VI. — La On de la tragédie
1° Les Sources. — Grimm. dans sa Correspondance littéraire; — Laharpe, dans sa Correspondance littéraire; — Geoffroy, dans son Cours de littérature dramatique; — Nép. Lemercier, dans son Cours analytique de littérature générale; — Petitot, Répertoire du théâtre français, t. V et VI; et Supplément, t. I; — Laharpe, de Belloy, Dncia, M.-J. Chéaier, Préfaces et Notes de leurs tragédies; — Saint-Surin, Notice sur Laharpe, ea tète de son édition des Œuvres; — Campenon, Notice sur Ducia, en tfte dcB OEuvres posthumes de Ducis; — Étienoe et Martainville, Histoire duThéSIre français pendant la Révolution; ~ H. Welsehinger, le Théâtre de la Révolution, Paris, 1881.
2** Li ConcuHBEKCE DES EspËcBB. — Influence dominante et souveraine de Voltaire sur le théâtre tragique de son temps; — raisons de cette influence; — et ses suites [Cf. le Discours de réception de Ducis].
La tragédie philosophique; — et son évolution vers le mélodr.imc; — la Métaniede Laharpe, 1770;— et acs Brames, Î7S3. —
:.bv Cookie
au MANUEL DE l'hISTOIDE DE LA LITTÉltATURB FBANÇAISB
ordinaire, on constate qu'ils les ont d'autant plus admirées qu'ils les ont vues s'appliquer, tour à tour ou ensemble, à plus d'objets, plus différents, plus étrangers en apparence à ses intérêts d'amour-propre et de vanité. Et on constate enfin que s'il n'avait été jusqu'aux environs de 1760 qu'un homme de lettres entre beaucoup d'autres, — unus ex multis, — c'est à dater de ce moment qu'il est devenu l'homme de son siècle et de l'histoire. C'est donc aussi par lui que tous ces faits, qu'on eût pu croire indifférents, appartiennent à l'histoire de la littérature. Ils ont dégagé le vrai Voltaire de lui-même. Ils lui ont fait entendre à lui-même la nature de son pouvoir. Ils l'ont tiré de pair. Ils l'ont élevé au rang de cette « douzaine d'hommes » dont Diderot disait encore en 1762, que v sans s'élever sur la pointe du pied, ils le
Lei drames de Mercier [1740; f 1S14]; — et les tragédies de Marie* Josepb Chénier [1764;-f 1811] : Charles IX. 1789; — Henri VIH, 1791; — Jean Calas, 1791; — Fénelon, 1793. — Comparaison du eujet de Pénelon avec celui de Mélanie; — et qu'il faut prendre garde de n'y pas voir des imitalioos de la Religieuse de Diderol ;
— qui n'a paru pour la première fois qu'en 1796. — Défiaitiou de la tragédie philosophique; — et qu'en tant qu'elle se borne n eutièremeut à la défense de quelque opinion religieuse, politique, ou morale » [Cf. Laharpc, (Muvres, éd. de 1820, t. II, 639], — elle est le conlraire même de la tragédie, — et du théâtre.
La tragédie nationale; — et que c'est encore Voltaire, avec sa neiiriade, et sa Zaïre, — que l'on retrouve aux origines de la < tragédie nationale u ; c'est-à-dire tirée de l'histoire de France;
— avec l'intention d'en rendre au public les souvenirs familiers.
— Les grands succès de De Bellay : Le siège de Calais' 1765; — Gaston et Bayard, 1771 ; — Gabrielle de Vergy, 1777; — et qu'à peine l'objet de ces tragédies eal-il dramatique; — mais plutAt didactique [Cf. de Belloy, lui-même, dans ses Préfaces, Répertoire Pelitol, t. V].
La tragédie exotique; — et que la conception n'en est autre, en dépit des premières apparences, que celle de la <t tragédie nationale s i — si l'intention en est d'enseigner la géographie par le
:.bv Cookie
LJL bHFORlIATlON DU l'idEAL CLAUStQUB 366
passeraient toujours de toute la tête » [Cf. Lettre à Af'" Volland, du 12 août 1762]. Ils lui ont enfin procuré « dans la nation » cette universalité, cette autorité d'influence qu'il avait inutilement poursuivie, qu'on lui avait disputée, refusée jusqu'alors; et, de cette unique situation que les événements lui ont faite, dominatrice, quasi souveraine, quelques conséquences essentielles en sont presque aussitât résultées.
