V. ~ Jean- Louis Guez de Balzao [Angouléme, 1597; -j
AngoulèmeJ.
1° Lbs Sources. — Ogier, Apologie pour M . de BaUae, 1627; — Goala, Lettres de Phyllarque à ArUU, 1628; — Balzac lui-même « pro domo suà a dans ses Entretiens ; Relation à Ménandre (Mayiiard) et les Passages défendus; — Caaaagne, Préface sur les œuvres de M. de Bahae, en tète de la grande édition de 1665; — Niceron, daos ses Hommes illustres, t. XXIII; — Bayle, dans son Dictionnaire; — d'Olivet, dans sod Histoire de l'Académie.
Rœderer, Mémoire pour servir à l'histoire de la Société polie ;
— Suiote-Beuve, dans son Port-Royal, appendice an tome II, sur Balzac le Grand Épistolier; — F. Lotheisen, Gesckickle des franzôsischen Literatur, t. I, p. 165-201, Wîen, 1877.
2" L'iKFLVEnCK DE Balzac. — Du privilège de poésie, et qu'il eipliqae seul que la riïputation de Malherbe ait survécu A celle de Balzac. — Admiration des contemporains : témoignages de Descartes [édition V. Cousin, t. VI, p. 189]; — de Bossuet [Sur le style et la lecture des écrivain! pour former un orateur, dans Floquel, Éludes, t. II] ; — de Boileau [Réflexions sur Longin, VIIj. — L'influence de Balzac, presque contemporaine de celle de Malherbe, a été bleu plus considérable; — el en un certain sens plus heu-
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, DB l'histoibb ob la littérature française elles ont été les introductrices, c'est de bien voir les raisons qui ont inspiré le choix de ces locutions et de ces mots eux-mêmes. Nous venons de l'indiquer. 11 y a des actes qui sont ignobles, comme d'aller à la garde-robe, et généralement tous les actes qui sont la trace en nous de notre origine animale : les mots qui servent à les nommer participent de leur ignominie ou de leur bassesse, si l'on ne doit dire qu'ils l'exagèrent, du fait de l'intention dégradante qu'on y joint quand on les emploie. D'autres actes sont IndifTérents, comme de marcher, par exemple, ou de s'asseoir, et les termes qui les traduisent n'ont donc aussi rien que d'indifférent. Mais il y a des
rease, comme D'ayant riea dû détruire pour trouver à s'exercer.
— Qu'elle a d'ailleurs agi dans le même secs; — et qu'ils ont bien pu médire l'un de l'autre; — mais ils out eu mêmes disciples et même admirateurs.
Des principales qualités que les contemporains ont admirées dans Bakac. — i° La pureté de l'étocation; — délinitioD de ce mot et qu'il implique le choii, la propriété et l'agrément des termes. — 2* L'harmonie de la phrase et de la période [Cf. la Préface de Cassagne et le Discours de Godeau sur Malherbe]. — 3° La hardiesse, la justesse et l'abondance des figures. — Si Balzac h cet égard imite les Espagnols; ^ et, à ce propos, de l'influence d'Antonio Pereï [Cf. Philarète Chasles, Études sur le ïvi" siècle, et de Puibusque, Histoire comparée des Litt. française et espagnole], — Une observation de Caaaagne : n M. de Balzac, dit-il, cb oi s it toujours bien ses métaphores, et il ne mangue pas de les suivre après les avoir choisies. ■ — Qu'il faut ajouter i ces qualités, naturelles on acquises, un perpétuel souci d'en faire montre [Cf. la lettre â Coatar sur la grande éloquence].
Que toutefois le grand défaut qui gâte ses qualités ne procède pas tant chez Balzac de leur exagération que du manque d'idéet. — Juste remarque de Boileau, — qu'en composant surtout des Lettres, Balzac s'est mépris sur la convenance du genre épistolaire et de la nature de son talent, — C'est ce qu'on voit bien quand on compare ses Traités on ses Dissertations avec ses Lettres proprement dites.
— Qu'il manque d'ailleurs dans ces Traités eux-mêmes d'une i expérience des choses dont il parle; — sa politique
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actes nobles, comme de se dévouer, ou, sans aller jusquelà, comme tous les actes qui sont une victoire de l'esprit sur la chair, de la volonté sur l'instinct, de la civilisation sur la nature; et de ces actes la noblesse s'en communique non seulement aux mots, mais jusqu'aux syllabes qui les expriment. Il y a donc un juge même de l'usage, quoi qu'on ait pu en dire. Nous nous déclarons dans nos manières, que l'on connaît à nos paroles encore bien plus qu'à nos gestes; une race ou un peuple se révèlent dans le caractère de la langue qu'ils parlent; et une époque, enfin, se peint dans le choix de ses mots et dans le tour de ses phrases.
tonte > livreique *; — et sa philoeopbie l'est formée tout entière dans le cabioet. — Que d'ailleurs oi Pascal [Cf. le Prince, p. 27 de l'éditioD de 1665]; — ni Boseuel [Cf. Socrate chrétien, p. 239, 240] ne semblent l'avoir la saos profit. — Mais Corneille surtout l'a médité [Cf. les quatre Diasertationa politiques, à M"* de Rambouillet, sur les Romain* et sur la gloire^.
