‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 71 sur 84 · MALADIE DE PUYSÉGUR · texte numérisé non relu

MALADIE DE PUYSÉGUR

OU six heures, et le lendemain je pris une médecine qui ne me purgea pas beaucoup. Le surlendemain je ne conservais de ma maladie qu’une extrême faiblesse et un grand tiraillement d’estomac provenant de tous les efforts que j’avais faits pour vomir pendant près de dix heures. Pendant plus de huit jours , je ressentis des douleurs d’estomac, et en tout j’ai bien été une huitaine è reprendre totalement mes forces j mais le régime que j’ai suivi et les ménagements que j’ai observés m’ont remis entièrement au bout de ce temps. Depuis, je puis assurer m’être beaucoup mieux porté qu’avant ma maladie.

» Après avoir donné le détail de ma maladie, je crois devoir parler de mes médecins. Si l’on se représente la situation critique où je me trouvais le matin du 27, on pourra se faire une idée de l’inquiétude et de l’effroi que devait éprouver madame de Puységur. Sans la conviction intime où elle était des bons effets du magnétisme animal, on doit sentir combien elle aurait cru risquer de m’abandonner ainsi aux soins de mes gens sans appeler un médecin. Il est bien vrai que, de temps en temps, elle m’entendait répéter que je n’en voulais aucun ; mais elle m’a assuré depuis, que quand même je ne m’en serais

372 MANUEL DE L’ÉTUDUNT MAGNÉTISEUR, pas défendu, son intention était qu’aucun ne m’approchât ; mais pourquoi dire qu’elle ne voulait pas de médecins ? Eh ! n’en avait-elle pas un plus sûr que tous ceux qu’elle aurait fait appeler -, en qui elle avait une conüance aveugle, et qui, par la sûreté de ses lumières, devait bien la tranquilliser ? C’est de Vielet que je veux parler : oui, c’est à un paysan, c’est à Vielet, en crise de somnambulisme que je dois ma guérison. Cet homme approchait lui-mème du terme de ses crises, et, comme on l’a vu par le détail de sa cure, il était redevenu clairvoyant et habile dans la connaissance des maladies : c’est donc en lui que madame de Puységur mit toute sa confiance. Cinq à six fois dans la journée on mettait Vielet en crise ; alors tout en se guérissant lui-même, il pouvait me venir voir et m’ordonner des choses qui m’étaient nécessaires. On m’a rapporté depuis, que, sitôt devenu somnambule, son premier soin était de me considérer de loin à travers mes rideaux ; puis il se levait et arrivait à mon lit ; là , sans me toucher , il étendait ses deux mains et jugeait du degré de force de ma fièvre J il disait l’elTet que le “magnétisme me produisait. Son ordonnance fut, dès la première fois qu’il me vit, de me faire magnétise^' toutes

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