‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 31 sur 74 · XVI. — BUIsa Pascal [Clermont-Ferrand , 1623; f · texte numérisé non relu

XVI. — BUIsa Pascal [Clermont-Ferrand , 1623; f

Paris].

1* Lis Sources. — W" Périer (Gilherte Pascal), Vie de Pascal, 1684; — Bayle, dans son Dictionnaire, article PisciL, 1696; — Condorcet, Eloge de Pascal, dans la collection de ses Œuvres, 1776; — Bossut, Discours sur la vie et les ouvrages de M. Pascal, 1779; — Sainte-Beuve, dans son PorlSoyal, t. II et III; — Victor Cousin, Jacqueline Pascal, 1844; — Lêlut, l'Amulette de Pascal,

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ISB MANUEL DB L HISTOIRE DE Lk LITTBHATORB FRANÇAISE

C'est égalemeDt l'exemple de Pascal qui a mis en liberté la pensée de Boileau, si, comme nous le savons, les premières Satires ont été composées entre 1658 et 1660, et d'autre part, si nous nous rappelons l'admiratioa que Boileau professera jusqu'à son dernier jour pour les Provinciales. A vrai dire, ce sont elles qui finiront par le rendre janséniste! Et eu attendant, ce sont bien elles aussi qui ouvrent, ou, pour ainsi parler, qui dessillent les yeux de Molière; car l'Étourdi est de 1653, et le Dépit amoureux est de 1655 ; mais de quel chef-d'œuvre en son genre ces imbroglios à l'italienne sont-ils à leur tour suivis? Évi-

1846; — Gazier, le Roman de Pascal, dnns la Bévue politique et littéraire du ik novembre 1877; — J. Bertrand, Biaise Pascal, Paris, 1891; — Ch. Adam, Paaeal et M^i« de Boannez. Dijon,

Baiiny, Somme des péchés qui se commettent en tous états, 1630; — Caramuel y Lobkowicz, Theologia moralis ad clarissima principia leducta, 1643; — Eecobar, Liber theologix moralis, 1656, Paria, 42» édition; — les Notices ta lèle de la plupart des éditioDi daa Provinciales; — les PP. Anoat, Nouet et Brïsacier, S. J., Réponses aux Lettres provinciales, 1657; — Daniel, S. J., Entretiens de Cléandre et d'Budoxe, 169^; — Sainle-BeuTe, Port- Royal, t. m.

Garasse, Doctrine curieuse des beaux esprits, 1623; — Et. Périer, Préface [anoaynie] de la première édition des Pensées, 1670; — Voltaire, Remarques sur les pensées de M. Pascal, 1728- 1734 ; — Boulliep, Sentiments sur la critique des Pensées de Pascal, 1741; — Condorcet, son édition des Pensées, 1776; — les Notices en télé des éditions des Pensées, depuis celle de Prantin, Dijon, 1885. jusqu'à celle de M. Gullilin, Paris, 1896; ~ A. Vinet, Études sur Biaise Pascal, 1833-1844 [réaDies en un TOlnme soua la date de 1848J: — Victor Cousin, Études sur Pascal, Paris, 1842, 1844; — Sainte-Beuve. Port-Royal, t. I!I; — abbé Maynard, Pascal, sa vie, son caractère et ses écrits, Paris, 1850; — G. Dreydorff, Pascal, sein Leben und seine Kûmpfe, Leipzig, 1870; — Gory, les Pensées de Pascal considérées comme apologie du christianisme, Paris, 1883; — Edouard Droz, Élude sur le scepticisme de Pascal, Paria, 1886; — Sully Prudbomme,

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déminent Molière, Boileau, Bossuet ont lu les Leltret provinciales. Mais, quand nous n'en aurions pas la preuve, il resterait qu'en achevant de purifier l'atmosphère littéraire du temps, et d'en balayer les derniers nuages qui l'obscarciss aient encore, les Prodncialea ont au moins, en le rendant possible, préparé tout ce que nous allons voir leur succéder maintenant de chefs-d'œuvre. A micôte on à mi-chemin de l'emphase de Balzac et de la préciosité de Voiture, qui procédaient aussi bien l'une et l'autre de la même prétention d'orner, d'embellir, de déguiser la nature, elles ont fondé l'école du naturel ; et,

La fhUosophie de Pascal, daoa 1« Revue de» Deux Mondes, juillet, oct. et oov. 1890.