On peut donc dire qu'avec tons ses défauts c'est un peu plus que sa o rhétorique ■, selon l'expression de Sainte-Beuve, qu'il a ait faire à l'esprit français. — Balzac a su où étaient les aourcca, et, comme disaient lea anciens, les a lieux » de la grande éloquence; — il a fait preuve en plus d'une occasion d'un sens critique assez juste et assez exercé [Cf. ses jugements sur Ronsard et sur Montaigne]; — et il a enfin tendu constamment à l'élévation. -^ Que tontes ces raisons font de son personnage un personnage considérable de noire histoire littéraire, — On l'a beaucoup suivi, beaucoup imité; — n'est en lui que s'est achevée la transformation du lyrisme en éloquence; — et sa plus grande errenr, qui est celle de toute son époque, n'a été que de croire qae l'objet de l'art était d'orner la nature, pour la faire plus belle. — Il faut connaître tes moyens qu'il y en a, pour en user le moins possible; — et les proportionner aux aujets et aux conjonctures.
3' Les Œuvrbs. — Lea Œuvres de Balzac se composent ; 1° de 27 livres de Lettres dont les premières ont paru en 1624 et les dernières après sa mort. Six livres de ces Lettres sont adressés à Chapelain, et quatre k Courart. Elles offrent tontes ou presque tontes le plus grand intérêt pour l'histoire littéraire dn temps. — •
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13ft MAHUBL DE l'hisTOIBB DB Là LITTÉRATURE FRANÇAISE
C'est ce que les précieuses ODt admirablement senti. Leurs façons de dire n'ont été que l'expression de leur manière de penser; et le jugement qu'il convient d'en porter ne relève pas tant de la linguistique ou de la philologie que delà psychologie. Ce n'est pas principalement, comme les poètes de la Pléiade, qu'elles ont essayé d'épurer ou de réformer la langue, mais secondairement, et pour avoir entrevu que la réforme de la langue pouvait seule assurer la réforme des habitudes littéraires. Et sans aucun doute, en y travaillant par tous les moyens qui étaient en leur pouvoir, elles n'ont pas résisté au désir ou à la tentation de se singulariser, de former des
2" de sea Entretiens ou Dissertations, au nombre de 67, ainsi divisas : Dissertations chrétiennes et morales, 25 ; — Dissertations politiques, 14: — Dissertations critiques, 28. [La Relation à Ménandre et les Passages défendus, qui sont aa propre défense contre les attaques du père Goulu, l'auteur des Lettres de Phjllargue à Ariste, fout partie des Dissertations chrétiennes. Les trois disHertHtions sur les Romains sont les trois premières des Dissertations politiques.] — Enfin viennent : 3° les Traités, c'est-àdire -.le Prince. 1631; — ie Barbon, 1648; — Soccaie Cresd'en, 1652;
— et Aristippe, 1658. Ajoutons, pour terminer, — 4"un Recueil de lettres latines.
Les meilleures éditions des Œuvres de Balzac sont : — celle que l'on forme en réunissant les six volumes imprimés par les Ëlzevicr, soit à Leyde, soit à Amsterdam, auxquels on ajoute le Socrate chrétien; — et la grande édition de 1665, en 2 vol. in-f*, Paria, chez Louis Billaiue.
11 n'y en a pas d'éditious modernes, à moins que l'on ne compte comme telle un n choix s eu deux Tolumes, donné par M. Moreau, Paris, 1854, Lecoffre.
VI. — . Claude Favre de Vau^las [Meximieui (Ain). 1585; ■{■ 1650, Paris].
1' Les Sources. — Niceron, dans ses Hommes illustres, t. XIX;
— Pellisson et d'Olivet, Histoire de l'Académie française; — Gottjet, Bibliothèque française, t. I; — Abbé Lambert, Histoire littéraire du siècle de Louis XIV, \. III.
LA NÂTIOITALISATION DE I.A LITt£bATDRB 12S
coteries entre elles, et comme l'on dit, de se « distinguer ». Mais, de tous les moyens qu'il y ait de se distinguer, si l'on en connaît un qui soit assurément excusable, ou plutôt légitime à de certains égards, n'est-ce pas celui qui consiste à vouloir sentir, penser, et agir plus noblement, plus délicatement, plus finement? De là la vogue, en des genres bien différents, des petits vers de Voiture, au nombre desquels il y en a de charmants; des Lettres de Balzac; et des romans de Gomberville ou de Gombaud, de YEndymion et du Polexandre. La raison en est aussi que taudis que le grand épistolier s'efforce à trouver des expressions et des tours dont l'emphase
Moatoarl, De Ut méthode grammaticale de Vaugelas, Parti, 1851,
— Sayons, Littérature française à l'étranger, PaHs et Genève, 1853, t. I, eh. t. 3 et 4. — Saiate-BeaTe, Nouveaux lundia, l. VI.
