IV. — Pierre Claude Nivelle de la Chaussée [Paris, I
i 1692; ■[■1754, Paria].
1" Les SotiHf.Es, — D'Alemberl, Éloge de l.a Chaussée; — Geof. 1 froy, Cours de lillérature dramatique, t. III; — Lanson, Mvelle | de La Chaussée et la comédie larmoyante, Paris, 1887.
Les Obigines du drame bouhceois. — Le premier Buccè. La Chanssée : la Fausse antipathie, 1733; — et que son
las tant consisté & u mélanger o les genres, — qui l'i'taient.l dans la comédie de Marivaux, — qu'à prendre au sérieux, — B tourner au tragique bourgeois; — les mêmes événements deV e commune dont Daucourl, Destouches et Mariinun avaient 1 déjù fait la maliére de leur théâtre. — Comment cette idi^'e se pré- 1 dans le Préjugé à la mode, 1735; — dans l'École des amû, 1 1737; — et dans Mélanide, 1741. — -Il s'agit de procurer le mëmel i d'émotion que la tragodie: — sans décor bistorique; -
LA DEFORMATION DE l'iDÉAL CLASSIQUE 293
savoir de Thomme tout ce qu'on en peut connaître; il estime que le temps est passé de descendre en soi-même : in sese descendere, comme disait Montaigne; et qu'au contraire le moment est venu d'en sortir. Là est l'explication de cette universelle curiosité dont son Charles XII^ 1732, sa Zaïre, 1732, ses Lettres anglaises, 1734, son Alzire, 1736, et bientôt son Essai sur les mœurs sont autant d'assurés témoignages. Ses contemporains, à l'exception du seul Vauvenargues, ne sont pas d'un autre avis. Eux aussi croient connaître assez l'homme, ses mobiles intérieurs, ses motifs secrets d'action, ses passions, ses instincts; et ils ne s'attachent en tout, comme Voltaire, qu'à la peinture des mœurs. Qu'ils écrivent pour le théâtre, comme Gresset, dont le Méchant est daté de 1747, ou qu'ils se piquent d'être philosophes, comme
sans personnes princières; — et sans passions trop violentes. — Que cette conception ramène la comédie au roman; — et qu'en effet les comédies de La Chaussée ne sont que des romans ; — en attendant le drame de Diderot et celui de Beaumarchais. — De l'idée singulière que La Chaussée a eue de tenter en vers ce genre de drame; — et quand on considère les sujets qu'il a traités [Cf. Lanson, loc. cit., p. 170, 175], — ainsi que la fortune qui leur était promise un jour, — que là peut-être est l'explication de l'oubli dans lequel il est tombé. — La comédie est déjà difficile à traiter en vers ; — et le drame bourgeois impossible.
3<* Les Œuvres. — La Fausse antipathie, 1733; — le Préjugé à la mode, 1735; — l'École des amis, 1737; — Mélanide, 1741;
— Amour pour amour, 1742; — Paméla, 1743; — l'École des mères^ 1744; — le Rival de lui-même, 1746; — la Gouvernante, 1747; — l'Ecole de la jeunesse, 1749; — l'Homme de fortune, 1751; — le Retour imprévu, 1756.
On a encore de La Chaussée des Contes en vers, assez grossiers; — une Épitre en faveur des anciens, qui, sous le titre d'Epitre de Clio, commença, en 1731, la réputation de son auteur;
— et une détestable tragédie, du nom de Maximien, 1738.
