‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 49 sur 74 · IV. — Les premières difficultés de l'Encyclopédie · texte numérisé non relu

IV. — Les premières difficultés de l'Encyclopédie

Si les Jésuites qui rédigeaient le Journal de Trévoux ont été jaloux du succès de l'Encyclopédie ? [Cf. Diderot, Lettre au P. Berthier, t. XIII des Œuvres; Voltaire, le Tombeau de la Sorbonne, t. XXXIX; et d'Alembert, Sur la destruction des Jésuites], — La thèse de l'abbé de Prades, collaborateur de \' Encyclopédie pour la théologie; — et sa condamnation en Sorbonne [Cf. Picot, op. cit., m, 185]. — Jésuite», jansénistes et gcua en pbcc en prcnueut

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« natiooalc » nous n'avons pas subi l'influence anglaise, mais quand l'idéal classique a commencé de se déformer, l'influence anglaise a passé aussitôt par la brèche, qua data porta, et elle est devenue souveraine. C'est ce qui nous permet d'en mieux voir les effets et de dire qu'ils n'ont pas d'abord été 1res heureux.

a Nous avons pris des Anglais les annuités, les rentes tournantes, les fonds d'amortissement, la construction et la manœuvre des vaisseaux, l'attraction, le calcul différentiel, les sept couleurs primitives, l'inoculation. Nous prendrons insensiblement leur noble liberté de penser, et \caT profond mépris pour les fadaises de /'école. » C'est Voltaire qui écrivait en ces termes à Helvétiua, en oubliant d'ajouter que, pour son compte, et de plus, il avait pris JUicromégas a Swift, son Poème de la loi naturelle a

occasion pour s'élever contre l' Encyclopédie, — L'abbé de Prudes, exilé de Paris, part pour Berliu ; — Voltaire s'emploie pour lui auprès de Frédéric; — et i cette occasion entre pour la première fois en rapports an peu étroits arec d'Alemberl et Diderot. — L'Encyclopédie est t supprimée ■ par arrêt dn Conseil, 1752 [Cf. Mémoirea de Barbier, t. V; et de d'Argenson. t. VII]. — Mais comme elle a des protecteurs en cour, — dont M°>° de Pompadour, que QueSDBy, son médecin, intéresse k l'eatreprise; — et dans le ministère, y compris Maleshcrhes lui-même [Cf. M>** de Vandt-ul, Mémoire* sur Diderot], on laisse continuer In publicatiou; — et lea tomes m, IV, V, VI et VII se succèdent régulièrement de 1753 à 1757. — Les Encyclopédistes profilent des conflits du parlement et de la cour, 1756 [CF. Rocquain. l'Esprit révolutionnaire, etc.] ; — leurs imprudences [Cf. l'article Encyclopédie] ; — et leurs aveux.

— Le pamphlet de l'avocat Moreau : Mémoires pour servir à l'histoire des Cacouacs, 1757; — et l'article Genève. — Réclamation des pasteurs de Genève, indignés d'être loués de leur tendance au « socinianisme •. — Intervention de Voltaire et de Rousseau dans la querelle; — Rousseau écrit sa Lettre sur les spectacles, 1758.

— Découragement de d'Alembert. — Diderot publie son Père de famille, et HelvétiuB son livre de l'Esprit, 175B. — Mandement de t'arcbevôque de Paris. — Le Parlement évoque i lui l'affaire; —

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Pope, et Zaïre à Shakespeare. Et, lui-même, ayant pillé Shakespeare, il eût sans doute bieu fait de ne pas détourner ses contemporains de l'une des sources de poésie les plus profondes et les plus pures qu'il y ait au monde. Mais si nous examinons ce qu'il appelait la « noble liberté de penser » des Anglais, nous trouvons que c'est l'agressive incrédulité des Bolingbroke, des CoUins, des Toland. Et quant au a mépris des fadaises de l'école » c'est sans doute le nom qu'il donne à l'étroit utilitarisme de Locke : « Il n'y a de connaissauces vraiment dignes de ce nom que celles qui conduisent à quelque invention nouvelle et utile, et qui nous apprennent à faire quelque chose mieux, plus vite, ou plus facilement qu'auparavant » [Cf. Joseph Texte, loc. cit., p. lOOj. La conclusion est-elle difficile à tirer? Entre 1730 et 1750 la pensée anglaise a tout

on lie le sort de l'Enejxlopédie à celui du livre d'Helvétius. — Réquisitoire du procureur géoéral; — condamuatioD de l'Encyclopédie: — et révocation défànitive du t privilège u, mars 1759. — RétracUlion piteuse d'Helvétius; — retraite de d'Alembert; — et diifeclion de Rousseau.

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