— ChasBuig, Notice, en t£te de son édition des Remarques sur la langue française, Paris et VerBaillea, 1880.
2» Lb bole de ViDCELi». ^ Origiae de Vaugelas; — et, à cette occBBÎoQ quelques mots de l'Académie florimootaiie. — Le père de Vaugelas : Antoiae Favre ; — ses relations avec FraDçois de Sales et Honoré d'Urfé. — Vaugetas précepteur dans la maison de
ImportBDce des Remarques sur la langue française. — En proclamant que l'usage est le mailre des langues, Vaugelas a aoustrait l'évolutioD de la langue aux caprices du goût individuel; — en diatiuguant an bon et un mauvais usage, il a séparé le langage de la g cour a de celui des o crochcteura du Port au foin ■ ; — et en faisant de l'usage « parlé g le modèle et le juge de l'usage a écrit », il a imprimé son caractère essentiel ■ la langue classique, qui est d'être une langue parlée. — Digression à ce sujet; — et que Bossuet, Molière, Saiut'Simon, et tant d'autres écriront comme n ils parleront d. — Par là s'évanouissent la plupart des incorrections ou des licences que quelques grammairiens leur reprochent; — et par U s'eipliquent les qualités d'ordre intérieur; — de clarté vivante ; — de mouvement et de naturel qui sont celles de la langue classique. — Les scrupules de Vaugelas; — et de leur concordance tant avec ceux de Balzac — qu'avec ceux de Malherbe. — La mot de Bossuel sur ( ce qu'on ne confie rien d'éternel i des laa-
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1!6 UANUEL DB l'histoire DB LA UTTÂBATUBB FBtKÇAISB
réponde à ce que l'on appelle autour de lui le « grand goût », les autres, lea romanciers, dans leurs interminables récits s'essaient aux subtilités de l'observation et de l'analyse psychologique.
Autre service encore dont nous sommes redevables aux précieuses : dans la conversation des ruelles, ce n'est pas la langue seulement qui s'est dénouée ou déliée, c'est l'esprit aussi qui s'est alBné. On étudie de plus près le développement des aentiments ou des passions, et voici que l'on commence à discerner une foule de nuances dont il semble bien que les « anciens » n'eussent pas es l'idée, ni même les écrivains de la génération précédente.
gués loujoum chaDgeaates; a — et, à ce propos, de la comparaison d'une langue avec ud organisme. — Qu'il y a de la différence entre a immobiliser d une langue et la n Gxer s ; — Vaugelas a voulu « fixer 0 l'usage ; — et dans quelle mesure il y a réussi [Cf. Haase, Syntaxe du £VU' sièete, trad. Obert, Paris, IB98].
Vau gelas Jk l'hAtel de Rambouillet, — et à l'Anadémie Française. — Contradictions que «es Remarques soulèvent. — L'opuscule de La Mothe le Vayer touchant les Remarques de la Langue française. — Jugement du P. Bouhonrs sur Vaugelas [Cf. Entretien* d'Ariste et d'Eugène.]
3° Les Œuvkes. — Remarques sur la langue française, Paria, 1647, in-4° ; — et Quinte Curée : de la vie et des actions d'Alexandre le Grand, traduit par le sieur Cl. Favre de Vaugelas. Pari». 1653. in 4".
Nous avons signalé plus hant l'eicellente édition des Remarques donnée de nos joura, 1880. par M. A. Chassang.
VIL — Pierre Corneille [Rouen, 1606; f 1685, Paris].
1° Les Soubces *, — Bibliographie Cornélienne ou description rat-
lA NATIONALISATION DB LA LITTiRATUBB 137
Et, en effet, pour pouvoir mettre à part de la foule des autres les termes du bel air ou du bon usage, ne faut-il pas qu'on analyse les notions qu'ils expriment, ou, pour mieux dire encore, qu'on les « anatomtse »? Qu'est-ce qui est noble? On ne le saura qu'en y regardant. A. la faveur de la préciosité, la précision de l'expression et la finesse de l'analyse s'introduisent donc ensemble dans le discours. En devenant curieux de grammaire et de politesse, ou l'est insensiblement devenu de psychologie. Pendant qu'on ne cherchait qu'à dire, d'une manière neuve, originale et an besoin bizarre, des choses anciennes, ce sont des choses nouvelles que
1685, 1729, 1742; — Thomas Coraeille, Dictionnaire géographiqut, article Rouan; — Goujet, Bibliothèque française, t. XVIII; — F. Gnizot, Corneille et »on temps, l" édition, 1813, dernière «ition, 1852; — Taechereau, Histoire de la fie et des ouvrages de Pierre Corneille. 1829 el 1855; — Marty-Laveaui, Notice, en tète de son édition des Œavres. Parie, 1862 ; ~ F. Bouquet : les Points obscurs de la vie de Corneille, Paris, 18SS.
