IV.— Jacqoes-Bénlgne Bossnet [Dijon, 1627;-}-1704, Farii
i^hnB SouKCBB. — Lëvesquede Burigny, Vie de Boasuet, 1761 ; — cardioal de Bausaet, Histoire de Bossuet, Paris, 1S14; — Ploquet, Éludes sur la vie de Boasuet, Paris, 1855; et Boaauet précepteur du dauphin, Paris, 1S64; — abbé GueUée. Journal [i vol.] ei Mémoires i'3 vol.] de l'abbé Le Dieu, Paris, 1856; — abbé Rënume, Histoire de Jacques-Bénigne Boasuet, Paris. 1869; — abbé Delmont, Quid conférant latina Bosauetii opéra ad cognoscendam illius vitam... Paris, 1896.
P. delà 'Ryxe, Oraison funèbre de Bossuet, 1704; — Manry, £m(ii sur l'éloquence de la chaire, 1777; — Dom Deforis, ses Notice*, sa t&te des volumes de 1» première édition des Sermons de Bossuet, 1732; — Jacquioet, les Prédicateurs du itii* siècle avant Boasuet, Paris, 1863, et 2" édition, 1885; — abbé Vaillant, Étude aur les sermons de Boaauet, Paria, 1851; — Gaudar, Bossuet orateur, Paris, 1867; et, à cette occasioD, Edmond Scherer, dans ses Études, 1867; — abbé Lebarq, Histoire critique de la prédication de Bossuet, Paris, 2' édition, 1891 ; -^ Preppel, Boasuet et l'éloquence sacrée au xvii' siècle, Paris, 1893 [leçons profesaéea à la Sorboone eu 1355, 1856, 1857].
Gérin, Recherches sur l'assemblée du clergé de France en 1682, Paris, 1870, 2^ édition; — abbé J.-T. Loyson, PAssemblée du clergé de France en 1682, Paris, 1870 [Cf. les libres de J. de Maistre, Du Pape et De VÉglise gallicane, dont le second enrtout est dirigé contre Bossuet].
Voltaire, Essai sur le» mœurs; — Turgol, Discour* de Sorbonne et Fragments historiques, dans la collection de ses Œuvres, t. II; — Herder, Idées sur la philosophie de l'histoire de l'humanité.
Bëbelliau, Bossuet, historien du protestantisme, Paris, 1891.
Abbé Bellon, Bossuet, directeur de conscience. Paria, 1895.
Abbé de la Broise, Bossuet et la Bible, Paria, 1890.
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.des Espagnols ou des ItalieDS, dos écrivains croiraient donc désormais trahir a la pensée du règne n, et faire publiquement acte d'ingratitude envers le roi qui les protège. C'est pourquoi, dans les œuvres les plus admirées de la précédente génération, — la Jérusalem délivrée du Tasse, par exemple, et la Diane énamourée de Georges de Montemayor, — ils ne veulent plus voir, pour eux, que l'obstacle qui les a trop longtemps détournés d'être
Th. Delmont, Boatuel et les saints Pérès, Paris, 1896.
Tabaraud, Supplément aux hitfoiret de Bo»suet et de Fénelon, Paris, 1822; — A. Bonnel, la Controverse de Bosauet et de Fénelon sur le qaiitisme, Mâcon, 1850; — Guerrier, Madame Guyon, sa vie et sa doctrine, Paris, 1881 ; — Crouelé, Bossuet et Fénelon, Paris, 1894.
Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. X, 1854 ; t. XII, 1856 ; t. XIII, 1857 ; et Nouveaux lundis, t. XII. — Poujoulat, Lettres sur Bossuet, Paris, 18-54; — G- Lannon, Bossuet. Paria, 1891.
