‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 45 sur 74 · VIII. — Cliarles Pinot Dnclos [Dinan. 1704; f 1772, Paris · texte numérisé non relu

VIII. — Cliarles Pinot Dnclos [Dinan. 1704; f 1772, Paris

1* Lbb Sources. — Duclos , ses Mémoires (inachevés) ; — Mise d'Ëpinay, Mémoires; — Nouai de la Houssaye (neveu de Duclos), Éloge de Duclos, 1806; — Vîllenave, Notice, en tète de •ou édition des Œuvres, 1821 ; — Sainte-Beuve, Causeries du

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à la connaissance de Vesprit humain, comme celui de l'Esprit des Lois, comme celui de l'Essai sar les mœursi, n'ont fait que leur donner une forme littéraire, en les appropriant chacun à son sujet, à son vague « dessein », et à sa nature d'esprit.

Une autre idée, vers la même époque, achève aussi de se déterminer : c'est cette idée de progrès que nous avons vue se dégager, il y a quelque cinquante ans, de la querelle des anciens et des modernes ; qui depuis s'est comme enrichie de tout ce que perdait le respect de la tradition; et qui pénètre maintenant jusque dans le sanctuaire de la routine : on veut dire en Sorbonne. Si les Voltaire et les Montesquieu ne l'ont pas eux-mêmes nommée du nom que nous lui donnons, croirons-nous qu'ils n'aient pas eu pour cela « le pressenti^ment du grand rôle qu'elle allait

lundi, t. IX, 1853; — Laci«a Perey et G. Haugras, la Jeunesse de Jtr^ d'Épinay, Paris, 1882; — L. Brunel, lea Philosophes et l'Académie française au imi* siècle, Paris, 1884.

2" L'EcHiTjUH. — Sa jeunesse libertine, — et ses allures volontiers cyniques, — Originalité de son humeur; — et médiocrité de BOD talent, — Ses romans : Histoire de la baronne de Lttz, 1741 ; — et les Confessions du comte de.... 1742; — et qu'ils sont de la famille de ceui du jeune Crébillon; — c'est-à-dire aussi indécents, aussi enouyeui, et sans doute aussi taax. — Son Histoire de Louis XI, 1745, est à peu près illisible aujourd'hui.^ En revanche, ses Considérations sur les mœurs de ce siècle, 1750. — qui sont assci proprement écrites, — contiennent sur dilTérenls objets des remarques assez intéressantes; — et utiles surtout i l'intelligence des mœurs de son temps [Voyez notamment le second chapitre, sur l'Éducation et les préjugés; — le cinquième, sur la Réputation, la célébrité, la renommée et la considération; — le septième, sur les Gens à la mode; — le onzième, sur les Gens de lettres"]. — Le succès de ce livre a d'ailleurs été considérable; — nul homme de lettres k son heure n'ayant été plus i la mode que Dudos; — et n'ayant su mieux gouverner sa fortune. — 11 a su aussi très bien défendre son indépendance; — et sa dignité; — non seulement contre les gens en place ou les gêna du monde, — mais surtout

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remplir sur la scène du monde u? Nous les aurions donc las (l'une manière bien distraite, car le fait est qu'ils en sont pleins. Douterons-nous que Montesquieu ne sAt ce qu'il disait quand il écrivait que u tes lois humaines, — par rapport aux lois de la religion, — tirent leur avantage de leur nouveauté » [Cf. Esprit des Lois, XXVI, ch. 2J, ou Voltaire, quand il se faisait toute une affaire avec son Afondain? Mais ce que nous ne craindrons pas d'affirmer, c'est qu'il avait lu Voltaire et Montesquieu, si même il ne s'inspirait d'eux, le jeune bachelier qui s'esprimait en ces termes dans un Discours daté de 1750 : « On voit s'établir des sociétés, se former des nations qui tour à tour dominent d'autres nations, ou leur obéissent L'intérêt, l'ambition, la vaine gloire, changent perpétuellement la scène du monde et inondent

contre les gens d« lettres ses oonfrèrea ; — et particuliéremeiit coDtre les EucyclopédisleB. — C'est ce qnî donne ison personnage une Bignification que n'ont pas sea œuvres; — et c'est pourquoi son nom mérite vraîmenl d'être retenu.

