‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 14 sur 74 · La formation de la Pléiade · texte numérisé non relu

La formation de la Pléiade

l°LEa Sources, — Claude Binct : La vie de Pierre de Ronsard; — EstieDDs Paaquier ; Recherches de la France, livre VII; — Bayle, dans son Dictionnaire, articles Dadbat et RansAsD ; — Moréri : Dictionnaire, éditioD de 1750, article Dobat; — Goujet : Bibliothèque française, t. XII et XIII ; et Histoire du Collège de France, t. I. — Sainte-Beuve : Tableau de la poésie française au XVl" siècle, 1828; et Joachim du Bellay, dans les Nouveaux Lundis, t. XIII; — A. Jeandel, Pontus de Tyard. Paris, 1860; — Plbu, Joaehim du Bellay et son rôle dans la réforme de Ronsard, Berlin, 1874; — Marly-Laveaux : ses Notices dans la coUectioD de la Pléiade française. Paris, 1867-1896.

2° La Poétique ds la Pléiade. — La première rcDcoalre de KoDsard et de du BclUy; — )u maiaoa de Lazare de Baif; — le

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développer en nous que ce que la nature y a mis, et ce qu'elle y a mis, la nature en a eu ses raisons. Ce n'est donc pas nous, à vrai dire, c'est elle que nous suivons quand nous développons en noua notre originalité, de même qu'inversement, ou réciproquement, obéir à la nature c'est assurer le développement de notre personnalité ; et telle est bien la « philosophie » du roman de Rabelais, ou, si l'on se refusiiit à voir tant de profondeur et de mystère dans l'énormité de son éclat de rire, telle est au moins la signilication de son Pantagruel. Il prêche la morale facile de l'abbaye de Thélëme, et c en sa règle n'est que cette clause : Fais ce que voudras ». Seulement, cette morale, quand on l'examine, va plus loin qu'on ne croirait d'abord ; elle a plus de portée, sinon plus de profondeur; et la règle des Tbélémites se trouve être finalement la contracollège de Coqaeret. — FormatioD de la Pléiade. — Origine dn nom : la Pléiade astronomique; la Pléiade mythologique; la Pléiade aleiandrine; la Pléiade française; — et de faire atteotiou qu'en rraa;ais comme en grec il faut qu'une ■ Pléiade ■ contienne plus de six et moins de huit noms. — Erreur générale du romantisme sur l'objet et l'ceuTre de la Pléiade. — Publication de la Défense et Illustration de la langue française, 1550.

Quelques mots sur les Arts Poétiques de Pierre Fabri, 1531; [L'Art de Pleine Bkétoriqae] de Graeien du Pont. 1539 ; et de Thomaa Sibikl, 1548. — Que, pour comprendre la Défense, il faut la rapporter à l'inlcntioa de réagir contre l'école de Marot; — et que l'on voit alors que ce que les auteurs en ont ïonlu, c'a été : 1° Le Renouvellement des thèmes d'inspiration; — et en effet, depuis deux cents ans, même dans Marot, la poésie D'ëlait que de la a chronique rimée a; — tandis qu'il s'agit maintenant de chanter le passé, la nature, la gloire et l'amour. — Mais pour y réussir, il faut avant tout se débarrasser de la contrainte qu'exerce sur la liberté du poète la tyrannie des genres i forme Gxe ; et de là : — - 2° le Renouvellement des genres ; — qui seront ceux de l'antiquité : poème épique, ode, satire, comédie, tragédie, etc. — Ou fait toutefois grâce au sonnet en faveur de Pétrarque. — Et pour enfin remplir ces formes d'un contenu qui soit digne de leur beauté,

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L HISTOIRE DE LA LlTTEIlATUnE FBANÇAISË

diction ou la négatioD même de tout ce qu'enseiguaicnt depuis plusde mille ans alors et les mœurs, et l'école, et l'Église.