2° La Vie, lr Rôle it l'Influbuck de Bobsuet. — Que Bossuet n'ayant jamais écrit une ligne qui ne fût un acte, l'hietoire de sa vie et celle de son œuvre sont donc inséparables. — Son origine, et qu'il importe de noter qu'il sort d'une famille de magistrats; — ses études à Dijon [collège des Godranej; — et i Paris, au collège de Navarre, et en Sorbonne. -^ Il est ordonoé prftre et nommé archidiacre de Sarrebourg, 1652; — son séjour à Metz [Cf. Floquet, t. II, et Gandar, Bossuet orateur] ; ~^ et que, de 1653 à 1659, c'est à Metz qu'il a comme arrêté presque toutes ses idées. — Si Bossuet B eu des doutes î — et comment il faut entendre la question. — Observation sur son caractère, et que peu d'hommes oat moins t^Bsembté * leur style. — Qu'il ne semble pourtant pas que ses doutes aient jamais ébranlé chez lui le fondement de la foi. — Dans quelle mesure ses perplexités ont ressemblé i celles de Pascal, et dans quelle mesure elles en ont diCTéré. — De la prédilection de Bossuet, parmi les Pères grecs pour saint Jean Chryaostome, et parmi les Pèrea de l'église latine pour saint Augustin. — Si, dans sa vie studieuse, il n'a pas un peu négligé d'étudier les hommes?— DiCrérence i cet égard de Pascal et de lui, —Son premier écrit public : la Réfutation du catéchisme de Paul Ferry, 1655. — Ses premiers sermons [Cf. Gaodar, et surtout Lebarq, Histoire critique]. — D se fixe à Paria, 1659.
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eax-mêmea. Lisez plutôt à cet égurd la Dissertation de. Boileau sur Joconde, — qui est l'une de ses premières oeuvres, — et voyez avec quelle assurauce il y doune à La Fontaiae, dans un sujet emprunté de l'Arioste, la supériorité sur l'Arioste I C'est comme s'il disait que le fond n'est rien, dans l'œuvre d'art, c'est la forme qui est tout; et, tout le monde admettant d'ailleurs que les Grecs et surtout les Latins sont à peine des étrangers pour nous,
A. Les Sermons de Bosaaet. — Histoire dea Sermoa» de Bossuet [Cf. Lebarq, fHstoire erUique). — Il a proche à Paria : le Carême de 1660, aui Minimea de la Place Royale; — le Carême de 1661, «ni Carmélitea da faubourg Saint-Jacques ; — le Carême de 1662, k la cour; -^VAveni de 1665. à la cour; —le Carême àe 1666, 1 la cour; — VAvent de 1669, i Saint-Thomaa du Louvre;
— et VAvent de 1669, à la cour. — Il faut dater environ du ia$me temps VOraison funèbre de Nicolas Cornet, 1663; et ceUe de la reine d'Angleterre, 1669. — Celle-ci est le second écrit qu'il ait fait imprimer, sur les instances de Madame, dnchease d'Orléans. Les trois manières de Bossuet. — La première est surtout a théologique et didactique n [Cf. Sermon sur la Bonté et la Rigueur de Dieu; — Premier sermon pour le Vendredi Saint; — Panégyrique de saint Gorgon; — Panégyrique des saints Anges gardien»\. — Les Sermons de cette manière sont plus longs; — plus embarrassés de dissertations; — moins habilement eom* posés; — d'un réalisme de termes quelquefois excessif; — mais par cela même plus * colorés ■. — Le chef-d'oeuvre de cette première manière est le Panégyrique de saint Paul, 1657, — oft d'ailleurs on peut voir aussi bien l'annonce de la seconde manière.
