‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 3)Chapitre 21 sur 94 · X. — Les commencements de la comédie · texte numérisé non relu

X. — Les commencements de la comédie

1° Les Sources. — Les frères Parfaict , Histoire du théâtre français; — L'Ancien théâtre français, publié par Viollet-le-Duc;

— Ch. Magnin : Les commencements de la comédie italienne en France, dans la Bévue des Deux Mondes du 15 décembre 1847;

— Rathery : Influence de l'Italie sur les lettres françaises, Paris, 1853; — Armand Baschet, Les comédiens italiens à la cour de France, Paris, 1882; — Ad. Gaspary, Storia délia litteratura italiana, trad. de l'allemand, Turin, 1891, t. II, seconde partie.

2° Les Auteurs et le développement du théâtre comique. — Les dernières soties. — Que l'origine de la comédie en France n'est ni française ni purement latine, mais italienne. — La comédie italienne du xvie siècle; — ses origines latines; — ses origines populaires et nationales : La Commedia dell' Arte. — Influence des « novellieri ». — ■ Les personnages de la comédie. — Travestissements, quiproquos et reconnaissances. — Le valet comme cheville ouvrière de l'intrigue; — et qu'il doit le demeurer jusqu'au Mariage de Figaro. — Les comédiens italiens en France ; — La

sance; et peut-être même en est-ce le plus important. Quand on essaie d'atteindre le principe même de leur opposition, il semble qu'on le trouve dans une de ces oppositions de races qui sont de toutes les plus irréductibles. Les contemporains s'y sont trompés d'abord. Mais ils ont promptement reconnu leur erreur. Ils ont compris qu'il fallait choisir, devenir Allemands ou rester Latins, suivre dans ses voies l'humanisme ou donner le pas sur toutes les autres aux préoccupations morales; et de ce conflit est résultée la différenciation des littératures du Nord et des littératures du Midi. [Cf. Mme de Staël, De l'Allemagne, et H. Taine, Littérature anglaise.] Elle coïncide exactement, on le voit, avec la division de l'Europe du Moyenâge en deux grandes a nations » désormais séparées et qui ne se rapprocheront plus, qui ne se rejoindront plus

troupe des premiers Gelosi; 1571 [Cf. Baschet, op. cit.]; — les seconds Gelosi, 1577 ; — et ont-ils effectivement joué les comédies de Pierre de Larrivey?

Pierre de Larrivey [1540-1612]; — son origine italienne; — sa traduction des Facétieuses nuits de Straparole, 1576 ; — ses comédies, 1579. — Il n'y en a pas une des neuf qui ne soit traduite ou « adaptée » de quelque comédie italienne. — Déclarations de Larrivey dans sa Dédicace à M. d'Amboise. — A noter également que ses comédies sont toutes en prose. — Ce sont de pures comédies d'intrigue. — Le principal intérêt qu'elles offrent est d'avoir été plus tard imitées par Molière [Cf. notamment Y Avare d'une part, et de l'autre le Laquais, I, se. 1 ; — la Veuve (dont l'original italien a pour auteur un Bonaparte), III, se. 2; — et les Esprits, III, se. 6]. — D'une curieuse différence de ton entre les premières et les dernières comédies de Larrivey : la Constance, le Fidèle, les Tromperies ; — et en quoi celles-ci sont plus romanesques.

De quelques autres auteurs de comédies : Jean Godard, Odet de Turnèbe, etc. — Le développement de la comédie est interrompu, comme celui de la tragédie, par le succès de la tragi-comédie. — La société française du temps de Charles IX et d'Henri III étaitelle mûre pour la comédie? — Raisons d'en douter; — dont la

de longtemps maintenant. Le passage est accompli de Y homogène à Y hétérogène. Et le travail de différenciation ne va plus s'interrompre. C'est ici que finit, avec l'histoire du Moyen-âge, l'histoire de la littérature « européenne » et que s'ouvre, avec l'histoire des nationalités, celle des littératures modernes.

Un des premiers effets de la transformation qui commence est ce que l'on a heureusement nommé la Latinisation de la culture. [Cf. Burckhardt, Civilisation au temps de la Renaissance.] Peu à peu, sans presque s'en douter ni s'en apercevoir, tout en continuant d'affecter

principale est la licence qui régnait alors dans la satire. — On en peut trouver une seconde dans l'indétermination du caractère national : — ce qui fait rire une race n'en faisant pas rire une autre, et le caractère français étant à peine formé.

3° Les Œuvres : — de Jodelle, Y Eugène; — de Remy Belleau, la Reconnue ; — de J. A. de Baïf, ses traductions de Y Eunuque et du Miles gloriosus; — de Grévin, la Trésorière, 1558, les Eshahis, 1560 ; — de Jean de la Taille, les Corrivaux, 1562; — de Louis le Jars, Lucelle, 1576; — de Pierre Larrivey, son premier recueil, contenant : le Laquais, la Veuve, les Esprits, le Morfondu, les Jaloux t les Escoliers, 1579; — d'Odet de Turnèbe, les Contens, 1580.