Corneille : Discours, et Examens de ses propres tragédies. — Graoet, Recueil de dissertations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Racine, Paris, 1740, chez Giaseq et Bordelet. — Voltaire, Contmentaire sur Corneille, 1764. — Laharpe, Cours de littérature, 1799, 1805. — Schlegel, Cours de littérature dramatique, 1809; — et traduction fraoçaLae. 1814. — Saiote-Beuïe. Portraits littéraires, t. I, 1829; Port-Royal, t. I, 1837; et !fouveaux Lundis, t. VII, 1864. — Desjardins, le Grand Corneille historien, Paris, 1861. — LéTalIoîs, Corneille inconnu, Paris, 1876. — J. Lemaître, Corneille et Aristote, Paris, 1882; — G. Lanson, Corneille, Paris. 1893.
F. Godefroy, Lexique de la langue de Corneille, Paria, 1862; — Marty-Laveani, Lexique, etc., Paris, 18G8, formant les deux derniers volumes du Corneille des Grands Écrivains.
2' L'HoHiiE ET LB Poète.
A. Les émules de Corneille; — et, à ce propos, de l'nrgeDce de ■ désencombrer u l'histoire de la littérature; — et que Mairel. ou même Rotrou, n'ayaot laissé qu'un nom et pas nne œuvre, ils ne ■ont bons i connaître qu'en i fonction » de Corneille. — Comment
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I l'histoirb db la litt^raturb française l'on a découvertes ; on va se piquer maintenant d'en trouver d'autres ; ce sera bientôt la grande affaire des faiseurs de Maximes; — et, un jour, la Rochefoucauld ne sera, de son vrai nom, que le dernier des illustres précieux.
11 convient d'ajouter que tout ce travail se fait en commun, non seulement entre gens de lettres, mais entre « honnêtes gens » ou « gens du monde » ; et sans doute c'est pour cette cause que la « préciosité », d'une manière générale, n'a pas eu te même sort en France qu'en Angleterre, en Espagne, et en Italie. Car pourquoi Veuphuisine en Angleterre, ou le mariniame en Italie, ou le gortgo-
et dans quelle mesare ils lui ont préparé les voiea. — La Sophonishe de Mairet, et que Corneille l'a bien coanne, puisqu'il lui a emprunté les imprécation a de sa Camille. — Prédominance de l'élément romanesque dans le théâtre de Mairet. — La préface de la Silvanire, 1625, et la régie des trois unités [Cf. Breitinger, Les unités avant le Cid de Corneille. Znricli, 18S3]. — Tendance générale des tragiques à travailler sur des sujets déjà traités. — Les quatre Sophoniabe [THssino, 1515; Mellin de Saint-Gelais, 1S59; Claude Hermel, 1593; Moncrestien, 1596]. — Retard de la comédie par rapport à la tragédie. — Les Galanterie» du duc d'Ossonne. — L'imitation du théâtre espagnol dans le théâtre de Rotrou [Cl, Puibuaque, Histoire comparée des littératures française et espagnole, Paris, 1842; et Jarry, Essai sur les œuvres dramatiques de Rotrou, Paria, 1858]. — Comment le romanesque j tend perpétuellement à l'eitravagance; — et le sentiment à l'enflure. — Les traces de l'influence de Rotrou dans l'histoire du théâtre Trauçais : — Bur Corneille, sur Molière, sur Racine.
B. La Jeunesse de Corneille. — Fausse idée que l'on se fait d'un Corneille constammeut héroïque; — et qu'au contraire ses débuts ont été d'un poète comique, — Mélite, 1629; CUtandre, 1632; La Veuve, 1633;Zfl Galerie du Palais. 1633; La Suivante. 1634; La Place Royale, 1634; VlUusion comique. 1636. — Intérêt littéraire des comédies de la jeunesse de Corneille. — Elles ne doivent rien à l'imitation de l'étranger; — ce sont des aventures de la vie commune à peine ii romancées u ; — et dont les personnages sont déjà de condition presque bourgeoise. — La galanterie dans les
LA NATIOHÀUSATION DE LA UTT^nATURB tM
risme en Espagne u'ont^ils pas exercé la même influence que chez nous la préciosité?C'est qu'en France l'intention purement littéraire a été dominée par l'intention sociale, et la manie de se singulariser par le besoin d'avoir en foule des approbateurs de sa singularité. Nos précieuses n'ont jamais oublié quels adversaires elles avaient d'abord dâ combattre, et qu'ils étaient les ennemis de toute discipline et de toute régularité. C'est pourquoi, tandis qu'en Espagne ou en Italie, le gongorisme ou le marinisme aboutissaient à de nouveaux excès de l'individualisme, au contraire, chez nous, c'était finalement l'esprit de société qui sortait vainqueur de la crise. Cette tendance inté-
Gomédiea d« Corneille ; — et qu'elle y est une parfaite imitation du langage des ruellea; — et, i ce propos, qu'il y « un style Louis Xlll en littérature comme en architecture. — La « jeune fille a daus les comédies de Corneille ; — le atyle des comédiea. — Caractère singulier de 1 '//fusion comique ; — et d'où vienncnl, vers 1635, tant de comédies de» comédiens. — Médée, la première tragédie de Corueille, 1635. — Quelles raisons ont poussé Corneille vers la tragédie [Cf. Hatzfeld, Les commencements de Corneille, 1857; — P. Yavasseur, Corneille poète comique, 1864; — et F. llémon, son Étude sur tes comédies de Corneille, en tète de son édition des maries. 1886].
