III. — Antoine-François Prévost d'Exilés [Hesdin
-J- 1763, St-Firmin, près Chantilly].
1° Les Sources. — Les romans de Prévost lui-même, et en particulier : les Mémoires d'un homme de qualité ; Cléveland ; et l'Histoire de M. de Montcal [Cf. aussi son journal : le Pour et Contre].
— Bernard d'Héry, sa Notice en tcte des éditions de 1783 et de 1810;
— Sainte-Beuve, Portraits littéraires^ t. I et III; et Causeries du lundi, t. IX, 1853; — Ambroise-Firmin Didot, article Prévost, dans la. Biographie universelle; — A. de Montaiglon, Notice bibliographique, à la fin de l'édition de Manon Lescaut, Glady frères, 1875, Paris; — F. Brunetière, Études critiques, t. III; — Henry Harrisse, l'Abbé Prévost, 1896, Paris; — et diverses Notices, eu tête des éditions de Manon Lescaut, notamment celles d'Alexandre Dumas fils, et de Guy de Maupassant.
2<> L'Homme et le Romancier. — Sa jeunesse aventureuse. — Jésuite, militaire, et bénédictin, 1721. — Il collabore à la Gallia christiana. — Il abandonne les bénédictins, 1728 ; — publie la première partie des Mémoires d'un homme de qualité, 1728 ; — et passe en Angleterre ; — et de là en Hollande [Cf. Mémoires du chevalier
lîlc du diaphragme, de lu vivacité de riniii^iiiatioii, de la 1 délicatesse des nerfs, qui incline à compatir, ii frlssonnerj ' il craindre, û admirer, n pleurer, à s'évunuuir, à secourirJ,J k crier, à fuir, il perdre la raison, ii n'avoir nucune idéej précise du vrui, du bon, du beau, k élre injuste, fou », la sensibilité, pour toutes ces raisons, n'était qura lu a caractéristique de la bouté de l'âme et de la médio<ii crité du génie »? Il se pourrait que ce fût Diderot, en u jour de franchise [Cf. son Paradoxe sur le comédien] J et de fait, en tout temps, comme en tout genre, il sembl^
1 que
la s
bilité, livrée à l'impétueuse irrégulni de son cours, n'ait rien produit que d'inférieur ou secon-1 daire. Les romans de Prévost lui-métne ou les comédie»] de la Chaussée : /a Fausse antipathie, 1733, /e Préjii^'ét à la mode, 1735, Mélanide, la Gouvernante, en peuvent 1
ie Eavannea, et Mélanges de Bois-Jourdain]. — La première édi- Manon Leseaul, 1731 ou 1733? —Retour en France, -
Publication de Cleyeland, 1731 ; — le Pour et Contre, 1733. — Pri;gages des libmirea; — le Doyen de Killerine, 1735. —
Prévosl dcvic^nt o aumAnier du prince de Couli ».
De ruliliW de ces détails pour l'inlclligence des romans de Pré-
ivost : — il H vruiraenl vécu son ceuvre ; — les hasards de sa vie en
expliquent le décousu : — ^ et ce qu'il n'en a pas vécu , il l'a moini iginé « que n senti u. — Du caractère sombre et mélodrama-
^quc des l'omaas de Prévost; — el combien ils di (Turent des i-omane
~; Le Sage et de Marivaux. — La passion de l'amaur dans les )nians de Prévost: — comment elle les remplit à peu préa uniquecol; — et qu'elle y alTecte les mdioes carnclères de soudainelii; - de violence; — et de fatalité que dans les tragédies de Racine. ' Que là même, et non pas du tout dans une pointure de la fille 1 de la courtisane, est le mérite éniiiieul de Manon Lescaut. — La
elle y est iiisigntfiiinte ou superfiuielle. — Les romans de Prévost aont des romans idéalisles ; — nullement psychologiques d'ailleurs; Ijlc eu est celui de la passion; — c'est-à-dire, tantûl la plus haute éloquence; — et lanlôt de ta pire banalité; — toujours facile d'ailk'urs,, harmonieux, abondant et prolixe.