La seule édition qu'il y ait de ses Œuvres complètes est celle de Paris, chez Prault, 1761-1762.
tM IBAKTISL DB I.'nI9TOItlB BU LA LtTTÉllATTniE PRATIÇAin
Duclos, dont les Considérations sur les n paraître en 1750, leur observation n'atteint que l'hom Bocînl, et de cet honime-lh même n'essaie point d'alteindi-t le fond, qu'elle suppose en tout et partout identique. Voltaire le dit en propres termes : « La nature est pan tout la même ». il ne se lasse pas de répéter le mot d'Al lequin: « Tutto il mondo é fatto corne la nostra famiglia^ S'il étudie l'histoire, c'est pour y trouver des preuves o la vérité du dicton; et c'est même ce qu'il appelle « ï^ lire en pliilusophe ii. D'une époque à une autre, s'il aperçoit bien quelques dilTéreiices, il ne les impute qu'à la lenteur du " progrès des lumières », S'il n'y prend pas une très haute idée de la nature humaine, il ne continue pas moins d'estimer que <c nous sommes des espèces de singes, que l'on peut dresser à la raison comme à la
V, — La premiâre époque de la vie de Voltaire [159i-
1° Leb SointcEB. — VoUairi!, lui-même et d'abord, dans OEuvres complètes, édition Bcuchot ; — et dans les dix-liuit voli de sa Correspondance. Édition Molaud, Paris, 1878-1882; — Con-' dorcet, Vie de Voltaire, \1»1 ; — G. Des noires terres, VùUaire et la Société française aa xviii' siècle, dciiKièmc édition, huit volumes, Paris, 1871-1876; — et G. Bengosco, Bibliographie des leuvres de Voltaire, quatre volumes, Paria, 1882-1890.
L'ouvrage de DesuoireElcrres et celui de M. BengeEco peuvent à eux seuls tenir lieu de In plupart des antres, qu'ils résument, ou
Nous y ajouterons cependant, afi-D qu'an ait Hur Voltaire l'opinion de l'^trunger : John Morley, Voltaire. Londres. 1874; — J. F. Strauss, Voltaire, six conférences, traduit de l'allemand sur la truîsième fdilîon, Paris, 1876 ; —James Partun, Life of Voltaire, Londres, 1881 ; cl W. Kreilen, S. J., Voltaire, ein Ckaraelerbild. i' édition, Pribonrg en Briagnu, 1885.
S» La Jeuhebse de Voltaue, -^ Sa famille et ses origines hoargeoiEea [Cf. ri-dcssus les articles Moliètie, Boilra.ii, Ri.GNitRn]; son cduealion au collège de Clernionl ; — ses premiers
LÀ DÉFORMATION DE l'iDÉAL CLASSIQUE 295
folie », et c'est tout justement l'objet qu'il se propose. Mais c'est ainsi que se forme l'idée d'un homme universel, maniable et ployable en tout sens, qui ne diffère en aucun lieu de lui-même, qui n'est à vrai dire ni Français ni Anglais, mais homme, et dont la diversité de mœurs n'est intéressante à connaître que dans la mesure où l'on peut se flatter de la ramener un jour à l'uniformité.
Telle est également l'idée de Montesquieu, dans son Esprit desLoiSy 1748, si du moins on n'en voit pas d'autre qui puisse éclairer les obscurités de ce livre célèbre et en concilier les contradictions. Car le livre est obscur, on ne saurait le nier; et la preuve s'en trou^ dans la diversité des interprétations qu'on en donne. Montesquieu ne s'est-il proposé que d'y recommencer ou d'y continuer des Lettres persanes \ et ce grand ouvrage, qui fut celui