C'est ainsi que, dans les dernières années du. règne de Louis XV, et la question religieuse mise à part, on voit succéder au grand tumulte et à l'agitation des années précédentes, une sorte d'apaisement, et non pas de réconciliation, mais de trêve au moins des partis. Si la Sorbonne censure le Bélisaire de Marmontel, « ni la cour ni
théâtre 011 l'histoire étrangère. — Le Guiltaume Tell de Lemierre [1723; f 1793] et sa Veuve du Malabar, 1766 et 1770. — Le Pierre le Cruel, de De Belloy, 1773, et le Menzkoff Ae Lahnrpo, 1775. — Les Barmécides de Laharpe. 1778. — Le Tkamafi Kouli Khan, de Du Buisson, 1780. — La Zoraï de Marignié, ou Les Insulaires de la Nouvelle- Zêlande, 1782; — et que toutes ces inTentions ne procèdent encore que de Voltaire, de son Alzire et de son Orphelin de la Chine.
La tragédie gréco-romaine; — et qu'il est étonnant qu'elle n'ait pas tiré quelque profit de cet elTort vers la vérité de l'hiatoire; — et la fidélité de la couleur locale. — UHypermnestre de Lemierre, 1758, et son Idomênée, 1764. — Le Timoléon de Laharpe, 1764. — VtMdipe chez Admèle, de Ducis, 1778. ~ Le Philoetèle de Laharpe, 1783, et son Coriolan, 1784. — Le Méléagre de N. Lemercier. 1788. — Le Caîus Gracchus de Chcnier, 1792. — h'Épicharis de Legouvé. 1794. — De la raison d'une préférence donnée aux sujets grecs [Cf. ci-dessous, l'article d'AKORÉ Chéhikh] ; — et si l'on n'y doit point voir une intention formelle de résister à l'influence anglaise ; — et de retourner, pour la tnieus combattre, aor sources les plus lointaines du classicisme?
La tragédie shakespearienne; — et d'un éloge signiCcalif que Campenon donne à Ducis [1733; -]'18ie]; — « qu'on ne l'a vu qu'une seule fois aller choisir ses sujets chez les trngiques grecs ». —
366 UANUEL DB L'HISTOIRB DB LA LITTERATURE PRANÇAISS
le parlement ne se mêlent de l'aiTaire ; on fait dire seulement à l'auteur de garder le silence » ; et Bélisaire continue de s'imprimer et de se vendre avec privilège du roi [Cf. Marmontel, Mémoires, livre VIII]- La doctrine encyclopédique se réduit d'elle-même aux termes du déisme de Voltaire. Le parlement condamne bien le Système de la nature, 1770, du baron d'Holbach; mais il refuse d'insérer dans son Arrêt le réquisitoire de l'avocat général Séguier, et c'est Voltaire qui entreprend de combattre et de réfuter le livre. Le même Voltaire revient à la charge quand parait en 1773 l'ouvrage posthume d'Helvétius : De l'homme. On ne pense plus à Rousseau, qui vit obscurément dans son pauvre logis de la rue Platrière. h II a voulu fuir les hommes, écrit La Harpe, et les hommes l'ont oublié. » D'Alembert traduit Tacite, et Diderot travaille à son Essai sur les règnes de Claude et
ImporUDce relative du r61e de DucU à cet ^gard. — Les t adaptations » d'Hamlet, 1769; — de Roméo et Juliette, 1772; — du Roi Lear, 1783;— de Macbeth, 1784; — d'Othello, 1792; — et e [Lettre i Ducis] : n Celui qui i
pria que Zaïi
■e da
DS Othello a
laissé le néce
ssaire ». —
Que
cependant c'es
t eni
[^ore l'auteur
de Zaïre qui
a donné le i
signal
— et à Dui
;is eu
particulier ; —
et qi
l'k l'e^ceptioi.
de la première
de ces direc
tions,
celle de U tri
'ÏÏ'
it les Préfac
et de