‹ Manuel de l'histoire de la littérature françaiseChapitre 54 sur 90 · C. Le Publiciste. — D'un mol de Sainte-Beuve · texte numérisé non relu

C. Le Publiciste. — D'un mol de Sainte-Beuve

eûtes sérieux de l'esprit de Marivaux » ; — et qu'il faut les cher''

cher daus ses « feuilles », — Le Spectateur français, 1722-1723;

— et que l'idée en est visiblement prise du Spectateur d'Addison.

— rindlgent philosophe. 1728, el le Cahinel du philosophe, 1734,— Emprunts qu'y ont faits l'auteur du Neveu de Bameaa et celui du Mariage de Figaro [Cf. Bruncti6re, Éludes critiques, t. III], — De quelques idées de Marivaux ; — sur la critique ; sur l' organisation

maréchalnl a littéraire; — sur la condition des femmea et sur. .V^ducnlioD des enfants: — sur l'int'golilé des conditions humaines.

— DauB qui'lle mesure Marivaux lui-mt;

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oserons-nous dire qu'après cent cinquante ans écouléi^ son Alzire, et surtout sa Zaïre, nous arrachent encore de vraies larmes? Mais un autre poète en fait couler de plus abondantes : c'est l'auteur de Manon Lescaut, 1731; de C/eçe/andy 1733; du Doyen de Killerine, 1735, le bon, le faible, le sensible abbé Prévost. Tempérée chez Marivaux, ou retenue par quelque crainte du ridicule, et mêlée dans la tragédie de Voltaire à d'autres nouveautés, et d'un autre ordre, c'est ici, dans les romans de Prévost, que la sensibilité se déborde. Comme elle en est l'unique inspiratrice, elle en fait aussi l'unique attrait. Observateur superficiel des mœurs de son temps, écrivain abondant, facile, harmonieux, mais inégal et négligé, ce que Prévost a de plus original et de plus communicatif, c'est sa promptitude a s'émouvoir de ses propres imaginations.

sérieux? — et comment son œuvre prépare la génération de Vauvenargucs et de Rousseau.

3<ï Les Œuvres. — Les OEuvres de Marivaux comprennent : 1^ Ses opuscules, dont nous venons d'indiquer les principaux et auxquels, pour en avoir l'énumération suffisamment complète, il suffit d'ajouter quelques articles du Mercure.

2^ Son théâtre, composé de 34 pièces en tout, dont les principales sont : Arlequin poli par Vamour, 1720; — la Surprise de l'amour, 1722; — la Double inconstance^ 1723; — le Prince travesti, 1724; — la Seconde surprise de l'amour, 1727; — le Jeu de l'amour et du hasard, 1730; — les Serments indiscrets, 1732;

— VHeureux stratagème, 1733; — la Mère confidente, 1735; — le Legs^ 1736; — les Fausses confidences, 1737; — l'Épreuve, 1740; — et le Préjugé vaincu, 1746.

3° Ses romans : Pharsamon, 1712, mais publié seulement en 1737 ;

— les Effets surprenants de la sympathie, 1713-1714; — la Voiture embourbée, 1714; — la Vie de Marianne, en onze parties, 1731-1741 [La douzième partie, qui ne figure pas dans toutes les éditions, est de M™° Riccoboni]; — et le Paysan parve^zu, en cinq parties, 1735- 1736. II faut ajouter l'Iliade travestie, 1716; et le Télémaque travesti, 1736.

La meilleure édition de Marivaux, ou pour le moment la plus

Là déformation de l'idéal classique âsd

Elles rintéressent, elles le bouleversent. Il pleure, il sait pleurer! si l'on peut ainsi dire; et voici qu'avec lui tout son siècle se met à pleurer.

C'est une seconde, et grave, et profonde atteinte à l'idéal classique, la première étant, nous l'avons vu, l'abandon de la tradition. Si, comme on l'a dit en effet, nous ne saurions a rien confier d'éternel à des langues toujours changeantes » [Cf. Bossuet, Discours de réception], il est également vrai qu'on ne donne à rien de « changeant » ce caractère d'éternité qui est la condition même ou la définition de l'œuvre d'art; et, d'un homme à un autre homme, ou, dans le même homme, d'un moment à un autre, qu'y a-t-il de plus changeant que la sensibilité? Qui donc a dit h ce propos, qu'étant « une disposition compagne de la faiblesse des organes, suite de la mobi-

complète, car elle n'est pas d'ailleurs très bonne, est l'édition de 1781, en 12 volumes, Paris, chez la Vve Duchesne.

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