Les comédies de P. Larrivey ont été réimprimées dans l'Ancien théâtre français de Viollet-le-Duc, t. V, YI et VIL

XL — L'œuvre de la Pléiade.

1° Les Sources. — Cf. les textes indiqués ci-dessus, et ajoutez;

— Yauquelin de la Fresnaye : Art poétique, édit. G. Pellissier, Paris, 1885; — Malhurin Régnier, dans ses Satires, notamment Satire V et Satire IX; — A. P. Lemercier, Etude... surVauquelin de la Fresnaye, Nancy, 1887; — Ferdinand Brunot, La doctrine de Malherbe, Paris, 1891 ; — Emile Faguet, XVIe siècle, Paris, 1894;

— et Marty-Laveaux : La langue de la Pléiade, dans la collection

une grande admiration pour les modèles grecs, c'est à l'école des Latins que nos poètes eux-mêmes se rangent; c'est Horace qu'ils imitent plus volontiers que Pindare; et il n'est pas jusqu'à Ronsard, dans sa Franciade — mais surtout dans sa théorie de l'épopée, — qui, s'il invoque le grand nom d'Homère, ne s'inspire constamment de Virgile. Un érudit considérable, Jules- César Scaliger, fait un pas de plus, dans sa Poétique, où il proclame ouvertement la supériorité des Latins sur les Grecs. Se rend-il compte peut-être que les Grecs, ainsi que le dira plus tard un philosophe [Hegel, Esthétique, trad. Bénard, t. I], n'ont connu que les Grecs et les barbares, tandis que les Latins ont vraiment connu l'homme? Toujours est-il qu'à partir de 1560 ou environ, et en dépit de quelques efforts, — tels

de la Pléiade française. Voyez aussi, à un point de vue plus général : A. Couat, la Poésie alexandrine, Paris, 1882.

2° L'Œuvre de la Pléiade. — Au point de vue de la forme : elle a donné droit de cité à l'alexandrin dans la poésie française. — Comparaison du décasyllabe et de l'alexandrin. — La Pléiade a mis dans la circulation de l'usage poétique tous les rythmes dont nous nous servons; — elle a considérablement enrichi la langue; — et, à ce propos, que vaut le reproche qu'on adresse à Ronsard d'avoir « en français parlé grec et latin »? — La Pléiade a encore enseigné à la poésie, et même à la prose française, le « pouvoir intrinsèque » des mots, c'est-à-dire, qu'en toute langue, et indépendamment de ce qu'ils signifient, il y a de « beaux » mots et de vilains mots. — De quelques exagérations des romantiques à ce sujet [Cf. Th. Gautier, Notice sur Baudelaire]. — Enfin la Pléiade a prétendu relever la dignité du poète en même temps que celle de la poésie; — et elle y a réussi; — ne fût-ce que par l'acclimatation des genres de l'antiquité dans notre littérature.

Si elle n'a pas réussi davantage, c'est qu'elle a commis trois erreurs capitales : — 1° Elle s'est trompée sur le choix des modèles, qu'elle a toujours confondus, pourvu qu'ils fussent anciens, dans la même admiration; — 2° Elle s'est trompée sur les conditions des genres, qu'elle a cru que l'on pouvait créera volonté, sans égard au

que ceux d'Henri Estienne, dans sa Conformité du langage françois avec le grec, — on voit la langue d'Homère et de Platon se retirer pour ainsi dire de la circulation de l'usage et se réfugier dans l'ombre des collèges. Elle redevient matière d'érudition. Ce n'est plus à Sophocle ou à Aristophane que les premiers auteurs de nos tragédies ou de nos comédies « classiques » demanderont des leçons de leur art, c'est à Plaute et c'est à Sénèque. La seule « antiquité » qu'on imite est ou sera bientôt l'antiquité latine; et ainsi, comme un ferment qui n'était destiné qu'à favoriser une combinaison dont il ne devait point faire partie, le grec, après avoir servi à déterminer l'idéal classique, s'en élimine.

C'est qu'aussi bien, si le grec a de rares qualités, le latin en a d'autres, et de plus convenables peut-être à la

temps, aux lieux, aux lois de l'esprit humain. — Théorie de l'Epopée, considérée comme expression d'un conflit de races; — Théorie du Lyrisme, considéré comme expression de la personnalité du poète;

— Théorie du Drame, considéré comme une rencontre de la force des choses et de la volonté humaine. — Enfin, et 3°, la Pléiade s'est trompée sur ses forces réelles, en ne connaissant pas assez ce qui lui manquait du côté de l'expérience de la vie et de l'observation de l'homme.

Mais, et au point de vue même du fond, ses erreurs ne l'empêchent pas d'avoir comme délimité la circonférence du classicisme.