2° L'HoHHE Et L'ÉcRivAin. — Diversité de» opinioas que l'on s'est formées de Pascal. — Les uns [Vollaire et Condorcet] n'ont vu g^ère en lui qa'un ■ fanatique a, ou pour le moins un ■ sectaire ■;

— d'autres en ont fait un ■ mystique a; — et d'autres [SBinte- Beuve} un quasi romantique, incroyant ou croyant par accès. — Il y en ■ aussi qni l'ont attaqué sur son • scepticisme » [Cf. V. Cousin, Études sur Pascal; et en sens opposé, Droz, Étude sur la scepticisme de Pascal, p. 18 et suiv.], — et, à ce propos, de la quantité d'idées fausses que V. Cousin a j'elées dans la circulation littéraire. — Que la diversité de ces interprétations ne procède :

— que de l'état de mutilation où noua sont parvenues les Pensées;

— de l'erreDr que l'on commet en y voulant voir une espèce de « confession u de Pascal, tandis qu'elles ne sont que les maté~ riauz d'âne > Apologétique n ; — et du peu d'attention que l'on donne à la succession des époques de la vie de Pascal.

Naissance de Pascal. — Sa famille; — ■ son éducation; — précocité de son génie [Cf. J. Bertrand. Pascal] ; — son Traité de» sections coniques, 1639; — sa mnchioe arithmétique, 1642; — ses expériences sur le vide, 1646; ~ et que tout cela suffit à caractériser en lui ce don de grande invention qu'on lui a ridiculement disputé [Cf. une diatribe de Nodier, dans ses Questions de littérature légale^. — Sa conversion an jansénisme, 1646 ; — et sa première gi-Hnde maladie [Cf. Lettres et opuscules de M"'" Périer, Paris, IS'iô];

— premiers rapports avec Port- Royal, — La vie mondaine de Pascal, 1649-1653; — sa liaison avec le chevalier de Méré et le duc de

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par une de ces ironies fréquentes dans l'histoire, il se rencontre ainsi que, de tous nos grands écrivains, c'est celui dont l'intransigeance morale a été le plus hostile à la nature, — et même à la raison, — qui néanmoins a le plus fait pour diriger nos Molière et nos Boîleau, j'y ajoute maintenant nos La Fontaine et nos Racine, dans la voie de « l'imitation de la nature » et du respect des 0 droits de la raison ».

On ne saurait guère imaginer de génie plus différent de celui de Molière que le génie de Racine, h moins peut-être que les rapports ne soient plus difficiles encore

RoaDDez.^LepréteDduromaiidePasCBl. — Si FaBcal a él^< joueurs, comme le veut Sainte-Beuve; — ■ beau, ioufirant, plein de laugueur et d'ardeur, impétueux et réfléclii, superbe et mélancolique i, comme te peint Cousin j — ou, comme le croit ud autre encore, s'il a rtvé de jouer un perBOonage politique [CT. Derome, daa» son édition des Provinciales]. — Que nous n'avons pas besoin de ces suppositions pour comprendre qu'il se toit occupé du calcul des probabilités ; — qu'il ait écrit le Discours sur les passions de l'amour, en admettant qu'il en soit l'auteur; — et ceux que Nicole nous ■ résumés sous le titre de Discours sur la condition des grands. — La seconde conversion de Pascal, 1654 ; — et qn'il faut l'entendre du passage d'une religion plus libre en ses pratiques i nue religion plus exacte. — Ses visites à Port-Royal. — Influence que prend sur lui sa sœur Jacqueline [Cf. V, Cousin, Jacqueline Pascal, notamment les deux lettres de la sœur Sainte-Eupbémie [Jacqueline] i M°» Périer, p. 240 et suiv.]. — S'il faut placer à cette époque l'Entretien avec M. de Saci; — l'Invention du haquet; — celle de la brouette; — l'idée des omnibus. — CoU' version définitive et entrée A Port-Royal, 1655. — Le miracle de la sainte Épioe, mars 1656 [Cf. Jacqueline Pascal]. — Si Pascal n'a pas conçu dès lors le dessein de ses Pensées, et si l'occasion des Provinciales n'est pas venue le traverser? — Avantages de cette hypothèse. — Elle explique A la fois la croissante audace des Provinciales a partir de la sixième et de la septième; — et, daos les dernières, l'étroite soudure, et trop inaperçue, qui se fait de la conclusion des Provinciales mi dessein général des Pensées.