[les PP. Porée, ïouruemine, ïhoulié (d'Olivet)] ; — ses premiers amis [les d'Argcnson, Cideville, Maisons, d'Argental]; — et ses premières fréquentations mondaines, 1711. — La société des Vendôme; — elles leçons qu'on y trouvait, de galanterie, de crapule, et d'impiété. — L'aventure de Hollande et les premières amours d'Arouet [Cf. Correspondance, sous la date de 1713-1714, et les Lettres historiques et galantes de M"^® Dunoyer]. — Ses premières pièces satiriques. — Premier exil à Tulle, puis à SuUysur-Loire, 1716. — Son retour à Paris; — on lui attribue deux nouvelles satires; — et on le met à la Bastille pour la première fois [mai 1717-avril 1718]. — La première représentation à' Œdipe [novembre 1718] et le premier grand succès d'Arouet; — qui prend à cette occasion le nom de Voltaire. — De l'importance d'un succès de théâtre à cette époque ; — et des liaisons que son Œdipe vaut à Voltaire; — liaisons d'honneur [les Villars, les Richelieu, la Dsso du Maine] ; — et liaisons d'utililé [le banquier Hogguers et les frères Paris]. — L'homme d'affaires s'éveille dans Voltaire; — ses intrigues auprès de Dubois pour entrer dans la diplomatie; — et son goût pour les missions secrètes. — Second voyage de Voltaire en Hollande. — h'Épitre à Uranie, 1722; — et pourquoi il importe d'en retenir la date. — La première publication de la Henriade, 1723; — Marianne, 1724. — Succès de Voltaire auprès
de vingt ans de sa vie, De ser politiriuc, u(i par hasard, à c y dénonce, un trouverait qi Temèdes qu'il croit propres ù I que croyait Voltaire; c'est ce reprochait à Moutcsquieu u d':
an livre de jurisprudence m l'opinion du dernier éditeur di Montesquieu, comme avant I tirée de l'Ecriture sainte, a-tmcillcur des gouveroements, Bossuet l'avait reconnue dans lui, selon son expression, m d:
ce que quelques-uns de ses d'Alembert, par exemple; et
S MAKVBL DE L BISTOIBB »B LA LITTÉaATtlIlE nUHÇAlSB 1
ait-il ainsi qu'un pamplilen ôt<5 des miiux que l'auteuj jelquefois l'indicatton dc»a les iruérir? C'est un peu cal
qu'il voutnit dire, quand ilf ivoir fait le goguenard dansi liverselle », et c'est aus^ j V Esprit des Lots. Ou bieai
ui l'auteur de la Po/itîqaM -il voulu tracer l'image c
et, de même qu'avant 1 la Bible, l'a-t-il découverte,!
ins les bois u ? C'est encore-l commentateurs ont per Tracy, depuis d'Alembert;
! du ctuïaliop de Rohar t [avril 1726]; — el
la marquise de Prie. — L'aOïiirc
[décembre 1725]; — le second ce l'exil en Âuglelerre [2 mai 1726].
Les premières impreBsloos de Voilaire en Angleterre [Cf. Beu- ■ chot, t. XXX Vil] ; — et, a ce propos, quLlqucH uiols sur la colonie ■ française à Londres en 1726 [Cf. Prévost, Histoire de M. Je Montcal, \ et J. Churlou CoUinB, Bolinghroie... and Voltaire in £ngland,\ Londres, 18S6]. ~ Liaisons de Voltaire avec Bolingbroke, qusj d'ailleurs il conuaissaït déjà; — nvcc Pope; — avec n le marchand » Falkencr, etc. — Il apprend l'anglais, il étudie NewlOD, Locke,! Bacon ; — il voit jouer les comédies de Congrëve, drames de Shakespeare. — Il compose son Essai sur la PoésioM épïgite. — Lea n libres penseurs » anglais [Cf. Tabaraud, HistoireM àa Philaaopkisme anglais, Paris, 1S06; et Leslic Stcpheu, EngtiskM Thought 1/1 the 1S>^ Cenlury, Loi tenant compte de leur influence snr Voltaire, ^ il faut se rappeler! combien ils doivent âBayle. — Du profit que Voltaire a tiré de s{ ■éjouv en Angleterre [Cf. John Morley, Voilaire]: — et qu'il i pourrait qu'on l'ont uu peu exagéré.
