XV. — Le Burlesque
n snffîraît d'avoir nommé le burlesque, et de renvoyer à Boileau,si cen'étaieDttroisobservations relatives à l'origine du genre;
— à son vrai caractère; — et i ses conséquences :
1° D'origine, il n'est pas français, ni gaulois ; — et Saint-Amant, Scarron ou d'Assouci ne continuent en rien la tradition de Rabelais ; — mais il est italien [Cf. Vianey, Mathurin Régnier, Paris, 1896]; — et compliqué d'espagnol [Cf. tonte la série des Romans picaresques].
Pour son vrai caractère on est tenté de l'associer à la préciosité. — Voiture, dans ses petits vers [Cf. la pièce A une demoiselle qui
:.bv Cookie
LÀ NATIONALISATION DE LA LITTiltATVIII 167
rins ou de son Othon\ Mais, en revanche, tont ce qu'il y avait de jeune et d'ardent en a été frappé comme d'une révélation.
Dirai-je que Bossuet lui-même en est comme transformé? Le mot semblerait un peu fort; et cependant, si son éloquence n'a jamais fait de plus grand progrès que dans le passage de sa première manière à la seconde, entre 1653 et 1658, — do Sermon sur la bonté et la rigueur de Dieu au Panégyrique de saint Paul, • — comment s'empêcher d'observer que ce progrès coïncide justement avec la plus grande vogue des Lettres provinciales^
avait les manches de sa chemise retroussées et sales, et U pièce A M"* (£e Bourbon qui avait pris médecine^, a visibleinent uoe tendance au burlesque ; — et d'un autre cAté Saint-Amant et Scarron appartiennent à la société précieuse. — Les précieux raffinaient sur la nature et sur la Térité; — les burlesques font profession de les 0 outrer » l'nne et l'autre; — mais tous eosemble ils sont de l'école dont nous avons cité plus haut la devise :
Chi Don la far «tapir, vada alla ■triglia...
Ils veulent se faire admirer; — et leur moyen à tous est d'exciter rélonnement.
Enfin une conséquence importante du burlesque a été de diviser le parti du libertinage : — d'an cbté les Scarron ou les Saint- Amant, qui s'arrangeront de tout, pourvu qu'on ne contraigne pas leur humeur ; — et de l'autre, ceux qui ne se soucient pas tant de la liberté de vivre à leur guise que de penser comme il leur platt.