‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 64 sur 74 · II. — Jules Uichelet [Paris, 1798; t 1874, Uyèrea · texte numérisé non relu

II. — Jules Uichelet [Paris, 1798; t 1874, Uyèrea

1° Les Sovbcii. — A. Cochui, dans la Revue des Deux Mondes, janvier 1842 ; — A. Nettement, Histoire de la littérature sous le gouvernement de Juillet, 1. II, Paria, 1855; — H, Taine, Essais de critique et d'histoire, 1855 et 1856; — Ém. Monlëgut.daus laRevue des Deux Mondes, février 1857; — G. Monod. Jules Mickelet, 1875 et 1897; — O. d'IIausaoûville, Études biographiques et littéraires, Paris, 1875; — F. Corréard, Michelet. dans la Sibliothèque des Classiques populaires, 1886; — J. Simon, Nolice historique sur Michelet,PMU, 1886; — Éra. Faguet, XIX' siècle, Paris, 1887; — J. Brunlies, Micheiet, Piids, 1898.

2" L'Échiv41h; ^ et pour quelle raison on n'en a pas parlt' plus tôt: — qui est que son influence, très profonde [Cf. G. Monod, loc. cit.]: — mais d'abord circonscrite à un cercle d'élèves; — n'a commencé de s'exercer sur le grand public qu'aux environs de 18'i5. — Ou en trouverait au surplus une preuve dans ce fait que de tous les grands écrivains de son temps, — il est le seul, croyons-nous, dont Sainte-Beuve n'ait rien dit avant 1863; — et encore [Cf. Nouveaux lundis, t. II] B-t-il moins parlé de Micheiet que de Louis XIV et

4ïi HAHOBL DE l'hISTOIRB DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE

Elles sont l'œuvre d'Auguste Comte, — dont on ne s'attend pas que nous résumions ici le Cours de philosophie positive (1831-1842), — mais dont il faut bien rappeler que le grand eiTort a été dirigé contre la prétention de l'éclectisme à faire du Moi le juge de l'erreur ou de ta vérité contenue dans les systèmes. Il en est de l'éclectisme comme du romantisme lui-même, et on ne les a mal appréciés, — et peut-être encore plus mal combattus, — que pour les avoir assez mal définis tous les deux. En réalité, l'un et l'autre Victor ont été les plus « personnels u des hommes, et de même qu'il n'y a qu'Hugo dans les Feuilles d'automne ou dans les Voix intérieures, pareillement ■[ n'y a que Cousin dans sa philosophie. Lisez et relisez son

du duc de Bourgogne. — Od faisait iafiaimeot plua de cas de

GuiîOl, de Mignel, de Thiera même. — C'est Taine qui a le premier rendu justice à Michelel ; — en le classant au premier rang Don seulement des ëcriïains, ■ — mais des poètes de son temps; — et ce que Taine avait ainsi commencé, - ce sont les livres de l'Oiseau, iSS6; l'Insecte, 1857; V Amour, 1859; la Femme, 1860; — et les derniers volumes de son Hûloire de France, 1855-1867 ; — qui l'ont achevé.

Origines populaires de Michelet; — ses commeocements luborieui; — ses débuts littéraires : la traductioa des Œuvres de Vieo, et le Précis d'hisloire moderne. 1827. — Les premiers volumes de VHistoire de France. 1833-18i4 [des origines jusqu'à U Renaissance]; — et s'il y faut voir, avec quelques-uns, le chefd'œuvre de Michelet? — Observations ii ce sujet; — et qu'avec d'autres qualités, plus lyriques, — sa méthode est substautiellement analogue à celle d'Augustin Thierry; ~ mais son inspiration sensiblement plus catholique ou moins hostile à l'Eglise. — C'est ce qui rend plus surprenant que ces premiers volumes n'aient pas tiré tout de suite Michelet de pair; — et que les t romantiques ■ n'aient pas reconnu d'abord en lui l'un des plus grands d'entre eui. — Mais d'autres travaux, à ce moment même, le détournaient de l'histoire pittoresque, — vers la philosophie de l'histoire; — en même temps que son nmi Quinel; — et sa nomination au Collège de France, 1837, — les précipitait ensemble tous les deux dans la politique mil! I an le.

:.bv Cookie

LA LITTERATURE HODBriKB fc5G

œuvre, exnminez, considérez d'un peu près le fond et la fin de sa méthode, tous ne trouverez rien de plus, daas l'éclectisme, que l'aiBrmation du droit de Victor Cousin à reprendre dans tous les systèmes le bien de Victor Cousin; et son k observation de soi-même par soi-même » n'est qu'une application de l'individualisme aux choses de la philosophie. C'est précisément cette observation égoïste, si l'on peut ainsi dire, dont Auguste Comte a voulu démontrer l'étroitesse et la stérilité, a La prétendue méthode psychologique, écrivait-il dans sa première Leçon, est radicalement nulle dans son principe... \j' observation intérieure, — c'est lui qui soulignait, — engendre presque autant d'opinions divergentes qu'il y a d'individus croyant

Un autre Michelet se dégage alors du premier; — le Michelet de» Jésuites, 1843; — Tanteur du Prêtre, de la femme, et de la famille, 1855; — celui du Peuple. 1846,— et de son Histoire de la Révolution française. 1847-1853. — Qu'à première vue ce second Michelet ne se distingue pas beaucoup — de ceui de ses contemporains qui combattent le même combat; — et on dirait que son originalité première ee noie — dans la banalité dea idées qti'il développe, — avec la violence d'un encyclopédiste. — Mais il y a pourtant en lui quelque chose de plus ; — et notamment 1a faculté de se mettre tout entier lui-même dans ce qu'il dit; — et dans ce qu'il écrit. — 11 quitte sa chaire du Collège de France, 1852, [Cr. Jules Simon, loc. cit., p. 219-221); — et c'est alors, dans les vingt-cinq dernières années de sa vie, — que sa réputation et son influence égalent enfin son mérite.

I! découvre n la science «; — l'histoire naturelle et la physiologie tout particulièrement; — et, comme il continue d'ailleurs d'être foncièrement romantique, — il en devient le poète [Cf. l'Oiseau, l'Insecte, la Femme. V Amour]. — Ëtonnement produit sur les contemporains par cette manière de mêler ensemble, — ce que le réalisme physiologique a de plus cru. d'une part; — et d'autre part ce que le mysticisme romantique a de plus lyrique. — Il applique cette méthode à l'histoire [Cf. la Renaissance et la Béforme]; — et il en tire des effets imprévus; — dont le moins considérable n'est pas de rabattre en quelque sorte ta dignité conventionnelle de l'histoire, — sur le plan de la vie que nous vivons

:.bv Cookie

tS6 MANUEL DB L HISTOIRE OB LA LITTERATURE FEIANÇA1SB

s'y livrer. Les véritables savants en sont encore à demander vainement qu'on leur cite une seule découverte réelle qui Ëoit due à cette méthode si vantée. » Et en conséquence, la méthode qu'il a voulu substituer à celle de Cousin, comme étant non seulement la meilleure, mais à vrai dire la seule bonne, c'est celle qui consiste, si vraiment nous voulons nous connaître, à commencer par sortir de nousmêmes; et, quand ensuite nous essayons de systématiser nos observations, à n'y rien mêler de notre fond. Bien loin que notre Moi soit le juge des antres, comme l'a cru l'éclectisme, au contraire, c'est la connaissance que nous avons des autres qui nous sert k rectifier l'idée que nous nous formons de nous. Nous ne sommes, à proprement

DOU8-roêmes. — Sa division du règne de François I" : « Avant l'abcès, et après l'ahcèg a ; — et du règoe de Louis XIV : o Avant la fistule, et après la fistule o. — Combien cette manière se rapproche de celle de Victor Hugo, d'un côté; — et de l'autre, de celle de Tainc et de Renan ; — et qu'elle a pu d'ailleurs lui inspirer des idées singulières; — mais qu'elle n'en a pas moins renouvelé l'histoire. — Ce que Sainte-Beuve faisait en détail, dans ses Causéries du lundi, — Michelet l'a fait en grand; — et là même est l'attrait, un peu équivoque, de son Louis XIV aa de sou Louis XV; — mais aussi là en est le danger.

Les dernières œuvres de Michelel , notammeut sa Bible de l'humanité, 1864 ; — et les Préfaces Générales pour son Histoire de France et pour son Histoire de la Révolution. — Retour à la tendance symbolique et apocalyptique; — et, à cette occasion, ressemblance de la dernière évolution de la pensée de Michelet avec celle d'Hugo [Cf. l'article suivant]. — Analogie de leur rhétorique; — et qu'ils sont demeurés tous les deux romantiques jusqu'au bout; — c'est-a-dire lyriques, « déraocralus », et inviaciblemenl spiritualistes. — 11 y a toutefois plus de sensibilité chez Michelet; — et, l'invention verbale étant moins abondante ; — pcui- Ëtre aussi plus de sincérité.

