II. — Michel-Jean Sedaine [Paris, 1719; -f- lî97. Parie
1" Les Soubcbs. — Grimm et Meister, dans leur Correspondance
littéraire; — Laharpe, Correspondance littéraire; — Ducis, Notice sur Sedaine, 1797, au t. III des Œuvres de Ducis, édit, de 1826; — M'°'> de Vandeul [lille de Diderot], Notice, au t. XVI de la Correspondance de Grimm [édition Tourneuij; — Jal, Dictionnaire critique, article Sedaihe.
grande part de responsabilité, pour la maladresse de leurs attaques, pour la faiblesse de leur polémique, et pour leur absence entière de talent. Qui ne le sait, hélas I que la vérité ne brille pas toujours de sa propre lumière, et que de très bonnes causes ont eu cruellement à souffrir d'être mal défendues? Or, on ne peut rien lire de plus malveillant, mais d'ailleurs de plus plat que les JVouce//e5 ecclésiastiques, — c'est le journal janséniste, — qui ne savait guère que traiter de « sottises » ou « d'inepties » toutes les productions de l'école encyclopédique. Si Fréron, le rédacteur de VAnnée littéraire, n'a pas toujours manqué d'esprit, de bon sens, et surtout de courage, il serait difficile de rien imaginer de plus court, de plus étroit, de plus superficiel que sa critique; et sa mauvaise réputation, qu'elle fût ou non justifiée, — ce n'est pas ici le
2^ L'Auteur drahatiqub. — La légende de Sedaine [Cf. 1» Notice de M"* de Vaadeul]. — Sea débuts lilléraires : — VÉpitre à mon habit et le Recueil de 1752 ; — Le Diable à quatre, 1758. — La colIabaralioQ de Sedaine avec Philidor; — Biaise le tavetier, 1759: — el avec Monaigny :^Ortne s'avise Jamais de tout, 1761 ; — Le Soi et le Fermier, 1762; — Jiose et Cotas, 1764, etc.; — el U tranarormalioD de l' opéra-comique. — Il donne au théâtre français le Philosophe sans le savoir, 1765; — et sa petite comédie, trop vantée, de la Gageure imprévue, 1768.
Que le Philosophe sans te savoir est vraiment le drame bourgeois tel que l'avait rêvé Diderot :— par la nature de l'iiurlgue; — par la condiiion des personnages ; • — par la solennilé de leurs discours; — par leur préoccupation de la morale ; — et par la vulgarité soutenue du style. — Mais qu'il s'y trouve, dans une histoire de duel jetée adroilemeuL au milieu d'un mariage qui s'apprête, — dans le caractère délicatement touché de Viclorine [Cf. George Sand, X« mariage de Viclorine], — et dans la sincérité de l'auteur, — presque tout ce qui manque aux drames de Diderot; — et qu'ainsi l'honneur de Scilaine est d'avoir donné le véritable et premier modèle du drame tel que le trailcroulplus tard les Scribe, les Augier, les Dumas,
De quelques autres œuvres de Sedaine ; — et que le caractère an
LA DEFOnHATION DE I. IDEAL CLASSIQUE 34B
point, — enlevait tout crédit à ce qu'i! pouvait dire. A peine fnisait-on plus d'estime de Palissot, l'auteur de la comédie des Philosophes, 1760, où tout ce qu'il avait trouvé de plus comique était de travestir, sous le nom de Cydalise, M°" GeofiFrin en femme auteur ; — M"' Geoffrin dont l'ignorance était proverbiale, et dont on disait qu'elle la respectait o comme le principe actif et fécond de son originalité! a [Cf, Garât, Mémoires sur M. Suard, t. I, livre VI]. On a aussi de Palissot de Petites lettres sur de grands philosophes, dont La Bruyère eût pu dire, comme du Mercure de son temps, qu'elles sont « immédiatement au-dessous de rien ». Et faut-il parler de ce pauvre diable d'Abraham Chaumeix? C'est pourquoi toutes les pointes des adversaires de V Encyclopédie s'émoussaient ou se brisaient contre elle. On pouvait rire un moment du libelle
est d'èlre a ainablca d ; — mais que la force et le comique y manquent; — bien pluH encore que le style; — el quoi qu'en aient dit ses contemporains. — Qu'il doit beaucoup aussi sans doute à ees musiciens: — nolammeut ji Grétry; — dont la musique lui a valu le plus grand de ees succès, Richard Cceur-de-Lion, 1784; — et son faulcuil d'académicieu.
3° Les ŒuvBES. — Od a de Sedaine de nombreux opd ras-comiques dont nous avons cité les principaux; — soo Philosophe; — sa Gageure [tirée de la nouvelle de Scarron d'où Molière avait tiré BOQ École des femmes]; — et aussi deuji grands drames, plus ou moins historiques, un Raymond V, Comte de Toulouse, qui n'a été ni joué ni publié ; et Maillard ou Paris sauvé, imprimé, mais non représenté.