‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 64 sur 84 · ERREURS DES MAGNÉTISEURS · texte numérisé non relu

ERREURS DES MAGNÉTISEURS

2® La croyance au magnétisme est indilTérente au succès de l’opération.

Nous devons répéter que l’agent magnétique a des propriétés à lui, sans cela il n’existerait pas ; et c’est en vertu de ses propriétés qu’il produit la série de phénomènes que nous avons cherché à décrire dans cet ouvrage. Sous ce rapport, il est en tout semblable aux divers agents de la nature. Ainsi l’opium endort, le vin grise, l’émétique fait vomir, l’oxygène exalte la circulation et perturbe les facultés morales, indépendamment de la croyance de celui qui est soumis à leur action. De même pour le magnétisme.

3“ La santé n’exclut point la susceptibilité au magnétisme; je pense même qu’elle est favorable au prompt développement des phénomènes. J’ai réussi dans un si grand nombre de cas de ce genre, qu’ayant à choisir pour expérimenter, je prendrais de préférence l’individu bien portant; car, chez les malades, ce n’est souvent qu’après avoir produit une sorte de richesse vitale factice qu’apparaissent les effets magnétiques et le sommeil. Influencé par les opinions des magnétiseurs, j’ai pu , au commencement de ma carrière , penser comme eux ; mais aujourd’hui je vois qu’ils étaient dans l’erreur sur les faits que je signale.

A* Le rapport par contact n’est nullement nécessaire : toucher les pouces , passer les mains sur les épaules, les descendre le long des bras, appuyer les genoux contre ceux du magnétisé , sont des procédés constituant une mauvaise méthode qu’il faut réformer. Qu’elle ait pour origine Pujségur ou Deleuze, cela importe peu dès qu’elle e>t vicieuse.

Par ces procédés, la plus grande partie de l’agent magnétique émis est jetée au vent. En effet, dès le moment où vos mains ne sont plus dirigées sur les grandes surfaces du corps , vous ne les pénétrez point j le frottement que vous exercez sur les épaules et les bras n’est plus qu’une friction magnétique. Les pouces que vous tenez entre vos mams, quoique bons conducteurs, font suivre la plus longue route à l’agent magnétique. Une démonstration sur un sujet sensible donne la preuve la plus évidente que l’on puisse obtenir de ce que je vous dis ici.

Vous n’avez pas besoin non plus de ces roulements d’yeux qui pour un instant vous placent dans la situation d’un fou. Vous exercez, ditesvous , la fascination; non : vous faites peur, vous portez le trouble dans l’esprit, vous produisez de l’inquiétude , et cette action irrégulière n’est

THÉORlliS DES MAGNÉTISEURS. • 333

jamais eilicace. ' Elle fait seulement douter de l’existence du magnétisme ; car le premier venu peut par ces procédés , et sans connaître en rien le magnétisme , jeter des femmes impressionna-^ blés dans une espèce de délire , ou tout au moins leur donner des spasmes ou des convulsions.

Est -ce là ce que nous enseignons depuis trente ans? Ne pourrons-nous jamais nous faire comprendre ? Resterez-vous comme ces guerriers d’un autre âge qui voulaient conserver leur fusil à moulinet et à mèche , et rejetaient opiniâtrément l’arme de guerre perfectionnée qu’on remettait entre leurs mains ?

Tbéorles des magnéUseur».

Nous pensons , ont-ils dit , que tous les phénomènes magnétiques appartiennent au système nerveux , dont toutes les fonctions ne nous étaient point ^encore connues; que c’est à une modification, à une extension de ce système et de ses propriétés , quon doit attribuer les effets produits.

Dans l’état actuel de la science tout porte à considérer le cerveau comme un organe sécrétant, une substance particulière dont la propriété principale est de transmettre ou de recevoir le

334 MANUEL DE l’ÉTDDIANT MAGNÉTISEUR.

vouloir et le sentir. Cette substance, quelle qu’elle soit, paraît circuler dans les nerfs, dont quelques uns sont consacrés au mouvement (à la volonté); ils partent de l’encéphale ou de ses dépendances, et vont se rendre aux extrémités; les autres sont affectés au sentiment , et suivent la même direction : les premiers sont actifs et les seconds passifs.

On peut , aujourd’hui , regarder ces propositions comme démontrées.

Lorsque nous voulons mouvoir un membre , notre cerveau envoie au muscle destiné à exécuter ce mouvement une certaine quantité d’agent nerveux qui détermine la contraction musculaire; cette transmission .se fait au moyen d’un nerf que l’anatomie démontre, et si nous le coupons, ou si nous en faisons la ligature, il nous devient impossible d’exécuter le mouvement, il y a paralysie. Le même phénomène a lieu pour les nerfs du sentiment; si on les détruit, la sensibilité est anéantie dans, la partie d’où ils procèdent. Ces faits , connus de temps immémorial , sont incontestables et généralement admis. Ils avaient fait penser que la fonction de l’innervation était une véritable circulation. Il y avait des vaisseaux nerveux afférents , c’étaient ceux de la volonté ;

Page 1