De l'influence de Michelet; — et qu'elle ■ été considérable; — si, tout eu favorisant le naturalisme, — eUe a cependant n contre lui une tradition d'idéalisme. — Personne en effet n'a plus que lui au progrès ; — mais surtout au progrés moral ; —

:.bv Cookie

LA UrTEJlATL'nE MOABBNE ÏS7

parler, «^ue la scène ou le lieu de nos impressions, et notre « origioalité » n'est généralement qu'une illusion de notre amour-propre, un mirage, une fantasmagorie. La vraie psychologie est dans l'histoire et dans la société, non pas en nous, mais hors de nous, tout autour de nous. Et l'on voit sans doute ici comment, dans la pensée d'Auguste Comte, cette conception de la « psychologie » se lie à ce que nous disions plus haut des progrès de la science de son temps. Nous ne pouvons affirmer de nos impressions qu'une chose, qui est que nous les avons éprouvées, mais non pas qu'elles soient conformes à leur objet, et que par .conséquent nous ayons eu raison de les éprouver. On ne voit pas moins bien, si je ne me trompe,

les conditions duquel il a pu d'ailleurs ee Iromper; — mais auquel enfin i! a travaillé de toute son âme; — et qu'il a surtout cru trop facile à réaliser; - — mais dont il n'a jamais admis que l'écrivaiu se désintéressât. — C'est aussi lui qui plus que personne a travaillé à fonder n la religion de la Révolution i> ; — et, quoi qu'on en puisse dire, il y a réussi. — EnGn, avec tous ses défauts, — qui sont peut-être iuséparables de ses qualilés. — son Histoire de France est la seule que nous ayons ; — parce que, seul de tous les histO' riens qui ont tenté l'entreprise, — il a eu l'imagi nation assez forte, pour H personnaliser v la pairie; — et ainsi donner k son histoire quelque chose de ce vivant intérêt qui est celui de la biographie.

— Toutes les autres ne sont que des compilations.

3" Les Œuvres. — On peut distinguer dans l'œuvre de Michetel : 1° Ses Œuvres historiques, qui comprennent : son Histoire de France [depuis les origines jusqu'à la Renaissance], lS33-18i4 ; et [depuis la Renaissaoce jusqu'à la Révolution], 1855-1S67; — son Histoire de la Révolution. 1847-1853; — son Histoire du iii» siècle [publication posthume]; — son Histoire romaine, 1839; — diverses publications, dont le Procès des Templiers, 2 vol. ia-k", dans la collection des Documents inédits de l'histoire de France, 1851 ; — et ses traductions des Œuvres de Vico et des Mémoires [Tischreden] de Luther.

2» Les Œuvres politiques ou polémiques, dont les principales sont : Des Jésuites, 1843; — le Prêtre, la Femme etla Famille, 1845;

— le Peuple, 1846 ; — le Cours professé au Collège de France, 1848.

:.bv Cookie

iti MANUEL DE LHISTOIBE DB U LITTERATURE FRANÇAISE

quelles en sont les liaisons avec ce que nous appeloa» aujourd'hui du nom de « sociologie u.

Nous distinguons aujourd'hui la a sociologie » du « socialisme » ; et du reste nous ne savons très bien ni en quoi consiste la difTérence, ni ce que c'est que le « socialisme B ou la « sociologie ». On ne le savait pas davantage aux environs de 1840, et le mot lui-même de « socialisme » n'était alors qu'un barbarisme d'invention récente. Mais il n'y en avait pas moins un accord, et comme une conjuration de tous ceux qui pensaient, pour dénoncer déjà les excès de l'individualisme, et pour donner à la guerre que l'on commençait à lui faire une po.rtée plus que littéraire. De la sociologie chrétienne des Bonald et des

3' Ses autres Œuvres, qu'on ne peut appeler ai des « oeuvrcE d'imagioatioD i>, ni pourtant des > ceuvres ecieDtifiqaes u, c'est à Bavoir : l'Oiseau, 1856; — VInsecte, 1S57; — l'Amour, 1859; — la Femme, 1860; — la Mer, 1861; —la Bible de l'humanité, tS6i; — la Montagne, 1868, elc.

Enfin quelques écrits pOBihumeB , dont les priDcipaui sont : Ma Jeunesse, 1885; — Mon Journal, 1888; — Sur les chemins de l'Europe, 1893.

11 se publie d'ailleurs, en ce moment mâme, sous la direction de M°" Michelet, une édition des Œuvres complètes de J. Michelet, en 40 voluineB ia-8°, Flammarion, Paris, commencée il y a déjà quelques auDées, et qui approche de son terme.

m. — 'VictOT-Harie Hugo [Besançon, 1802; f 1885, Paris].

1» Lbb Souhcbs. — Sainte-Beuve, Premiers lundis, I, 1827, III, 1829, et Portraits contemporains, t. I; 1831, 1832, 1835; — Gustave Planche, dans la Revue des Deux Mondes, ses Bévues dramatiques de décembre 1882, février 1833, novembre 1833, mai 1835, novembre et décembre 1838; —A. Vinet, Études sur la littérature française au un siècle, Paris, 1851; — A. Nettement, Littérature française sous la Beslauralion et sous le gouvernement de Juillet. Paris, 1853; — Ch. Baudelaire, Notice [très remarquable], dans le Ileeueil des poètes français de Crfpet, Paris, 1862; — Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, Paris, 1863; — Edmond Biré, Victor Hugo et la Bestauration, 1869; et Victor

:.bv Cookie

LA LITTéRATORS HODBRMR 419

(le Maistre, on voyait sortir des conséquences inattendues, quoique logiques, et qui de nos jours même étonnent également leurs adversaires, et les disciples d'Auguste Comte. Lamennais avait écrit : « L'abandon de soi, dans une société quelconque, est la première condition de l'existence de cette société.... La société humaine est fondée sur le don mutuel ou le sacrifice de l'homme à l'homme, ou de chaque homme à tous les hommes, et le sacrifice est l'essence de toute vraie société. La doctrine évangélique du renoncement à soi-même, si étrange au sens humain, n'est que la promulgation de cette grande loi sociale » [Cf. Essai sur T indifférence, t. I, chap. ii, 1817]. Et, eu se détachant lui-même du christianisme, il n'avait

//»^oaifln(i830, Paris. 1883; Victor Hugo après 1830. Paris, iSSi; Victor Hugo après 1852. Paris, 1893 [cinq volumea formaat eosem- Lilc t.i plus exacte biographie qu'il y ait de Victor Hugo, moia DOD pas la plus impartiale];

A. Assclioc, Victor Hugo intime. Paria, 1885; — Leconte de Lisle et A. Dumas fils, Discours prononcés pour la réception de M. Leconte de Lisle. 1887 ; — Emeat Dupuy, Victor Hugo, l'homme et le poète. Paria, 1887; — Emile Faguet, XIX' siècle. Paria, 1887 ; — G. Duval, Dictionnaire des métaphores de Victor Hugo, Paris, 18SS; — Emile Ileanequia, la Critique scientifique. Paria, 1888; — G. Pelliasier, /e Mouvement littéraire au iix9 siècle. Paria, 1889 ; — F. BruDetière, l'Évolution de la Poésie lyrique au zii" siècfe, 1393-1895; — L. Mabillcau. Victor Hugo, dans la collection des Grands Écrivains français, i893; — Ch. Renouvier, Victor Hugo. Paris. 1889-1893.

2" L'HoHHE ET LE PoËTB ; — et de quelques points de comparaison intéressanta à relever entre Voltaire et Victor Hugo; — dont le moias remarquable n'eat pas l'babileté supérieure et le sens pratique, — avec lequel ils out au gouverner leur fortune et leur vie. — Leur longévité ; — leur fécondité ; — leur universalité, — sont encore trois raiaons pour leaquellca ila ont toua deux été le plua grand a litlératenr s de leur siècle ; — quoique non pas le plua original. — Et ita ont enGn entre eux deux autres traits au moins de communa, — qui aont d'avoir au l'un et l'autre admirablement ee plier aux exigences de l'opinion de leur temps ; — ce qui est le prin-

460 MANUBL DE l'hISTOIRE DE LA LITTÉnATDRE FRANÇAISE

pas abjuré la doctrine du « renoncement à soi-même »; mais avec plus d'ardenr tjue jamais il continuait son grand combat contre l'individualisme. Il convertissait George Sand à sa doctrine, et l'auteur de Lélia écrivait maintenant : « N'est-i! pas des infortunes plus urgentes à soulager que l'ennui de celui-ci et la fantaisie de celui-là? Le peuple est aux prises avec des questions vitales, il y a là des abîmes à découvert. Nos larmes y tombent en vain, elles ne peuvent les combler. Au milieu de cette misère si réelle et si profonde quel intérêt voulez-vous qu'excitent les plaintes superbes de la froide intelligence? Le peuple a faim; que les beaux esprits nous permettent de songer au pain du peuple avant de songer à leur édifier des tem-

cipe de leurs variatioDSi — et d'y avoir réuasi grâce au même don de 0 virluosité u, — qui leur a permis de s'approprier les inveatioDB on les idées de leors contemporains; — pour les Irans- Former, et les revêtir, l'un eu prose et l'autre en vers, d'une expression définitive. — Que cette faculté d'appropriation est peutêtre l'une des formes du génie même ; — el qu'en tout cas il semble qu'elle cODslitue la dëliniiioD propre du laleat.

A. La jeunesse de Victor Hugo. — La famille du poêle et les Hugo de Lorraine ; . — sa mère o Vendéenne u ; — et à ce propos qu'il ne faut guère accorder plus de cooliance à Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie qu'aux Confessions de J.-J. Rousseau [Cf. Biré, Victor Hugo avant 1830]. — La première éducation de Victor Hugo.

Avec nos campg vainqueurg, dana l'Europe asservie J'errai, je parcaurua la terre avant la viel

[Cf. Odes el Ballades: Mon enfance ;— les Rayons et les Ombres: Ce qui se passait aux Feuillantines vers 1813 ; les Contemplations : Aux Feuillantines] ; — et que les lacunes de celte éducation ambulante s'apercevront dans l'œuvre du poète. — Débuts litttiraircs de Victor Hugo; — ses succès de concours : à l'Académie française, 1817. 1S19; — et aux Jeux Floraux, 1819, 1820. — Caractères de ces premières pièces ; — et que, ai le Bonheur de l'étude el les Avantages de renseignement mutuel rcssemblcnl beaucoup à du Delille.