— Celle-ci est surtout o philosophique et morale « ; — quoique non pas dti tout pour cela n laïque v ; — et d'ailleurs pourvu qu'on ne prenne pas ces distinctions au pied de la lettre [Cf. Sermons : sur la Providence, 1656 et 1662, — sur la Mort. 1662, — sur l'Ambition, 1662 et 1666, — sur le Délai de la conversion, 1665, — sur la Justice, 1666, — pour la fête de la Toussaint, 1669], — Bossuet s'elTorce de démontrer, comme Pascal, qu'indépendamment de tant d'autres raisons qui commandent d'y croire, la religion est encore, de toutes les o philoaophiPs o, celle qui explique le mîeuï l'homme et la nsture. — La composition, plus libre, est aussi plus originale; — le style, moins coloré peut-être,
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mais plutôt des ancètree, c'est d'abord eD se libérant, par l'originalité de la forme, de toute influence étrangère, que la littérature devient véritablement nationale.
Elle le devient, d'une autre manière, en développant dès lors, de son propre fond, et comme à l'abri de toute action du dehors, des qualités plus intérieures, assez ditiliciles à déBuir, et dont la nationalité se reconnaît à ce signe que les étrangers ou ne les voient pas, ou ne
a ploB d'amplenr et de mouvement, est plus oratoire ou a lyrique t même. — Enfin, et ai l'on ne tenait compte que des Sermons proprement dits, la troisième manière serait plntât « homilélique o,
— et on vent dire, moins tendue, plus indulgente, moins autoritaire surtout ; — l'eaprit de la Bible ou de l'Ancien Testament y occupe moins de place, et celui de l'Évangile une plus grande [Cf. les Sermons pour la Pentecâle, — [troisième) pour la fêle de la Circoncision ; — (troisième] pour le jour de Noël]. — On a moins de Sermons de celte dernière manière; — Bossaet improvisant avec pins de liberté, sans doute; — et il faut se souvenir qu'ils sout contemporains dos grandes Oraisons funèbres.
Lee contemporains ont-ils apprécié les Sermons de Bossaet h leur ïaleur? — Témoignages à ce sujet [Cf. Éludes critiques, t. V, l'Éloquence de Bossuet]. — Qu'il semble qu'en tout cas la gloire du coDtroversiste ait nui à celle de l'orateur. — Que, de dire de Bossuet qu'il était trop supérieur à son auditoire pour en être apprécié, c'est se tromper étrangement sur des auditeurs qui étaient les lecteurs de Pascal et les spectateurs de Racine. — D'un mot de Nisard à ce sujet. — C'est méconnaitre également la manière dont agit l'éloquence. — Que si, comme le dit Voltaire, < Bossuet ne passa plus pour le premier prédicateur quand Bour~ daloue parut n ta raison en est bien simple ; — c'est que Bonrdaloue aborde les chaires de Paris au moment où Bossuet en descend, — pour n'y plus remonter qu'à de rares intervalles ; — t partir de sa nomination comme évèque de Coadom, 1669; — et comme précepteur du Dauphin, 1670.
B. Du rôle de Bossuet à la cour. — U publie son Exposition de la doctrine de l'Église sur les matières de controverse, 1671;
— il essaie de détacher Louis XIV de M°" de Moutespan; — ses Lettres au roi, 1675; — sa Lettre au maréchal de Bellefonds , 1675.
— Si Bossuet a manqué de cour.nge dans cette occasion? — et que
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les sentent point. Telles sont, entre autres, les qualités que nous goûtons peut-être le plus dans Racine : profondeur, subtilité d'analyse ou d'observation morale; négligence apparente mais étudiée du style, dont le contour sinueux imite en quelque sorte ce qu'il y a de plus caché dans les mouvements de la passion ; harmonie des proportions ; et, généralement, tout ce que la forme oratoire de sa tragédie semble, en vérité, dérober à tous ceux qui n'ont
voudrait-oD qu'il eût fait davaotage ? — De l'édocation du Dauphin, et cDiDQieiit BoBSuet l'a dirigée [Cf. la Lettre au pape Innocent XI, du 8 mars 1679]. — L'affaire de la régale et l'assemblëe du clergé. [Cf. Géria et Loyson]. — Si Louis XIY eût ilé jusqu'au schisme? — Le Sermon sur l'unité de l'Église, 1681. — Comment ses origines parlementaires; — son éducation de Sorbonne; — une complaisance de sujet Ëdèle ou de bon Français; — et l'idée qu'il se faisait du pape Inuoceot XI portaient Boasuet à l'attitude qu'il a prise i cette occasion. — Paroles car noté ris tiques de Joseph de Maistre dans son livre De VÈglise gallicane [Liv. II, cb. 8]. — Les quatre articles. — Mariage du Dauphin, 1680; — Bossue t est nommé aumdaier de la Dauphine, 1680; — et, l'année suivante, évËque de Meaux.
