XV. — PrOEper Hérîmée [Paris. 1803; -j- 1870, Cannes
1" Les Soueceb. — Suiiiic-Beave, Portraits contemporains, t. III, 1851; et Causeries du Lundi, t. VII, 1853; — Twoe, Prùsper Mérimée. 1873; ^ et Mérimée lui-même, Lettres à une inconnue, 1873; et Lettres à Panizzi, 1881; — O. d'Hausaonville, Prosper Mérimée, diias la Revue des Deux Mondes d'avril 1879; — Maurice Tourneux. Prosper Mérimée, sa bibliographie, Paris, 1876; et Prosper Mérimée, ses portraits, etc., Paris, 1879; — Emile Faguct, XIX' siècle, 1887; - Aug. Filon, Mérimée, Paris, 1893; — Mérimée, Une Correspondance inédile, 189e.
2° Le kAle de Mérimée; — et qu'il semble aroir été d'un ironiste; — qui n'aurait feint de croire au romaoïisme, — que pour le mieux connaître ; — s'en mieux moquer ; — - et finalement le discré' diter. — Les débuts de Mërimi^c : le Théâtre de Clara Gaxui, 1825, — et i:^ Guzla, 1827; — et que, si la o couleur u en est d'un romantique, — l'idée première en est d'un curieux de toutes choses ou d'un dilettante; — et bien moins d'un disciple de Chateaubriand — que d'un élève de Fauriel et d'un ami de Stendhal. — La Chronique du règne de Charles IX, 1829; — le Vase étrusque, 1830; — laDouhle méprise, 1833;— et que déjà ces deux dernières Nouvelles n'ont presque plus rien de romantique. — Celles qui ont suivi : le» Ames du Purgatoire, 183i, — et la Vénus d'Ille, 1837, semblent rentrer dans la formule romantique. — Mais ce n'est là qu'une apparence; — cl on le voit bien dan* Colomba, ISiO; —
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diaire des prétentions historiques qu'elles affichent, ud peu de réalité rentre dans le drame, et le théâtre aspire pour aiosi dire en elles à retrouver sa loi. On s'est rendu compte qu'il ne saurait y avoir de « théâtre » sans un sujet dont l'intérêt soit vraiment général, mais surtout sans une certaine n aliénation de soi-même » qui arrache le poète a la préoccupation de son individualité. On reconnait, on avoue qu'au théâtre il faut que le moi se subordonne à quelque chose d'autre que lui-même; et c'est comme si nous disions que le théâtre ne rentre en possession de ses moyens qu'en cessant d'être romantique.
C'est le roman qui va l'aider à les développer. Et, en
Arsène Guillol, 1844;— Carmen, 1845;— où l'on ne retrouve plas i\x romantisme que deux trails seuleraent : In recherche de la * couleur locale a; — et la gloriflcnliou de l'énergie; — mais & peine quelque intention de faire luonlre de eoi-niènie. — On n'y trouve non plus aucune déclamation; — et l'art y coosiate au contraire à faire rentrer le rare ou le singulier boub lea condition^ communes de la réalité. — C'est ce qui aurait suffi; — quand d'ailleurs il n'aurait pas eu des goûts d'archéologue et d'érudit, — pour conduire Mérimée à l'histoire; — et, en effet, c'est par rbisloirc qu'il a fini; — assez obscurément d'ailleurs; — et en se moquant du « réalisme s à la formatioa duquel il avait pour-
3° Les Œuvhcs. — Les OEuvres de Mérimée comprennent : l' sou "" " 1825, et Lo Cuï/o, 1827 ;— 2° ses A'ou-
indiquer en passant les principales; — 'i" ses travaux historiques, dont les principaux sont : son Essai sur la gaerre sociale. iSfii; aoa Don Pèdre de CaslilleA^i^: et ses faux Démétrius, 1852 ; — 4° ses travaux archéologiques, dont le principal est sa description des Peintures de Saint-Savin, 1845; — 5» ses traductions du russe : d'après Pouchkine, La dame de pique: Gogol, l'Inspecteur général; Tourguenietf, Apparitions; — 6° quatre volumes de récits de voyage : Dans le Midi de la France; Dans l'ouest; en Auvergne; et En Corse; et de nombreux artidee de revues, qui n'ont pas ions élé réunis en volume; — 7' une Cor-
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effet, dans le même temps, c'est-à-dire anx environs de 1840, après avoir en quelque sorte « jeté ses premiers feux », et bruyamment occupé l'opinion de l'histoire de son mariage ou du scandale de ses amours, l'auteur ellemême A'Indiana, de Valentine, de Lélia, commence d'entrevoir que l'observation du dehors , l'observation impersonnelle et désintéressée, qui fait la définition du roman, en fait donc aussi la valeur. Il est vrai qu'aussitôt, avec cette facilité que les femmes ont toujours de se jeter aux extrêmes, et surtout d'obéir aux influences masculines qui les dominent momentanément, George Sand, guidée par Lamennais d'abord et ensuite par Pierre Leroux, se porte en trois pas du roman intime ou lyrique
reapondance, comprenant actuclleuieDt lee Lettres à une inconnue, 2 vol., 1873; Lettres à une autre inconnue, 1 vol., i»15 ; Lettres à Panizzi,2 vol., 1881;et (7ns Correspondance inédite de P. Mérimée, 1 vol., 1896.