:.bv Cookie

LA LITTénAtUtlK HODBBNË Ul

pies u [Cr. Lettres à Marcie, 111, 1837]. On ne s'en tenait pas là ! De même que la curiosité de n l'eanui de celui-ci et de îa faDtaisic de celui-là » s'était changée en « pitié du peuple », cette pitié s'organisait à son tour en système, devenait toute une philosophie, o Vivre, c'est en essence avoir l'humanité pour objet » , écrivait Pierre Leroux ; et il expliquait sa pensée en ces termes : « La normalité de notre existence consiste à ne pas violer le lien qui nous unit à l'humanité. Nous devons donc vivre comme si nous devions vivre éternellement dans l'humanité. Et quand nous ne vivons pas ainsi, nous sommes blessé d'une façon éternelle dans notre vie présente, ce qui revient à dire que nous sommes vicié dans notre vie éternelle » [CF. De

— les Vierge» de Verdun on Moïse sur le IVil ne aont que do Lebrun ou du Jeao-Baptisle Bousseau supérieurs, — Le Coiuervateur littéraire ; — et que lei doctrines soutenues dans ce Journal par Victor Hugo et ses Frères, — ea expliquent et en justilieDt le litre. — Les Odes de 1822. — L'ioSueDce de Waller Scott, et la publication de Hau d'Islande, 1823. — Le second recueil dOdes, 1824, et comment on y retrouve l'iuflueuce des Poèmes antiques de Vigny [Cf. le Chant du Cirque, ou le Chant du Tournoi}. — On y pelrouve aussi l'influence de Chaleaubriapd; — qui se fait d'ailleurs sentir bien plus encore dans le recueil de 1826, Odes et Ballades ;— et dans la yéhémence de l'inspiralioa royaliste d'Hugo. — Cromwell et la Préface de Cromaiell. 1827 ; — et combien il s'y reucootre peu d'idées, — que Steudhal ou M™* de Staël n'eussent eiprimëes avant Victor Hugo, — Premières relations d'Hugo avec Sainte-Beuve, 1827; — et que c'est d'elles que date le rattachcmcat du « romantisme s i la pléiade < classique a.

— C'est d'elles aussi que date l'importance qu'Hugo donnera désormais aux questions de o faclnre a ; — et qui s'aperçoit bien dans les Orientales, 1829 [Cf. notamment le Feu du ciel et les Djinns] ; — où d'ailleurs et de plus le poète semble avoir voulu montrer à Casimir Delavigne comment il eOt dû écrire les Messéniennei, — Marion Delorme. 1829; ~ Uernant, 1830; — Notre-Dame de Paria, 1831;

— les Feuilles d'automne, 1831 ; — et qu'autant le roman doil de 'sa couleur an Quentin Durward de Walter Scott;

— autant les FeuilUs d'automne doivent de leur inspiration

:.bv Cookie

t63 HANUIL DE l'hIBTOIRB DB LA LITTiRATURB FRANÇAISE

l'humanité. Épilogue, 1840]. Ce sont là les doctrines que l'on a d'abord enveloppées sous le nom de ce socialisme », et aussi bien la tradition fait-elle honneur à Pierre Leroux d'avoir créé le mot. Quelque fortune qu'il ait faite par la suite et de quelque manière qu'on en ait corrompu le sens, il n'a d'abord désigné que l'intention de réagir coatre les excès de l'individualisme. Et, dans la mesure où il y a réussi, ce n'est pas seulement dans son principe qu'il a ruiné le romantisme ; il lui a enlevé jusqu'à sa raison d'être; et il en a rendu le nom même synonyme d'égoïsme ou de dilettantisme.

On n'aurait pas de peine à montrer que, dans le même temps, l'histoire elle aussi s'inspirait du même esprit ; et

aux Méditations de Lamartine et aux ConfeMtons de /. Delorme.

La Révolution de 1830; — la préfuce de Marion Delorme; —■ et qu'en y célébrant n tes trois glorieuses n, — ou en écrÎTaai l'Hymne aux Morts de Juillet, — Victor Hugo n'a pas tant « abjuré » sa foi royaliste, — qu'obéi au principe de son lyrisme ; — qui est et qui sera toujours de s'inspirer de o l'aclualité o, — d'avoir des chants pour tous les deuils comme pour toutes les victoires; — et d'être autant qu'il le pourra l'écho sonore des émolious populaires. — Qu'en se plaçant à ce point de vue, il n'y a pas lieu de distinguer l'œuvre dramatique d'Hugo de son oeuvre lyrique; — et surtout si son théâtre ne vit que de ce qu'il contient aujourd'hui de lyrique. — Les Chants du crépuscule. 1835. — C.-iudidatares acadcmiqueB, 1836-1840; — les Voix intérieures, 1837; — les Rayons et les Ombres, 18^0. — Victor Hugo devient le poète attitré du a bonapartisme s; — en quoi d'ailleurs il ne fait que s'associer à un nouveau mouvement de la * pensée nationale », — qui lui inspire quelques-uns de ses plus beaux vers. — Il entre à l'Académie française, 1841; — et le gouvernement de Louis-Philippe le console de l'échec des Burgrare», 1843, — en le nommant pair de France, 1845.

B. Les trois manières de Victor Hugo ; — et, avant tout, que la succession en a bien moins été déterminée par une a volonté ■ du po*le, — que par une force intérieure dont il ne s'est jamais cnlièicuieul rendu muitre ; — par le mouvement des idées de son temps', — et par li

:.bv Cookie

LA LITTÉRATURE HODBRMB ÏM

on n'aurait besoin d'appeler en témoignage que l'Histoire des Girondins, de Lamartine, qui faisait émeute, pour ainsi dire, eu 1847; la Révolution de Michelet; ou celle de Louis Blanc, dont les premiers volumes sont de la même année. Mais si peut-être il semblait ((ue la politique y tient trop de place, — et quoique d'ailleurs la politique ait plus souvent éclairé l'histoire que l'bistoire n'a servi de guide à la politique, — il suffirait en ce cas de nommer Mignet ou Tocqueville, Thiers lui-même, et de rappeler i'Histoire du Consulat ou celle des Négociations relatives à la succession d'Espagne, 1835-1842. Ce qui en ressort, en effet, et avec une évidence entière, c'est que, si chacun d'eux a sa conception personnelle de l'hîs-

1° L'inspiration lyrique; — et que, dès son premier recueil, les Odes de 1822, — bous une phraséologie déclamatoire et surannée, — on reconnaît le lyrisme au caractère déjà pErsonoel, aelifet combatif de ses vers. — - Que les Orientales ne démentent pas ce caractère; — si les descriptions qui eu Font la splendeur, — les plus belles peut-^tre qu'il y ait dans la langue française, — ne répondeut B rien que le poète ait tu de ses yeui ; — ni son Egypte [le Feu du ciel], ai sa Turquie [les Têtes du Sérair\. ni sa Russie [Maîeppay, — et sont donc ainsi purement subjectives. — Le même cnractère se retrouve et se précise encore dans les Feuilles d'aulorane; — dont toutes les pièces ne sont que des « pièces de circonstance s, selon le mot de Gcethe [Cf. Rê''erie d'un passant à propos d'un Soi, on Dicté en présence du glacier du Rkûaé] ; — et des aTevz on des confesBions du poète, qui, sans descendre

Jusqu'au fond désolé du ^uffre intérieur, —

nous prend cependant pour confidents de ses amours, de ses souvenirs, et de ses regrets [Cf. Que t'importe, à mon cœur, et la pièce : O mes lettres d'amour]. — C'est également de sa personne que soûl remplis les Chants du crépuscule. — On y remarque foulerais qu'étant sans doute gSné par l'ampleur même de sou vers dans l'expression directe des choses intimes; — au n'y trouvant plus une matière asseï riche pour sa i virtuosité « ; — son lyrisme

:.bv Cookie

4Si MANUEL DE L HISTOIRE DE LA LltTËllATUIlE FHANÇAISB

toire, ils n'en croient pas moins, tous ensemble, très fermement, qu'il existe une certitude historique; une vérité, <{ue l'on peut atteindre; et qui sans doute n'est pas nécessairement contraire, mais qui peut aussi n'être pas conforme aux impressions que nous recevons des faits. C'est même au nom de cette vérité qu'ils se contredisent on qu'ils se combattent, et que, par exemple, ils refont, les uns après les autres, leur histoire de la révolution. Ils n'ignorent pas qu'ils sont hommes, sujets comme tels à l'erreur, et, de plus, imbus de préjugés qu'ils tiennent de leur naissance, ou de leur éducation, ou de la nature actuelle de leurs intérêts. Mais précisément, erreurs ou préjugés, leur méthode n'a pour objet que de les affranchir

est déjà moins personnel dans le Tood que dans la forme. — C'est ce que l'on voit mieux encore dans les Voix intérieures ou dans les Bayons et les Ombres; — deux dea plus beaux de ses recueils lyriques; — où Ba première manière achève de se préciser et se définir.