— Elle a connu ou du moins entrevu le pouvoir de la forme ; — elle a vu en quoi consistait la véritable imitation; — et comment de l'imitation on passait à l'invention [Cf. à cet égard André Chénier, Epitre IV, à M. Lebrun, et l'Invention] ; — elle a communiqué à ses successeurs l'ambition d'égaler la langue française à la dignité du grec et du latin ; — et il n'est pas enfin jusqu'aux bornes de l'art classique qu'elle n'ait posées d'avance. — En ce sens Ronsard, moins le lyrisme, c'est déjà Malherbe; — et Malherbe, en y ajoutant la probité de réflexion et la solidité de sens moral qui lui manqueront, ce sera déjà Boileau.

nature du génie français. « Rien, a-t-on dit, n'égale la dignité de la langue latine... Elle fut parlée par le peupleroi, qui lui imprima ce caractère de grandeur unique dans l'histoire du langage humain — C'est la langue de la civilisation. Mêlée à celle de nos pères les barbares, elle sut raffiner, assouplir et pour ainsi dire spiritualiser ces idiomes grossiers qui sont devenus ce que nous voyons... Qu'on jette les yeux sur une mappemonde,, qu'on trace la ligne où cette langue universelle se tut : là sont les bornes de la civilisation et de la fraternité européennes... Le signe européen, c'est la langue latine. » [Joseph de Maistre, Du Pape.] C'est ce que les Français de la Renaissance ont compris, et peut-être n'eussent-ils pas su les dire, mais ce sont bien là les raisons pour lesquelles, après la courte et poétique ivresse dont le grec les avait

Troisième Epoque

De la publication des « Essais » à la publication de 1' « Astrée ».

I. — Bernard Palissy [Saintes, ou Agen, 1510 ; -j- 1590, Paris].

1° Les Sources. — Bernard Palissy, Discours admirables de l'art de terre, édit. B. Fillon, t. II, p. 206 et suiv. ; ■ — Lamartine, dans le Civilisateur, juillet 1852; — Haag, la France Protestante, article Palissy, 1857 ; — Louis Audiat, Bernard Palissy, Paris, 1863 et 1868 ; — A. Jacquemart, Les Merveilles de la céramique, t. II, Paris, 1868 ; — Louis Audiat, Palissy, sa vie et ses œuvres, en tête de l'édition Fillon, Niort, 1888; — Ernest Dupuy, Bernard Palissy, Paris, 1891.

2° LArtiste, l'Écrivain et le Savant. — De quelques éloges extravagants que l'on a faits de B. Palissy [Cf. l'article indiqué de

1. Il faut noter ici, Bans attendre davantage, que l'édition des Essais de 1580 ne comprend que les deux premiers livres de l'ouvrage, auxquels le troisième ne s'est ajouta pour la première fois que dans l'édition în-4 de 1 "> S 8 .

un temps transportés, ils retournent en foule à la tradition latine.

Ils éprouvent en même temps le besoin d'égaler à la perfection de la forme, qu'ils croient fermement avoir atteinte [Cf. É. Pasquier, Recherches de la France, livre VU, chap. 8, 9 et 10], la dignité, la gravité, la solidité du fond. J'en vois un curieux témoignage dans la coquetterie pédantesque et naïve avec laquelle, toutes les fois qu'ils expriment une idée générale, ils ouvrent les guillemets

« » pour attirer l'attention du lecteur. Il en résulte

qu'au lieu que les Italiens s'égarent déjà, pour achever bientôt de s'y perdre, dans les subtilités de l'alexandrinisme, et, — selon l'expression de l'un des meilleurs historiens de leur littérature [Cf. Francesco de Sanctis, Storia délia Lett. ilaliana, t. II, ch. n], — deviennent comme

Lamartine, et Henri Martin, dans son Histoire de France] ; — et que les chefs-d'œuvre de l'art de terre ne méritent pas tant d'enthousiasme ; — s'il peut y avoir infiniment d'art, mais il n'y a pas de grand art où il n'y a pas de grand dessein ; — et il n'y en a pas dans un pot. — Intérêt littéraire de la distinction. — Vie et aventures de Bernard Palissy. — La page fameuse de l'Art de Terre [Edit. Fillon, II, 206 et suiv.] ; — et qu'il y entre bien de la déclamation [Cf. Benvenuto Cellini, dans ses Mémoires] ; — mais c'est de la « déclamation » sincère, ou dont son auteur est dupe; — et à ce propos, de Palissy comme écrivain.

Qu'il est fort de son ignorance; — et, à cette occasion, d'une forme de vanité particulière aux « autodidactes ». — La dédicace des Discours admirables au seigneur de Pons. — L'œuvre de Palissy est le témoignage de l'état d'esprit d'un « povre artisan » de son temps. — C'est ce qui en fait la singularité, l'originalité et le naturel. — Talent du conteur [Les ammonites de Marennes, éd. Fillon, I, 48, 49; — Le Débat des outils d'agriculture, I, 106, 107. — L'allégorie de l'Essay de la teste des hommes, I, 108, et suiv.]. — Le sentiment de la nature. — Dans son style, comme dans ses émaux, Palissy est de ceux qui ont su faire non seulement vivre, mais « grouiller » les êtres. — L'observateur et l'expérimentateur.