C. Le Discours sur l'histoire universelle. — Le Discours esl, de tous les écrits que Bossuet a composés pour l'éducation du Danphin, le seul qu'il ait publié lui-même. — . Des raisons qu'il a eues de le publier; — et qu'elles sont analogues à celles de Pascal lorsqu'il composait son apologie. — D»s objectious que I'od a faites au Discours, et que les unes ne lieDueut pas compte que le Discours que nous avons devait être suivi d'un second. — Qu'il y en a d'autres qui proviennent de ce qu'on le lit mal, et qu'on en néglige la seconde partie : la Suite de la Religion, — Que cependant celte seconde partie est la plus importante ; — en ce sens que Bossuet y répond : aux attaques des s libertins t contre la religion ; — nu Traité tkéologico-poUtiqiie de Spinoza; — et à la naissante exégèse de Richard Simon. — Beauté du plan du Discours. ~~ Simplicité, vigueur et majesté du style. — Dans quelle mesure, l'crudîtion moderne a-t-elle ruiné le Discours sur l'histoire universelle? — Aven de Renan sur ce point; et que le dernier cITort de 8* ■ philologie > a été de reconnaître qu'il n'y avait que • trois histoire* de premier intérêt : la Grecque, la Romaine et la Juive •;
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pas ea naissant respiré l'air de France. Telles sont aussi quelques-unes des qualités de Bossuet. On rend universellement justice à la force et k la précision de sa langue ; on admire en lui l'historien et le controversîste ; on rend hommage à l'orateur, plus abondant que Cicéron et plus nerveux que Démosthène : je ne sais ai l'on apprécie hors de France tout ce qu'if y a de naturel, de simplicité, j'oserai dire de familiarité sous la splendeur de cette inimi-
— et que par coasëquenl d'acheminer les deax premières jusqu'à leur reuconlre avec la troisième, quand ce ne serait qu'une méthode, ce serait encore Ja bonne. — Que, ce poiot accordé, les jugements particuliers de Bossuet conservent une valeur « scientiGque s réelle; — et contiennent dea obserTations dont on n'a depuis lui dépassé ni la justesse ni la profondeur. — Ajoutez qu'il a fondé dans U littérature européenne la n philosophie de l'histoire > [Cf. Robert Flint, la Philosophie de l'histoire].
D. La grande idée de Bossuet : la réunion des Églises. — Qnelles raiaons il a eues de croire cette réunion possible. — l'Iombreuses conversions aniquelles il a coopéré. — La conversion d« Turenue. — Embarras des protestants k réfuter la doctrine de l'Expotilion. — ha Conférence avecM. Claude, 1682. — Les grandes Oraisons funèbres. — Les progrée du i libertinage s et l'Oraison funèbre d'Anne de Goniague. — L'Oraison funèbre de Michel Le Tellier et la révocation de l'Édit de Nantes. — Que, comme l'idée de la Providence domine toute la philosophie de Bossuet, l'idée ou le r&ve de U réunion des Églises domine toute sa controverse.
— Que par là s'expliquent : — son indulgence [Cf. Ingold, Bossuet et le Jansénisme, Paris, 1B97] pour le jansénisme; — sa sévérité contre les casuietes; ~ son rôle dans rassemblée de 1682; — et sa méthode apologétique. — Entre protestants et catholiques il n'y a pour lui qu'une question, qui est la question de l'Église; — et il n'a entrepris son Histoire des variations que pour montrer à quels signes certains se reconnaissait la véritable Eglise.