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k préciser entre la nonchalance épicurienne de La Fontaine et la sévérité bourgeoise de Boileau. Cependant ces quatre grands hommes ne s'en sont pas moins, non seulement connus et appréciés, mais aimés ; et l'hôtellerie sans nom où se rencontrèrent, un jour de l'année 1548, Ronsard et Du Bellay, n'est pas plus célèbre dans l'histoire littéraire que ce cabaret classique du Mouton blanc, où se réunissaient Ariste et Gélaste, Acanthe et Polyphile. Qu'y avaitil donc de commun entre les quatre amis ? Deux ou trois idées seulement, pas davantage, mais deux ou trois idées fécondes. Ils croyaient tous les quatre que le principe de

La queslion de fait daas les trois premières Provinciales, — et qu'elle est de peu d'împarUDce. — Comment Pascal, en changeant de tactique à partir de la quatrième lettre,» posé la vraie question, la question de fond, — et sur son irai terrain. — II s'agiesnit de iavoÏT qui prendrait la direction de l'opinion, jésuites ou JaDsi5niâtes; ^ et plus généralement laquelle des deux triompherait, d'une morale presque mondaine, ou d'ane morale intransigeante [Cf., dans les Pensées, le fragment intitulé : Comparaison des premiers chrétiens et de ceux d'aujourd'hui}. — Qu'il se pourrait que Pascal, en ayant raison d'attaquer les excès du probabitisme, eût toutefois eu tort d'envelopper la casuistique dans ses railleries; — ■ et que ce tort est bien plus grave que d'avoir, comme il l'a fait, > arrangé i quelques citations. — Car,pourqQelquescilationsdont ou peut discuter l'exactitude entière, il en eût trouvé vingt autres; — mais s'il conquérait à sa sévérité quelques âmes très pures, il risquait d'en irriter de moins pures, qui sont aussi des fimes [Cf. Sainte-Beuve, Port-Boyal, livre III, dans son chapitre sur lu morale des honnêtes gens], — Les Provinciales, de la quatrième à la quinzième inclusivement, ont failli ruiner le crédit moral des jésuites; — mais quelque chose de la religion même y aurait également péri ; — si le dessein des Pensées futures ne transparaissait déjà dans les trou dernières.

La première édition des Pensées, 1670; -^ et les eurichlBsements successifs du texte ; — en 1727 [lettre de l'ôvêque de Montpellier à l'évêqne de Soissons], ~ en 1728 [Mémoires de littérature et d'histoire du Père Desmolets], — en 1776 [édition Coodorcel], — en 1779 [édition Boasut], — en 1B41 [rapport de V, Cousin], — en 1814 [édi-

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l'art consiste essentiellement dans l'imitation de la nature, et, à ce propos, je me suis efforcé de montrer, en plus d'une occasion, que, ce qu'ils admiraient dans les anciens, c'était la fidélité de cette imitation [Cf. lÉvolution des genres, t. I, Paris, 1889]. Ils ne les admiraient pas du tout d'être les anciens, et ils l'ont dit assez clairement : (c Les anciens sont les anciens et nous sommes les gens de maintenant »; mais ils les admiraient a d'avoir bien attrapé la nature », sans doute comme étant plus près d'elle : Nofitas tum fiorida mundi! Ils croyaient, eo second lieii, que, si l'imitation de la nature est le principe

tion Faugère], — eu 1879 [éditioD Molinier]. — Peut-on rétablir le dessein de \' Apologie de Paacal? — Teolatives en ce sens de FraLtin,t835; — Faugère. 1844; — Astij. 1856; — Rocher, 1873; — Molinier, 1879; — Guthlin, 1896. — Qu'elles ont toutes échoué, comme elles échoueront toutes, en tant qu'il s'agira de mettre à leur vraie place les fragments du livre inachevé. — Mais on peut s'en former une idée générale ; ~ dont l'esprit est donné par l'esprit même de \' Augustlnua \ — si les Pensées de Pascal sont les fragments d'une apologétique janséniste. — Joignons maintenant à l'Augustiitus, parmi les lectures de Pascal ; les Essais de Montaigne; la Sagesse de Charron; VEpiclèle et la Sainle Philosophie de Du Vair; les Lettres et les Traitas de Balzac. — C'est ce qu'il a comme ajouté de mondain [on veut dire de propre à persuader le monde] aux raisonnements de l'Augustinus. — Il y a ajouté, de son fonds plus personnel encore, son intention de convertir les s libertins u, — qu'au courant de sa vie mondaine il avait eu l'occasion de fréquenter [le chevalier de Méré, par eiemple]; — et sa conviction d'avoir été, dans le miracle de la sainte Épine, l'objet d'un décret nominatif de Dieu. — Si nous tenons compte après cela de la succession des dates, soit : 1654, l'Entretien avec M. de Saci; — 1655. l'entrée à Port-Royal; — 1656. le miracle de la sainle Epine; — 1657, les dernitrcs ProvinciaUs ; — et 1658 ou 1659, l'exposition du plan de sou Apologie tel que nous l'a trausmia son neveu Etienne Périer, nous pouvons nous figurer le dessein de Pascal à peu près de la manière suivante :