C. Les chefs-d'œuvre. — Le Cid, 1637; Horace, 1640; Cinna, 1640; Pofyeacle, 1642; Pompée, 1643; Le Menteur, 1643; La Suite du Menteur, 1644; Théodore, 1645; Bodogune, 1646; Héraclius, 1647; Andromède, 1650; Don Sanche d'Aragon, 1650; Nicomède, 1651 ; Perlkarile, 1652. — De quelques influences qui ont sans doute agi sur Corneille : — et. à ce propos, de l'actualité dans le théâtre de Corneille; — Le Cid et la question des duels; — l'influence de Balzac et de ses Entretiens sur tes Romains [Cr. sa lettre à Corneille sur Ciana] ; — les conspirations contre Richelieu et la tragédie de Cinna ; — Potyeucte ft le jansénisme [Cf. Sainte-Beuïe, dans son Port-Rojaî]. — La tendance au romanesque dans les tragédies de Corneille; — et qu'il y faut sans doute voir, comme aussi bien dans les complications d'intrigue de aa Hodogune, et de sou Héraclius, — une intention de rivaliser a contemporains : La Calprenède et Scu-
Isa HAhUBl. t>B l'histoire DB la LlTrénATORË PttANÇAlSE
rieure de la littérature à se readre plutôt l'interprète des a idées communes » ou générales que des opinions particulières, et qu'on a déjà vue poindre chez quelques écrivains de l'âge précédent, ce sont nos précieuses qui l'ont développée, fortifiée et consolidée. Elles ont fait ainsi la fortune de ces genres qu'on appelle « communs », dont le caractère est de n'exister qu'autant qu'il existe un public pour les y eocourager. Entendez qu'on peut bien composer une a élégie » pour soi-même, et une « satire », au besoin ; on peut écrire un roman et l'enfermer sous une triple clef; on peut être l'annaliste secret des hommes et des choses de son temps, mais on n'a jamais eu l'idée
dért. — De U peinture des mœurs de la Fronde dans les chefs* d'oenvre de Corneille. — Comment il ajoute Ji ce qne ses modèles romain* ou espagnole ont d^jà de trop empanaché; — et ai ce ne serait pis là ce qu'on appelle son romantismeT — 11 essaie un momeot, dans Don Sanche et dans Nicomide, d'une comédie plus tempérée; — mais il y renonce tout de suite dans son Pertharite, — dont l'échec l'éloigné pour sept ans du théâtre.
D. Le génie et le système dramatique de Corneille; — et de ne consulter sur ce point qu'avec beaucoup de précautions ses Diaeourt et ses Examens; — parce qu'ils ne sont qu'i peine et indirectement dogmatiques et explicatifs, mais platfit justificatifs et polémiques ; — l'abbé d'Aubignac et sa Pratique du théâtre [Cf. Arnaud. Théories dramatiques au xtii< siècle, Paris, 1S88]. — Des caractères de l'imagination de Corneille. — Il l'a eue d'abord forte et hardie; — e'est-à-dire portée de nature, et aussi par les circonstances, vers l'eitraord inaire ou l'invraisemblable ; — et de W, sa théorie que le sujet d'une belle tragédie doit n'être pas vraisemblable [Voyez l'édition Marty-Laveaux, V, 147]; — de là, sa théorie sur l'emploi de l'histoire dans le drame [Voyez l'édition Maity-Laveaui, I, 15], — de li, sa théorie de l'héroïsme :
iDus oDvn la currière
-— De là encore, dans son théâtre, l'allure épique des pei^onuages [Cf. dans la France d'Henri Heine une jolie page à ce sujet] i —
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de préparer un « discours », ni de faire, pour soi tout seul, une tragédie en cinq actes, et en vers.
