‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 53 sur 84 · DES EFFETS DIABOLIQUES · texte numérisé non relu

DES EFFETS DIABOLIQUES

impossible de la comprendre : cependant on a cru reconnaître qu’elle avait quelque chose de l’hébraïque , mais c’est seulement une supposition d’hommes érudits. Les mouvements du corps sont inimitables dans l’état habituel. Le saltimbanque le plus exercé ne pourrait en approcher en cherchant à les rendre. On dit même que certains démoniaques se soulèvent de terre ; je ne garantis pas ce fait; mais j’ai vu courir, contre toutes les lois de l’équilibre, un être dans cet état, sur une plinthe autour d’un appartement, et la chute n’avait point eu lieu , et le corps pesant, qui eût dû déranger ou casser cette tringle légère, à peine tenue dans la muraille par quelques pointes, n’avait rien perdu de sa position première.

Les hommes sont donc bien coupables; car ils condamnèrent au supplice de malheureux malades qui offraient dans les temps reculés et même jusqu’au xvi* siècle, les mêmes phénomènes que nous venons de décrire. Étaient-ils dus à l’action pervertie d’autres hommes? Non, dans certains cas; car il n’est pas douteux pour nous que la nature, par une irrégularité dans la distribution de ses forces, peut causer tous ces étranges accidents. Le diable venait eu aide à l’ignorance des

hommes et servait souvent leur méchanceté; on mettait sur son compte le plus odieux des crimes, et c’est ainsi que des milliers d’hommes souffrant de la nature ont vu terminer tragiquement leur existence.

Flattez-vous de votre savoir, grands génies de nos académies ; mais si vous voulez apprendre que vous savez peu, examinez la nature dans ses actes qui paraissent bizarres, étudiez ses ressources cachées , sa puissance et cette intelligence qui domine parfois la matière : alors vous saurez que vous ne savez presque rien.

En 18iü6, nous avons eu sous les yeux une jeune fille, nommée Angélique Cottin , âgée de quatorze ans, qui présentait des phénomènes singuliers. Instrument vivant de physique, elle faisaitéprouver à tous les corpsavec lesquels elle était mise en contact, par un conducteur ou seulement l’extrémité de ses vêtements, un mouvement de répulsion ou 3’attraction. Nous l’avons vue, par la seule approche de son bras, faire dévier une aiguille aimantée, agiter violemment des corps légers et les forcer de fuir, renverser des corps pesants, et dans certains moments être suivie par ceux-ci; une banquette fut violemment attirée vers cette jeune fille lorsqu’elle l’eut touchée.

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