Nous en avons la preuve dans le commentaire, ou plutôt dans la justiGcatiun que Rabelais a donnée de son Laissez faire, et qui est « que gens libères, bien nés, bien instruits, conversant en compagnies honnêtes, ont par nature un instinct et aiguillon qui toujours les pousse à faits vertueux et retire de vice ». Autant vaut dire que Nature est d'elle-même institutrice de vertu, et c'est à cet égard que Pantagruel peut être à bon droit appelé « la Bible » de la Renaissance. Le naturalisme y coule à pleins bords, et cette conviction le remplit que tous les maux de l'humanité ne viennent que de ne pas suivre d'assez près, et assez fidèlement, la nature. Rappelons-nous plutôt

il faul : 3° Réformer la Langue : — en en raiaant une ceuïre d'art.

— Théories philoIogiqueB de la Défense. — CombieD elles diffèrent de celles des n Grécaniseurs » et « Latiniseurs » dont s'était moque Babelais dans son Pantagruel. — lasigniltance des innovatioas métriques de la Pléiade. — Lea innovations rythmiques seroot l'ceuTre personnelle du géuie de Rousard.

Émoi suscité par la Défense et Illustration ; — Réplique de Quiutil Horatian. — Hostilité de Mellin de Sainl-Gelaia. — Contreréplique de du Bellay. — Publication de VOlive et des Odes, 1550;

— Les protecteurs de Ronsard et de du Bellay : — Triomphe de la Pléiade. — Elle a pour elle les hellénistes, les poètes, et le roi, quand Charles IX monte sur le trône. — Elle avait eu déjà Marie Stuart et Catherine de Médicis.

30 Lbs Œuvres. — La Défense et Illustration de la Langue française; — Du Bellay, le Poète Courtisan; — Poutus de Tyard, Solitaire premier. Solitaire second; — Ronsard. Abrégé de l'Art poétique, à M. A. d'Elbène, 1565; — Préface de in fVanciWe, 1572.

II. — Joachim du BeUay [Lire, 1525; f 1560, Paris]. i" Les Sources. — Ma rty- Lave aux, Œuvres de du Bellay, dans la collection d« la Pléiade française; — Sainte-Beuve, loc. cit. ; —

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la mémorable aUégOTie de Physis et d'Antiphysie. «Physîs, c'est Nature, engendra en sa première portée Beauté et Harmonie. . . . Antiphysîe, laquelle est de tout temps adverse de Nature, incontinent eut envie sur cestuy tant brave et honorable enfantement, et au rebours enfanta Amodunt et Discordance.. Et depuis elle engendra les Matagots, Cagots et Papelards... et autres Monstres dirTormes et contrefaits eo dépit de Nature. » [Pantagruel, livre III, ch. 32.] Et de fait, c'est au nom de Physis que Rabelais attaque ce qui demeure encore debout des institutions du Moyen-âge. C'est au nom de PhyaU qu'il trace le programme de l'éducation encyclopédique de son Gargantua.. C'est au nom de PA^«3 qu'il demande la réformation ou la suppression de tout ce qui s'oppose à la liberté de son développement. Et, il ne le dit point, n'étant pas le prophète

3. M. de Keredi», F. Brunetîère : Discours prononcés à l'inauguratioQ de U statue de J. du Bellay  Ancenis, 1894.

2° Le Poète. — Un cadet de graode famille au xti° siècle. — La jeunesse de da Bellay; . — sa grande maladie et ses études; — sa liaison avec Ronsard. . — II entre an service de son parent le Cardinal. — Son séjour A Rome. — Liaison avec g Fanstine » ;

— Ennuis et dégoûta. . — Retour en France. . — Publication des tlegrels. — Il se brouille avec le Cardinal.

Les premiers vers de du Bellay; -^ L'OUve et le Recueil à Mme Marguerite ; — et que de très bcaui vers n'empêchent pas du Bellay d'y demeurer tràs au-dessous de ses premières ambitions. — Il s'en aperçoit lui-même ; et peut-être est-ce l'origine de sa mélancolie. . — Sa pièce contre les Pétrarquistes . — Il trouve dans les ennuis mêmes de son existence auprès du cardinal du Bellay la matière de son chef-d'ceuvre, — Originalité du recueil des Regrets

— Les Antiquités de Rome, et la poésie des ruines.