Ce sont toutes ces influences qui ont préparé d'abord, soutenu, et consacré le succès du « grand » Corneille, si personne moins que lui n'a ressemblé au bonhomme de génie dont on retrouve le profil héroïque dans toutes nos histoires, et au contraire si nul n'a mieux su reconnaître et prendre le vent de l'opinioD pour y incliner la souplesse de son talent. Il tient, et à bon droit, dans le Grand Dictionnaire des Prétieuaes, de Bodeau de Somaize, une place considérable, une place d'honneur, et il y est appelé « le plus grand homme qui ait jamais écrit des
l'abaeDce relative d'analyae et de psychologie ; — la subordination des caractères aux situations [Cf. Saiut-Évremond, Sur l'Alexandre de M. Sacine]. — Comparaison à cet égard de Rodogune el de Ray Blaa, ou de Cinna et A'Heraaai. — Que le goût de la complication aurait dès lors conduit Corneille nu mélodrame;
Si, en même temps que forte et hardie, il n'avait eu l'imagination noble et haute ; — ce qui veut dire que. dans l'extraordinaire et dans le romanesque, il préfère ce qni est noble i ce qui est bas ; — ce qui exalte l'àme à ce qui la dëprime; — et généralemeot les héros aux monstres. — Qu'il n'est pas vrai cependant que, comme ou l'a dit [Cf. V. de Laprade, Essais de critique idéaliste], hou théâtre soit le triomphe du devoir sur la passion [Cf. le Cid, Horace, Rodogune, Hêraclius] ; — il n'est que le triomphe de la volonté [Cf. J. Lemaltre, Corneille el Arislote] sur les obstacles qui s'opposent à son développement; — et de là, dans ce théâtre : — le goût de la tragédie politique, dont le domaine est justement le o lieu i> de l'exercice de la volonté; — le mépris des passions de l'amour, qu'il considère comme étant trop « chargées de faiblesse < ; — l'intention ou plutôt l'apparence de l'intention morale; — de là
les su
ets qu'il triiiie [Cf. Eiamen de Rodogune, édition Marty-
Laveau
X, IV, 421]. — a Le second acte passe le premier; le Iroi-
sic me
st au-dessus du second; et le dernier l'emporte sur tous
les au
res. B — Corneille est le maître de ses sujets comme ses
héros
ont les maîtres de leurs destinées; — et cela suffit d'ail-
leurs
faire leur grandeur; — et la sienne.
ISS MANOBL DB L HISTOIBE DE LA LITTBBATDRB FRANÇAISB
jeux du cirque ». C'est la note juste; et qu'on l'étudié daus les comédies de sa jeunesse : Milite, la Veuve, la Galerie du Palais, ou dans les chefs-d'œuvre de sa maturité, la grande préoccupation de Coroeille a été de gagner le suffrage des précieuses.
Il se vante lui-même, dans son Esamen de Méltte, d'avoir pour ses débuts établi le règne de la décence et des mœurs sur une scène oii les libertés qu'on prenait avant lui rendaient le théâtre inabordable aux femmes. S'il emprunte un sujet à l'Espagne, — parce que l'Espagne est à la mode, — il imprime donc à ses personnages, dans le Cid ce caractère d'humanité, dans le
C'est dotnmage, après cela, qu'il ait l' imagination tubtile et processive; — ce qui reTienl à dire qu'il a eu lui, sinon du Bas-Normand, ou de l'aTocat. mais aesurémeot du casulste. — Lee a caa de conacience > dans la tragédie de Coroeille ; — et uornioent ils en font la grandeur; — mais aussi la subtilitë. — De là, dans sou théâtre, les actions qu'il appelle « impleies ■ [Cf, dans Horace le personnage de Sabine, ou dans Poljeucte celui de Séïère];^ analyse à' Héracliag ; — aveu i de Corneille k ce sujet. — Comment, à la complication de l'intrigue, il ajoute celle des molifs; — et obsenationa de Scblegel sur ce point [Cf. Litiéralure dramatique, trad. de Saussure, II, p. 41 et suivantes]. — Machiavélisme de Corneille :
— et qu'on pourrait extraire de son œuvre autant de maximes d'immoralité que du livre du Prince.
Tout ces crimei d'Etat qu'on fait pour la couronne. Le ciel nous eu absout alors qn'il nous In donne.
Prétentions politiques de Corneille ; -~ mots que l'on cite k ce sujet, de Coudé après Sertorias : t Où donc Corneille a-t-il appris lu guerre? o — et de Grammont après Othort.