dans la débilité de notre machine, — comme dans les vices de l'or-

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OU le n commencement » de l'art, cela veut dire sans doute en bon français qu'elle n'en est pas l'objet ou la « fin >, et que l'écrivain manque à sa mission ou à sa fonction, qui ne se propose pas en quelque mesure, comme le dira bientôt Bossuet, de « perfectionner la nature o : il n'a pas dit de « l'embellir » ! Et ils croyaient enfin que le moyen le plus sûr d'atteindre ce but, ou, — si l'on me permet cette expression un peu pédantesque, — de dégager cette « fin » de ce « principe », était le perpétuel souci de la forme ou du style.

C'est cette communauté d'idées qu'on retrouve partout,

ganlHatioD sociale, — on comme encore dans l'impuissance de la raison; — nous ne trouvons que des motifs de désespérer, — D'où vient donc la protestation qni s'élève dn fond de ce désespoir même? — l'exception qu'à ce titre nous cooslituons dans la nature ? — et l'invincible confiance que nous avons dans une destinée nieillenreP — C'est ce que nous saurons si nous acceptons le dogme d'une chute originelle, — l'obligation qui nous a été imposée de l'expier, — et le dogme de la rédemption, — lesquels se trouvent être précisément les dogmes essentiels du christianisme. — Répugnons-nouH peut-être à les accepter? — Considérons eu ce cas que ces dogmes ont d'ailleurs été figurés par l'ancienne loi; — annoncés par les prophètes; — confirmés parles miracles; — qu'à défaut de notre raison, nous y pouvons toujours ioclioer nos volontés; — et qu'enfin il noua suffit d'y croire pour être aussi bons, et aussi heureux qu'où le puisse être en cette vie.

Qu'il n'y a pas un « seul » fragment des Pensées qui ne tende à établir quelqu'une des propositions précédentes; -~ mais que, pour bien s'en rendre compte, il faut songer que, dans la pensée de Pascal, son apologie était à la fois dirigée contre les libertins, — contre les philosophes, — contre les jésuites, — et contre les Juifs.

— Importance de cette observation. — De la valeur apologétique actuelle des Pensées de Pascal. — [Cf. Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 111, aux appendices, et A. Gory, Les Pensées de Pascal considérées comme apologie du christianisme, Paris, 1883.] — De quelques faits nouveaux dont l'apologétique doit aujourd'hui tenir compte; — et, A ce propos, de la science des religions comparées.

— D'nne confirmation singulière apportée à l'apologétique de

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dans les Satires de Boileau comme dans les Comédies de Molière, dans tes préfaces de Racine comme dans les aveux de La Fontaine. Et rien n'était plus nouveau, si l'on ne regarde autour d'eux qu'aux idées de leurs contemporains, mais rien aussi ne t'était moins, si c'était bien te but qu'on s'était proposé depuis tantôt cent ans. Après un siècle de tâtonnements et d'efforts, pendant lequel on avait demandé tour à tour aux Anciens, aux Italiens et aux Espagnols les moj'ens d'atteindre ce que l'on ne voyait pas très clairement, on le voyait enfin, et

Pascal par le peasimisme de Scbopenhauer ; — et par la doctrine deT^Tolution [Cf. Brunetière, La Moralité de la doctrine évolutive. Paria, 1896]. — Que la valeur morale de l'apolo^e de Pascal snbstate tout entière en tant que la certitude rattonnelle n'est pas la seule Forme ou la seule espèce de certitude; — que l'homme ne natt pas boa ; — et que rien d'humain ne s'organise sur des principes purement humains.