Que du Bellay a créé en France la « poésie intime u et la satire;

— Comparaison de ses élégies avec celles de Marol. — Il a la grâce, la délicatesse et la mélancolie. — Il a aussi l'ironie légère.

— Ses poésies lalines [Cf. E. Faguet, XVl" siècle], el pourquoi la flamme n'en a-t-elle point passé dans ses vers français?

3» Lbs Œuvbeb. — Les <Muvres de J. du Bellay se composent : —

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OU l'apôtre que l'on se représente, s'il n'est pas non plus le bouQon ou ie Silène ivre, et n'ayant, de sa personne, qu'un trait de commun avec son Panurge, qui est de craindre naturellement les coups! Mais il fait mieux que de le dire, s'il le suggère comme saBs avoir l'air d'y penser, el qu'il mette à le prouver moins d'esprit de système que d'involontaire ardeur et d'enthousiasme presque inconscient. Rien de la nature ne lui répugne; et il en aime toutes les manifestations, sans en excepter les plus grossières ou les plus humiliantes, qui ne semhlent éveiller en lui que l'idée de leur cause. Ne sont-elles pas ce qu'elles doivent être? et saurions-nous mieux faire que de nous y conformer? Z^v ô[iLoXoYou[JLlv(i>ç T^ cpûffEi, disaient les stoïciens, dont la formule résumait le plus haut enseignement de la sagesse païenne. Rahelats le répète après eux; il le

1° d'un recueil de sonnets «moureui, V Olive, suÏTi, dans sa première ëditioD, du Recueil à M'" Marguerite; — 2" d'un autre recueil de sonnets, les Regrets; — 3" d'un troisième recueil, les Antiquités de Rome, avec les Jeux Rustiques; — et enfin 4" d'une traduction en vers des livres IV et VI de l'Enéide.

Les principales éditions anciennes sout celles de Paris, 1561, Longelier; — Paris, 1569, Frédéric Morel; — el Rouen, 1597, chez F. Maillard. La meilleure est l'édition déjà citée de M. Marly- Laveaux.daas la Pléiade française, 1866^1867, Â. Lemerre.

m. Pierre de BODSard [La Poi9Sonnière,1524; -]-lS85, Tours].

i" Les Sources. — Ajoutez aux prêcédeuts : — Gandar, Ronsard imitateur d Homère et de Pindare, Metz, 1854 ; — A. de Rochambeau, La famille de Ronsard. Paris, 1869; — G. Chalandoo, Essai sur Ronsard, Paris, 1875; — Émiie Faguet, XVI' siècle. Paris, 1894; — Mellerio, Lexique de la langue de Ronsard, Paria, 1895; — et Pieri, Pétrarque et Ronsard, Marseille, 1895.

2" Le Poète.

A. Les Amours. — De la sincérité des Amours de Ronsard ; — el, à ce propos, de la poésie amoureuse au xvi* siècle. — Elle lient plutût du caractère artificiel de la * poésie courtoise a, dans e littérature, que du caractère passionné de la poésie

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répète après les Italiens; et je ne veux pas dire par là qu'il l'ait lui-même appris des Italiens ni des stoïciens. Je pourrais le dire, — puisque l'allégorie de Physis et A'Anliphysie ne lui appartient pas, et qu'assurément, aussi bien que personne en son temps, il a connu ses anciens. Mais, ce qui me paraît bien plus signiGcatir, il n'est, dans cette adoration des énergies de la nature, que l'interprète inspiré des idées communes de son siècle; et par là son Pantagruel a vraiment ce que l'on peut appeler, ce qu'il faut même qu'on appelle une portée « européenne ». Dans un monde encore chrétien, une culture païenne a fait de lui, comme des Italiens de la Renaissance, un pur païen; et d'autres l'ont donc été avant lui, ou en même temps que lui, mais personne avec plus d'ampleur, de verve, — et de lyrisme même.