écoute en lui chanter la voii ; — murmurer la plainte; — on pleurer les larmes des choses. — Il les « orchestre i> alors ; — et on veut dire par là qu'il en soutient, qu'il en développe et qu'il en amplifie le chant; — par les ressources d'une bnrmonie où concourent à la fois la nature, l'histoire et la passion [Cf. Sunt lacrimm rerum; — A l'Arc de triomphe; — Fonction du Poète; — Tristesse d'Olympia]. — Et c'est pourquoi, s'il ya dea élégies plus touchantes que les siennes, comme celles de Lamartine; — ou des chants plus désespérés, comme quelques-uns de ceux de Musset, — il n'y en a pas de plus a lyriques u, ou qui remplissent mieui la définition du genre; — par la nature même de l'inspiration première; — par l'ampleur, la m.ignificcnce et la diversité des ■ mouyements o qu'il trouve pour la traduire; — et enfin par ce qu'il y mêle déjà d' n impersonnel », de général, et d'éternel.

2" L'inspiration épico-salirii/ue; — et que si déji, dans les Rayons et tes Ombres, Victor Hugo s'était dégagé de ce que le lyrisme pur a quelquefois d'égoïste; — en tant que personnel —

:.bv Cookie

LA LITTÉH&TDIIR HODBIINE 4U

des uns, de les préserver des autres, et ils mettent leur hoanear, on serait tenté de dire leur amour-propre professionnel, à n'être que les greffiers impartiaux du passé. Par d'autres voies, c'est donc encore ici la vérité qui rentre dans l'art, ou mieux encore, et pour user d'un mot qui ne prête pas à la confusion, c'est l'écrivain qui se subordonne et qui se soumet à son sujet au lieu de s'imposer k lui. Pas un instant Thiers ne suppose que, dans le récit qu'il donne de la bataille de Marengo, ce soit à lui, Thiers, que l'on s'intéresse, ni Tocqueville ne se complaît dans l'étalage de soi-même, quand il essaie de démêler l'avenir de la démocratie. Ce sont les faits qui parlent ou qui doivent parler pour eux; — et avec eux, après ou en

]a politique elle-même ; — et l'exil ; — et la solitude; — sans le détacher de sa propre perBOuoe, — ont cependant encore élargi sa conception de son art; — et achevé de caractériser son originalilé. — Les Châtiments, 1852; — et qu'à la vérité, s'ils font peu d'honneur au caractère d'Hugo; — cependant ils n'en contieuneat pas moins quelques-uns de ses chefs-d'ceuvre [Cr. l'Oliéîssance passive ; Toulon ; l'Expiation] ; — où non seulement on saisit. — mieux encore que chez le poète indigné des ïambes, — la parenté de la satire et du lyrisme; — mais eacore oii l'on surprend le passage du mode lyrique au mode épique. — Il semble d'abord qu'où les voie moins bien dans les Contemplations , 1856. — Mais il faut observer que, si les Contemplations n'ont paru qu'eu 1856, — tout un volume en est antérieur à 1848 [CF. notamment A Villequier, et toutes les pièces sur la mort de sa fille]; — ■ et des pièces comme Horror ou les Mages relient déjà la deuxième à la troisième manière du poète. — - Au contraire la Légende des siècles, 1859, — est tout à fait caractéristique de cette seconde manière; — et bien que lyrique encore, ou satirique [Cf. le début de la Rose de l'Infante]', — en tant qu'Hugo n'y oublie point ses rancunes, ou ses haines; — cette seconde manière est plutôt épique ; — si, par exemple, on ne voit point que le poète ait eu d'autre raison d'écrire sou Booz endormi, — et quelques autres pièces de même nature, — que la tentation d'y réaliser sa vision des temps écoulés, — Il ne décrit point pour décrire; — mais les choses l'intéressent en elles-mêmes pour ce qu'elles sont; — et, parce qu'elles sont; — et, telles enfin qu'elles

:.bv Cookie

46e MANVBL t>e l'hISTOIIIE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISB

même temps que la sociologie, que la philosophie, que la science, c'est donc l'histoire à son tour qui conclut contre . le romantisme.

C'est la critique aussi, lassée du rAle humiliant qu'elle avait subi depuis une vingtaine d'années. Sainte-Beuve Iji-mème, l'ancien admirateur, disciple et « cornac y d'Hugo, comme l'appelait plaisamment Henri Heine, se révolte; et son Porl-Royal, qui commence de paraître en 1840, son Chateaubriand, qui est de 1848, ses Causeries du lundi, dont la série commence en 1849, sont tout justement le contraire de ses Portraits contemporains. Je ne parle pas de ses palinodies! Elles ne lui sont pas toutes imputables, si, des Méditations a Raphaël et à Graziella, il

furent. — H s'occupe même des choses qui ne l'intëreEseat point pcrBODuellement 1 — ce qui serait la définitioD m&me de la descriplion épique; — ai d'ailleurs, comme au temps des Orientales, Hugo ne demeurait trop iDdilférenl à la <i vérité pure b de ces choses; — et ne continuait à les représeuter telles qu'il se les imagine; — saoe jamais éprouver de doute sur riDfaillibîIité de son imagination. ^ C'est ce qui lui arrive égnlcment dans lp9 Chansons des liues et des Bois, 1865; — qui reloument au lyrisme, par le caprice ou la o folâlrerie a souvent énorme de l'inspiralioa;

— par la variété de l'exécution ; — et par la liberté qu'il i'j donne de ne recevoir et de ne respecter aucune contrainte.

3" L'inspiration apocalyptique. — Mais la méditation solitaire avait produit un autre elTet encore sur le poète; — et c'est ce qu'on essaie de faire entendre en parlant de sa n manière apocalyptique >.

— Il n'y a guère en eflet d'autre mot pour désigner la fureur de (1 vaticiner d qui s'empare de lui ; — i l'épaissi s se ment de l'ombre dans son ceuvre; — d'où les rayons, comme d'une toile de Rembrandt,

— sortent alors d'aiit.int plus fulgurants; — et la préoccupation ou la hantise de !'« insondable n. — Ce sont les caractères de la seconde Légende des siècles, 1877; —et delà troisième, 1883. — Pour exprimer ce qu'il y a d'hostilité dans la nature qui nons entoure et qui nous déGe; — pour traduire l'horreur plus grande encore d'être anéanti ; — pour susciter à l'horizon de l'esprit des visions lerrilianles [Cf. YÈpopée du Ver; — Pleurs dans la nuit;

— la Trompette du jugement], le poète trouve alors de» images

:.bv Cookie

LA LITTénATUBB HODERNB 467

a changé, sans doute, mais Lamartine a changé bien davantage encore I Mais c'est la méthode surtout qui a changé, et avec la méthode, c'est l'objet de la critique. Il fait maintenant de l'histoire natarelle, de la physiologie même; et, aussi souvent que ses rancunes ou son amour-propre ne sont pas en jeu, ce n'est plus désormais comme siennes qu'il donne ses impressions, c'est comme conformes à la vérité.

Il fait un pas de plus, et, s'avisant qu'en littérature ou en art les distinctions des genres et ta hiérarchie des talents ne sont peufr«tre pas a ce qu'un vain peuple pense o, il en discerne la raison permanente et la première origine dans la diversité des « familles d'esprits ». Qui donc a dit que « la

et des accents inconnus; — il rejoint les Eschyle on les laaie; — et de son obscurité même ee fait un moyen d'action. — Seulement, c'est U que l'on voit la vëritë de la parole célèbre que ; — « du sublime au ridicule il n'y a qu'un pas d ; — et ce pas. Hugo le franchit dans le Pape; ~ l'Ane; — Religioiu et Beligion; 1878-1880; autant d'ieuvres illisibles; — qui n'ont même plus pour elles cette obscurité sous laquelle ou cherchait un sens; — - qui ne nous procurent plus seulement la sensation de l'énorme ou du gigantesque;

— mais celle du vide; — et dont l'unique originalité, si c'en est ooe, est d'être a frénétiquement banales n. — On en verra la raison tout à l'heure ; — et quand on aura va d'abord combien la banalité de quelques-unes des idées d'Hugo a contribué à sa popularité. — Il faut d'ailleurs faire attention que ce qu'il y a de successif dans ces trois manières, — ne l'est que relativement; — et que, s'il se retrouve jusque dans l'Ane des restes du poète des Orientales ; — il y avait déjà, dana l'auteur des Feuilles d'automne,

— des commencements de celui de Religions et Religion.