L'HUloire de Chnrles XII, 1731, et \cs Lettres philosophiques. — I D'où est venue ù Voltaire l'idée d'écrire l'histoire de Charies XII? | — et qu'elle date probablement du l
LA DÉFORMATION DE l'iDÉAL CLASSIQUE 297
et plusieurs autres, depuis ïracy. D'autres encore se sont demandé si son intention n'aurait pas été de soumettre les données de l'histoire à la systématisation de la science naturelle, et d'appliquer ainsi, bien avant qu'on l'eût inventée, la a méthode positive » à l'un des sujets qui de nos jours même la comportent sans doute le moins. Et c'était l'opinion d'Auguste Comte; et c'est celle où s'est rangé ïaine dans son Ancien régime. Mais la vérité, c'est qu'aucunes de ces interprétations ne s'excluent. Si VEsprit des Lois manque de clarté ; si la lecture en est plus laborieuse que celle de V Essai sur les mœurs; si nous n'y pouvons discerner que l'ébauche d'un grand livre, c'est qu'il est confusément et ensemble trois ou quatre choses dont Montesquieu n'a pas pu réussir à démêler les liaisons. « Si l'on veut chercher le dessein
barou de Gôrlz. — Caractère de l'œuvre ; — et qu'en la concevant à la manière d'une tragédie, — Voltaire n'a rien négligé pour en faire une œuvre historique sérieuse [Cf. Bengesco, Bibliographie, I, 373 et suiv.]. — De l'emploi des témoignages oraux dans le Charles XII \ — et qu'ils font une partie de la valeur du livre. — Les commencements de l'histoire philosophique dans le Charles XII [Cf. l'Essai sur les guerres civiles et les notes de la Ilenriade] ;
— et, à ce propos, du mélange curieux d'admiration et d'indignation que Voltaire éprouve pour son héros. — Zaïre, 1732. — La publication des Lettres philosophiques, 1734. — Portée du livre et combien elle dépasse celle des Lettres persanes ; — si surtout on a soin de n'en pas séparer les Remarques sur les Pensées de Pascal,
— qui en sont contemporaines. — Le contenu des Lettres. — Religion et tolérance [Lettres 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7]. — Gouvernement, politique et commerce [8, 9, 10]. — Science et philosophie [11, 12, 13, 14, 15, 16, 17]. — Littérature anglaise et condition des gens de lettres [18, 19, 20, 21, 22, 23, 24]. — De quelques idées communes à Voltaire et à Montesquieu : — sur la grandeur de l'institution sociale; — sur les dangers de la religion,
— Tantum religio potuit suadere malorum!
' H8 HAHDSL DB L'BinontB US Là LRTéllATDRE 7HANÇ&I
de rautcnr, a-t-il écrit, — dans une Préface qi
moDumeut de vani di^couvrir que dan
è littéraire lo dessein
— on ne le pourra bie de l'ouvrage », et c'e
une manière détou
née d'avoué
r ouphitôt de dissimul
qu'en effet et nu fo
id il n'a pa
eu de « dessein ». Oaot
enfin le reconnaitre : YEsprit des Lois est un livrt que, el on ne pourra jamais le réduire à l'unité d'un aei plan, par la bonne raison que Montesquieu n'a luîjumuis Lien su ce qu'il y avait voulu faire.
Cunimeut donc et puurquoî le succès en a-t-il été a vifen son temps, si considérable, européen autant i français; et nous-mêmes, qu'en aimons-nous ou qu admirons-nous encore? Les contemporains en ont goùU l'esprit ou Vhumour grave, le ton et le tour épigramra tiques, le chapitre sur le Despotisme on le chapitre s
laïque de la société future; — et sur la force de l'opinion. — Coodarannlion des Lettres philosophiques [juin 1734].
Le séjour de Cirey. — Liaison de Voltaire avec W^" du Châlelet; — et sou iusiallalion h Circy [Cf. Eugène Asse, ses édilious des Lettres de .tf™ de Grafjigny. Paria, 1879; el des Laltrea de Jf™ du Chdtelel. Paris, 1882]. — Varii^lé des travnuï de Volluire : — son AUire, 1736; — le Mondain, 1736; — el de la uel^J leté avec laquelle s'y trouve exprimée l'idée de progrès. — LfcJ^ eomcdie de l'Enfant prodigue, 1736; — Vollnire entre en < pondance avec le prince royal de Prusse, depuis Frédïric II; — VEssai sai- la nature du feu, 173? [Cf. Emile Saigey. la Pkysique de Voltaire, Puris, 1873]; — les Diseoats sur l'homme^ 1738; — les Éléments de la philosophie de Neu'ton. 1738; — J Querelle avec Desfontaines. 1738-1740 [Cf. Maynard, Vollaire. . vie et ses œuvres. Paris, 1867, t. 1; et Nisard, les Ennemis é^^ Voltaire, Paris. 1853]; — Ziitime, 1740; — Soûles sur la des forées motrices, i'} 'A; — Mahomet, 1742; — Mérope, 1713.