Ê, L'Histoire des variations des églises protestantes, 1688. — ■ Discussions récentes à ce sujet [Cf. Rébelliau, Bossuet historjen] — et que Bossuet, dans ce grand livre, a fait vraiment oeuvre d'historien. — Solidité de son érudition; — finesse et impartialité de sa critique. — Que d'ailleurs dans ce livre trop peu lu se trouvent quelques-unes des plus belles pages de Bos-
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table éloquence, combien peu de rhétorique et d'apprêt, quelle absence d'amoar-propre et de vanité littéraire I Et La Fontaine encore, combien y a-t-îl d'étrangers qui comprennent ce que nous avons d'admiration singulière pour cet alliage, unique en lui, de nonchalance épicurienne, de malice gauloise, et de pure poésie? Ils ont peine surtout à concevoir que « le plus rrançais de nos poètes » soit en même temps le plus a inspiré des
«net. — Les portraits dans l'Histoire de» variations; — les narralioos; — U dialectique. — Sobriété, force et rapidité du style de BoBsuet. ^ Effet produit par l'Histoire des variationa. — Elle est attaquée par Buroet, et par Jurieu, daos ses Lettres pastorales. — BosBuet répond s Burnet dans sa Défense de l'Histoire des fariations, 1691; — et à Jariea par ses Avertissements aux Protestants, 16S9-1691. — Comment les Avertissements font corps ftYcc l'Histoire des variations , ^ hea troi» première Avertissements [Cf. PresBensé, tes Trois premiers siècles de l'Église chrétienne; et Ad. Haruak, Lehrbuch der Dogmen Gesckickte, 2° édition, Fribourg, 1888-1690}; — le quatrième Avertissement, sur le Mariage chrétien; — le sixième Avertissement; et si Boseoet n'y a pas prévu, indiqué et décrit par araoce l'évolution du proteatantisme contemporain? — Qu'en tout cas, le problème est toujours de savoir comment on conciliera l' individualisme protestant avec la prétention du protestant isme à former des églises. — De la clarté souveraine dont Bossuel a illuminé ces questions difficiles et obscures ; — et qu'il n'y a rien de plus oratoire, même dans ses Sermons, que dans les Avertissements, ou dans l'Histoire des variations.
F. Autres travaux de Bossuet. — Sa Defensio cltri gallicani [ouvrage posthume]. — Sa Défense de la tradition et des saints Pères contre Richard Simon. — Du respect de Bossuel pour la tradition. — Le jugement de l'envoyé de Brandebourg sur le rdie de BosBuet [Cf. Èzéchiel Spanhcim, Relation de la cour de France en 1690]. — Correspondance avec Leibnit [Cf. Foucher de Careil, Œuvres de Leibniz, t. I et II, Paris, 1867]. — Les Maxime» sur la comédie, 1693. — L'affaire du quîétisme. — Comment Bossuet s'y est trouvé mêlé sans y avoir songé. — Importance de la question, et comment elle s'est compliquée d'une question polilique; — le parti du Dauphin et le parti du duc de Bourgogne
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anciens »; et qn'un recueil de Fables, dont il n'y en a pas une qui ne soit empruntée de quelque source étrangère, ne soit cependant qu'une perpétuelle création.