C. Lee dernières années d'Hugo; — et de la très grande influence politique et sociale qu'il a elfectivement exercée, — non comme pair de France; — nï comme député aux Assemblées de 1848 et 1850;— mais comme écrivain; —par ses Châtiments. 1852; — par Koa Napoléon le Petit. 1853; — par ses Misérables. 1862; —ou. en d'autres termes, par la persistance de ses haines; — et son habileté, peut-être inconsciente, à les identifier avec la cause du < progrès social >■ — Des Misérables', — et qua l'idée première

468 MANVBL DR l'hISTOIHB DB IA UTTÉRATCRB FDANÇAISB

vie, qui est une tragédie pour ceux qui sentent, était une comédie pour ceux qui pensent? » Cela fait aussitôt deux genres bien tranchés, parce que cela Tait deux « familles d'esprits n, on pourrait presque dire deux sexes ; et en effet quelle femme ne préférera de tout temps Andromaque au Misanthrope, Zaïre au Barbier de Séville (j'entends celui de Beaumarchais) ; et Hernani a TragaMabas? Maie s'il y a des familles d'esprits, s'il y a des genres, des espèces dans ces genres, des rangs dans ces espèces, nos impressions ne sont donc plus rien en critique, ni même nos jugements? Que l'on blâme ou qu'on loue, que l'on approuve ou que l'on condamne, ce n'est pas la sentence qui importe; ce n'est pas même le juge ; les « considérants » sont tout ; et

en cet sans doute née du désir de passer en popularité les mattres du ■ roman v feuilleton; — l'auteur des Mémoires du Diable et celui des Xyatires de Paris. — De l'esprit du roman; — de l'art aTec lequel y sont flattés les pires préjugés populaires; — et, Â ce propos, que si Victor Hugo n'est pas ce qu'on appelle un «penseur a , — ses idées ont cepeadant plus de portée qu'on ne leur en attribue. — JFillian Shaiespeare, 1864; — et qu'en plue d'un point la critique n'a rien trouvé de mieux que quelques jugements ou quelques intuitions littéraires d'Hug-o. — Les Travailleurs de la Mer, 1866; — et qu'il s'y trouve des choses a profondes »; — ce qui d'ailleurs est assez naturel ; — si, quand on possède au degré où il l'a possédé le don de Vu invention verbale », — ou ne saurait associer diversement les mots, — sans associer diversement aussi les idées qu'ils expriment. — Ou ne saurait non plus traiter le a lieu commun s — sans loucher aux questions les plus générales qui intéressent l'humanité; — et pur eiemple, on ne saurait développer le contenu des mots A' indépendance , — de liberté, — de patrie, avec les moyens d'Hugo, — sans mettre en lumière quelques aspects nouveaux des choses [Cf. Quatre-vingt' Treize]. — Et enfin quand on ne pense que dans la direction de l'opinion générale, — les pensées qu'on exprime s'appuient alors de l' autorité de tous ceux qui les ont approfondies. — C'est ce que l'on voit bien dans le poème de Religions et Religion, 1880; — qui n'est au total qu'une expression populaire; — et moins raffinée, mais exacte suffisamment de l'opinion des Schleiermacher el des Renan; —

:.bv Cookie

LA LITTÉBATDRB MODBKNB ftSB

la valeur de ces « considérants », d'où dépend-elle à son tour, sinon de la connaissance que nous avons — ou que nous pouvons avoir — des lois qui gouvernent l'esprit humain? La gloire de Sainte-Beuve est d'avoir pressenti cette vérité si simple, que d'ailleurs il n'a pas toujours eu le courage d'appliquer. Mais il sufdt ici du pressentiment, puisque aussi bien d'autres que Sainte- Beuve en allaient tirer bientôt toute une conception nouvelle de la critique; — et c'est ainsi qu'après avoir été l'un des plus solides appuis du romantisme naissant, nul n'a plus fait contre lui que l'auteur des Confessions dé Joseph Delorme, en devenant, dans sa maturité, l'auteur des Causeries du lundi.

laquelle est que toutes les religioDs t positives » ne sont que des limitatioDS,' — ou des déformalioDs ', — ou des corruptions de la religion universelle.

II est l Mail nal cri d'ange ou d'homme, nul effroi, Nul amour, nulle bouche, hamble, ou tendre ou superbe, Ne peut distinctement balbutier ce verbe I II esti 11 eit! [1 estt II e»l «perdument.

Cette observation nous ramène à la comparaison du r61e de Victor Hugo avec celui de Voltaire; — et, sans insister sur ce n déisme i; — dont ils ont cru l'un et l'autre assurer d'autant plus solidement ta fortune. — qu'ils traitaient l'un et l'autre plus iDJurieusement les religions positives, — on voit apparaître trois grandes différences. — La première est tout à l'avantage d'Hugo, qui est, comme poète, le plus o extraordinaire» de nos lyriques; — et, dans ses chefs-d'œuvre, le pins grand. écrivain que nous ayons en vers; — tandis que de nombreux prosateurs sont au-dessus de Voltaire. — Mais en revanche Voltaire a possédé deux choses qui ont manqué à Victor Hugo, c'est à savoir; — une culture étendue, variée, solide, voisine en quelques points de l'érudition même; — et, d'autre part, il ne s'est désintéressé d'aucune des manifestations de l'esprit de son siècle; — tandis que la curiosité de Victor Hugo est demeurée entièrement étrangère an mouvement u scientifique v et philosophique de son temps. — Et que c'est peut-être eu cela

470 MAMIBL DB l'hiSTOIRB DE LA LITT^RATUtlB FRAKÇAISB

Ce serait peut-être exagérer que de vouloir montrer encore dea adversaires du romantisme daos l'auteur des Destinées, 1843-1863, ou dans celui d'Emaux et Camées, 1852. Mais on peut du moins avec vérité les en appeler les transfuges. Pour être le plus grand de nos poètes, il n'a manqué au premier des deux que d'avoir quelques-uns des- défauts du second : son inépuisable abondance d'invention verbale, sa préoccupation du « pittoresque », et sa virtuosité. Aussi, et presque à ses débuts, de bons juges ne s'y étaient-ils pas mépris :

qu'il est poète; — si tous les grands poètes ont eu en général leurs regards tournés vers le passé; — mais c'est aussi pour cela qu'ayant joué en apparence le même rôle que Voltaire, — il n'est cependant pas an même degré que Voltaire la i reprëseatation > de son temps.

3° Les Œuvres. — Les (Œuvres de Victor Hugo, faciles à classer, et eu négligeant les (Suvres de début, qu'il a lui-même oubliées.

Ses Poésies, qui comprennent : les Odes et Ballades, 1822, 1824, 1826, 1828 ; — les Orientales, 1829 ; — les Feuilles d'automne, 1831 ;

— les Chants du crépuscule, 1835; — les Voix intérieures, 1837;

— les Rayons et les Ombres, 18^0; — les Châiiments, 1852; — les Contemplations. 1856 ; — la Légende des siècles [trois parties], 1859, 1877, 1883; — iej Chansons des Sues et des Bois. 1865;— l'Année terrible. 1871;— FÂrl d'être grand-père, 1877;— ie Pape, 1878;

— la Pitié suprême, 1879;— l'Ane, 1880; —Religions et Religion, 1880 ; — les Quatre Vents de l'esprit. 1881 ; — le Théâtre en liberté, 188i.

Son Théâtre [Cf. ci-dessuB : le Thëjitbe Romantique].

Ses Romans, qui sont : Bug Jargal, 1818, 1826; — Han d'Islande, 1823; — le Dernier jour d'un condamné, iS29; — Notre-Dame de Paris, 1831 ; — Claude Gueux, 1831 ; — les Misérables, 1862; te» Travailleurs de la mer, 1866; — l'Homme qui rit, 1869;— et Quatre-vingt-Treize, 1874.

Ajoutons les Œuvres politiques, c'est à savoir : Étude sur Mira-

(( Bûchez et ses amis, raconte Sainte-Beuve, avaient remarqué au seiu de l'école romantique la haute personnalité de M. de Vigny et avaient tenté de l'acquérir n; et il résista, continue le critique, — ayant trop d'orgueil, et de juste orgueil, pour être jamais d'une autre école que la sienne, — « mais il fut amené dès lors k s'occuper de certaines questions sociales plus qu'il ne l'avait fait jusque-là » [Cf. Nouveaux lundis, t. VI, p. 420]. Et, on le sait, à dater de 1830, s'il y a du romantisme encore dans Slello, dans Chatterton, il y en a bien moins dans Grandeur et Servitude militaires; et on n'en trouve plus guère que des traces dans la Sauvage, la Mort du loup, 1843, la Maison du berger, 1844; la Bouteille à la mer, 1854. Est-ce pour

beau, 1834; — Napoléon le Petit, 1852] — Histoire d'un Crime, 1852-1377 ; — et les quatre volumeB intitulés Avant l'Exil; Pendant l'Exil, et Depuis l'Exil;

EaliD : Littérature et philosophie mêlées, 1834; — le Rhin, 13'i2; — William Shakespeare, 1864; — l'Archipel de la Manche,

Od a publié, depuis U mort du poète, huit ou oeuf volumes de ses OEuvres posthumes, et deux volumes de Correspondance.

Les Œuvres complètes, — moins la Correspondance, — ont été réunies en 56 volumes ia-8°, Paria, 1885-1892. Hetzel.

IV. — George Sand (Amantine-Lucile-Aurore Dupin. baronne Dndevant). [Notimit. 1804 ;f 1876. Nohant].

1' Les Sources, — George Sand, Histoire de ma vie, 1654-1855; et Correspondance, 1882-1884 [Cf. ses premiers romans. Indiana, Valenline; et plus tard, Elle et Lui\.

Sainte-Beuve, Portraits contemporains, t. I, 1832, 1833; et Causeries du lundi, t. 1, 1850; — Gustave Planche, dans la Revue des Deux Mondes de décembre 1832, août 1833, et octobre 1834; — Comte T. Walsh, George Sand, Paris, 1837; — A. Vinel. Études sur la liltéralure française au tijl' siècle , article écrit à l'occasioD du livre précédent; — Lerniinier, dans la Revue des Deux Mondes, avril 1844; — Charlrs de Malade, ibid., mai 1857; — O. d'Haus- Eonville, Études biographiques cl liiléiaires, Paris. 1879; — Caro, George Sand, dans la collection des Grands Écrivains français, 1867;

«TJ HANCBL DE l'hISTOIRB DE LA LITTi»ATURE FRANÇAISE

cela que Sainte-Beuve y a, lui, signalé « du dédia »? Mais c'est exactement le contraire qu'il eût fallu dire. Vigny n'a pas laissé de plus beaux vers, qui lui ressemblent davantage, ni qui donnent de ce qu'il fut une plus noble idée. C'est de la Mort du loup :

Seul le BÎleuce est grand, tout le reste est TaiblesBe; c'est de la Maison du berger :

J'aime la majesté dea souEFraDces humaines i c'est de la Bouteille à la mer :

Le vrai Dieu, le Dieu fort est le Dieu des idi^cs; que se sont comme envolés tous les vers de lui qui chan-

— Emile Faguet, XI X- siècle, Paris, 1887; — F. Brunetière, Évolation de la poésie lyrique, 1893.

