‹ Manuel de l'histoire de la littérature françaiseChapitre 16 sur 90 · I. — La formation de la Pléiade · texte numérisé non relu

I. — La formation de la Pléiade

• 1° Les Sources. — Claude Bioet : La vie de Pierre de Ronsard. — Eslienne Pasquier : Recherches de la France, livre VII. — Bayle, dans son Dictionnaire j articles Daurat et Ronsard. — Moréri : Dictionnaire y édition de 1750, article Dorât. — Goujet : Bibliothèque française, t. XII et XIII; et Histoire du Collège de France, t. I. — Sainte-Beuve : Tableau de la poésie française au XVl^ siècle, 1828; et Joachim du Bellay, dans les Nouveaux Lundis, t. XIII. — A. Jeandel, Pontus de Tjard, Paris, 1860. — Plotz, Joachim du Bellay et son râle dans la réforme de Ronsard, Berlin, 1874. — Marty-Laveaux : ses Notices dans la collection de la Pléiade française, Paris, 1867-1896.

2o La Poétique de la Pléiade. — La première rencontre de Ronsard et de du Bcllav; — la maison de Lazare de Baïf; — le

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développer en nous que ce que la nature y a mis, et ce qu'elle y a rais, la nature en a eu ses raisons. Ce n'est donc pas nous, à vrai dire, c'est elle que nous suivons / quand nous développons en nous notre originalité, de j même qu'inversement, ou réciproquement, obéir à la nature ^ c'est assurer le développement de notre personnalité; eîC ^ telle est bien la « philosophie » du roman de Rabelais, ou, , si l'on se refusait à voir tant de profondeur et de mystère sous l'énormité de son éclat de rire, telle est au moins la ] signification de son Pantagruel. Il prêche la morale facile^ de l'abbaye de Thélème^ et <f en sa règle n'est que cetteQ clause : Fais ce que voudrasji» Seulement, cette morale, quand on^'examine, va plus loin qu'on ne croirait d'abord ; elle a plus de portée, sinon plus de profondeur ; et la règle des Thélémites se trouve être finalement la contracollège de Coqueret. — Formation de la Pléiade. — Origine du nom : la Pléiade astronomique ; la Pléiade mythologique ; la Pléiade alcxandrine; la Pléiade française; — et de faire attention qu'eu français comme en grec il faut qu'une « Pléiade » contienne plus de six et moins de huit noms. — Erreur générale du romantisme sur l'objet et l'œuvre de la Pléiade. — Publication de la Défense et Illustration de la langue française^ 1550.

Quelques mots sur les Arts Poétiques de Pierre Fabri, 1521; [L'Art de Pleine Rhétorique] de Gracien du Pont, 1539 ; et de Thomas Sibilet, 1548. — Que, pour comprendre la Défense^ il faut la rapporter à l'intention de réagir contre l'école de Marot; — et que l'on voit alors que ce que les auteurs en ont voulu, c'a été : 1<* Le Renouvellement des thèmes d'inspiration; — et en effet, depuis •deux cents ans, même dans Marot, la poésie n'était que de la « chronique rimée » ; — tandis qu'il s'agit maintenant de chanter le passé, la nature, la gloire et l'amour. — Mais pour y réussir, il faut avant tout se débarrasser de la contrainte qu'exerce sur la libçrté du poète la tyrannie des genres à forme fixe; et de là : — 2o le Renouvellement des genres ; — qui seront ceux de l'antiquité : poème épique, ode, satire, comédie, tragédie, etc. — On fait pourtant grâce au sonnet en faveur de Pétrarque. — Et pour enfin remplir ces formes d'un contenu qui soit digne de leur beauté,

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diction ou la négation même de tout ce qu'enseignaient depuis plus de mille ans alors et les mœurs, et Técole, et l'Église.

Nous en avons la preuve dans le commentaire, ou plutôt dans la justification que Rabelais a donnée de son Laissez fairCy et qui est « que gens libères, bien nés, bien instruits, conversant en compagnies honnêtes, ont par nature un instinct et aiguillon qui toujours les pousse à faits s>ertueux et retire de i^ice ». Autant vaut dire que Nature est d'elle-même institutrice de vertu, et c'est à cet égard que Pantagruel peut être à bon droit appelé « la Bible » de la Renaissance. Le naturalisme y coule à pleins bords, si cette conviction le remplit que tous les maux de l'humanité ne viennent que de ne pas suivre d'assez près, et assez fidèlement, la nature. Rappelons-nous plutôt

il faut : 3° Réformer la Langue : — en en faisant une œuvre d'art.

— Théories linguistiques de la Défense, — Combien elles diffèrent de celles des « Grécaniseurs » et « Latiniseurs » dont s'était moque Rabelais dans son Pantagruel, — Insignifiance des innovations métriques de la Pléiade. — Les innovations rythmiques seront l'œuvre personnelle du génie de Ronsard.

Émoi suscité par la Défense et Illustration ; — Réplique de Quintil Horatian. — Hostilité de Mellin de Saint-Gelais. — Contreréplique de du Bellay. — Publication de V Olive et des Odes, 1550;

— Les protecteurs de Ronsard et de du Bellay : — Triomphe de la Pléiade. — Elle a pour elle les hellénistes, les poètes, et le roi, quand Charles IX monte sur le trône. — Elle avait eu déjà Marie Stuart et Catherine de Médîcis.

30 Les Œuvres. — La Défense et Illustration de la Langue française; — Du Bellay, le Poète Courtisan; — Pontus de Tyard, Solitaire premier, Solitaire second; — Ronsard, Abrégé de l'Art poétique^ à M. A. d'Elbène, 1565; — Préface de laFranciade, 1572.

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