Du Théâtre do Voltaire. — [Cf. Geoffroy, Cour* de tiltératta. dramatique, t. III ; Emile Descbanel, te Théâtre de Voltaire^ Paris, 18S5; et H, Lion, les Tragédies de Vollaire, Paris, 1896.H — PaEsion de Voltaire pour le ihéàlre; — et réalité, souplesse ï
tA DÉFOBMATIOW DE l'iDÉAL CLASSIQIIB
V Esclavage; lee allusioDs, les citatioiiB, les siDgularitésjl la façon discrète et licencieuse h la fois ttonl il y est parlé des usages bizarres ou indécents du Bénin, de Calicut et de Bornéo; les anecdotes; la nouveauté des informations; l'éloge de Vhonneiir et celui de la vertu. Grâce à Montesg quîeu, les l'euimes, â leur toilette, ont cru pour la prea miëro fois comprendre le langage du droit; et, dans lej salons comme à la cour, où il avait plus d'un ; « jurisprudence universelle » est devenue, grùce il sujet de conversation. Aussi Lien ctait-ce, comme naguère Fontenelle, toute une province nouvelle, une grande province qu'il annexait effectivement au domaine de la 1 térature. Noua lui en savons encore gré, si c'est le sigi du grand écrivain que de rendre ainsi a littéraire j ce qui ne l'était pas; de le faire entrer d'un seul coupai
iptitudes clranidtiqiieB. —Influences vieux CrébilloQ ; — de Shakespeari- sur la cou de Vollaire. — Zaïre, 1732; — et si Voltair aulBge de Bajazet ou â'OleUof ~ La Mort t César, 1735; — et l'idëe de la tragédie a sans amour quelques nouveauléa introduites par Voltaire au tliéàtre françili
— Les sujets de pure invention. — L'extension du lieu de la scèq et le développement de la couleur locale : — 2 musulman; — Ahire et l'Amérique; — l Orphelin de la Chine et 1] monde asiatique. — Les souvenirs nationaux; — et, à ce propos, de l'influence de la Henriade sur la tragédie du xtiit» siècle. — L'abus des proci^di^s ronancaques dims la tragédie de Voltaire, méprises et reconnaissances [Cf. à cet égard encore le théâtre de Grébillon]. — Du pathétiquede Voltaire; — et s'il mérite li^s éloges qu'on en a faits [Cf. Vinet, Littéralare française au xviiib siècle]?
— Commeut Voltaire a compromis ses qualités d'invention dramatique ; — en se faisant de la tragédie un instrument de prof philosophique; — en conformant le choix de ses sujets s gences du goût de son temps plutût qu'à aucune idée d et en devenant de plus en plus incapable de n s'aliéner u personnages. — Que, pour toutes ces raisons, l'examen du de Vollaire peut s'arrêter à sa Sémiraniis, 1748 ^ — el qu'
D dramatique
>00 NAMDCt DB LmSTOIHB DS LA LITTKRATVRS PRANÇAIBSV
dans la circulation de ruG:ige; et de l'y miiintenir, aprèn lui, par la seule autorité de son œuvre et de son ooni. Mais surtout, dans un temps où l'on jouissait profondément de a la douL-eiir de vivre ", on lui iHait reconnais-, sant du respect àma, quasi religieux, qu'il professait pon^ l'institution sociale ii ; des raisons profondes qu'il sem4 blait qu'il eût trouvées pour en placer les titres au-dessil j même des lois; on lui était reconnaissant des perpectivei de perfectionnement croissant qu'il ouvrait a ses contem poraiiis; — et nous, encore aujourd'hui, si celte religioJ ne suffit pas a nos yeux pour faire l'unité de VEsprit da Lois, elle en fait du moins la noblesse.
a Tout homme — avaît-il écrit dans ses Lettres per-^^ aanea — est capable de faire du bien k un autre homme,..
mais c'est ressemblei
t que de faire le bonheur ]
1 Bon Tancrèâe, •
mc-die. — . !
de ce moment, ~- sauf peul-étre d
nei'a rieu dans la tragédEe. — et e
qui ne suit de beaucoup »u-deasuus un ees pi-cmierB os:
Quelques mois Bur la miïdiorrilé des comëdies de Voltaire.