E. la vieillesse de Corneille. — Œdipe. 1659; Sertorius. 1662;
— Sophoaisbe, 1663; Othon, 1664; Agésilas, 1666; Attila, 1667;
— Tite et Bérénice, 1670; Pulchérie, 1672; Saréna. 1674. — De Corneille, peintre d'histoire; — et de la fausseté du paradoxe de licidjardins, dans son Grand Corneille historien; — si la couleur locule est nulle daus l'œuvre de Corneille. — Que les défauts de
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LA KATIONALISATION DB LA LITtArATURB 1S3
Menteur ce cnractère de pulitesse, et, dans l'ua el duiis l'autre, ce caractère de généralité qai sont autour de lui les caractères des « hoanétes gens », et comme les signes auxquels ils se recouDaisseot entre eux. Pareillement, dans son Horace, dans son Cinna, dans sa Bodogune, lorsqu'il mêle ensemble les choses de la politique et de la galanterie, ne vous imaginez pas que ce soit Justin qu'il imite, ci Sénèque, ni Tite-Live, mais ce sont bien les mœurs de son temps, et des « modèles » qui posent devant lui. Quelle est cette précieuse dont nous parle Somaize, « qui ne s'est pas seulement acquis, nous dit-il, beaucoup d'estime par sa beauté, mais encore par la
met dernières pièces se développent du même fond que lea qunlitiÇa de ses cbefs'd 'œuvre. — Le machiavélisme des molifs [Cf. Pertharile, t. VI, p. 571; — Olhon. t. VI, p. 632; — AttUa. t. VII, p. 107, p. 162]. — Comment la noblesse et la grandeur y d^génèrent : — en aETectation [Nicomède, t. V. p. 531]; — eo enflure {Don Sanche. t. VI, p. 458]; — en inhumanité [Atliia. t. VII. p. 172]; — et comment enfin la forme de son imagination ae ch.ingc en une rage d'inventer, d'innover, et de compliquer à tont prii. — C'est pour cela qu' a il charge maintenant ses sujets de matière o ;
— qu'après avoir expulsé l'amour, ill'y réintroduit, sous les espèces de la galanterie la plus froide [Cf. Olhon, t. VI, p. 587, et Jllila, t. VII, p. 140, 141j! — et qu'il fausse l'emploi de l'histoire de la
F. La langue et le stjrle de Corneille. — Que, dans ce naufrage de ses anciennes qualités, un don demeure et survit chez le poète.
— si personne peut-être n'a mieui écrit en vers que Corneille. - [Cf. les discours d'Auguste dans Cinna et les récits du Menteur.]
— Qualités de son «tyle ; — et pour nous en rendre compte, comparaison du style de Poljeucte avec celui d'Andromaque ; — ou encore du style comique de Corneille avec celui de Molière et de Regnard.
— Propriété et fermeté de la langue. — Plénitude et nombre du vers. — Ampleur et force de la période. — En quel sens Corneille demeure naturel et conforme k lui-même jusque dans le galimatias et dans la préciosité. — De quelques rapports de Corneille avec les romantiques; — et, par conséquent, de la littérature romantique avec la littérature du temps de Louis XIII.
13t MANUEL DE l'hISTOIRE DE LA LITT^nATURE FRANÇAISE
grandeur de son âme et dont l'esprit ne s'est pas seulement arrêté à la bagatelle, mais s'est élevé jusqu'aux affaires de la première importance P d Nous le savons; et qu'avant de s'appeler Emilie dans le Cinna de Corneille ou Cléopàtre dans sa Rodogune, elle a donné, dans la réalité de l'histoire, sous son vrai nom de duchesse de Chevreuse, plus d'une inquiétude au grand Cardinal. Que de rapprochements on pourrait faire encore! Dans son Sertorius, dans son Olkon, dans son Attila, si Corneille compliquera, s'il embrouillera, s'il enchevêtrera ses intrigues à plaisir, ce ne sera pas tant pour obéira sa propre inspiration que pour disputer aux Gomberville,
3° Lbs Œvtses. — En dehors de ses tragédies on de ses comédies, la seule oeuvre de Corneille un peu importante est sa traduction eu vera de \'Imitation de Jésus-Christ.
Nous citerons donc Beulemi^Dt ici, parmi les éditions de ses Œuvres : ~ l'ciditioD de 1660, en 3 vol.; — celle de 1663-1664. en deux volumes in-f", la plus monumentale, mais où manquent malhcurensement les pièces de sa vieillesBe; — l'édition de 1738, avec les commentaires de Jolly; — l'édition de 1764, la première qui contienne les commentaires de Voltaire et les figures de Gravelot;
— et enGn, de nos jours, pour ne rien dire de beaucoup d'autres, l'édition Marty-Laveaitx. dans la collection des Grands Écrivains de ta France, Paris, 1862-1868, Hachelle.
