‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 61 sur 74 · XIV. — Alfred deHusBOt [Paris, 1810; + 1857, Paris · texte numérisé non relu

XIV. — Alfred deHusBOt [Paris, 1810; + 1857, Paris

1" Les SouRcas. — Sainte-Beuve, Portraits contemporains, l. Il, 1833. 1836, 1840; «t Causeries du lundi, t. I, 1850, et t. XIII. 1857; — Alfred de Musset : at» Nuits ; et sa Confession dun enfant du siècle, 1835; — George SsdcI, Elle et lui, Paris, 1859; Paul de Musset, /ui et elle, Paris. tSËO; et Biographie d'Alfred de Musset, Paris, 1877; — M"»0. Jaubert [n^e d'Alton Shi!e], Souvenirs, Paris, 1881; — Emile Mootdgul, Nos morts contemporains, Paris, 1884, — "Ém. Fagnct, XIX^ sjèi:Je. Paris, 1887; — Jules Lemailre, fntroducifon au théâtre d'Alfred de Musset, édition JouauBt. Paris, 1889-1891 ; — Arvède Barioe, Alfred de Musset, dans la collection des Grands Écrivains français, Paris, 1893; — F. Brunelière, l'Évolution de la poésie lyrique, t. I. 1895 ; — Let' très d'Alfred de Musset et de George Sand, publiées par M. S. Bocheblaïe, Paris, 1897,

2° Le Poète. — Son origine bourgeoise et ses prétentions aristocratiques ; — son éducation voltairïenne [Cf, dans la Confession ce. qu'il dit lui-même de ses premières lectures] ; — et le premier trait de son caractère, qui est l'impatience ou l'aïidité de jouir. — Ses premières Poésies ; — et comment elles seraient gâtées par une perpétuelle affectation de o dandysme b [Cf. Mardoche] ; — et de dépra-

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4SS MANUEL DE l'hISTOIRE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE

Mais ici le bon sens se révolte ; le sens commun reprend ses droits; le sentiment de la fonction sociale de la littérature et de l'art se réveille. On ose enfin disputer au poète la « souveraineté » qu'il réclamait. On s'aperçoit en même temps que le vice du romantisme consiste essentiellement dans cette pénétration de tous les genres par le lyrisme; et s'il fallait une preuve de plus que le romantisme, c'est bien le lyrisme, on la trouverait dans ce fait que tout ce que l'on va s'efforcer de retirer à l'un, c'est l'autre maintenant qui va le perdre.

La chute retentissante des Burgraces, en 1843, — à laquelle s'oppose, dans la même année, le succès non moins retentissant, quoique certes moins mérité , de

vatioQ mondaioe, à la manière de Laclos et du jeune Crébilloa [Cf. Namounà\ ; — pour ne rien dire d'une phraséolof^îe qui sent encore Bon dix-huitième siècle; — si d'ailleurs elles n'étaient belles de 1' B orgueil de Tivre b qui s'y trahit; — et de l'ardeur de passion sans objet [Cf. la Coupe et les lèvres] qui les enflamme. ~ Effet qu'elles produisent dans a la grande boutique romantique u ; — réputation prématurée qu'elles valent à leur auteur; — et que jamais célébrité plus précoce n'a coûté plus cher à l'homme le mieux fait pour en avaler rivresae jusqu'à la lie.

Le 0 Poète de l'amour s ; >— et que c'est toujours i, cette qualiGcation qu'il en faut revenir en parlant de Musset; — s'il n'y a pas dans DOtre langue ; — et en dépit des chicanes de style ou de versiflciilion qu'on peut lui faire ; — qu'il faut même que l'ott lui fasse ; — de plus beaui poèmes d'amour; — de plus sincères, de plus passionnés, et de plus poignants; — que la Lettre à Lamartine ou que la Nuit d'octobre. — Pareillemeat, et à l'eiceptiou de sou Lorenzaccio: — qui est sa part de « contribution * ou sou « cODlingent ■ dans la bataille romantique; — sou Théâtre tout entier n'est qu'un hymne fll'amour[Cf. les Caprices de Marianne; — te Chandelier; — On ne badine pas avec l'amour; — Il ne faut jurer de rien' — Fantasia, etc.] ; — et à l'amour conçu comme la seule raison qu'il y ait d'être au inonde; — et de vivre. — Li est le secret de sa force dramatique; — de la poésie souveul malsaine ou suspecte; — mais toujours infiniment séductrice, dont son théâtre s'enveloppe comme d'un'; atmosphère unique; — et là par conséquent le secret de la