Du style de Pascal, — et qu'il n'y a rien en français qui soit au-dessus de quelques-unes des Provinciales; — i moins que ce né soient quelques fragments des Pensées. — Si la grâce, ou (ponr ne pas avoir l'air de jouer sur les mots) si la tendresse et la douceur y manquent 7 — Mais qu'en tout cas, de la simplicité la plus familière à la plus haute éloquence, ce style remplit tout l'enlredeui. — La « rhétorique de Pascal h, — et qu'elle ne consiste pas à n'en poiot avoir du tout; — mais à en faire servir les moyens mêmes à leur destruction; — et à n'user de l'art que pour imiter plus fidèlement la nature. — Du sentiment de l'obscur dans la prose de Pascal; — de sa manière d'intervenir de sa personne dans la cause qu'il plaide; — de la profondeur de sa seuaibilité;

— et de la a poésies qui résulte du mélange de tous ces éléments.

— De quelques autres qualités du style de Pascal : — sa concision tranchante; — sa plénitude, — et sa n densité », — Le mot de Saint-Beuve ; » Pascal, admirable écrivain quand il acliève, est encore supérieur là où il fut interrompu ».

30 Les Œovbkb. — Nous ne mentionnons ici que pour mémoire les (Muvres scientifiques de Pascal, parmi lesquelles nous citerons les Essais pour les coniques, 1640 ; — »od Avis à ceux qui verront la machine arithmétique, 1645 ; — les Expériences touchant le vide,

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les moyens n'en cooeistaient qu'à s'alTrauchir de l'iinilation des Espagnols et des Italiens, pour se mettre, comme autrefois les Anciens, en face de la nature. « L'imitation de la nature, voilà le grand point, dira plus tard un peintre illustre, et toutes les règles ne sont faite» que pour nous mettre à même de Vimiter plus aisément, h [Cf. une Conférence d'Oudry dans le Dictionnaire des Beaux- Arts de Watelet, t. I, Paris, 1760.] Une dernière coïncidence, de celles que l'on ne peut prévoir, et qui font, pour cette raison même, l'attrait changeant et toujours

1647; — son Sécil de la grande expérience de l'équilibre det Uqaeura, 1643- ~ son Traité du triangle arithmétique, 1654; — et les écrits relalifs à la Roulette, 1658 [Cf. Â. Deabofee, Étude SUT Pascal et les Géomètres contemporains. Paris, 1878].

Les principales éditions des Provinciales et des Pensées sont : Des Provinciales : — les éditions originalea, 1656-1657, dont les recueils factices présentent entre eux d'assez grandes différences ; — la traduclîon latine donnée par Nicole, soua le nom de Wendrock, 1658; — l'édition de 1659, à Cologne, chez Nicolas Schouten; — l'édUioa Maynard;. Parts, 1851, FirminDidot; — l'édition Derome, Paris, 1880-1885, Garnier; — l'édition Molinier, Paris, 1891, Lemerre; — l'édilion Faugcre, Paris. 1886-1895, Hachette.

Des Pensées : — l'édition originale, Paris, 1669-1670, dont on connaît au moins cinq exemplaires assez différents; — l'éditioa de Condoreet, Paris, 1776; — l'édition Franlin, Dijon, 1835, Lagier;

— l'édition Faugère, Paris, 1844, Andripui; — l'éditioa Havet, Paris, 1852, 1887, Dezobry et Delagrave; — l'édition Aslié, Lausanne, 1857, Bridel; — l'édilion Rocher, Tours, 1873, Mame; — l'édition Molinier, Paris, 1879, Lemerre; — l'édilion Guthlin, Paris, 1896, Lethielleui; — l'édition Michaut, Friburgi Helvetiorum, 1896; —et l'édition Brunachvicg, Paris, 1897, Hachette.

— Aucune de ces éditions ne reproduit la précédente, et il n'y en a pas une que l'on ne doive consulter pour des raisons particU' lières : théologiqnes, littéraires ou paléographiques.

On joint d'ordinaire ani Pensées quelques opuscules dont les plus importants sont ; l'Entretien avec M. de Saci; — Trois discours sur la condition des grands; — De l'esprit géométrique; — la Préface du Traité du vide; — et les Lettres à ^"° de Roannez,

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nouveau de l'histoire, allait sauver ce principe des conséquences abusives qu'on en eût pu tirer en d'autres temps : Mazarin venait de mourir; Anne d'Autriche allait bientôt le suivre dans la tombe; et Louis XIV venait d'inaugurer par trois ou quatre coups d'éclat son gouvernemeut personnel.

II était jeune alors, le grand roi, galant et maguifique ; et rien n'était moins compassé, moins solennel, moins pompeux que sa jeune cour, ne ressemblait moins à l'idée que l'on s'en forme sur le modèle de ses dernières années.

CiNQoiàHB Époque

De la ' première " des u PrécienBea ridicules »

au début de la querelle des anciens et des modernes.

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