‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 32 sur 74 · I. — François [VI], duc delà Rochefoucauld [Paris · texte numérisé non relu

I. — François [VI], duc delà Rochefoucauld [Paris

■J- 1680, Paris],

1* Les SouacEs. — La Rochefoncauld lui-m&me, dans iet Mémoires [CF. Mémoires du cardinal de Sets et Lettres de M^' de Sévigni] ; — Sainle-BeuTe, Portraits de femmes [M™ de Longue- Tille, M» de Sablé, M""' de La Fayette, M. de la Rocbefoucanld], 1840; — V. Cousin, Madame de Sablé, 1858; — Éd. de Barthélémy, Les Amis de JK"" de Sablé, Paris, 1865; — Gilbert, Ifolice sur La Rochefoucauld eu télé de son ëditioD des Œuvres, Paris, 1858; ~ d'ilaussonville. Madame de La Fayette, Paris, 1891; — J. Bourdeau, La Rochefoucauld, Paria, 1893.

A. Vinet, Les Moralistes français au itii' siècle : La Rochefoucauld, 1837; — PréTOst-Paradol, Études sur les moralistes français, 1865.

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Interrogez plutôt les témoins des débuts du règne : M"" de Motteville en ses Mémoires, M°" de La Fayette dans son Histoire de Madame Henriette, Montglat, Loret dans sa Gazette, Bussy dans son Histoire des Gaule», et Molière en&n, Molière lui-même, l'adroit Molière, dans sa relation des Plaisirs de Vile enchantée. Au sortir de la contrainte un peu mélancolique, chagrine même, du règne précédent, et au lendemain des agitations, puériles, mais pourtant

2° L'HoHHB BT L'ËcRivun. — Sa famille et ea débuts daDs le monde; — le liseur de romaas. — UÂmi de* femmes ; — la duchesse de Cherreuse commence sa fortune; — qu'il compromet

dsDs son aventure avec la duchesse de Longueville; — il se console de ses ambitions déçues dans l'intimité de la marquise de Sablé; — et il termine une rie d'épicurien auprès de la comtesse de La Fayette. — A cette eipérience des choses de l'amour et du grand monde ajoutez celle de la politique; — ou du moins de l'intrigue; — et les qualités ou les défauts du grand seigneur homme de lettres, qui sont : — la supériorité d'aisance et de goût; — la préoccupation de n'être pas dupe; — l'indépendance d'esprit; — et quelque impertinence [Cf. Fénelon et Chateaubriand].

Comment s'est composé le livre des Maximes, — et qu'il est une quintessence de l'esprit précieui. — Les dîners de M™" de Sablé, ses a potages » et ses n confitures u [Cf. Cousin, Madame de Sablé, p. 105 et suii.]. . — La fureur des Maxime» dans le salon de M™* de Sablé. — Comment cette fureur procède, quant au fond, du même état d'esprit que les analyses psychologiques du roman de M"' de Scudéri ; —^ et, quant à la forme, du goût régnant h l'hdtel de Rambouillet. — Premiers écrits de la Rochefoucauld : son Portrait par lui-même. 1659; — ses Mémoires, 1662; — et, à ce propos, de l'état d'esprit d'un homme qui publie lui-même ses Mémoires de son vivant. — La préparation du livre des Maximes. — Ou le communique aux amis [Cf. Gilbert, dans sod édition, 1. 1, Jugements des contemporains , p. 372-398]; — et on le donne même au public sans le lui donner [Cf. Willems, Etude sur la I 1" édition des Maximes, 1864]. — Si celle manière d'éprouver l'opinion était vraiment aussi fréquente qu'on l'a quelquefois prétendu ?

De la valeur des Maximes, et qu'on l'a étrangement surfaite. — La Rochefoucauld a-t-il un système ou seulement une n doctrine a ?