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LA LITTÉnATURE MODBnNB 437

la Lucrèce de Ponsard, — porte au drame romantique un coup dont il ne s'est pas relevé. Mais François Ponsard n'est pas homme à soutenir le rôle dont les circonstances l'ont investi presque malgré lui et, en réalité, tout en ayant beaucoup moins de prétentions que l'auteur de Lucrèce à la « littérature n, c'est Eugène Scribe, et c'est Alexandre Dumas qui ramènent le théâtre à l'intelligence de ses vraies conditions. Il faut les joindre tous les deux ensemble, et les réconcilier dans la mort; car s'ils écrivent ma! l'un et l'autre, et même presque aussi mal que l'on ait jamais écrit en français, on ne peut pourtant pas dire qu'ils écrivent plus mal l'un que l'autre. Ce qu'en tout cas ils ont bien compris, c'est que douze ou quinze cents

Tilalitd de son œuvre. — Qu'il se peut encore que les mêmes qualités; — et aussi ce qu'elle contient de renseignements sur la d pathologie de l'amour a; — sauvent sa Confession du naufrage où l'entrai aérait sans cela le poids des déclamations qui s'y mêlent; — et qu'enfin cette religion de l'amour fait  peu près le seal mérite de ses Contes et de ses Nouvelles.

Observations à ce sujet ; — et qu'après tout il en a bien pris à Musset d'être une nctime de l'amour ; -- s'il n'a guéri de sa grande crise, 1S32-1837; — que pour retomber sur lui-même ; — et se retrouver le dandy de ses origines ; — ou, comme l'appelait Flaubert, le bourgeois. — Que ces cfttés a bourgeois u de l'œuvre de Musset ne laissent pas cependant d'avoir leur mérite; — et que, pour les apprécier, il suffît d'appeler « parisien a ce que Flaubert appelait bourgeois; ■ — et de replacer aiusi l'auteur à'Vne bonne fortune et à' Après une Lecture, — dans la lignée de Voltaire, de Regnard, de Boileau et de La Fontaine.

3" Les Œuvres. — Les Œuvres de Musset, très bien classées dans l'édition de ses Œuvres complètes. Charpentier, 10 vol., 1865, 1866, 1867, 1876, 1886, comprennent : 1* ses Poésies, divisées en Premières Poésies et Nouvelles Poésies ; — 2° son Théâtre ; — 3» la Confession d'un enfant du siècle; — 4° ses Contes et Nouvelles: — 5° ses Mélanges, et — 6° ses Œuvres posthumes [Cf. Étude critique et bibliographique sur les Œuvres d'Alfred de Musset, par le V" de Spocibercb, Paria, 1867; et Derûme, les Éditions originales des romantiques, t. II, Paris, 1887J.

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43S UANUBL t)B u'hISTOIHE DE LA tlTTÉHATIinB FRANÇAISE

spectateurs, de tout âge et de toute condition, ne se renferment pas pendant quatre ou cinq heures dans une salle close pour y entendre un auteur leur parler de luimême. S'ils ne retournent donc pas aux errements du théâtre classique, — et encore le meilleur de Scribe est-il peut-être ce qu'il doit à Beaumarchais, — ils s'en rapprochent; et des œuvres de demi-caractère, comme Mademoiselle de Belîe-hîe (1839), et les Demoiselles de Saint- Cyr (1843), ou comme Bataille de Dames et le Verre d'eau, ne diffèrent très profondément ni les unes des autres, — ni des œuvres du passé. L'observation y fait défaut, sans doute; et aussi la psychologie; et encore une fois le style. Mais, quand ce ne serait que par l'intcrmé-

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