VllI. ~- La fondation de l'Académie français», 1635. 1° Les Origines de l'Acadëuie. — Les Académies ilaliennes du temps de la Renaiss.ince [Cf. Pellisson, Histoire de lÀcadémiey,
— l'Académie des derniers Valois [CF. sous ce titre le livre de M. Edouard Fremy. Paris, s. d.]; — l'Académie florimontane. — Une phrase de l'abbé d'Olivet sur Balzac : > Lee beaux esprits, dit-il, avaient formé jusqu'alors une république où les dignités se partageaient entre plusieurs, mais cette république devint tout à coup une monarchie où Balzac fut élevé à la royauté par tous les eulTrages »; — et que la première ébauche de l'Académie de Conrart [Cf. ses Mémoires] a répondu d'abord à cette intention de mettre de l'ordre et de la hiérarchie dans les lettres. — Cofncidence de celte intention avec les désira de ITiôlel de Rambouillet ;
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aux La Calprenède , aux Scudéri, l'empire du romanesque I
Et 6on génie n'en est pas diminué I S'il s'accommode ainsi des variations et des exigences du goût de son temps, sa supériorité n'en reçoit point d'atteinte, puisqu'ils sont plusieurs autour de lui, — Mairet, Rotrou, du Ryer, Scudéri, La Calprenède, — qui suivent comme lui la mode, et qui n'ont cependant écrit ni le Cid, ni Polyeucte, m Pompée, ni Héracliua. Je dis seulement que sa grandeur n'est point faite de son isolement, et que, pour dépasser ses rivaux de toute la tête, il n'en est pas moins de leur famille. Il est surtout de cette société
— avec le vœu commiiit des ^ns de lettres; — et «Tee les dea- MiDS plus généraux dn cardinal de Richelieu. — Les Lettre» patente* du 39 janvier 1635. — Pourquoi le Parlemeot ■ refusé deux aos de les enregistrer? — Les corps coDBtitaéE D'aîment peutêtre pas à en voir coDstiluer d'antres i cÂté d'eux. — Mais Richelieu finit par l'emporter. — Les premiers académiciens. — [Cf. Pelliason et d'Olivet, Histoire de l'Académie française, édition Livet, Paris, 1858; ~ Paul Meanard. Histoire de CAcadémie, Paris, 1857; — les Préfaces anccessiies du Dictionnaire de l'usage; — A. Bourgoin, Valentin Conrart, Paris, 1883; — et l'abbé A. Fabre, Cka. pelain et nos deux premières Académies, Paris, 1890.]
Z" L'Objet db l'Acadëhte; — et qu'il ne diiTère pas en principe de celui que s'étaient proposé les Précieuses, Malherbe, Balzac et Vaugelas ; — c'est k savoir d'élever la langue française i la di^ifé du grec et du latin; — et par conséquent à leur antique universalité.
— Conformité de cette intention très précise avec l'intention de Ronsard et de la Pléiade. — Pourquoi tous les traducteurs en réputation alors ont-ils fait partie de l'Académie? — Parce que la traduction n'avait elle-même pour objet que de faire passer et comme d' incorporer à la substance de l'esprit français la connaissance entière de l'antiquité. — Lea « belles infidèles t de Perrot d'Ablancourt. — Pourquoi tous les grammairiens? — Parce qu'il leur appartenait de dresser l'état ou l'inventaire des richesses, des ressources, et des ■ possibilités s de la langue. — Et pourquoi tous les critiques? — Parce que l'on croyait alors qu'il existât une relation nécessaire entre ta perfection des auvres
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précieuse qui s'est elle-même reconnue et applaudie en lui, qui lui demeurera fidèle jusqu'à la fin, qui le soutiendra contre déjeunes et hardis rivaux; et c'est pourquoi les précieuses peuvent bien avoir eu leurs défauts, ou leurs ridicules même, mais le théâtre de Corneille subsiste pour témoigner de la noblesse, de la grandeur, et de la générosité de leur idéal d'art.
Un autre homme ne s'y est pas trompé : c'est Richeliea que je veux dire, et là même est le secret motif de ce qu'on le voit faire pour et contre Corneille. Du moment que l'écrivain ou le poète, au lieu de s'isoler en eux-mêmes, se mêlaient au monde, et, pour lui plaire, commençaient par
et tobservation des règles ou des lois des genres dont elles relè~ venl. — Les Préfaces de Chapelain. — Controverses relatives i l'excellence de la tangue française [Cf. Goujet, Bibliothèque française, l. 1]. — Première travaux de l'Académie ; — Bcrvicea généraux rendus par elle ; — et raisons de l'autorité qu'elle s'est prompte ment acquise.
3» L'Influence immédiats de l'académie. — Elle a substitué d'abord l'action d'un centre littéraire à la dispersion des coteries; — et ainsi les efforts individuels ont commencé par elle et en elle de converger vers un but commun. — Inconvénients et avantagea de la centralisation litléraire. — L'institution de l'Académie a enfoncé dans les esprits cette idée que la gloire des lettres fait partie intégrante et nécessaire de la grandeur d'un peuple [Cf. Du Bellay, Défense et Illustration, etc.]; — elle a ainsi relevé la condition de l'homme de lettres; — dans l'État; — et à ses propres yeux. — Enfin, en se proposant de n fixer u la langue, il a semblé d'abord qu'elle y dût réussir; — et en toot cas, en en maintenant le respect, elle en a préparé ce que cent cinquante ans plus tard les étrangers en appelleront eni-mÉmes Vuniversalité [Cf. Rivarol, Discours sur l'universalité de la langue française, en réponse i la question proposée par l'Académie de Berlin].
' IX. ~ Les OrigrineB du jansénisme.
1" Les Soubces. — Ranke, Histoire de la Papauté aux ivi< et XTii* siècles; — M. Philippson, La Contre-Révolution religieuse au