30 Les Œuvbbs. — En dehors de ses Romani, de son LouU XI, et de sea Considérations, tta a de Duclos :

1° Un certain nombre de Mémoires dans le Recueil de l'Académie des Inseriptions, dont les deux plus importants sont relatifs à l'Origine et les révolutions des langues celtique et française; — une édition aunotëe de la Grammaire de Port-Rojal, 1754, et imprimée d'après un nouveau système d'orlhograplie; — \a Préface de la 4* édition du Dictionnaire de l'Académie, 1762;

11 Dca Mémoires secrets sur les régnes de Louis Xlf et de Louis XV, qui n'ont paru qu'en 1791 ; et dont l'intérêt a beaucoup diminué depuis la publication de ceux de Saint-Simon;

3° Des Considérations sur VItalif'\lf>(,'\H')'\, également publiées pour la première fois en 1791 ;

4* Un Essai sur les corvées, 1759, et des Réflexions sur le même sujet, 1762, qui sont bien du même auteur, sans qu'il soit d'ailleurs absolument pronvé que cet auteur soit Duclos.

L'tSdition la plus complète des Œuvres de Duclos est celle de Villenave, Paris, 1821.

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la terre de sang, mais au milieu de leurs ravages, l'esprit humain s'éclaire, les mœurs s'adoucissent, les nations isolées se rapprochent les unes des autres, le commerce et la politique réuuissent enfin toutes les parties du globe, et la masse totale du genre humain, par des alternatives de calme et d'agitation, de biens et de maux, marche toujours, quoique à pas lents, vers une perfection plus grande a [Cf. Turgot, Œuvres, édit, Daire, t. II]. Sans rien vouloir ôter à Turgot de son mérite, ni des honneurs qu'on lui rend, il est permis de faire observer qu'il n'y a pas un mot dans ce passage, ni d'ailleurs une ligne dans tout son Discours, qui ne rappelle quelque endroit de YEsprit des Lois ou de VEssaisur les mœurs. Il en traduit encore plus manifestement l'esprit même, si Voltaire n'a ■mqa son Essaiaurles /rtixu/'s qu'à dessein de montrer la

HniTiÉMB Époque Ii'Eiio7olopédie et leB EncyclopéâieteB.

1° Les Sources. — Les Mémoire» et Corretpondances du temps, et Dolamineiit : la Correspondance de Voltaire; — les Mémoires de d'Argenaon; — de Barbier; — de Morellet; — de Marmontel; — la Correspondance de Frédéric le Grand [édition Preussl; — Rnvaisson, Archives de la Bastille, t. XII, années 1Î09 k 1772; — Barraei, Jlistoire du Jacobinisme. 1. 1; Londres, 1797; — Picot, iUt!moires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le xvm* siècle, Paris. 1806, et dei-aiére édition, 1853-1357; — Fréron, dans aon Année littéraire ; — Grimm, Correspondance littéraire; — P. Rouaaean [de Toulouse], son Journal encyclopédique.

Les Œuvres complètes de d'Alembert, Paris. 1821; — de Diderot, édition Assézat et Maurice Tourneux, Paris, 1875-1877; — de Voltaire, édition Beuchol, et plue particnlièrement les Mélanges [t. 37 à 50]; — d'Helvélius, Paris, 1795; — et de Condorcet, édition OConnor et Arago, Paris, 1847-1849.

Pour Diderot en particulier ; sa Correspondance avec jV* Volland; son Paradoxe sur le comédien; et son Neveu de Rameau; —

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supériorité de son siècle sur les autres; et si Montesquieu, de soD côté, convaincu que a l'histoire n'a rîea à comparer à la puissance de l'Europe de son temps » s'est eÛ'orcé d'en trouver la raison dans la supériorité de ses lois? Ajouterons-nous après cela que le Discours de Turgot, écrit et prononcé en latin, par un încoonu, a passé presque inaperçu? et n'aurons-nous pas quelque droit de conclure qu'il a peut-être le premier a nommé a l'idée de progrès, mais, et avant lui, ce sont bien ses maîtres qui l'ont répandue dans le monde?

