‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 4)Chapitre 32 sur 85 · VIII. — La fondation de l'Académie française · texte numérisé non relu

VIII. — La fondation de l'Académie française

1® Lks Origines dk l'Académie. — Les académies italiennes du temps de la Renaissance [Cf. Pellisson, Histoire de l'Académie]; — l'Académie des derniers Valois [Cf. sous ce titre le livre de M. Edouard Fremy, Paris, s. d.]; — l'Académie florimontane. — Une phrase de l'abbé dOlivet sur Balzac : « Les beaux esprits, dit-il, avaient formé jusqu'alors une république où les dignités se partageaient entre plusieurs, mais cette république devint tout à coup une monarchie où Balzac fut élevé ii la royauté par tous les suffrages ». — Que la première ébauche de l'Académie de Conrart [Cf. ses Mémoires] a répondu précisément à cette intention de mettre de l'ordre et de la hiérarchie dans les lettres. — Coïncidence de cette intention avec les désirs de l'hùlel de Rambouillet;

aux La Calprenède, aux Sciidéri, l'empire du romanesque!

Et son génie n'en est pas diminué! S'il s'accommode ainsi des variations et des exigences du goût de son temps, sa supériorité n'en reçoit point d'atteinte, puisqu'ils sont plusieurs autour de lui, — Mairet, Rotrou, du Ryer, Scudéri, La Calprenède, — cpii suivent comme lui la mode, et qui n'ont cependant écrit ni le Cid^ ni Polyeucle^ ni Pompée, ni Héraclius. Je dis seulement que sa grandeur n'est point faite de son isolement, et que, pour dépasser ses rivaux de toute la tête, il n'en est pas moins de leur famille. 11 est surtout de celte société

— avec le vœu commun des gens do lotlres; — cl avec les desseins plus généraux du cardinal de Richelieu. — Les Lettres patentes du 29 janvier 1635. — Pourquoi le Parlement a refusé deux ans de les enregistrer? — Les corps constitués n aiment peutêtre pas à en voir constituer d'autres à côté d'eux. — Mais Richelieu finit par l'emporter. — Les premiers académiciens. — Les Statuts de l'Académie. — [Cf. Pellisson et d'Olivet, Histoire de l'Académie française, édition Livet, Paris, 1858; — Paul Mesnaid, Histoire de l'Académie. Paris, 1857; — les Préfaces successives du Dictionnaire de l'usage ; — et lahbé A. Fabre, Chapelain et nos deu.r premières Académies, Paiis, 1890. j

2" L'OnjrT ni: i.'Acadk.mii:. — Qu il ne diffère pas en priiicijje de celui que s'c-taienl j)roposé les Précieuses, Malherbe, Ral/ae et Vaugelas : — il s'agit d'élever la langue fiancaise à la dignil»' du grec et du latin ; — et par conséquent à leur antique univeisalitt". — Conformité de cette intention 1res précise avec 1 intenlion de Ronsard et de la Ph-iade. — Ponrcpioi tous les tradnclcnrs en iéj)Ulation alors ont-ils fait partie de l'Acach'itiie .' — Parce (/uc la traduction n'avait alors elle-même pour objet f/ur de faire passer et comme d'incorporer a la substance de l'esprit français la connaissance entière de l'antiquité. — Les » belles inlidc" les » «le Perrot d'Ablancourt, — Pourquoi tous les grammairiens? — Parce r/u'il leur appartenait de dresser l'étal ou l'insentaire des richesses, des ressources, et des « possibilités » de la lanf;ue. — Va pourquoi tous les critiques? — Parer que l'on croyait alors qu'il existe une relation nécessaire entrr ht perfection drs n'iivres et l'observation

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précieuse qui s'est elle-même reconnue et applaudie en lui, qui lui demeurera fidèle jusqu'à la fin, qui le soutiendra contre déjeunes et hardis rivaux; et c'est pourquoi les précieuses peuvent bien avoir eu leurs défauts, ou leurs ridicules même, mais le théâtre de Corneille subsiste pour témoigner de la noblesse, de la grandeur, et de la générosité de leur idéal d'art.

Un autre homme ne s'y est pas trompé : c'est Richelieu que je veux dire, et là même est le secret motif de ce qu'on le voit faire pour et contre Corneille. Du moment que l'écrivain ou le poète, au lieu de s'isoler en eux-mêmes, se mêlaient au monde, et, pour lui plaire, commençaient par

des règles ou des lois des genres dont elles relèvent. — Les Préfaces de Chapelain. — Controverses relatives à V excellence de la langue française [Cf. Goujet, Bihliothèque française, t. I]. — Premiers travaux de l'Académie; — services généraux rendus par l'Académie française; — et dans quel sens on peut dire qu'elle a vraiment lîxé la langue.

'<i° L'Influence immédiate de l'Académie. — Elle a substitué d'abord l'autorité d'un centre littéraire à la dispersion des coteries; — et ainsi les efforts individuels ont commencé par elle et en elle du converger vers un but commun. — Inconvénients et avantages de la centralisation littéraire. — L'institution de l'Académie a enfoncé dans les esprits cette idée que la gloire des lettres fait partie intégrante et nécessaire de la grandeur d'un peuple [Cf. Du Bellay, Défense et Illustration, etc.]. — Elle a ainsi relevé la condition de l'homme de lettres; — dans l'Etat; — et à ses propres yeux. — Enfin, en se proposant de « fixer » la langue, il a semblé d abord qu'elle y dût réussir; — et en tout cas, en en maintenant le respect, elle en a préparé ce que cent cinquante ans plus tard les étrangers appelleront eux-mêmes V universalité [Cf. Rivarol, Discours sur l'universalité de la langue française, en réponse à la question proposée par l'Académie de Berlin].

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