Cette Correspondance ne fait pas la partie la moins intéressante de Bon œnvre ; et nous avons des raisons de croire qu'on en doublerait aisément le volume.
XVI. — Alexis-CIiarleB-HenTi Clérel de TocqtievUIe [Paria, 1805; f 1859, Cannes].
1* Les SouBCEB. — Sa Correspondance inédite, Paris, 1861 ; et SB Nouvelle Correspondance inédile, Paris, 1865; — G. de Beanmont, Ifotice sur Jlexis de Tocquevilte, en tête âe ses Œuvres et correspondance inédiles, 1861, Paris; — L, de Loméoie, Esquisses historiques et littéraires, Paris, 1859; —Sainte-Beuve, Premiers lundis, t. II, 1856; Causeries du lundi, t. XV, 1860, 1861; et Nouveaux lundis, t. X, 1665; — Emile Faguet, Alexis de Tocqueville, dans la Revue des Deux Mondes du 1" février 1894; — G, d'Ejchtiial, Alexis de Tocqueville. Paris, 1897.
2" L'Hibtorieh. — Originalité de sa manière; — et qu'elle ne dilTère pas moins de celle de Cuizot, dont on l'a souvent rapprochée, — que de celle de Thicre ou d'Augustin Thierry. — La Démocratie en Amérique, 1835-18^0; — - et que, du consentement des Américains, on n'a rien écrit sur eux de plus conciencieusement observé j — ni qui demeure plus vrai dans ses grandes lignes, apris
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LÀ LITTÉDATURE MODERNE ïàl
au roman social ou déjà socialiste; et le Péché de M. Antoine ou le Compagnon du Tour de France sont à peine des romans; — • et k coup sûr n'en sont point de bons. Ceux d'Alexandre Dumas, de Frédéric Soulié, d'Eugène Sue, en sont-ils de meilleurs? A tout le moins, dans leur vulgarité même, sont-ils mieux composés, plus intéressants, plus dramatiques ; et, autant ou plus que ceux de George Sand, les derniers contribuent à détourner l'attention de ces misères dont les romantiques avaient fait tant d'éclat, pour la diriger vers d'autres misères, plus réelles, plus profondes, plus cruellee. Mettons encore ici les noms de Mérimée, de Jules Sandeau, de Charles de Bernard. Mais il était réservé à Honoré de Balzac,
Boixante ans écoulés. — C'est que la sereine impersonaalîlé du
philosophe s'y joint à la perspicacité de l'obBervateur ; — le désintéressement du Bavant à la curiosité du politique; — et l'art de formuler la loi des phénomènes à celui d'eu saisir le earaclère essentiel. — L'Ancien Régime et la Révolution. 1856; — et que ce livre a marqué une époque daos la manière même de concevoir Ica origines de la Révolution ; — et d'en représenter l'histoire. — Comiscnt Tocqueville a bien tu : 1° que la Révolution tenait par toutes ses racines au plus lointain passé de notre histoire; — 2* qu'elle devait à la profondeur de ses causes son caractère a religieux »; — et >t° que pour cette raison il ne dépendait d'aucune puissance politique d'en abolir les effets. — Par le moyen de ces deux ouvrages nul n'a plus Fait que Tocqueville, — pour soustraire l'histoire à l'arbitraire du jugement de l'historien; — préparer l'idée que nous nous en formons de nos jours ; — et lui donner tout ce qu'on peut lui donner des caractères d'une science.
3° Les Œuvbes. — Puisque nous avoug négligé l'homme politique pour ne retenir dans cet article que l'historien, uouh ne par- Icrons pas ici des Écrits politiques de Tocqueville ; Rapports, Discour), ou Souvenirs [publiés en 1893]. — Sa Démocratie a paru en 1835-1840; — son Ancien Régime et la Révolution en 1856; — et le reste de son œuvre historique ne se compose que de Fragments qui se rapportent à l'un ou l'autre de ses deux ouvrages. Sa Correspondance, très intéressante, a été publiée par Gustave de Benumout, son compngnon de voyage aux États-Unis.
1 DB LA LITTEnATt:RB FRANÇAISE
par d'autres moyens encore, d'aOranchir le roman des conventions du romantisme, et, dans ses chefs-d'œuvre, de l'élever a une perfection que personne peut-être n'a dépassée depuis lui, — ni atteinte.
Sans doute, on avait fait des romans avant lui, de bons romans, parmi lesquels on peut croire qu'il y en a deuiL ou trois, ta Princesse de Clèves, Gil Bios, Manon Lescaut, qui dureront autant que la langue française. Mais ce n'étaient toutefois que d'heureux n accidents » ; des rencontres, qui ne contenaient pas en soi, pour ainsi dire, de quoi se reproduire ou se renouveler; et personne, avant lui, n'avait compris comme lui que le vrai rôle ou la vraie fonction littéraire du roman est d'être la repré-
Ses Œuvres complètes ont éié publiées pat* M"» de Tooqueville, Paris, 1864-1868, en neuf volumes 10-8", dont les deux volumes publiés par M. G. de Beaumont en 1861 forment les cinquième et sixième tomes.
Deuxième Époque
De la représentation des a Bm-graTeB » it la pahlicatLon
de la « Légende des ùèdeB s.