lyrique moderne. — Toutefois, si cette obserTation est vraie du recueil des Sonnets à Cassandre, elle l'est déjà moiDs du recueil des Sonnets à Marie; — et Marie semble avoir réellement existé. — La langue des sonnets de Ronsard; et qu'elle en fait peut-être le principal mérite. — Ce mérite est d'autant plus grand que Ronsard y exprime souvent des sentiments très subtils. — Une autre qualité des Sonnets est de pnratlre fondus d'un seul jet. — Nous sarouB cependant que Ronsard les a prodigieusement corrigés et refaits. — Les corrections ont-elles été toujours heureuses? — Quoi qu'il en soit, aucun vers n'a l'air d'y ftre « rapporté i. [Cf. Sonnet» 1, 20, 46, 62. 66, 94, 114, 133, 206 de l'édition de 1584]; — La volupté dans les Sonnets de Ronsard ; — comment l'ardeur en est toujours tempérée de mélancolie; — et, à ce propos, du paganisme et de l'épicurisme de Ronsard,

B. Les Odes, les Hymnes el les Poèmes. — Que ce sont les Odes et les Hymnes qui Ont fondé de son vivant la réputation de Ronsard. — Les contemporains s'y SOnt-ils mépris?— Et qu'y ont-ils admiré? — ^^La diversité des tons : — s'il y en a de a pindariques s el il y en a d' a hor.ilicnues » ; il y en a de n bachiques o et il y en a d' « héroïques*; il y en a de s gauloises o et il y en a d' n élégiaques i. — Ils y ont encore justement admiré ; 2° La variété des rylkmeêi — et, k ce propos, de Ronsard coq

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Il y a d'ailleurs aulre chose, dans ce roman Tameux, et, par exemple, sous l'humaniste et sous l'érudit, on n'a pas de peine à retrouver le Gaulois, Gaulois de race et de tempér.imeot, le cootinuateur ou l'héritier de Villon , du Roman de là Rose, des conteurs de nos vieux fahliaux. Nul n'a jamais rompu ni d'un coup, ni tout seul, avec une tradition plusieurs fois séculaire! Et il y a donc du moine, ou du cordelier, pour mieux dire, dans l'indélicatesse de sa plaisanterie, dans la grossièreté de son langage, dans la liberté de ses manières. Il y a peut-être aussi du médecin I Mais, quelque diversité de traits que l'on rencontre en lui, qui lui font une physionomie si complexe, et dont la complexité même n'est que plus expressive de la confusion des idées de l'époque, un de ces traits domine, résume et se suhordonne tous les autres, qui est celui que nous essayons

rylhmcs; — il a créé presque toua ceux dont noa poètea ont use depuis lui et il en a créé qui sont encore inutilisés. — 3<> L'ampleur du souffle; — comparaison de l'Ode au chancelier de l'Hôpital et des Mages de Victor Hugo; — comment un élément descriptirou g objectif u s'y glisse; — et Tait insensiblement évoluer le lyrisme

L'inspiration épique dans les Hymnes de Ronsard ; — et qu'à force de vivre dans la familiarité des anciens il est lui-même devenu l'un d'eux; — [Cf. Caîaya et Zétès ou Castor et Pollux]; — Il se meut dans la mythologie comme dans son élément naturel; — et il y trouve la puissance de créer à son tour ses mythes ; — [Cf. Vhymne de l'Or ou Vli-jinne de l'Équité des vieux Gaulois]; — Mais la pureté de aon desHin n'y égale paa toujours la vigueur de ton coloris. — Importance croissante de la description dans les Hymnes; — et de la rhétorique; — [Cf, l'hymne de la Mort on le Temple de Messeigneurs le Connétable et des Ckalitlons], — Du genre épique le poète évolue vers U prose oratoire.