Ce n'est pourtant pas tout encore, et dans toutes ces œuvres, ce que je trouve de plus national, c'est l'impossibilité même d'y séparer ce qui est proprement et purement français de ce qu'elles contiennent d'universel. Elles sont universelles ; et on ne conçoit pas qu'elles eussent
[Cf. la corresponiliince de Madame, duekeste d'Orléans]. — Du rôle que Boieuet a teou dans la controverse. — Comment il compreod le mysticÏBroe [Cf. dom Mackey, son introduction an Traité de l'Amour de Dieu, de Saint François de Sales]. — \j' Instruction sur les États d'oraison etla Relation sur le quiétisme, 1697-1698. — Que, s'il a manqué de a charité a dans l'ardeur de la lutte, ses adversaires y ont manqué de franchise. — Les dernières anot^es de Boesuet [1700-1704]. — II met la dernière main à ses anciens travaux. — Il achève sa Politique ; — ses Élévations et ses Méditations ;
— il reprend sa Défense de la tradition et des saints Pères,
— Son œuvre de direction. — Ses préoccupations de famille, et sa faiblesse pour son neveu. — Ses solïic;! talions auprès du roi. — S* mort.
G. les Élévations sur les mystères et les Méditations sur l'Évangile. — Dans quelles conditions ont été composés ces deux ouvrages; — el que Bossuet y a voulu faire passer la substance de sea anciens sermons. — C'est ce qu'il a fait aussi dans sa Politique [Cf. les sermons sur les Devoirs des rois el sur la /ustice].
— Qu'il est possible encore qu'il y ait dans les Méditations et les Élévations quelque chose de ce que Bossuet avait dû rapprendre pour combattre Fénelon. — Plan des Élévations et des Méditations. — Originalité des premières, et leur portée philosophique.
— Les premières semaines des Élévations contiennent quelquesunes des plus belles inspir.ntions de Bossuet. — De l'accent de tendresse des Méditations ; — et, à ce propos, de la douceur du caractère de Bossuet. — Témoignages il ce sujet ; — du Père de la Rue, dans son Oraison funèhie; ~ de l'abbé Le Dieu, dans sou Journal; — de Saint-Simon, dans ses Mémoires. — Que les titres mêmes des Méditations el des Elévations nous révèlent ce qu'il y a de lyrique dans le tempcrameut de Bossuet [Cf. les Élévations de Vigny, les Méditations de Lamartine). — Que. pour cette raison,
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pu naître ailleurs qu'en France, et aa xvu" siècle! Et ccpcodant, d'être de tous les temps et de tous les pays, non seulement cela ne fait point qu'elles ne soient aussi du leur, mais il semble qu'une part au moins de leur originalité consiste en cela même. A cet égard, elles sont l'équivalent de la peinture italienne de la renaissance ou de la sculpture grecque de la grande époque, dont il faut bien que les chefs-d'œuvre soient nationaux de leui
les Élévûlions et lea Méditaliona formeat peut-être eneetnble le plus a perBODnel b des ouvrages de BoBsuet; — et qu'aiaai. en le ramenant aux préoccupations de ses débuts, elles terminent harmonieusement sa vie : — après l'enthousiasme de la jeunesse, les agitations, les inquiétudes, les combats de l'âge mAr; — peut-être aussi les faiblesseH ; — et, pour finir, la retraite dans le sancluairc des hantes idées et de l'espérance.
H. De l'influence que Bosauet a exercée sur ses contempO' rains, - — et de l'injustice du reproche qu'on lui fait [Cf. Sainte- Beuve, dans son Port-Boyal, et Renan, Introduction à l'Histoire de l'Ancien Testament de Kuenen] de n'avoir pas deviné Voltaire. — Comment, au contraire, une partie de son œuvre est dirigée contre t les libertins b ; — eominent une autre a pour objet d'empêcher qu'on augmente les difficultés de croire; — et comment une autre enfin prouve qu'il a compris qne le premier danger que courût sa religion était dans la division des cliréliens [Cf. Sermons sur la Vérité de la religion, 1665* — VOraison funèbre de la Princesse palatine, 16S5 ; — la Lettre à un disciple du P. Malehranche, 1687; — le sixième Avertissement aux protestants. 1691], — Qu'il a également bien vu où tendait la critique de Richard SimoD; — et qu'on ne peut raisonnablement lui fnire un grief de n'avoir pas admis que la Bible fût un livre de la nature de l'Iliade ou du Bamayana. — Qu'eii réalité Bossuet, pendant près d'un siècle, a été le maître de la pensée orthodoxe; ^- qu'à ce titre c'est contre lui que les « philosophes t porteront bientôt leur principal eObrt; — et que, pour cette raison, on ne saurait comprendre Voltaire, si l'on ne connaît d'abord Bossuet.