Et comment, aussi bien, — pour ne rien dire des perfectionnements des arts mécaniques ou de la vie commune,

— les découvertes des sciences, à elles seules, ne la leur auraient-elles pas presque nécessairement suggérée? Ils étaient presque des savants eux-mêmes. Montesquieu avait

Moio de VaDdeul[sa fille), Mémoires sur Diderot, 1787; — Nn'goon, Mémoires historiques et philosophiques sur M. Diderot, Puris, 1821; — Roienltrani, Diderot's Leben und Werke, Leipzig, 1866;

— John Morley, Diderot and the Encyclopxdists, Loodrca, 1878;

— Edmond Scherer, Diderot, étude, Paris. 1880.

Pour la seconde époque de U vie de Vollnire, et en plus des sources indiquées ci-deasus, p. 294 : — Correspondance de M'"' du Deffand, édition Lescurc, Paris, 1865 ; — Lucien Pcroy et G. M»ugras, la Vie intime de Voltaire aux Délices, Paria, 1885; — G. Maugras, Voltaire et Jean-Jacques Bousseau, Paris, 1886; — • duc de Broglie, Voltaire avant et pendant la guerre de Sept ans, Paris, 1898.

Pour d'Alembert ; sa Correspondance avec Frédéric; — la Correspondance de M''" du Deffand, (édition Leacure, 1865; — et celle de Jlf" de Lespinasse, édition Eug. Asse, 1876; — Condorcet, Éloge de d'Ateiiilierl, dans la collection de ses Éloges académiques, 1784; — Charlea Henry, Correspondance inédite de d'Alembert, Paris, 1887; — J. Bertrand, D'Alembert, dans la colleclîoa des Grands Écrivains français, Paris, 1889.

On trouvera encore d'utiles renseignements dans Malesherbcs, Mémoires sur la lihrairie. Paris, 1809 ; — Garât, Mémoires sur la vie de M. Suard, Paris, 18:10; — Fëlii Rocquaiu, l'Esprit révola-

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débuté par des discours sur l'Usage des glandes rénales, 1718, sur la Cause de la pesanteur des corps; et le premier grand ouvrage doot il eût formé le projet c'était une Histoire physique de la terre. On faisait cas de l'Essai de Voltaire sur la Nature du feu, et de ses Doutes sur la mesure des Forces motrices, 1741. Il avait rapporté d'Angleterre la philosophie de Newton. Si l'on pouvait coutcster que son Alzire ou sa Zaïre l'eussent mis au-dessus de Racine et de Corneille, on ne pouvait douter qu'il ne connût beaucoup de choses que n'avaient connues ni pu connaître l'auteur du Ctd et celui A'Andromaque. Il se rendait compte, et on se rendait compte autour de lui que de nouveaux horizons s'étaient ouverts pour l'esprit humain. C'est tout cela qui, joint ensemble, et non pas une vue théorique de bachelier de Sorbonne, concourait

tionnaire avant la Révolution, Paris, 1378; — J. Kiiutziger, /a Propagande des Encyclopédistes français en Belgique, Paris, 1879;

— Henri Francotte, ta Propagande dea Encyclopédistes français au pays de Liège, Bruxelles, 1880; — Edmond Scberer, Melekior Grimm, Paris. 1887.

Et on consultera enfin, à nu point de vne plus généra) : Damiron, Mémoires pour servira l'histoire de la philosophie au lïiii" siicle, 1858-1864; — Lanfrey, l'Église et les philosophes au itiii' siècle, 1855; — Ernest Bersot, Éludes sur le i.viii' siècle, 1855; — Barni, Histoire des idées morales et poliliquea en France au xtih* siècle, 1865-1866; — et H. Taine, l'Ancien Régime, 1875.

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