‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 58 sur 84 · DIFFICULTÉS DANS LES TRAITEMENTS · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS DANS LES TRAITEMENTS

Nous terminerons cette digression en disant comme Puységur:

« La vérité ne peut perdre ses droits, et la » confusion est toujours le partage de ceux qui , » par mauvaise foi, ne la veulent pas reconnaître.

n Une vérité est toujours une vérité, et tôt ou » tard son flambeau perce les nuages de l’erreur, » de l’ignorance ou de l’envie. Si la science du » magnétisme animal n’était qu’un système, je » sentirais toute mon insuffisance de la faire » adopter. Un système n’est souvent que le fruit » d'une imagination exaltée, dont le succès ne » tient qu’au plus ou au moins d’éloquence’de son » auteur J mais ici c’est une pratique à la portée » des hommes les plus bornés; tous ont la puis- » sance de l’exercer, par cela seul qu'ils sont » hommes. »

Diroeuliés de réussir dans les traitements.

Elles sont nombreuses; je n’en veux aujourd’hui décrire qu’une seule , mais elle est majeure , et m’a causé, à moi, bien des perplexités.

La voici.

Ce n’est, je l’ai déjà dit, jamais sans un travail critique qu’une guérison s’opère; mais ce travail, vous seul l’appréciez, le reconnaissez.

SI/:» MANUEL DE l’ÊTUOIANT MAGNÉTISEUR.

Four ceux qui entourent le malade, ce travail n’est autre chose qu’une aggravation de la maladie. Vos raisons seront sans puissance sur des gens prévenus ou peureux. On vous avait abandonné le malade parce qu’il n’y avait plus de ressources, on est tout prêt de vous le retirer parce que vous développez ce qui peut seul le sauver. Quelle autorité avez-vous? aucune. Vous êtes un empirique, on vous traite en conséquence. Il faut que vous sachiez imposer votre croyance, que vos explications soient simples , claires , compréhensibles, et, plus encore, que votre pronostic soit toujours justihé.

Voici, entre cent autres exemples, un fait qui va vous éclairer.

Un malade soutenu par deux domestiques , car il ne pouvait marcher, tant il était accablé de goutte, vint chez moi me demander les secours de mon art. Ses jambes étaient gonflées et tout son corps rempli d’humeurs. Depuis longtemps il était dans cet état , et la science ne pouvait rien pour lui. J’entrepris son traitement. Bientôt des cri.ses se manifestèrent; dix, vingt, trente garderobes survinrent; le malade s’affaiblissait à vue d’œil ; la famille en alarmes entourait le moribond ; c’était à qui consulterait un nouveau médecin et

DIFFICULTÉS DANS LES TRAITEMENTS. 315 demanderait mon expulsion. Le maladé avait de la fortune , et par conséquent on s’occupait beaucoup de lui dans la ville. Les médecins qui précédemment lui avaient donné leurs soins étaientaux aguets; ils blâmaient mon traitement, et, sur les faits qu’on leur rapportait, ils annonçaient la fin prochaine de celui qui m’avait confié le soin de sa vie. Je défendis tout médicament , annonçant hautement que j’abandonnerais immédiatement le malade si une seule drogue lui était administrée. Mais outre les évacuations alvines qui continuaient, des sueurs abondantes se déclarèrent, la faiblesse augmenta et les craintes redoublèrent; ce n’était plus qu’avec une sorte d’effroi qu’on me voyait prodiguer mes soins au malade. Il le tue, il l’assassine avec son magnétisme, disait-on de toutes parts. J’avoue que j’eus des moments de découragement; cependant j’étais convaincu de la marche régulière du traitement; je n’espérais sa continuation que si le malade ne perdait point confiance, car j’avais été assez heureux pour lui en inspirer beaucoup.

Mais , pour parvenir jusqu’à lui qui était si faible, il fallait passer sous les regards terribles de la famille. Enfin, la crise s’arrêta. Le malade, qui, depuis quelques jours , sur ma recommandation.

ne prenait que de l’eau, put prendre du bouillon de poulet, un potage, etc., etc. Les forces revinrent, et le malade fut sauvé. 11 avait perdu plus de la moitié de son poids , il marchait droit. C’était un miracle du magnétisme; mais que de peines, que d’angoisses pour celui qui l’avait opéré !

Crojcz-vous que l’on fut reconnaissant, que l’on rendit témoignage?Non ; excepté le malade, qui avait la conscience de ce que j’avais fait pour lui, la haine sourde et cachée de certaines gens, dont les pronostics avaient été démentis, me poursuivit. Quelle bonne fortune pour eux, si le malade était mort entre les mains du magnétiseur !

Vous le voyez, ce n’est qu’au milieu d’écueils que le pauvre magnétiseur conduit sa barque ; , mais il les signale à d’autres navigateurs. Lui eu sauront-ils gré? qu’importe?

Ne perdez pas de vue ce fait-ci. Le magnétisme produit des crises heureuses, sachez les discerner, les distinguer du travail destructeur qui a lieu dans toute maladie grave. Prononcezvous alors, annoncez le succès si vous'y croyez, et, dans le cas contraire, montrez la maladie, plus forte que vous, amenant à grands pas la fin

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