Il n'y tombe pas encore tout à fait dans les Poèmes; — et c'est qu'il loi faut auparavant passer par l'aleiandrinisme, — [Cf. la Fourmi, VAloaette, le Houx, le Frelon, la Grenouille], — Définition de l'aleiBDilriDLsme ; — ses trois traits caractéristiques : — 1 ° L'indifférence au contenu, d'où téaalle : — 2" La préférence donnée aujt

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précisément de mettre en évidence. Rabelais est le premier chez nous — et le plus grand peut-être, — il est aussi le plus sincère de ceux qui ont cm qne Nature était bonne; que le grand ennemi de l'homme se nommait des noms d'usage, de coutume, dérègle, d'autorité, de contrainte ; que par tous les moyens, raillerie, violence et injure, c'était cet unique adversaire qu'il fallait attaquer, combattre et détruire ; et qu'enfin le chef-d'œuvre de l'éducation étail de libérer l'instinct.

Cependant, et tandis qu'il étalait ainsi publiquement, cyniquement, sa religion de la nature, un autre sentiment, qui lui manque, naîssaitet se développait chez quelques-uns de ses contemporains : c'eatcesentimenlde l'Art, que nous avons vu faire cruellement défaut au Moyenâge, et dont la réapparition dans le monde est si carac-

petits sujets; d'où résulte à sou tour : — Z' La disproportion du développement avec l'intérêt, et des mots avec les choses. — Od do peut s'empêcher de noter ces trois caractère» dans le* Poèmes de Ronsard. — Aussi seraient-ils juBtement la partie la pins oubliée de son œuTre, s'ils ne coutenaienl des renseignements précieux pour l'histoire de sa vie [Cf. l'Élégie

Puisque Dian ne m'a fait pour supporlar les arme*]; —

et pour l'hialoîre littéraire du temps [Cf. l« Voyage d'Arcueit ou les Iles Fortunées]; — et puis, s'il n'avait fait la Franciade.

C. Les autres Œuvres. — Que la Franciade n'est paa pour cela méprisable. — Mais le cœur de Ronsard n'y était paa. — Des conditions de l'épopée; — et que le sujet de la Franciade n'en réaliisit aucune. — Mais, à mesure que l'inspiration poétique se relire de Ronsard, le prosateur ou l'orateur se développent en lui; — [Cf. les Discours des Misères de ce temps]; — et, i ce propos, de la parenté du genre lyrique et du genre oratoire. — Des Discours de Ronsard comme témoins de cette parenté. — L'inspiratïon religieuse et patriotique dans les Discours. — Si du Bellay a eu le pressentiment de la satire, ce sont les Discours de Ronsard qui l'ont constituée comme genre dans notre littérature. — Le der< nier amour de Ronsard et les Sonnets pour Hélène.

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téristique de l'esprit de la Renaissance. Qui ne connaît l'expression que Raphaël en a donnée dans une lettre célèbre à Baldassare Castiglione : Essendo carestia di belle donne, io mi servo di certa idea cke mi viene nella menle? Je me rappelle encore un mot de Cicéron : Nihil in simplici génère ex omni parte perfectum natura expolivU. Ils veulent dire tous les deux que, dans la nature, notre imagination ne trouve jamais de satisfaction entière; que rien de naturel, en aucun genre, n'épuise l'idée que nous nous formons de sa perfection; et qu'ainsi nous y pouvons toujours ajouter quelque chose de notre fonds. C'est celte doctrine, inspiratrice des grandes œuvres de l'antiquité, qu'après l'avoir tirée de la méditation des modèles, et s'être efforcés de la réaliser à leur tour, les Italiens de la Renaissance ont répandue dans le monde;

3° Les Œvvbeb. — Comme nous venons de parcourir les principales Œuvres de Ronsard, il sufGra d'en indiquer ici les principales édilioDS, qui sont :

L'édition 15G0, 4 vol. in.l6; — l'édition de 1567, 6 vol. in-8°; — l'édition de 1584, 1 toI. in-l^, la dernière que Ronsard ait revue et corrigée; — l'édition de 1623, 2 vol. in-f>; toutes les quatre don- Dées par les éditeurs G. et R. Buon;

El parmi les éditions modernes : — l'édition Blancbemain, S vol. in-18, Paris, 1857-1867, Frank; — et l'édition MartyLaveaux, 5 vol. in-8°, dans la collection de la Pléiade française.

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