« indifférents au contenu » des œuvres, dont lu forme seule est encore capable d'intéresser leurs sens, c'est précisément à ce « contenu », ou au fond des choses, que nos écrivains s'attachent; et ce qu'ils essaient d'en exprimer, c'est ce qu'ils voient ou ce qu'ils croient voir en elles de plus permanent et de plus universel. C'est un second trait de L'idéal classique qui commence à se dessiner : le goût des idées générales; ou, comme on vu bientôt le dire, le goût de la réduction à V Universel.

Là est l'explication du prodigieux succès d'Amyot et de ses traductions. Son Plutarque n'est qu'un rhéteur; mais ce rhéteur a composé les plus intéressantes « biographies » que peut-être on connaisse, et, de la manière qu'Amyot les a traduites, on ne sauruit imuginer de « leçons de choses » plus instructives. a Si nous sentons

S'il faut en faire un « savant? » — Pour quelles raisons il ne peut avoir eu que des pressentiments. — Témoignages de Cuvier [Histoire des sciences naturelles] et d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire [Histoire des règnes organiques]. — Ses attaques contre les alchimistes. — Importance de la forme qu'il a donnée à son œuvre [Dialogues entre Théorique, ou l'idée a priori, et Pratique, c'est-àdire l'expérience]. — Il ne semble pas cependant qu'il ait fait aucune découverle importante ; — ni posé aucun principe de méthode; — ni formé d'ailleurs aucun disciple. — Que son grand mérite est d'être émancipé de la servitude de son temps à l'égard des anciens.

3° Les Œuvres. — Recette véritable, par laquelle tous les hommes de France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs trésors; 1563, — et Discours admirables de la nature des eaux et des fontaines; 1580.

La meilleure édition des Œuvres de Palissy est celle de M. Benjamin Fillon, Niort, 1888, Clouzot.

IL — François delaNoue[I'"resiniy-en-Retz (Loire-Inférieure), 1531; -J- 1591, Moncontour (Côtes-du-Nord)].

1° Les Sources. — La Noue lui-même en ses Mémoires; — Brantôme, dans ses Hommes illustres; — Moïse Amyrault, Vie de

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un plaisir singulier à écouter ceux qui retournent de quelque lointain voyage, racontant les choses qu'ils ont vues en pays étranges, les mœurs des hommes, la nature des lieux.... et si nous sommes quelquefois si ravis d'aise et de joie que nous ne sentons point le cours des heures en oyant deviser un sage, disert et éloquent vieillard, quand il va récitant les aventures qu'il a eues en ses verts et jeunes ans.... combien plus devons-nous sentir d'aise et de ravissement de voir en une belle, riche et véritable peinture, les cas humains représentés au vif. » Ainsi s'exprime-t-il dans la préface de ses Vies parallèles; et le moyen de mieux montrer ce que ces Vies contiennent d'enseignements, ou, comme nous dirions aujourd'hui, de « documents » sur l'homme?

A la vérité, l'influence n'en a pas été louable à tous

François, seigneur de la Noue, 1661; — Albert Desjardins, Les moralistes français au XVIe siècle, Paris, 1870; — H. Hauser, François de la Noue, Paris, 1892.

2° L'Homme et l'Écrivain. — Celui-ci aussi, comme Bodin déjà, et commePalissy, quoique dans un autre genre, estun « observateur».

— Sa carrière militaire; — mais qu'il ne faut pas prendre son surnom de Bras de fer pour un témoignage de son énergie ; — et qu'il y a eu du politique dans ce soldat. — Les scrupules de conscience d'un capitaine protestant ; — comparaison de Montluc et de la Noue ;

— supériorité morale du second. — Les Discours politiques et militaires. — Il sont l'ouvrage de ses prisons. — Curieux rapports entre Bodin, Palissy et la Noue. — Division des discours de la Noue : Discours militaires proprement dits [11,13,14,15,16,17, 18]; — comparez la manière dont il y parle de la guerre avec une page célèbre des Soirées de Saint-Pétersbourg. —Discours politiques [1,4,6,12,20,21,22]; — comparez les vues politiques de la Noue et le « grand dessein « d'Henri IV. — Mais les plus intéressants pour l'histoire des idées sont les Discours moraux [5,3,5,6,7,10,19,23, 24,25] et parmi ceux-ci, les Discours 23, sur la pierre philosophale; 6, contre les Amadis; et 24, contre les Épicuriens; — La Noue précurseur de Bossuet [Maximes sur la comédie] dans son Discours contre les Amadis; — et de Rousseau dans son Discours contre les