3° Les Œuvkes. — Ou peut distinguer les Œuvres de Bossuet, qui ne forment pas moins d'une quarantaine de volumes [dans l'édition de Versailles] en OEuvres d'exégèse; — Œavres d'édification et de piété; — Œuvres de controverse et de polémique;
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universalité même, puisqu'en&D on les a partout imités et cependant nulle part, je ne veux pas dire égalés, mais reproduits seulement. Ainsi la tragédie de Racine, ou la comédie de Molière ; et s'il est difficile d'éclaircir le mystère, ce n'est pas toutefois une raison de le nier. Naturelles en tant ç^ukumaines, disions-nous tout à l'heure; et maintenant il nous faut dire : nationales en tant qu'universelles, et universelles en tant que nationales.
— Œuvre* compOBéeB pour l'inetructioo du Dauphin; — HQEuvres
A. Sei Œuvres d'exégèse pous apparliennent à peine, comine étant écrites en lalio ; — et celles qui sont écrites en français, — comme son Explication de l'Apocalypse, 1689; et ses deux Inslruclions sur ta version du Nouveau Teslamenl imprimé à Trévoux, 1702, 1703, — faiaaQt aussi bien partie, ou mâme à plus juste titre, de sep Œmres de controverse.
B. Ses Œuvres d'édification et de piété, sans parler de ses Œuvres pastorales, peu nombreuses d'ailleurs, compreuDeut : ses Œuvres oratoires. Sermons, Panégyriques et Oraisons funèbres;
— ses Élévations sur les mystères, ses Méditations sur l'Evangile ;
— et ses Lettres de direction.
De cette collectioD unique, il q'b pam, du vivant de Bossuet, que les six grandes Oraisons funèbres. 1670, 1670, 1683, 1685, 1686, 1687; et le Sermon dit de i'Uailé de l'Église, 1682.
Les Elévations et les Méditations, qu'il avait lui-même destinées i l'impression, n'ont paru qu'en 1727 et 1730-1731, par les soins de son neveu, l'évêque de Trojes.
Les Lettres de direction, presque toutes adressées à des religieuses, et dont les plus importantes sont les Lettres à la sœur de Saint-Bénigne [ti"" ComoaDJ et les Lettres M"^' d'Albert de Luynea, ont été publiées, les premièrea en 17i6 et 1748, les secondes en 1776.
Quant «oï Sermons, qui existent pour le plus grand nombre en manuscrits à la Bibliothèque nationale, ils ont paru pour la première fois, de 1772 à 1778, par les soins de Dom Deforis. Ils ont été révisés par M. Lacbat, pour son édition des Œuvres. Paris, 1862 et ann. suiv.. Vives. Enfin et plus récemment ils ont été de nouveau révisés, et classés pour la première fois dans l'ordre chronologique, par M. l'abbé Lebarq. dans son édition ses Œuvres ora-
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Un troisième caractère en dérive, on s'en compose, explique les autres et s'explique par eux, qui est qu'en même temps que du désir de plaire, toutes ces œuvres sont animées de l'ambition d'instruire, didactiques on morales, dans le sens élevé, dans le sens large de l'un et l'autre de ces deux mots. Que ce caractère s'aperçoive d'abord, et, presque sans métaphore, qu'il saute aux yeux dans un sermon de Bossuet ou de Bourdaloue, dans un
toires de Bouuet, Paris, 6 to). îa-8*, 1890-1896; Déniée et de Brouwer.
