forces qu’il faut faire connaître, et vous ne le pouvez qu’en agissant devant ceux qui contestent vos assertions et les propriétés de votre être.

Cette marche offre, sans doute, des difficultés ; quelques magnétiseurs chercheront à vous en détourner : ce sont des esprits timides et sans beaucoup de pouvoir magnétique; ils ne connaissent ni le temps ni l’époque où ils vivent; ils n’ont point de foi en eux-mêmes; la crainte d’un insuccès leur donne la fièvre, et le grand jour leur

fait peur Ah! je remercie Dieu de m’avoir

donné le courage qui leur manque !

CondlUons A obHfrver dans leo exp^rleaces publiques.

Faites vos expériences avec la plus grande simplicité; annoncez peu; que vos discours ne soient point ceux d’un enthousiaste et vos gestes ceux d’un acteur. Disputez le moins que vous pourrez sur la valeur des faits ; la réflexion fera admettre ce que le raisonnement n’aurait pu démontrer. Ne forcez point les croyances; elles viendront d’autant plus vite que vous aurez été plus sobre d’explications, et vos défenseurs seront ceux que vous croirez peu persuadés. Tout ce qui semble contradiction ne Te.st pas, car c’est ainsi que les choses se passent et doivent se passer. Pour le démontrer, il faudrait entrer dans une explication, dévoiler les secrets du cœur humain, en sonder tous les replis ; je n’aurai que trop d’occasions d’accomplir cette besogne, mieux placée ailleurs qu’en ce Manuel.

Lorsque vous serez bien assuré que vous avez la force, l’agent, ne craignez rien; allez, mais surtout évitez jusqu’à l’ombre du charlatanisme , et que l’on ne puisse dire que vous avez des compères.

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Chances de succès dans les exvérlences publiques.

Sur dix personnes prises au hasard, trois peuvent être endormies magnétiquement , quatre autres éprouver des effets ostensibles , mais point de sommeil ; les frois dernières enOn ne sentiront que faiblement votre action, et par conséquent ne pourront rendre témoignage. 11 faut donc que vous ayez assez de puissance pour magnétiser de suite plusieurs personnes. Vous vous attachez à celle qui sent le plus vivement, et les expériences que vous pouvez faire son t si nombreuses et peuvent être si concluantes que les doutes doivent cesser.

Je n’ai pas besoin de vous dire que ces expériences publiques doivent être faites sans abus de puissance. Vous qu’on a prié, sollicité de magnétiser avec toute votre force , vous serez accusé d’avoir produit le fait extrême que les incrédules vous demandaient avec instance. Restez à la limite où la souffrance commence.

Ne prélevez surtout aucun salaire j que tout soit gratuit dans ces sortes de démonstrations. Si vous faites du magnétisme une profession, et que vous soyez habile , les malades viendront vous trouver; car vous aurez opéré des convictions, et vous trouvcrciç ainsi une compensation

29U HANÜEL DE L’ÊTDDIANT MAGRÉTISEDR.

au temps que vous aurez consacré à renseignement, une récompense honnête et légitime à votre travail.

DifflealMa qoe présentent les expérienees pnbliqnes.

Elles sont nombreuses et puissantes , quelquefois même insurmontables. Essayons de les décrire, car elles doivent être connues de tous les magnétiseurs.

Magnétiser et obtenir des effets est chose facile lorsque les conditions de succès se trouvent réunies. Je place en première ligne le silence de l’assemblée, le recueillement et une passiveté complète du magnétisé. J’at bien rarement obtenu qu’il en fût ainsi. Notre caractère est si léger, si moqueur, si rieur, qu’à peine assis le magnétisé est forcé de répondre à des agaceries, à des signes d’intelligence de toutes les personnes de l’assemblée, et vous entendez bientôt les mots : « Il dort , il ne dort pas. » Les conversations s’établissent d’abord à petit bruit, le mouvement des chaises commence, les rires se font entendre; puis c’est une personne qui entre et dérange tout le monde pour se placer; une toux incommode ou simulée prend l’un des assistants ; les portes s’ouvrent , se ferment sans précaution, et le magnétisé , placé en face du public, consi-

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dère toutes choses , cherche à comprendre ce que i’oD dit de lui, puis il s'écoute pour analyser les changements qui s’opèrent, les effets qui se manifestent en lui, etc., etc. Mais quelle puissance est-ce donc que le magnétisme? Vous réussissez malgré toutes ces causes d’insuccès, si vous savez, vous magnétiseur, ne rien voir, ne rien entendre , et fonctionner comme une machine toute physique.

L’individu endormi ou commençant seulement à sommeiller, on se lève, on s’approche malgré vous. Si l’action, portant d’abord sur le système nerveux, le perturbe, enbomme prudent, vous arrêtez le développement des effets pour ne point effrayer. Si , au contraire , la même action , engourdissant le système nerveux, amène un sommeil profond , vous êtes obligé d’interroger le dormeur bien avant le temps où vous pourriez raisonnablement vous le permettre. Chacun a une demande à faire, une question à poser, une mèche de cheveux à la main... Vous ne pouvez vous refuser è quelques expériences ! ! ! Il faudrait du temps , on ne vous en accorde pas; et lorsque le magnétisé est fatigué par des demandes et des questions oiseuses, vous le réveillez. 11 n’a point satisfait la curiosité , mais ce que vous avez fait

296 MANUEL* DE L’ÉTÜDIANT MAGNÉTISEUR, est immense : vous avez provoqué le sommeil , prouvé l’existence du magnétisme j que voulezvous de plus? Les esprits deviendront plus sages; une autre fois ils vous laisseront conduire convenablement votre opération. Déjà ils reconnaissent que vous êtes sincère, vous n’avez plus à vous justifier du soupçon de charlatanisme ; le temps fera le reste.

Le inaUde, le médecin et le maaneUaenr.

Lorsque la douleur nous assiège et que, sur notre couche, nous appelons à grands cris un moment de repos; lorsque, torturé par le mal, la soif, l’insomnie , nos amis alarmés cherchent à nous consoler : «Tout à l’heure, nous disent- » ils, l’Esculape viendra... ; il a des recettes pour » calmer les souffrances ; la nature, dont il a fait M l’étude, n’a point de secret pour lui ; cher ami,* «attendez, voici bientôt l’heure de sa venue; » peut-être est-il auprès de quelque malheu- » reux. »

Une ombre d’espérance se glisse en nos pensées ; elle ne peut y rester pourtant , car un doute cruel efface cette pâle clarté. Nous demandons ou ciel un miracle nouveau ; notre pensée s’élève

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