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égards; et, si c'est bien Amyot dont le Plularque nous a comme imbus de ce vague idéal d'héroïsme à la grecque ou à la romaine qui deviendra celui de notre tragédie classique; et, deux cent cinquante ans durant, si ce sont bien ses Agésilas et ses Timoléon, ses Coriolan et ses Marius qui défraieront la scène française, ou plutôt qui l'encombreront, sans réussir toujours à la remplir; — il est permis de le regretter. Que serait-ce après cela, si, depuis Poussin jusqu'à David, nous énumérions ici tout ce que nos peintres lui ont fait d'emprunts? Et faudrait-il enfin que nous lui fussions reconnaissants de l'idéal de fausse vertu, sentimentale et déclamatoire, dont ses Lycurgue et ses Philopœmen, ses Caton et ses Brutus ont offert des modèles à nos publicistes ou aux membres de nos assemblées révolutionnaires? [Cf.

Épicuriens. — C'est dire de lui qu'il est surtout un « moraliste ». — La composition dans les Discours de la Noue ; — le tour oratoire; — la fermeté de la langue et du style; — la passion patriotique. — Succès des Discours. — Quelques mots des Mémoires de la Noue. — Sa mort au siège de Lamballe.

3° Les Œuvres. — Discours politiques et militaires du sieur François de la Noue; Bâle, 1587, François Forest.

Il n'en existe pas de rééditions modernes, et les plus récentes sont du commencement du xvne siècle ; mais on trouve des Lettres de la Noue dans un certain nombre de publications historiques.

III. — Guillaume de Saluste, seigneur du Bartas [Montfort (Gers) 1544, f 1590, Montfort].

1° Les Sources. — J. de Thou, dans son Histoire, livre 99; — Goujet, dans sa Bibliothèque française, t. XIII ; — Sainte-Beuve, Poésie française au XVIe siècle; et Revue des Deux Mondes, février 1842 ; — Poirson, Histoire littéraire du règne d'Henri IV, au quatrième volume de son Histoire, 2e édition, 1867; — G. Pellissier, La vie et les oeuvres de Du Bartas, Paris, 1882.

2° Le Poète. — Son éducation prolestante; — et que, par delà Ronsard, dont il a profité, c'est à l'auteur du Miroir de lame pécheresse qu'il faut qu'on le rattache. — La cour de Jeanne d'Al-

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J.-J. Rousseau clans ses Confessions) et Mme Roland dans ses Mémoires et dans sa Correspondance.] Mais, d'un autre côté, toute cette antiquité qui flottait avant lui dans une espèce de brouillard mythologique ou légendaire, c'est vraiment dans ses Vies parallèles que les grandes figures en ont pris comme un air de réalité et de vie. Ressemblants ou non, — ce n'est pas là le point, — ses personnages ont de la consistance, ne sont plus de vains fantômes; et il semble qu'on les touche du doigt. Oui! son expression mérite qu'on la retienne : ce sont bien là des cas humains représentés au vif, dont la description a enrichi notre connaissance de l'humanité. Entraînés au fil du récit, c'est à peine entre eux, mais plutôt avec nousmêmes, sans nous apercevoir de la comparaison, que nous confrontons son Lysandre et son Sylla. Un rapproche-

bret. — Vogue de Du Bartas en pays protestant. — Un jugement de Gœthe [Œuvres complètes, Cotta, 1868, Stuttgart, t. XXV, p. 261]. — Son intention déclarée de réagir contre le paganisme ambiant. — La Première Sepmaine, 1579, et la Seconde, 1584. — La Première est une adoration de Dieu dans les merveilles de la nature; — la Seconde est une sorte d'histoire universelle. — La description et l'éloquence dans les poésies de Du Bartas. — Du style de Du Bartas et de l'absence d'art qui le caractérise. — Qu'il est responsable avec Baïf du discrédit où est tombé Ronsard. — De Du Bartas comme caricature de Ronsard. — Efforts inutiles de la critique pour le relever. — Son influence est aussi difficile à saisir que son œuvre a été populaire en son temps . — Explication de cette singularité.

3° Les Œuvres. — La Muse chrétienne, 1574, contenant le Triomphe de la foi, Judith et l' Uranie; — La Sepmaine ou création du inonde, 1579; — La seconde sepmaine ou Enfance du monde, 1584, comprenant Ier Jour : 1° L'Eden; 2° L'Imposture; 3° Les Furies; 4° Les Artifices ; et IIe Jour : 1° L'Arche; 2° Bahylone; 3° Les Colonies; 4° Les Colonnes.

Il y faut ajouter, dans l'édition posthume de 1590-1591, chez Haultin, à la Rochelle : Les Pères et l'Histoire de Jonas, fragments du IIIe Jour; les Trophées, première partie du IVe Jour;

ment inconscient s'opère, dont l'effet, s'il est d'une part d'abolir en nous le sens historique, — je veux dire le sens de la diversité des époques, — est, par compensation de nous enseigner l'identité foncière de la nature humaine. C'est ce que personne, avant Amvot, ne nous avait montré; et si l'on s'étonnait encore, après cela, qu'un simple traducteur doive occuper une place aussi considérable dans l'histoire de la littérature de son temps, il suffirait de rappeler que ses « belles, riches et véritables peintures » ont éveillé la vocation de Michel de Montaigne.