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désastreuses, de la FroDde, une ardeur de divertissement, une avidité de jouir, une sorte de fureur de vivre s'était emparée de la cour, et du prince, et de la brillante jeunesse, hommes et femmes, qui lui faisait cortège. Dans ces jardins « enchantés n de Versailles et de Fontainebleau, — c'est M" de Motteville qui les appelle ainsi, — mille intrigues se nouaient, se dénouaient, s'euchevètraient, se contrariaient, qui faisaient gronder d'indigna-

— Qu'elle ne coDsiste, «'il en a une, qu'à s'eo prendre aux hommea eu général des dérauta de ea propre nature. — Les Maximet ne août que le résumé de son expérience de la vie; — et l'expérience de La Rochefoucauld est bornée de trois côtés : — par sa grande ignorance; — - par l'élroitesse relative du milieu où il ■ vécu; — par son indifférence aux grandes questions. — Banalité de quelques-unes de ses Maximes [Cf. édition Gilbert, Max., 1, 31, 79. 132, 134, 174, etc.]. — Répétitions dans les Maximes [Cf. sur Vamour, 74, 76, 77, 136, ou sur la fortune, 53, 57, 58, 60, 165, 470]. — Absence de composition et d'ordre dans les Maximes. — Le style des Maximes et sa conformité avec l'idée du style précieux [Cf. 4, 115, 175, 252, 355, etc.]. — Si cette préciosité ne va pas jusqu'au galimatias [Cf. 69, 78, 97]?— Mais il en reste quelques-unes qui méritent la réputation qu'on leur a faite : — de réelle ingénioaité [Cf. 165, 182, 218]: — de vivacité [Cf. 19, 367, 370] — et surtout de netteté. — Comment cette dernière qualité, toat à fait rare jnsqu'alors, a sans doute assoré le succès du livre.

Si La Rochefoucauld a été le collaborateur de M'^' de La Fayette ?

— Le mot du Segraisiana : " M"°" de La Fayette disait de M. de La Rochefoucauld : c II m'a donné de l'esprit, mais j'ai réformé son cœur s. — Les premiers romans de M™" de La Fayette : la Princesse de Monlpenaier, 1660; — Zayde. 1670; — la Princesse de Clèves, 1672. — Témoignage à ce sujet de M"-" de Soudéri [Cf. Correspondance de SuMsy-Habutin, éd. Lalanne, III, 340],

— et de ne pas confondre M"' de Scudéri, la femme de Georges, avec Madeleine, sa belle-sceur. — Qu'en dernière analyse, il est difBcile de rien reconnaître dans la Princesse de Clèves qui porte la marque de La Rochefoucauld ; — qu'il est seulement vrai que la Princesse de Ctéves et les Maximes sont également, et en des genres un peu dilTérents, des n fleurs s naturelles de l'esprit précieux; — et qu'il n'y a ni dans les unes ni dans l'autre de trace

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tîoii les pédaiils de vertii, ceux que Molière, du conEeotemeut du roi, peut-être, et en tout cas à son grand contentement, attaquait dans son Tartuffe. Il semblait, — dit un historien, dont je me reprocherais d'emprunter l'idée sans en reproduire aussi la phrase, « il semblait que la volupté s'empressât d'entourer de ses guirlandes et de couvrir de ses fleurs ce trône qu'elle se montrait jalouse de disputer k la gloire » [Cf. Walckenaër, Mémoireê

de « cartésUaisme > ; — mais qu'il est facile d'y en signaler du t jansénisme • [Cf. la préface de la première éditioà\.

De la place de La Rochefoucauld dans la litlératnre de son temps; — et qu'il y a de l'abus à en faire « un grand écrivain >. — Un ■ grand écrivain u est toujours abondant, fécond, et plus varié surtout que ne l'a été La Rochefoucauld. — Mais qu'en revanche, et dans tous les sens du mot, on peut l'appeler o un rare écrivain » : — rare en tant que stérile; — rare en tant qu'original; — et, li où il est bon, rare enfin en tant qu'eiquia.

3" Lii Œuvres. — Portrait de M. de La Rochefoucauld, dans la collection des Portraits de ^"" de Montpeasier, 1659 ; — Mémoires de M. D. L. R., Cologne, 1662, Vandyck; — Réflexions ou sentences, et Maximes morales. La Haye, 1664, J, et D. Stencker, réimprimé par M, Alphonse Pauly, Paris, 1883, D. Morgand. — L'édition vraiment a originale i n'en demeure pas moins l'édition de 1665, Paris, chez Barbin.

Nous avons encore de La Rochefoucauld quelques Opuscules ou fragments que l'on a joints, suivant leur nature, tantôt aux éditions de ses Mémoires, et tantôt aux éditions de ses Maximes; — et une centaine de Lettres.