C. Les Œuvres composées pour l'éducation du Dauphin, — ou, pour mieui dire, k l'occasioa de l'éducation du Dauphin, sont ; 1» le Discours sur l'histoire universelle, publié par BosBuet luî-
' même en 1681 ; — 2° la Politique tirée des propres paroles de l'Écriture Sainte, publiée par eon neveu, avec la Lettre au pape Innocent XI sur l'éducation du Dauphin [en latin], 1709 ; — 3* le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même, publié pour la première fois, en 1722, comme étant de Fénelou, dans les papiers duquel on l'arait retronvé, et pour la seconde, sous le nom de son ïérilable auteur, en 1741; — enfin 4°, un Abrégé de l'hitloir» de France qui n'a paru pour \a première fois qu'en 1747.
On range aussi dans cette classe le Traité du libre arbitre, publié par l'éyêque de Trojes en 1731, mais nous stods peine A croire qu'il ait été composé pour l'éducation du Dauphin.
D. Les Ouvrages de controverse comprennent : 1° Les ouvrages Contre les protestants, dont les principaux sont •.l'Exposition de la doctrine de l'Eglise catholique en matière de controverse, 1671 ; la Conférence avec M. Claude, 1682; — l'Histoire de» varialions des églises protestantes, 1638; — les six Avertissements aux protestants, 1689-1691; — et les deux Instructions sur les promesses de l'Eglise, 1700 et 1701, II y faut joindre le recueil do Dissertations et de Lettres, composées dans la vue de réunir le» protestants d'Allemagne à l'Église catholique, publié pour la première fois en 1753, complété dans tes éditions successives des Œuvre», et, par M. Foucher de Careil, dans les deux premiers volumes de son édition inachevée de Leibniz, 1867.
2* Les ouvrages relatifs au Quiétisme, dont les principaux sont : — l'Instruction sur les états d'oraUon, premier traité, 1697; et second traité, retrouvé seulement de nos ioars, 1897; — le recueil
chapitre de Malebraoche ou dans une Satire de Boileau, rien de plus naturel, si même ce n'est un peu de naïveté que d'en faire ici la remarque. 11 est déjà plus intéressant de retrouver la même intention dans les Maximes de La Rochefoucauld et dans les Fables de La Fontaine, de tous ces grands écrivains le plus irrégulier sans doute, et celui que l'on se plaît, trop volontiers peut-être, à regarder de nos jours comme une exception en son temps. Parce
intitulé : Divers écrits sur le» Maximes des saints, 169S; — et la Ilelation du quiétisme, 1698. ^ II y faut joindre une volumineuse Correspondance, qui n'a paru qu'en 1788.
2" Les ouvrages relatifs à la Question Gallicane, presque tons composas en latin.
4° Eofin les ouvrages relatifs à R, Simon, et dont les principaux' sont : — les Instructions sur la version du Nouveau Testament imprimé à Trévoux, 1702 et 1703; — et la Défense de la tradition et des Saints Pères, qui n'a paru qu'eu 1753.
E. Une dernière classe peut être formée des Écrits ou Opuscules divers et de la Correspondance de Bossnet. Nous nous bornerons à citer parmi ces écrits : — les Maximes sur la comédie, 1 694 ; — le Traité de la concupiscence; — le Traité du libre arbitre. 1731; — le Traité de l'usure, 1753; — et uue Correspondance considérable. . [Cf. U.-M. Boureeaud : Histoire et description des manuscrits et éditions originales de Bossuet, Paris, 1897.]
Les meilleures éditions de Bossuet sont l'édition de Versailles, eu 43 volumes 10-8°, Versailles, 1815-1819, de l'imprimerie de Lebel ; — et l'édition de M. Lâchât, 31 volumes in-8», Paris, 1862, Vives. — Il y faut joindre aujourd'hui l'édition des ÛEutrej oratoires donnée, comme nous l'avons dit, par l'abbé Lebarq, Paris, 1890-1896.