îrvir d'asses! bons exemples! Et si l'on en demande , IIb raison, c'est encore Diderot qui nous la donne, ■xemarquant que « l'homme sensible est trop abandoiiné
i la merci de son diaphragme... pour être un profond ' ■ observateur et conséquemment un sublime imitateur de I la nature ». Voilà soi-même se connaître! A travers un I nuage de larmes, — il a raison 1 — nous ne voyons rien Ique de brouillé, de confus, de tlottant; et l'un des preliers eflets de ce débordement de la sensibilité est de lodifier profondément l'observation de la nature et la l^iature de l'observation.
Les grands écrivains de la précédente génération ne l'avaient pas prévu, qu'en rendant une certaine tendance sociale cumjue adéquate à l'idéal classique, la conséquence en serait un jour de faire prédominer le point de I
K Les dernières années de Prévost; — et son rôle d'intermédiaire rentre les littératures friinçiiist! et anglaise ; — ses traductions de Ricbardsoo : Paméla, Clarisse, Graintisnon; — de Hume : Itistoira d'Angleterre; — et de Middlelon ; Vie de Cieéran. — Il collabore au Journal étranger ; — et à l'Histoire générale des voyages. — Ses rclalions uvec Rousseau; — et qu'il est avec Marivaux le seul bomme de lettres dont il soit parlé avec sympalhie dans les Confessions; — raisons naturelles de celle sympathie ; — et inlérCt de celle oLservalion, — De quelques tcmoignages sur les romans di- Prévoat; — el notamment de ceux de M"= Aïssé; — et de M"" de
(Lespinaase. — La légende de la mort de Prévost [Cf. Henry Hiirjrîsse, l'Abbé Prévoal].
3" Les Œuvres. — Les Oeuvres de Prévoat ae composent de ses romans, parmi lesquels nous citerons : les Mémoires d'un homme de qualité, dont Manon Lescaut forme la aeptième pnrlie, 1728. 1731 ; — VHistoire de JW. Cleveland. 1731 ; — le Doyen de -| gilterine. 1735-1740; — VHistoire d'une Grecque moderne. 1740; — I les Campagnes philosophiques ou les Mémoires de M. de Montcal, pl741 ; — el les Mémoires d'un honnête homme, 1745.
a de plus rédigé, lui tout seul ou presque seul, les 20 volumes
[du Pour et Contre. 1733-1740; — Iraduil ou n adapté u l'ceuvrc
TV de Richurdsou, pin sieurs volumes de Hume, elc, ; — el cnlin
Tue de l'agrémenl Qiondain ou de l'iitilitû sociale sur la
('tilisutiou de la beauté et sur l'imltiitinn de la natiirel C'est cependant ce qui arrive, et c'est comme si l'on disailj que {'observation psycJiologique et morale, qui depuis cenj cinquante ans avait servi d^ b.isc ou de support h l'idé^ classique, se change en obsercation savinle. a L'hommA n'est point une énigme, comme vous vous le figurez pouH
avoir Le plaisir de la deviner 11 n'y a pas plus de con^
Irudiction apparente dans l'homme que dans le reste dsfl la nature... Quel est l'homme sage qui sera plein dafl désespoir parce qu'il ne connaît que quelques attributsi de la matière?» [Cf. Voltaire, édition Beuchot, t. 37,^ p. 41, 46]. C'est en ces termes que Voltaire argu contre Pascal; et en effet toutes ces questions ne l'intéressent plus, lui, Voltaire, ni ses contemporains. Il croit
tL'digé, dit-on, les 17 premiers volumes de l'Histoire générale des toyages, 1745-1761.
'" ■ dcuK éditions des Œuvres de Prévost, jointes à ceIIeb J de Le Snge, formnnt enBCmblc 5i volumes, dont 39 puur TréTosl, e% I pnbliéL's à Paris, l'une en 1783, et l'autre de 1810 à 1S16.
. éditions de Manon Les
it ioDombrablcs.