La dernière édition qu'il ait donnée lui-même de ses Maximes est celle de 1678, contenant 541 maximes au lieu de 314; — la meilleure édition des Œuvres est celle de MM. Gilbert et Gourdault; Paris, 1868-1883, Hachette.

IL — Jean-Bsptiste Poqnelin de Molière [Paris, 1622; 1 1673, Paris].

1» Les SounoEB '. — Bayle, dans son Dictionnaire, article

I. ConMr»!, — moi! .t.o priclulioo, - 1» BitUegrtphU maliiruf- ia U. P.oi L.croLi.

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sur Madame de Sévigné, t. II, Paris, 1844]. Ce n'était que festins, collations, promenades, carrousels, divertissements sur l'eau, « bains en rivière », mascarades, concerts, comédies et ballets, d'où naissait et se dégageait, non sans quelque dommage des mœurs, une politesse nouvelle, moins apprêtée, plus libre que l'ancienne, également éloignée

De la grande raideur des Tertus des TÎenx âges

PoquBLin, 1695; — Grimarest, La Vie de M. de Molière, 1705; — BaiUet, Jugements des savants, a' 1520, t. V de l'éditioD de 1722; — lea frères Parfaict, Histoire du théâtre français, t. X, 1747; — J. Taschereau, Histoire de ta vie et des ouvrages de Molière, 1825, — el 5» édition, 1863; — Bazin, Notes historiques sur la vie de Molière, 1847, 1848, 1849, 1851 ; — Souliâ, liecherckes sar Molière et sur sa famille, Paris, 1863; — Jal, dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, articles Béjaht et Molière, 1864, el 2« édition, Paris, 1872;— J. Loiseleur, tes Points obscurs de la vie de Molière, Paria, 1877; — L, Molnud, Molière, sa vie et ses ouvrages, 2' édition. Paria, 1885; — Henri Chardon. Monsieur de Modène... et Madeleine Béjart, Paria, 1886; — G. Larroumet, la Comédie de Molière, l'auteur et le milieu. Paris, 1887; — Paul Mesnard, Notice, formant le lome X du Molière de la collection des Grands Écrivains de la France, 1889 ; — G. Monval, le Moliériste, 10 volumes, de 1879 à 1689. [Les brochures relatives au passage de Molière dans telle ou telle ville de province, trop uombreuses pour qu'on puisse ici les énumérer, sont presque toutes visées dans ces sii derniers ouvrages.]

Vauvenargues, Héflexions critiques sar quelques poètes, 1746; — Diderot, Entretien sur le Fils naturel, et Essai sur la poésie dramatique. 1758; — Rousseau, Lettre sur les spectacles, 1758; — Chamfort, Éloge de Molière, 1769; — Schlegel, Cours de littérature dramatique, 1809-1814; — N. Lemercier, Cours analytique de littérature, 1810-1816, t. II;— Sainte-Beuve, dans ses Portraits littéraires, 1835; dans son Port-Boyal [livre III, ch. 15 et 16]; et dans ses Nouveaux Lundis, 1864 ; — P. Stapfer, La Petite Comédie de la critique littéraire. Paris, 1866; — Louis Veuillot, Molière et Bourdaloue, Paris, 1863 el 1875; — F. Brunetière, La Philosophie de Molière [Études critiques, t. IV] et Les Époques du théâtre français; ~- î. Lemaitre, Impressions de théâtre, 1886-1896.

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et des cérémonies de la préciosité, qu'elle rendait les unes et les autres diversement, mais également ridicules. Elle s'insinuait rapidement, dans les manières d'abord, qui devenaient à la fois plus élégantes et plus naturelles; dans le langage, qu'elle achevait d'épurer; dans les sentiments, qui devenaient plus subtils et plus compliqués. Le succès du Misanthrope en 1666, celui A'Andromaque en 1667, celui d^ Amphitryon en 1668 en célébraient le

F. Génin, Lexique comparé de Molière, Paris. 1845; — Paringault, Dt la langue du, droit dans le théâtre de Molière, Paria, 1861;

— Alexandre Dumas fils, daas la préface d'Un père prodigue , 1S68; -- EdmoDd Scherer, Une hérésie liiiéraire, 1882; — Ch. LiTet, Lexique comparé de la langue de Molière, Paris, 1895-1697.

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