Car, d'où vient l'intérêt que nous prenons à tous ces personnages, et quelle en est au vrai la nature? Montaigne va nous le dire : c'est « que tout homme porte en soi la forme de l'humaine condition ».

la Magnificence; et une traduction en vers de la Lépanthe de Jacques VI, roi d'Ecosse. On y trouve également le Cantique de la victoire d'Ivry.

Cette même édition de 1591 est précieuse pour les Commentaires qu'elle contient.

IV. — Michel Eyquem, seigneur de Montaigne [Château de Montaigne, près Bergerac, 1533; j- 1592, au même lieu].

1° Les Sources. — Les Essais eux-mêmes, et avant tout; — Docteur Payen, Documents inédits sur Montaigne, 1847-1855-1857-1862, et Notice sur La Boétie, 1853; — Feuillet de Couches, Causeries d'un curieux, t. III, Paris, 1862; — A. Grùn, La vie publique de Montaigne, Paris, 1855; — Th. Malvezin, Michel de Montaigne, Bordeaux, 1875; — Paul Bonnefon, Montaigne, l'homme et l'œuvre, Paris, 1893; et Montaigne et ses amis, Paris, 1898; — Paul Stapfer, Montaigne, dans la collection des Grands Ecrivains français, Paris, 1895, et La famille de Montaigne, Paris, 1896; — Villemain, Eloge de Montaigne, 1812; — ■ J.-V. Le Clerc, Discours sur la vie et les ouvrages de Montaigne, en tête de son édition des Œuvres; — Sainte-Beuve, Port-Royal, t. II, livre III. chap. n et m; — Viuet, Moralistes français du XVIe et du XVIIe siècle, Paris, 1859; — Gust. Allais, Les Essais de Montaigne, Paris, 1887; — D. Molheau,

Humani generis mores tibi nosse volenti, Sufficit una domus...

Le vers est de Juvénal, et sans doute notre Montaigne est assez nourri de latin, son livre est encore assez d'un « humaniste », — ou même un peu d'un pédant, — pour qu'on le soupçonne d'avoir emprunté l'aphorisme au satirique. Ce grand liseur est le plus grand pillard; et il n'a pas toujours avoué tous ses larcins, en vérité comme s'il eût craint que son livre n'y fondît tout entier. Précaution bien inutile, mais crainte encore presque plus vaine! Quand les Essais ne seraient qu'un recueil, et, si je l'ose dire, une enfilade ou un chapelet de citations, ils n'eu seraient pas moins tout ce qu'ils sont dans l'histoire de notre littérature : le premier livre où un homme ait

Notice sur Montaigne , en tête de l'édition des OEuvres, Paris, 1886;

— Ém. Faguet, XVIe siècle; — Eug. Voizard, Étude sur la langue de Montaigne, Paris, 1885.

2° La Vie de Montaigne. — L'origine des Eyquem et les prétentions nobiliaires de Montaigne. — Ses éludes au collège de Guyenne.

— Il est nommé conseiller à la Cour des Aides de Périgueux en 1557; — et conseiller au Parlement de Bordeaux en 1561. — Sa liaison avec Estienne de la Boétie; — et à ce propos du Contrun, ou Discours sur la servitude volontaire , qui n'est qu'une déclamation de rhétorique pure. — Mort de La Boétie, 1563. — Mariage de Montaigne, 1565 . — Mort de son père, 1568. — Montaigne publie en 1569 sa traduction de la Théologie naturelle de Raymond Sebon. — De Raymond Sebon et de sa Théologie naturelle ; — et de ne pas le confondre avec un autre Espagnol, Raymond Martin, l'auteur du Pugio Fidei. — En 1570, Montaigne quitte la robe et prend l'cpée ; — mais il ne la tire point du fourreau. — Il fait paraître en 1580 la première édition de ses Essais. — Voyages de Montaigne [22 juin 1580-30 novembre 1581]. - — Il est nommé maire de Bordeaux en 1581. — La peste de Bordeaux, et que Montaigne y fait preuve de peu d'héroïsme. — Il quitte la mairie en 1585 et publie la vraie seconde édition des Essais en 1588.

— Ses rapports avec Henri IV. — Ses dernières années. — Il meurt

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formé le projet de se peindre, et, se considérant luimême comme un exemplaire de l'humanité moyenne, le projet d'enrichir des découvertes qu'il faisait en lui l'histoire naturelle de l'humanité. « Chacun regarde devant soi, moi je regarde dedans moi, je n'ai affaire qu'à moi, je me considère, je me contrôle, je me goûte... Les autres vont toujours ailleurs...

