V. — L'École Lyonnaise
1* Les SovBCEs. — La Croix du Maine, Bibliothèque française, ■rticlee Louisa Lint, Midbicb Scivs. Pernitti du Guillbt; — Goujet : Bibliothèque française, t. XI et t. XII i — Niceron : nommes illustres, t. XXIII ; — Paradin : Mémoires de l'histoire de lyon; — Edouard Bourciez : Les maurs et la société polie à la cour d'Henri II, Paris, 1886; — Charles Boy : Recherches sur la vie et les œuvres de Louise Labé, au t. II des Œuvres de Louise Labé, Paris, 1687.
2* Les Poétib. — Une page de Mïchelet sur le tempérament lyonnais [Hist. de France, t. II. Cf. Emile Montégut : En Bourbonnais et en Pores\. — L'émigration italienne à Lyon; — les grands Imprimeurs; — la ville de transit. — Maurice Scève et ses sœurs on cousines, Claudine et Sybille ; — Pernette du Guillet ; — et Louise Labé. — Témoignages de Billion et de Pasquier : <i Suivant BOlre propos et en commençant à la ville de Lyon... il est notoire
:.bv Cookie
b: manuel db l histoire de la iittérature française toutes les grandes fortunes on trouvait communément « des choses qui font frémir »? Tel est précisément le cas de la critique; et nous essaierions en vain de nous dissimuler qu'elle n'a d'abord été qu'une forme de l'envie littéraire ! Mais, en attendant, et à la faveur de cette rivalité même, les physionomies individuelles des hommes commencent à se dessiner dans leurs œuvres.
C'est ce qui a fait hésiter quelques historiens de la littérature sur la place qu'il convient d'assigner à Villon, par exemple, ou à Communes. Sont-ils la fin ou le commencement de quelque chose, les derniers de nos écrivains du Moyen-âge, ou les premiers de nos modernes? Ce qu'il y a du moins de certain, c'est qu'ils sont déjà quelqu'un. A plus forte raison, maître Clément Marot, dont on peut dire avec vérité que les poésies ne sont remplies
qu'elle se sent fière d'avoir produit... uoe singulière Marguerite du Bourg... et deux très vertoeusea sœurs, appelées Claudine et Jane Scëve,... et CUnde Perroone... et Jeanne Gaillarde... et Pernette du Guillet a [Le Fort Inexpugnable de l'honneur féminin, Paris, 1555, lao d'Allyer. Cf. Pasquier : Recherches de la France, 1. VII]. — La Délie de Maurice Scève, 1544; et les Rimes de Peruette du Guillet, 1552. — Les Œufres de Louise Labé, 1555.
Caractères commuus de ces œuvres; — [Cf. Délie, dizains 331, 416, 418, 274, 168, 169, 273; et Louise Labé : Œuvres, élégie I et sonnets 8, 9, 14, 24.] — Les allusions savantes et l'obscurité calculée; — et, i ce propos, du symbolisme de l'école lyonnaise; — l'ialeasité du sentiment; ~ la conception de l'amour douloureux et tragique. — Mysticisme et sensualité. — Influence croissante de l'italianisme ; — souci nouveau de la forme ; — et nouvelle conception de la poésie.
Des rapports de l'école lyonuaise avec la Pléiade. — Témoignage d'Estienne Pasqnier : < Le premier, dit-il, qui franchit le pas fut Maurice Scève, Lyonnais u ; — et de du Bellay \L'Olive, sonnet 59]. — Ils lui savent gré de
S'être retiré Loin du chemin tracé par l'ignorance,
que de lu!-méme; et aussi bieo le titre de son premier tecueil: C Adolescence Clémentine, dous le déclare-t-îl assez ouvertement. II s'y racoote; il s'y expose; il s'y donne à nous en spectacle. De même encore, dans VHeptaméron, — qui est bien d'ailleurs l'une des lectures les moins divertissantes que l'on sache, — c'est son expérience personnelle de la vie, et des hommes, ce sont même quelquefois ses propres aventures que Marguerite met en anecdotes. Ajouterai-je ici le nom de cet Etienne Dolet, que Ton appelle avec emphase « le martyr de la Renaissance », et qui ne le fut, à vrai dire, que de l'orgueilleuse violence de son caractère ou du débordement excessif de sa personnalité? On y en joindrait aisément dix autres. Et comme c'était la première fois que l'écrivain apparaissait distinctement dans son œuvre, c'est pour cela que l'on a
— et d'avoir aiosi rompu avec la poéaie de cour, de circoDstance, et d'occasion. — C'est à l'imitation de Scève que la Pléiade va composerses Erreurs amoureuses, ses Olive, ses Sonnets à Cassandre, ses Amours de Francine. — Maurice Scève et Ponlus de Tyard, — BelatioDB perBOanclles de Louise Labé avec Pontus, et avec Olivier de Magny, — Commentaire d'un mot de Cicéron : NihH est simul et inventum et perfectum.
Z" Les Œuvres. — Les oenvres de Maurice Scève se composeut, pour ne rien dire de quelques opuscules, de Délie, objet de plus haute vertu, Lyon, 1544; — et du Microcosme, poème descriptif en trois chants, Lyon, 1560.
Les Œuvres de Louise Labé comprennent : — 1° un dialogue en prose, le Débat de Folie et d'Amour; — 2" trois Élégies; — et 3" vingt-quatre Sonnets, dont un en italien. Elles ont para pour la première fois en 15S5.
11 y a aussi des vers italiens dans les Rjmes de Pernette du Guillei.
La Délie de Scève, et les Rjmes de Pernette du Guillei, devenues de nos jours extrêmement rares, ont été réimprimées â Lyon, chez Scheuring, 1862 et 1864.
La dernière édiliou des Œuvres de Louise Labé est celle de M. Cbarles Boy. Paris, 1887. A. Lemerre.
ik MANUEL DB L HISTOIRE DR LA LITTÉnATUBE FRANÇAISE
parlé, que l'on parle encore couramment, de la richesse, de l'abondance, de l'originaltté de la littérature française du temps de la Renaissance. Mais le fait est qu'elle est assez pauvre d'œuvres, plus pauvre d'idées, non moins pauvre d'hommes; et pendant de longues années son originalité ne consistera guère que dans la liberté, toute nouvelle alors, avec laquelle chacun va s'y montrer tel qu'il est.
Il est vrai que, de l'exercice de cette liberté même, et de ce fond d'individualisme, une autre idée se dégage, que l'on peut appeler l'idée maîtresse de la Renaissance, et une idée dont les étrangers eux-mêmes conviennent que François Rabelais a été la vivante incarnation : c'est l'idée de la bonté ou de la divinité de la Nature- On en voit sans peine la liaison avec la précédente. Nous ne pouvons
Deoxième Epoque
' A l'École de l'Antiquité
«EEe-lESK