‹ Manuel de l'explorateur, procédés de levers rapides et de détail, détermination astronomique des positions géographiquesChapitre 83 sur 132 · II, —— MESURE DE LA BASE · texte numérisé non relu

II, —— MESURE DE LA BASE

110. Les instruments employés pour la mesure de [a base sont : la chaîne d'arpenteur de 10 mètres ou encore le ruban d'acier. L'un et l’autre sont accompaonés de onze fiches, dont dix dites : sémples, et la dernière : fiche à plomb, qui sert au chaïnage en terrain incliné,

La chaîne est composée de chaînons de 20°" de lon-

Fig. 09 , A Fiche Chaine Fiche à plomb

oueur, reliés par des anneaux (fi. 65). Les anneaux

qui marquent les mètres sont en cuivre, les autres en

fer et celui du milieu est un peu plus grand que les autres. Les extrémités sont pourvues de poignées dont les dimensions sont comprises dans la longueur totale : elles portent deux rainures en croix dans lesquelles on peut engager la fiche.

Le ruban (fig. 66) est formé d'une lame d'acier très mince de 15 à 16m de largeur, divisée en mètres et

décimèêtres et munie à ses extrémités de deux poignées

analogues à celles de la chaîne. On l’emploie avec avantage en terrain incliné parce que, étant plus léger, il est plus facile à tendre; puis il est moins susceptible d'allongement.

Nous supposerons qu'avant le départ on ait étalonné la chaîne ou le ruban, c’est-à-dire vérifié leur longueur exacte de 10" ou déterminé la quantité qu'il faut ajouter ou retrancher pour obtenir ro" lorsque l’on porte une

longueur entière sur le terrain.

141. Supposons que l’on se serve de la chaine. Les procédés sont les mêmes avec le ruban.

Pour faire un chaînage entre deux points À et B, marqués par des jalons, il faut deux optrateurs.

ET

10 CHAPITRE IIT.

On commence par faire planter un certain nombre de jalons intermédiaires, distants de do" environ, qui définiront d’une manière précise la direction \B et euideront le chaînage,

Pour cela, l'opérateur se place à quelque distance en arrière du premier jalon À, son aide part de ce point, se dirige vers B et, arrivé à la distance voulue, s'arrête, soulève un jalon entre deux doigts de la main droite et regarde l'opérateur. Celui-ci fait avec ses bras les signes de à droite, à gauche, que l'aide exécute en diminuant

à chaque fois ! amplitude des mouvements. Lorsque les trois jalons paraissent dans la même direction, l’opérateur lève ensemble les deux bras et les laisse retomber ; l'aide ouvre la main qui tient le jalon et celui-ci, abandonné à lui-même, se fiche en terre en un point situé sur la direction AB; il reste à le fixer solidement et à le rendre le plus vertical possible, ce qui se fera soit à l'œil, soit à l’aide de fil à plomb. On continue de la même manière jusqu'à une distance approximative de 5o® du point B.

Cela fait, l'opérateur prend en main l’une des extrémités de la chaîne et la place bien exactement au point À, l’aide saisit l’autre extrémité, part en avant dans la direction du premier jalon en emportant les dix fiches et la fiche à plomb et, pendant le trajet, assujettit l'une d’elles dans la rainure de la poignée. Lorsque la chaîne est tendue, l’aide se tourne du côté de l'opérateur en s’accroupissant, obéit aux mouvements de droite et de gauche qui lui sont ordonnés, el lorsqu'il est bien, enfonce la fiche en ayant soin de la placer aussi verticalement que possible.

Les deux chaîneurs se relèvent ensuite; matchent

LÉVERS DE DETAILS. 199

ensemble dans la direction tracée et s'arrêtent quand celui qui est en arrière arrive à hauteur de la première fiche. Ce dernier embrasse la fiche posée avec la poignée qu'il a dans la main, en ayant soin de l’assujettir dans la rainure sans la faire bouger. Il fait placer la seconde fiche dans la direction, puis se relève en emportant la fiche.

Lorsque l’aide n’aura plus de fiche en main, sauf la fiche à plomb, il continuera dans la direction, tendra la chaîne et reviendra vers l'opérateur, qui lui remettra toutes les dix fiches. On aura ainsi chaîné 100" et il faudra marquer sur un carnet ou se rappeler le nombre de fois que l’on fait ainsi cet échange.

Lorsque l’aide arrivera au point B, il abandonnera sa poignée et, tendant la chaîne, lira l’appoint en estimant à vue les centimètres,

La longueur totale AB se composera ainsi d'autant de fois 100 qu’il y aura eu échange de fiches, d'autant de fois 10% que l’opérateur a de fiches en main, plus celle qui est à ses pieds et enfin de l’appoint.

Sous son apparente simplicité, cette manière de faire est sujette à des erreurs fréquentes, principalement dans les nombres de centaines et de dizaines de mètres, On ne saurait donc apporter trop d'attention au chaînage et le vérifier par au moins un retour en sens inversé, La longueur de la base que l’on adoptera alors sera Îa moyenne des deux résultais quand on se sera bien assuré qu'il n'y a pas oubli d’un nombre entier de lon-

gœueurs de chaines.

142, Lorsque [a lonoueur à mesurer se présente en

terrain incliné (/ig. 67), on procède par ressauts ho-

rizontaux de 10%, de 5" et même moins, si cela est nécessaire.

Lorsque l'on opère en descendant, l'opérateur ayant placé sa poignée contre la fiche précédente, l’aide élève la chaîne jusqu’à ce qu'elle lui paraisse horizontale et, retournant alors sa poignée de manière que les branches en soient horizontales, il engage la fiche à plomb dans la rainure transversale et la laisse tomber verticalement sur le sol. I] la remplace ensuite par une fiche ordinaire.

Lorsqu'on opère en montant, l'opérateur est muni d’un jalon qu'il dresse verticalement au-dessus de la fiche posée et il élève la chaîne le long du jalon jusqu'à ce qu'elle lui paraisse horizontale. Quant à l’aide, il place sa poignée en contact avec le sol.

Quand on chaîne en terrain uni, horizontal ou peu incliné, on obtient, en usant de toutes les précautions voulues, la longueur de 100" avec une erreur qui ne dépasse pas 10°, ce qui correspond à une approximauon du! En terrain incliné, on ne peut plus compter

000" que sur une approximation moitié moindre.

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