‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 70 sur 84 · MALADIE DE PUYSÉGUR · texte numérisé non relu

MALADIE DE PUYSÉGUR

puis vous offrir un plus bel exemple à suivre que celui d’un de nos maîtres, Puységur; il est la plus belle conclusion de mon ouvrage, et la plus solide [)rcuve de rcxccllence de la vérité que je défends. Écoutez donc son récit.

« Ma maladie et details y relatifs- •

« Après avoir eu, dit-il (1) , le boi.licur de rendre la vie à tant d’individus par le secours du magnétisme animal, rien ne pouvait mieux compléter ma satisfaction, que de devoir ma santé au même moyen dont je m’étais si aveuglément et si utilement servi envers les autres.

» Le récit de ma maladie et de ma prompte guérison va' donner, je l’espère, une nouvelle idée de la puissance du magnétisme animal et des nouvelles jouissances qu’il m’a procurées.

» Le 20 juin, il y avait près d’un mois que je manquais d’appétit, j’avais fort peu de sommeil et beaucoup de lassitude dans les jambes. J’attribuais les dérangements de ma santé à la fatigue que j’avais essuyée à Paris dans les séances si infructueusement multipliées du somnambulisme

(I) Puy-ségur , Mi’moires pour seràr à ihis'oire del'vfnhlissemenl du uiaijnclisme en Fraitir. S-- t'ilil. ISïO, p. a;0.

368 MAMEL DE L’ÉTtDIANT MAGNÉTISEUR.

AeMadeleine ; trop de sensibilité ou, pour miéuv dire, trop de susceptibilité peut-être, entretenait en moi en même temps un chagrin véritable du peu de conGance que l’on m’avait marqué. Je faisais des réflexions, tristes sur la façon de penser de mes amis à mon égard; car mes prétentions, trop exorbitantes peut-être, auraient été qu’en dépit de leur raison et de leur surprise ils eussent cru aveuglément à la vérité de mes expériences.

» EnGn, quoi qu’il en soit du plus ou du moins de raison que j’avais de me chagriner , j’étais d’une mélancolie alîrcusc. Je crois bien que la sécheresse de la saison, qui avait influé sur tant d’individus , contribuait encore à me rendre malade; j’espérais néanmoins que le temps me remettrait, et malgré le malaise que j’éprouvais, je me livrais toujours au plaisir de magnétiser.

» La femme du maréchal àw village (Buzancy), dont on a lu l’histoire, était au moment de guérir; déjà elle avait annoncé le termede ses crises, et j’en éprouvais d’avance la satisfaction que donne une espérance fondée sur beaucoup de succès : elle n’avait plus qu’une fois à être touchée^ c’était le soir du 24 mai ; arrive malheureusement, dans la journée, une jeune Allé

MALADIE DE PUYSÊGUR. 369

malade. Sa mère l'accompagnait : elle me prie de la faire toucher et consulter par un somnambule. Comme la femme du maréchal était un excellent médecin, je la remets au soir au moment de la crise. On sait ce qui en est résulté.

» La peine que me fit l’accident de celte femme, la fatigue que je me donnai toute la nuit dans l’espérance de la soulager , enfin son désespoir à quatre heures du matin lorsque, pouvant distinguer son état, elle m’apprit qu’elle était sans ressource si je t’abandonnais ; tant de secousses multipliées m’abattirent totalement ; je me sentis un serrement de cœur et une oppression d’estomac qui me Grcnt craindre un moment d’avoir moi-mème gagné le mal affreux de cette femme. Je me retraçais sans cesse toutes ses paroles ; entre autres il y en avait une qui me saisissait d’effroi. Aussitôt qu’elle avait pu parler, c’avait été pour me dire que ma petite fille, qui n’a que deux ans et demi, était restée longtemps sous l’arbre de la fontaine, à côté de la malade épileptique; que si on ne l’en eût pas retirée, je n’aurais pas été longtemps sans lui voir la bouche de travers et tous les symptômes d’une paralysie épileptique. Je ne pense pas encore h ces détails sans frémir, je me trouvais

370 MANUEL ÜE l’étudiant MAGNÉTISEUR, dans un abattement affreux. Pendant deux jours, je ne pus éprouver du magnétisme d’autre soulagement que de vomir un peu de bile. EnGn, le 27 au matin, la fièvre me prit d’une telle force, qu’il me fallut rester au lit. Je me fis magnétiser par Ribaull et par Clément; ce qui bientôt détermina chez moi des vomissements de bile verte en aussi grande quantité qu’un vomitif l’eût pu faire. Cependant la fièvre revint à tel point, que j’eus le transport et le délire par intervalles; ma faiblesse était en môme temps si grande, que, dans la matinée même, je n’avais plus la forcede me lever tout seul sur mon séant. Presque aussitôt je me sentis tourmenté de violentes coliques au point de ne pouvoir les supporter sans me plaindre hautement, et, dans l’après-midi, je commençai à rendre des glaires et du sang; cet état violent dura, sans disconti* nuer, depuis vendredi huit heures du matin jusqu’au lendemain huit heures du soir. Alors j’eus une transpiration abondante qui s’entretint pendant plus de deux heures. Lorsqu’elle fut arrêtée et que l’on m’eut changé de tout, je me trouvai . calme : la fièvre avait cessé, de même que les coliques.

» Je dormis la nuit suivante pendant cinq

Page 1