2° L'EcRivAin ; — et, avant tout, du triple contraste de la régularité de sa production avec le désordre de son existence; ~ de sa fraicheuF et de sa légèreté d'imagination avec la violence de quelques-unes de ses i revendication s d ; — et du caractère d'impersonnalilé de son style avec l'inspiration individualiste de ses premiers romans.

Origine, famille, éducation d'Aurore Du pin [Cf. Histoire de ma vie] ; — son mariage ; — ses premières Lettres [Cf. notamment la lettre de Bagaères, 28 août 1825]. — Sa séparation [Cf. Lettre du 3 décembre 1830, et Indianay, — son installation à Paris et ses débuts littéraires, — Henri de Latouche et Jules Sandeau. — Rose et Blanche. 1831 ; — Indiana. 1831 ; — Vaitntine. 1832 ; — Lélia. 1833; — /acçues, 1834; — et qu'au moyen de leurs autres mérites [il faut escepter Rose et Blanche], fraiclieur et vérité poétique du paysage; — caractère bourgeois et réel surtout de l'intrigue; — Quidilé et abondance du style; — Toriginalité n'en est pas tant d'avoir proclamé le u droit divin u de la passion, — que d'avoir achevé de rendre le roman, comme genre, a capable de porter la pensée», — C'est ce qn'onn'avait pas fuit depuis in Nouvelle HUotse, 1761, et depuis Corinne, 1807. — Mais, tandis que Corinne était placée dans des conditions singulières; — et qu'il n'y ■ pas d' > intérêt u proprement romanesque dans le roman de Rousseau;

— il y en a un dans Yalentine, comme dans Indiana; — et quelle

:.bv Cookie

LA LITTÉRATURE UOD&RHB 473

tent dans nos mémoires. On a surtout entendu le viril conseil :

Gëmir, pleurer, prier est également Uche,

qu'il opposait aux lamentations dont les romantiques avaient assourdi les oreilles de leurs contemporains. Et finalement, par l'intermédiaire du symbole, dont il a ressaisi la destination première, — qui est d'exprimer la parenté non moins certaine que confuse de l'idée pure et de la forme plastique, — toutes ces pièces, ou plutôt tous ces poèmes, ont ramené ta poésie à la couscience de son objet et de sa fonction sociale. « Je ne suis qu'une sorte de moraliste épique », a-t-il dit lui-même [Cf. Journal

que Boit la coaditioD dea héroÏDea de George Saud, leura aveuturea

du moias ne sortent pas de l'ordinaire. — Peut-on en dire autant de leure sentimenla ; — et surtout de ceui qu'on trouïe eiprimés dans Jacques ou dans Lilia ? — Que si l'on ne peut pas le dire, — et si l'on doit au contraire les appeler des romans personoela ou < lyriques n, — c'est donc en cela qu'ils sont romantiques, — ou mËme byroniens. — Il confient d'ajouter que, comme ils le sont ■ans décor exotique; — ai recul historique; — île le sont d'une autre manière que Cinq-Mars oa Noire-Dame de Paris; — et toutes ces circonstanceB réunies expliquent assez, — pour De rien dire du sexe de l'auteur, — que deux romans : Indiana et Vatentine, aient aulB pour rendre illustre en deux ans le nom de George Sand; — qu'un an plus tard Lélia rendait fameux; — et plus fameux encore, l'année suivante, ce que l'on pourrait appeler l'aventure des « amours de Venise v.

D'un mot de la duchesse de Bourgogne, que ■ sous le règne des femmes ce sont les hommes qui gouvernent > ; — et combien la vie littéraire de George Sand en vérifie la justesse; — si de Mauprat, 1837, jusqu'à la publication de VHisioire de ma vie, 1854-1855, — ce sont ses amilii^s mBaculines qui éclairent l'histoire de son œuvre. — En effet, pendant quinze ou seize ans, sa «virtuosité s, — très différente de celle d'Hugo, — ne s'est guère employée qu'à revêtir d'une forme d'art, — des idées qu'on lui suggérait. — L'influence de Lamennais et les Lettres à Afarcie; Spiridiort; les Sept cordes de la lyre, 1839. — L'influence de Pierre Leroux, et les romans

:.bv Cookie

47i HANUBL DE l'histoire DE LÀ LITTÉnATUHE FRANÇAISE

d'an poète, 1834]. Et on ne saurait mieux dire, ni mieux marquer comment et par où son action a divergé d'abord de «elle des romantiques, pour finir par en triompher.

Il avait dit aussi : « Un livre tel que je le conçois doit être composé, sculpté, doré, taillé, fini et limé et poli comme une statue de marbre de Paros », et à cet égard il faut bien convenir qu'il est demeuré, dans ses plus beaux poèmes, trop au-dessous de cette ambition d'art. L'honneur de la réaliser devait appartenir à l'homme que l'on considère encore quelquefois comme le plus intransigeant des romantiques, qui l'a été en 1830, mais qui ne l'est pas resté, et qui, au contraire, rien que de la manière dont il a transformé l'art de décrire, aurait pu lui tout seul dégager

socialistes ou humanitaires : le Compagnon du tour de France, 1840, le Péché de Monsieur Antoine, 1845, - — L'iafluence de Chopio et de Liszt: Consuelo, 1S42-1843. — L'influtiace de la franc-maçounerie : la Comtesse de Sudolstadt, 1644. — L'iuflucDce de Barbes et le rôle de George Sand dans la révolution de 1848. - — Mais elle n'en conserve pas moins, — sous l'action entre-crois^e de toutes ces influences, — un coin de Berri dans son cceur ; -^ l'amour de la □ature; — etle goût des paysanneries [Cf. la Mare au diable, ISiS;

— la Petite Fadelte, 1849; — François /e Champi, 1850]. — Etle succès de ces romans, — au lendemain des aventures de la Révolution, — opère un double effet; — qui est de la réconcilier ellemSme avec le grand public ; — dont elle avait semblé vouloir ee séparer pour ne s'adresser qu' a au populaire ; • — et le grand public avec elle; — comme ne voyant plus en elle qu'un grand talent reconquis sur l'esprit de parti.

Elle a gagné de son c6té deux choses à traverser le socialisme,

— dont la première est d'avoir aperçu le danger de 1' n individualisme D ; — et en second lieu, elle a compris que le monde est plus vaste que le peu qu'en saisit notre expérience personnelle. — Nous ne sommes pas les seuls hommes, et nos maux ne sont pas tous les maux ; — il y en a d'autres, et de plus cruels, que de s'être mariée sans amour, comme Valenline; — ou d'avoir, comme Lélîa, trouvé le dégoût au fond de la volupté. — Et de là le caractère nouveau des romans de la dernière période; — à l'exception d'Elle et Lui, 1859, — qui est sa réponse, un peu lardive, à la Confetsion d'un

LA LITTERATURE MOOBRNB 47B

du romaotisme ce que les doctrines en contenaient de naturalisme encore inconscient : « Je suis allé à Constantinople, disait Théophile Gantier, pour être musulman à mon aise; en Grèce, pour le Parthénon et Phidias; en Russie, pour la neige et l'art byzantin ; à Venise, pour Saint- Marc et le palais des Doges » [Cf. Bergerat, Théophile Gautier, p. 126, 127]. Et qui ne voit ici que, de voyageur, ou, comme on dit, de touriste, en se faisant l'historien ou le peintre des contrées qu'il parcourt, c'est comme s'il eût résolu de s'absenter de lui-même, pour y laisser se graver l'image de la nature, des monuments, et des lieax?Ni les Musset, ni les Hugo n'eussent été capables de ce désintéressement. Comme d'ailleurs aucun cerveau ne saurait

Enfant du tièele. — /ean de la Roche, 1860; — le Marquis de Villemer, 1861; — Tamaris, 1862; — HP^' de la Qaintinie, 1863 [celni-ci est nne réponse k \ Histoire de Siliylle. d'OcUve Feuillet}.