VoUaii-f à la cour. — Ses relations avec M"» de Chàl — et surtout avec M™" de Pompadour. — 11 se flatte que la tMe inaitrc^Be fera passer le roi du côté des philosophes ; — et il l'accable de ses flallcries; — qui lui valent te litre d'historiographe de France [I7'i5]. — Le Poème de Funlenny, 1745, el Is Temple de la Gloire. 1745. — Élection et réception de Vollaire h l-Académie fraoçaise [mai 1746]. — Il est nommé genlilhomme.
ordinaire du roi [décembre 1746]. — Imprudences dt Voltaire.
Il fallguu le roi de ees flagorneries ; — M"*" de Pompadour de ses familiarités; — et les courlisans de son importance.
Sa retraite à Sceaux, chex la duchesse du Maine, 1747. — Les premiers contes de Voltaire : te Monde comme il va. Cosi Saneta, Zadig, Micromégas, 1747; — su brouillerie avec la ducbcase du Maine. — Départ de Voltaire pour Cirey; — et ecjour ù la c de Lorraine, — Trnliison de Mi"" du Chilelet; — el à celte oc sion, quelques mots de la cour de Lorraine, du roi Stanislas cl marquis de S' Lambert; — mort (le M"» du Châlelel, 1749; -
lur de Voltaire â Paris. — Dirficullés de sa silualioa; — comme!
LA DÉFORMATION DE l'iDEAL CLASSIQUE 301
d'une société entière! » Montesquieu a voulu ressembler aux Dieux, comme ces stoïciens qu'il admirait si fort, et le moyen qu'il en a pris, c'a été, comme eux, de tout rapporter au bien de la société. Nous ne sommes hommes, pour l'auteur de V Esprit des Lois, que dans la mesure où nous sommes aptes h la société. C'est l'utilité sociale qui détermine pour lui non seulement la nature ou la valeur des lois, mais le bien ou le mal moral, mais la vérité même; et ne lui est-il pas échappé d'écrire que, du mauvais principe de la négation de l'immortalité de l'âme, « les stoïciens avaient tiré des conséquences, non pas justes, mais admirables pour la société » ? [Cf. Esprit des Lois, XXIV, ch. 19.1 Il dit encol'e, en un autre endroit [Cf. Esprit des Lois, XXIV, ch. 1] : « Comme on peut juger parmi les ténèbres celles qui sont les moins épaisses... ainsi l'on peut
également suspect à la cour, et à la nouvelle génération des « gens de lettres ». — Sa rivalité dramatique avec le vieux Crébillon. — Son Oreste, 1750, et sa Borne sauvée, 1752. — Frédéric lui propose de venir s'établir à Berlin. — Hésitations de Voltaire [Cf. Marmontel, dans ses Mémoires]. — Les coquetteries de Frédéric avec Baculard d'Arnaud le décident. — Son départ pour Berlin [18 juin 1750]; — et son arrivée à Potsdam [10 juillet 17501.
— Sincérité de son enthousiasme pour Frédéric; — et, à ce propos, du profit que Voltaire devait tirer de son séjour en Prusse; — si l'amitié d'un grand homme est un bienfait des Dieux. — Parti de Paris en suspect, — et n'y comptant encore que comme un homme de lettres parmi beaucoup d'autres; — le séjour de Berlin, — et la familiarité de Frédéric, — en dépit de l'aventure de Francfort,
— vont en faire en moins de trois ans, — un homme unique désormais; — le confident littéraire des puissances; — et déjà presque le maître de la littérature européenne.