Nemo in se tentât descendere;

moi, je me roule en moi-même ». Et par la comparaison que je fais des autres et de moi, pourrait-il ajouter, je ne me connais pas seulement moi-même, je connais aussi les autres, je me fais quelque image de cette générale et commune humanité dont je suis avec eux ou dont ils sont comme moi.

le 13 septembre 1592, laissant à sa femme, et à sa fille d'adoption, la demoiselle le Jars de Gournay, le soin de donner l'édition définitive des Essais, qui est celle de 1595.

3<> Les « Essais ».

A. La composition du livre. — Une phrase de Prévost-Paradol [Cf. Moralistes français'] sur les citations de Montaigne et l'impossibilité de les détacher du contexte. — Mais il a oublié que l'édition de 1595 contient plus de « six cents » additions au texte de 1588; — et, d'une manière générale, que le caractère des Essais se définit précisément par leur composition successive. — L'idée n'en doit pas remonter au delà de 1572 [Cf. livre I, chap. xx]. — L'édition de 1580; — et pourquoi de bons juges y voient le portrait le plus ressemblant de Montaigne : — elle contient moins de citations et, par suite, l'apparence en est moins pédantesque; — les raisonnements, étant interrompus par moins de digressions, y sont plus faciles à suivre; — et l'allure en a quelque chose de plus vif.

— Comparaison du chapitre de Y Institution des enfants dans la première et la seconde édition. — Comment le texte de Montaigne s'enrichit, et souvent s'encombre de la diversité de ses lectures;

— que Montaigne retranche rarement, qu'il corrige toujours; — et qu'il ajoute beaucoup. — Comparaison de l'Apologie de Raymond Sebon dans les éditions de 1580 et de 1588; — Absence entière

Avertis de son dessein, représentons-nous maintenant l'auteur des Essais, conversant dans sa librairie, c'est-àdire dans sa bibliothèque, avec ses auteurs favoris. Il vient de lire ses Tusculanes, et une phrase ou un mot de Cicéron l'ont frappé; il se souvient à ce propos d'avoir lu quelque chose de semblable dans les Lettres à Lucilius, de Sénèque; il s'y reporte; et le voilà contrôlant Cicéron par Sénèque, et tous les deux par sa propre expérience qui tantôt confirme la leur et qui tantôt la contredit. Ou bien, et inversement, ayant d'abord observé sur lui-même les effets de la douleur ou de la passion, voici qu'en feuilletant son Plutarque ou son Tacite, il s'y reconnaît; et ce qu'il vient d'apercevoir et de noter en lui, il s'étonne et il est heureux de voir que Cicéron, par exemple, ou Agricola l'ont éprouvé comme lui. C'est ainsi que son

de plan et de composition. — Les scrupules du styliste. — Dans quelle mesure il convient d'adopter les additions de l'édition de

B. L'inspiration du livre. — Le chapitre : Que philosopher c'est apprendre à mourir; — et que la grande préoccupation de la vie de Montaigne a été de se soustraire à l'horreur de la mort. — De là procèdent : sa curiosité de lui-même ; — de la diversité des coutumes et des mœurs; — de l'histoire. — De là aussi son épicurisme, que l'on a pu quelquefois appeler son christianisme; — parce qu'en effet le christianisme n'est qu'une préparation à la mort; — mais en réalité Montaigne n'a rien eu du chrétien. — Comment la préoccupation de la mort explique la profondeur et la richesse humaine de sa philosophie ; — un mot de Schopenhauer [Cf. Le inonde comme volonté, III, chap. xli]. — C'est par là que Montaigne se distingue de Rabelais. — Sa curiosité a quelque chose d'aigu, et en un certain sens de presque pessimiste. — C'est aussi ce qui fait justement la valeur singulière des Essais : — ils sont une confession; — l'effort d'un homme pour faire de la connaissance de soi-même la base de la connaissance de l'espèce; — et une tentative pour tirer de cette connaissance une règle de conduite. — Que les Essais sont un livre triste.

C. Le style de Montaigne. — Comment cette tristesse est déguisée

livre, d'édition en édition, s'augmente, s'enrichit, se diversifie des trouvailles de son expérience ou des « rencontres » de ses lectures; ainsi, que ses pilleries nous le peignent lui-même au naturel; ainsi enfin qu'à mesure que dans ses lectures il apporte plus de critique, et que son expérience devient plus étendue, à mesure aussi s'aperçoit-il, et nous nous apercevons avec lui, que son Moi est toujours le sien, — mais c'est le mien aussi et le vôtre.