— Elle n'abjure point ses iàéee ; — et elle plaide toujours volontiers ce qu'elle croit £tre la cause de la « liberté n -, — elle ne vent point de contrainte morale ni politique; — mais l'ardeur d'apostolat s'apaise, — et surtout l'ardeur de la révolte. — Antonia, 1863; — la Confession d'une jeune fille, 1865; — Monsieur Sil^estre, 1866;

— le Dernier amour, 1867. — M"' Merquem, 1868. — Si sou imaginatioa ne s'applique point à se « soumettre d à ses modèles,

— elle mêle pourtant beaucoup moins d'elle-même aux peintures qu'elle en fait; — et le grand intérêt eu est pour elle dans l'air de vie, — sinon de réalité qu'elle leur coromunique [Cf. sa Correspondance avec Flaubert, et plus loin l'article Flaubert]. — Elle subit vaguement l'influence rétrospective de la popularEté de Balzac tous les jours grandissante; — et dn i réalisme u qu'elle n aidé & naître. — - Les dernières œuvres : Francia, 1871 ; — IVanon, 1872; — Flamarande, 1875; — la Tour de Percement, 1876. — Pourquoi nous ne parlons pas de sou n théâtre i ; — s'il ne lui appartient qu'à peine ; — et que les rares succàs qu'elle y a obtenus

— ne soient dus qu'à L'habileté technique de ses collaborateurs. Du grand défaut des romans de George Sand ; — et, l'immoralité

naïve de quelques-uns d'entre eux mise k part, — qu'il consiste en ceci, qu'ils partent bien de la réalité; — mais ils se continuent ou s'achèvent tous dans le vague. — C'est ce que l'on peut

:.bv Cookie

t;6 UÂNUEI. DB L HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE

faire ainsi, de lui-même, aaturellement, spontanément, œuvre ou a métier de chambre noire », une conséquence résulte du principe, laquelle est que nous commencerons par nous mettre en état de ne mêler à nos impressions que le moins que nous pourrons nous-mêmes de nous-mêmes. Autre contradiction encore, autre point de division avec le romantisme! Et comme il n'y a d'autre chance d'y réussir qu'une attention perpétuelle au choix des moyens que nous emploierons pour traduire ces impressions, de là enfin un scrupule, un souci constant de la forme, une vigilance inquiète que n'avaient pas eue non plus les romantiques, dont ils s'étaient même un peu moqués [Cf. Lamartine, Lettre à M. Léon Bruys d'Ouil/y; et Musset, Après

exprimer d'une autre manière; — et d'une formule où les qualités et les dtïfauts se compensent ; — en disant que. depuis Indiana jusqu'au Marquis de VMemer, — ils tiennent tous du poème euproBe,

— biea plus que de l'étude des moeurs; — et il faut ajouter ; du poème en prose n improvisé o.

30 Les Œuïrbb. — Nous avons éouméré, chemin faisant, les principaux romans de George Sand. Ses Œuvres complètes forment un peu plus d'une centaine de volumes [édition Michel Lévy]; — non compris les quatre volumes de \'Histoire de ma vie ; — et lea six volumes actuellement parus de la Correspondance.

V. — Charles-Augustin Sainte-Beuve [Boulogne-sur-Mer, 1804 ; f 1869. Paris].

1* Les SouEcsa. — Sainte-Beuve, d'abord : Portraits contemporains, t. II. — Portraits littéraires, t. II ; Causeries du lundi, l. XI, et le volume de Table des Causeries; — JVouveaux lundis, t. XIII;

— Lettres à la Princesse ; — et sa Correspondance .

GuBUve Planche, dans la ttevue des Deux Mondes, septembre 1851 ; — Cuvi Hier- Fie ury. Études historiques et littéraires, 1854;

— Alfred Michiels, Histoire des idées littéraires en France aa iix» siècle, 1843, 1848, 1861, 1864.

J. Levellois. Sainte-Beuve, 1872; — Pons, Sainte-Beuve et ses inconnues, 1879; — J. Troubat, Souvenirs du dernier secrétaire de Sainte-Beuve, 1890.

O. d' Hausse n ville, Sainte-Beuve, sa vie et ses œuvres, 1875;

:.bv Cookie

LA littéhathre hoobrnb Vil

une lecture] ; et dont l'absence, par un juste retour, donne, même à leurs chefs-d'œuvre, on ne sait quel air de négligence ou d'improvisation. Avec l'autear d'Émaux et Camées une génération d'artistes succède à une génération d'improvisateurs. On joindrait volontiers à son nom celui de Théodore de Banville, — pour ses Cariatides, 1842, ses Stalactites, 1846, ses Odelettes, 1856, — si Tort n'y ressemblait trop souvent à un jeu ou même à une gageure; et puis si trop souvent, dans ses œuvres, l'auteur des Odes funambulesques, 1857, ne semblait se railler de son sujet, de son public, et de lui-même.

Considérons maintenant ensemble toutes ces influences, et nous ne nous étonnerons pas qu'aux environs de 1850,

— F. Brua«tièr«, l'Évolulion des genres, t. I, J889-, et l'Évolution de la poésie lyrique, t. I, 1894; — Emile Faguet, Sainte-Beuve, dana la Revue de Paris, février 1897.

2" L'Écrivain. ^ Son origine; — et qu'il serait d'ailleurs înulile deiioterlelieude ea naissance, Boulogne sur-Mer, — s'il uelui avait dû le patronage de Daunou, — qui ^tait également de Boulogne; dont les coDTersations l'imprégner ctil de l'esprit du iviii° siècle ; — qui peut-être favorisa ses d(!buls dans le Globe, 182'i ; — et eu tout cas qui lui donna le conseil d'écrire sod premier ouvrage : le Tableau de la poésie française au ivi» siècle, J82M828.

A. Le Poète; — et son râle dans la révoliilion romantique. — Il a trouvé le moyen, en rattachant le romantisme à la Pléiade et i Audré Chénier, ^ de donner aux novateurs toute une longue lignée d'ancêtres ; — moioB illustres, mais plus n anciens », que ceui dont se réclamaient les pseudo-classiques. — Ayant reconnu dans Ronsard [Cf. ci-dessus l'article Rokbahd], — le plus grand inventeur et lé plus Iiabîle ouvrier de rythmes qu'il y ait eu dans la tangue française, — il a enseigné aui n romantiques s en général, — et à Victor Hugo, particulièrement, — le pouvoir ou la vertu de la forme [Cf. la pièce célèbre :

Rime, qui donnea leurs sons

— ou encore, dans les Pensées d'août, VÉpitre à Villemain]. — Plus tard, dans ses Confessions de Joseph Delorme,iB29; — et daaa

:.bv Cookie

t7S HANDBL DE l'hISTOIRB DB L4 UTTÂRATURB FRANÇAI8B

— entre 1848 et 1855, — la réaction déjà commencée contre le romantisme se poursuive et s'achève dans tous les genres k la fois. On l'attaque sur sa politique, dont les événements de 1848 ont été la banqueroute ; on l'attaque sur sa morale ; on l'attaque sur son esthétique. On applaudit bien aux Châtiments, parce qu'en effet, ils contiennent, mêlés à des grossièretés sans nom, quelques-uns des plus beaux vers d'Hugo; mais on n'a garde de tes imiter, pour diverses raisons, parmi lesquelles il y en a de politiques, mais de littéraires aussi, et eo plus grand nombre. La prodigieuse facilité au poète ressemble à de l'incontinence et le torrent de son invention roule décidément plus de mots ou de sons que d'idées ! A la « femme incomprise»,

ses Consolations, 1831, — il a pouBsé le lyrisme, — en tant qu'ex* pression du moi du poète, — jusqu'à la limite où cette hyperlropMe de la persoaoalitë devient positivemeat o morbide u ; — et, i cet ^gard, c'est de lui que procédera en partie Baudelaire. — Et enfin, dans les Peméei d'août, 1837, — et comme convaincu que le lyrisme ainsi conçu ne saurait avoir qu'un temps, — n'ayant plus rien Ini-méme d'intéressant i dire en vers, — il a fait des vers qui ne soDt que d'assez mauvaise prose; — mais qui n'ont pas moins acclimaté dans la poésie française contemporaine le goût de l'insignifiant; — et la sympathie pour la médiocrité.

B. Le Critique.

1° De 182i à 1837. — C'est la période des Portraits liltérairet et des Portraits eontemporaina; — période militante et active, — où, quand se critique ne lui sert pas d'un moyen pour satisfaire des rancunes; — et distribuer les rangs par rapport à celui qu'ils lui' même la prétention d'occuper comme poêle; — elle n'est guère que le journal de ses impressions personnelles; — et en ce sens purement romantique. — Mais il semble déjà que, dans la nature de ses impressions personnelles, — la curiosité de connaître les conditions des ceuvres, ~ tienne plus de place que la satisfaction d'en dénoncer les défauts; — que le besoin de les juger;

— ou que le plaisir mâme d'eu jonir; — et ainsi, d'une critique purement subjective, — se dégage et déjà se détache, — une critique psychologique, — dont la tendance est de subordonner l'élude ou l'examen des a œuvres n à la connaissance des ■ auteurs >,

LA LITTâBATURB HODERNB 479

des romans de George Sand, ou de ses imitateurs, et tandis qu'elle-même fait succéder les héroïnes paysannes de la Mare au Diable et de la Petite Fadette, l'école « du bon sens n oppose les comédies bourgeoises de Camille Doucet et d'Augier. On dépouille la courtisane de l'auréole poétique dont le romantisme l'avait couronnée, et au lien de Marion Delorme ou de Létia, elle s'appelle Marguerite Gautier [Cf. la Dame aux Camélias, 1852] ; Suzanne d'Ange [Cf. le Demi-Monde, 1855], ou Olympe Taverny [Cf. le Mariage d'Olympe, 1855]. Un exemple non moins signlBcatif est celui d'un jeune écrivain qui, après avoir débuté, vers 1845, sous les auspices du romantisme, se retire insensiblement de ses maîtres, discrètement, sans

— et de la manière dont il» ont vécu. — Nouveauté de ce geare de critique à sa date; — et qu'il n'était paa «ans analogie avec la nature des investi gâtions que Balzac donnait pour objet à l'art du romancier; — ce qui explique peut-être l'acharnemeat de la guerre qu'ils se sont faite l'un i l'autre — Rara concordia frairum '.

— c'est surtout en littérature qu'on voit des frères ennemis; — et rien ne nous divise plus profondément que de tendre au même objet par des moyens opposés. — Maïs, en dépit des différences, le roman de Balzac et la critique de Sainte-Beuve n'en comportaient pas moins la même sorte d' i indiscrétion s ; — la même cr anatomie 1 des modèles ou la même « dissection v; — la même tranquille audace; — et finalement ils rendaient le même effet de vie.

— Comparaison à cet égard de la critique de Villemaiu avec la critique de Sainte-Beuve ; — et combien la première est plus abstraite, plus décharnée, moins pénétrante et moins aiguë que la seconde.

2° De 1837 à 1350; — ou, du cours de Lausanne sur Porl-Boyal BU cours de Liège sur Chateaubriand et son groupe titléraire. — C'est la période vraiment féconde; celle où s'opère dans la manière de Sainte-Beuve; dégagée du romantisme, — par l'intermédiaire d'une connaissance plus exacte et plus approfondie de l'hlslolre ; — le rapprochement de la critique qui « sent b et de la critique qui • explique o. — Du livre de Port-Royal, et de son importance à cet égard. — Comment trois choses y sont menées de front, lesquelles Bont : — l'examen des œuvres ; — l'analyse des s(

:.bv Cookie

\$0 MANUEL DB l'hISTOIRB DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE

éclat ni fracas, en galant homme; et, dans le Village, 1852, dans Da/ila, 1853, dans la Petite Comtesse, 1856, entreprend non plus seulement contre la courtisane, mais contre « la passion », une guerre qu'il soutiendra jusqu'à son dernier jour.

Cependant, du fond de sa solitude, où il peine sur le plus laborieux des chefs-d'œuvre, un autre encore passe en revue les gloires du romantisme; n'en reconnaît aucune, sauf Hugo; se plaint que Lamartine écrit niai; reproche à Musset de n'avoir cru « ni à lui, ni à son art, mais à ses passions », le raille de son ci dandysme », s'irrite de 1' « emphase avec laquelle il a célébré le sentiment, le cœur, l'amour a [Cf. Flaubert, Correspondance,

l'apprécialioD oa le jugemeol des idées [Cf. ootamment les chapitres consacrés à Pascal]. — Comment trois qualités s'y UDisBeot et s'y fortiGeiit l'une l'autre : — la ppécisioo de l'historien; — la subtilité du psychologue; — ta ddcision du juge fCf, notamment les chapitres sur Montaigne ; ^ Saint François de Sales ; — Corneille ; — Boilenu]. — Et comment enfin, de l'exemple ainsi donné, trois obligations définies eu sont résultées pour la critique : — l'obli' galion A' expliquer; — l'obligation de classer; — et l'obligalion enfin de lendre par le moyen de l'interprélation des œuvres à une connaissance n philosophique o de l'esprit humain. — Qu'il n'est pas douteux que, pour toutes ces raisons, Port-Royal soit l'un des grands livres de ce siècle; — et l'œuvre de Sainte-Beuve, en général, l'une des plus originales de notre temps ; — comme enfin l'une des plus fécondes en conséquences.

3" De 1850 à 1870. — C'est la période des Causeries da lundi et des Nouveaux lundis; — la partie la plus vantée de l'œuvre de

Sainte-Beuve ; — mais n

inpa

s cep

meilleu

re ; — si trop

de haine

n actuelles o

s'y mÊlen

constam

ment à

l'appréciation

des œuv

it de

s hou

s'il ne

meurt pas ud

[Balz

ac, 1850

Musset

1857; Vigny,

■il n'en profile

ou

qu'il

n'en abuse pou

r régler avec

eux le c

mpte de ses a

Des ra

ncunes ;

— et s

l'exagération

mSme de

la méthode l'e

ntral

e se sou

cier presque pins des

œuvres.

t de

s hommes. —

Qu'à

a vérité, anx

environs

de 1960, la né

easité de

ié fendre

sa propre originalité

bv Cookie

LA LITTéRATDRE HODERNB 48t

, p. 110, 1852J. La vois d'nn poète répond à la

Tel qn'uQ morue aDÎmal, meurtri, plein de poussière, .

La chaiae au cou, hurlant au chaud Boleil d'été, '

Promène qui voudra son cœur ensanglanté, Sur ton pavé cynique, 6 plèbe camasaière...

Et tous les deux, c'est comme s'ils disaient qu'on ne veut plus désormais de « coDfessions » ni de « confidences n Sortons de nous-mêmes, et ouvrons les yeuxl La nature et la société, l'art et la vie, la vérité, la beauté sont là qui invitent le poète, et le romancier, et l'auteur dramatique. Tout est n matière à littérature », excepté précisément ce qui l'a été pour le romantisme. Et tandis

contre quelques disciples qui se réclament de lui, — tels qu'Edmond

Scherer, Ernest Renan, et Taine, — l'oblige à préciser deux points qu'il ne veut pas abandonner, — - Il établit donc victorieuse me ni que, ce qu'il y a d'intéressant dans l'œuvre littéraire, c'est d'abord cette œuvre elle-mSme. — Il n'établit pas moins fortement que rien de général ne réussit à expliquer ce qu'il y a d'individuel dans un chef-d'œuvre; — et qu'étant donné « la race *, < le milieu i, s le moment a, qui sont les mêmes pour tous, — le grand problème est d'expliquer comment 11 se fait qu'on n'ait vu qu'un Tartufe et qu'une Pkèâre; — qu'un Voltaire et qu'un Rousseau; — qu'une Eagênie Grandet et qu'une Valentîne. — Mais, après cela, lui-même se désintéresse de ses propres principes; — comme des plus chers de ses anciens goûts; — l'histoire proprement dite l'attire de plus en plus; — il prend an sérieux son titre de ■ sénateur de l'Empire o ; - — et il n'y a presque plus rien de l'auteur de Port-Boyal dans son Élude sur Jomini, par exemple, ou dans sou Essai sur Proudlton.

C. Le Philosophe; — et d'abord si cette appellation n'est pas bien ambitieuse pour lui ; — en tant du moins qu'avoir une a philosophie » c'est avoir un système lié; — nne vue générale des choses, ou seulement une s doctrine * [Cf. plus loin l'article Taiki]. — Qu'en ce sens non seulement Sainte-Beuve n'a pas eu de < philosophie u ; — mais son grand défaut, comme critique et comme hisloriea de la littérature, — a été de ne pouvoir pas s'élever audessus de la • monographie ■■ — Ses contradictions théoriques

ai

Douze. bvCoo^Ie

L HISTOIRE DB LA LITTéRATDBE FRANÇAISE

que, pour les Leconte de Lisle, pour les Flaubert, les Feuillet, tes Dumas, les Augier cette conviction se dégage de l'étude ou de l'observation, se forme en eux presque à leur insu, les Taine et les Renan paraissent pour l'autoriser, raffermir, et la fonder en principe.

On ne se rend pas toujours compte à soi-même de la nature de son œuvre, ni de ses vraies origines. C'est ainsi que Renan n'a jamais voulu convenir, ne s'est jamais douté peut-être à quel point il était pénétré de l'esprit d'Auguste Comte; et Taine, qui se faisait gloire au contraire d'être positiviste, à travers la philosophie de Stuart Mill, ne s'étonnait pas seulement, on l' affligeait, quand on lui montrait quelles œuvres sont sorties de son Essai sur Balzac,

et sa versatilité naturelle d'humeur. — Mais que cette vcrsatililâ même et ces cODtradictioos impliquent udc espèce de philosophie ;

— dont le principe est de perfectioaner son goût par la variétë des diBcipliaes qu'on lui impose; — et que c'est même là ce qu'on appelle du oom de dilettantisme. — Sainte-Beuve a été le dilettante de la critique ; — et c'est en celte qualité qu'il semble avoir surtout agi sur ses contemporains.

3' Les Œuvhes.

Les Œuvres de Sainte-Beuve comprennent : 1° ses Poésies : Joseph Detorme, 1829; les Consolations, 1830; et les Pensées (Cfloûi, 1837; — 2* son roman de Volupté,i%Z'*. — et^« ses Œuvres critiques, ainsi divisées :

Portraits littéraires, 3 volumes ;

Portraits de femmes, 1 volume;

Portraits contemporains, 5 volumes ;

Port-Boyal, 5 volumes in-S" ou 7 volumes in-18 ;

Chateaubriand et son groupe littéraire, 1 volumes;

Causeries du lundi, 15 volumes;

Nouveaux lundis, 13 volumes.

U y faut ajouter ; Tableau de la Poésie française au ivi* siècle ;

— SCS Premiers lundis, trois volumes qu'on a formés après sa mort des articles qu'il n'avait pas lui-même réunis; — son Étude sur Virgile; — et deuiiou trois a nouvelles u assez insigniGantes.

Il n'a encore paru que trois volumes de sa Correspondance et prosque rien de ses fumeux Carnets,

:.bv Cookie

LA LCTTÉRATURB MODERNE 48i

1858, et de son Histoire de la Littérature anglaise, 1863. Il faut assurément distinguer! Le a naturalisme » de Taine, aussi bien que celui de Flaubert, était plus large, — il était surtout plus intelligent, — que ne l'était le réalisme des Courbet et des Champfleury ; et, par exemple, il n'excluait de ses « représentations » ni la beauté, ni le passé [Cf. Salammbô, Hérodias, la Légende de saint Julien], sachant bien qu'il ne t'aurait pu faire sans exclure de l'art la notion même de l'art. De son côté, l'auteur de V Histoire des langues sémitiques, 1848, et du célèbre Essai sur les Religions de Cantiquité, 1853, pouvait bien croire et pouvait bien dire que « M. Comte, n'étant pas philologue, n'entendait rien aux sciences de

Troisiàhe Éfoqob Le Naturalisme.

Page 1