C'estpourquoi, tandis que« les auteurs se communiquent au peuple par quelque marque spéciale et étrangère », lui, le premier, se communique par son être universel, « comme Michel de Montaigne, non comme grammairien, poète ou jurisconsulte ». Qui l'en empêcherait? « N'attache-t-on pas aussi bien toute la philosophie à une vie

par le charme du style. — Que voulait dire Montesquieu quand il appelait Montaigne « l'un des quatre grands poètes »? — Le style de Montaigne est une « création perpétuelle » ; — il n'y a pas plus de métaphores, ni de plus naturelles, ni de plus nouvelles, dans Shakespeare même; — et, à ce propos, de la métaphore comme principe et moyen de la « fructification des langues ». — Universalité du vocabulaire de Montaigne. — Le jugement de Sainte-Beuve sur le style de Montaigne [Cf. Port-Royal, II, p. 443, 450, édition de 1878]. — Que c'est ce style aussi qui répare ce que l'étalage de soi-même aurait sans lui d'impertinent dans les Essais. — Détails étranges de Montaigne sur lui-même. — Mais, dans sa manière même de les rendre, il trouve moyen d'exprimer ce qu'ils ont d'humain autant ou plus que ce qu'ils ont d'individuel et de singulier.

4° Influence et portée du livre des Essais. — Que « tout homme porte en soi la forme de l'humaine condition » ; — et comparaison à cet égard des Essais de Montaigne et des Confessions de Rousseau; — les rapports sont à l'extérieur, mais la différence au fond. — Montaigne a fondé la littérature française sur l'observation psychologique et morale. — Son influence à l'étranger : — sur Bacon [Cf. ses Essais de politique et de morale, 1597] ; — et sur Shakespeare [Cf. Philarèle Chasles, Etudes sur Shakespeare, Paris,

populaire et privée qu'à une vie de plus riche étoffe? » Est-il besoin d'être Aristide pour avoir connu l'ingratitude des hommes? Alexandre ou César pour avoir éprouvé l'inconstance de la fortune? Et là-dessus d'ajouter: «Si le inonde se plaint que je parle trop de moi, je me plains de quoi il ne pense seulement pas à soi ». Nous nous ignorons nous-mêmes; et nous cachons notre ignorance ou nous la déguisons sous les moqueries que nous faisons de ceux qui étudient en eux l'histoire même de l'humanité!

Insisterai-je davantage, et ne voit-on pas la conséquence? Au lieu de se traîner, comme ils avaient fait jusqu'alors, sur les traces des anciens, et de « pindariser » ou de « pétrarquiser », nos écrivains savent désormais qu'ils peuvent trouver en eux de quoi

s. d.]. — Nombreux emprunts de Shakespeare à Montaigne [Id. ibid.]. — Qu'à cet égard Montaigne renoue la tradition de l'influence européenne de la littérature française. — Ce qu'il y a dans les Essais qui devait déplaire à une autre génération. — Témoignages de Balzac [XVIII0 entretien] ; — de Pascal [Pensées] ; — de Bossuet [2e sermon pour la Toussaint] ; — de Maie- ■' branche. [Recherche de la Vérité, II, 3e p. ch. v].

5° Les Œuvres. — Si l'on néglige sa traduction de la Théologie naturelle de Raymond Selon, 1569; — et le Journal de ses Voyages, qui n'a été publié qu'en 1774 seulement ; — les Œuvres de Montaigne se réduisent à ses Essais, dont il suffira de noter ici les principales éditions.

Les Essais, lre, 2e et 3" éditions, 1580, 1582 et 1587 [reproduites, la première dans le texte même, et les deux autres dans les variantes de l'édition de MM. R. Dezeimeris et Barkhausen, Bordeaux, 1874, Féret]; — Les Essais, 4e édition, 1 vol., in-4, 1588, Abel l'Angelier [reproduite dans l'édition Motheau-Jouausl, 7 vol. in-18 ; Paris, 1872, 1875, Jouaust] ; — Les Essais, 5° édition, 1 vol. in-f°, 1595, Abel l'Angelier et Michel Sonnius [reproduite dans l'édition Courbet et Royer, 4 vol. in-8; Paris, 1872-1877, A. Lemerre].

On peut citer encore l'édition de P. Coste (celui qui rougissait quand oo parlait devant lui de Montaigne), 3 vol. in-4; Lou-

remplir et comme nourrir ces formes dont ils n'avaient guère imité jusque-là que les contours. Ils descendront en eux. Que si peut-être ils n'y découvrent pas les mêmes raisons de se complaire en soi que cet épicurien, ils eu rapporteront toujours quelque chose. C'est le trésor commun de l'humanité qui s'en augmentera. Et comme l'homme enfin, en tout temps, à tout âge, en tous lieux, est ce qu'il y a de plus intéressant, de plus instructif et de plus utile à connaître pour l'homme, l'œuvre littéraire nous apparaît désormais fondée sur l'Observation psychologique et morale.

A une condition cependant, qui est qu'une règle plus haute que celle de la nature devienne la guide et comme la loi de cette observation de nous-mêmes. Nous étu-

dres, 1724, à laquelle s'ajoute, dans le même format, le volume des Voyages; — l'édition de Naigeon, 4 vol. iu-8, Paris, 1802, Didot;

— et l'édition J.-Y. Leclerc, 5 vol. in-8, Paris, 1826, Lefèvre. — C'est cette édition qui est devenue la « vulgate » du texte de Montaigne.

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