VIII. — Hippolyte- Adolphe Taine [Vouziers
ParisJ.
1° Les Sources. — Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t, XIII.
LA LtTTéffATCllB NODKRKK
l'art est d'élever jusqu'à sa hauteur? Aussi,
un peu de surprise que leur a causé Iîi doctrine d' l'art pour l'art, les Feuillet, les Augier, les Dumas s'en émancipent-ils, écrivent-ils des a pièces ii thèse », et moralisent-ils tous les trois à l'envi. Feuillet d'ailleurs est moins heureux au théâtre que dans le roman, et je ne le nomme ici que « pour mémoire ». Mais certes a n'est ni d' « impassibilité » ni même d' n impartialité j qu'Emile Augier se pique dans /es Efjroniéa, 1861, dan h Fils de Giboyer, 1862, bien moins encore dans Maltt^ Guèrin, {^liS'k, an AansLionsel Renards, 1869; — etDum plus hardi, va plus loin.
«Nous sommes perdus, s'écrie-t-il dans la Préface qol
1857. et Nouveaux lundis, 1. VllI. 1864; — G. Planche,
Revue Jes Deux Mondes. BYrillSS?; — Edmond Scïxcrer. Métangtm de critique religieuse. 1858; — Emile Montégut. Essai» sur la lilth-atare anglaise. 1863; — C»ra. Vidée de Dieu et tes nouveaux critiques. Paris, 1864; — abbé Gulhiin, les Doctrines posiCïrisl<yi en France, PariB, 1865; — P. Juncl, la Crise philosophique, Purij^f 1865; — F. Ravnissoa, Rapport sur les progrès de la philosoph^^Ê Paris, 186»l. ^M
Paul Bourgct, Essais de psychologie contemporaine, l^H^H
— liuiile Hennequin, la Critique scientifique, Paris, 1888; ^H
F. Bmueticre, l'Évolution des genres. 1. 1, 1889 ; — E,-M. de VogftJB le Dernier livre de Tainc, 1894; — G. Monod, Ilenan. Taine SM Miehelet. Parie, 1894; — A. de Margerie, H. Taine, Paris. 189$a
— E, Do^rden, Literary crilicism in France, Boston. 1895; .^
G, Biirzetlotti. Ippolilo Taine. Rome, 1895. fl 2° L'Évolution db h\ rznste DR Taikb. — Les origines de Taiot^f
— ses années d'École normale [Cf. quelques lettres ô ce bi^^| dans Grëard, Prévost-Paradol. Paris, 1895]; — et ses débuta ^H profesBeur. — lu'Essai sur La Fontaine, 1853; -- IJiasai «^H Tite-Live, 1856; — les Philosophes français aa ixv»iïcle, IBSÎH
— el lea Essais de criti'/iie et d'histoire. 1858. ^M Qne, soua l'influence de la philusophie de Spiaosa, d'Heg^B
d'Auguste Comte. ^ et do l'histoire conçue à la Taçon de MiehelecH
— la première dèlnurtJie de Tniae a ëlé pour ■ purger n la critiqi^H de toute intention morale. — comme de toute prêlcnliou cstlid^|
&i»8 MANURL DB L*lllgTOIIIB DB LA UTTiRATURB FBANÇAl
met en 18<>8 ii son Fils naturel^ et ce grand art de la se va ftVnilorheren oripeaux, paillettes et fanfreluches; ii devenir la propriété des saltimbanques et le plaisir gr sier de la populace, si nous ne nous hâtons de le met au service des grandes réformes sociales et des g'ranc espérances de Tftme. » Et, lui-même, prêchant d'exempl il n'aura pas en effet de plus constante préoccupatû (lêsorniais que de travailler a ce qu'il appelle, d'un no d'ailleurs assez bizarre, « la plus-value de rhumanité : N'est-ce pas dommage, après cela, que le naturaliste qa* avait été dans sa jeunesse ait trop souvent contrarié 1 moraliste ou le moralisateur qu'il a fait vœu d'être; qn
tique ; — et de la ramener ù l'iiittloire naturelle. — La théorie d la race, du milieu et du moment; — et s'il est vrai qu'elle n'eA de neuf sous la plume de Taine que son exagération? — C'est Gustave Planche, — non Sainte-Beuve, — qui a le mieux comprit où rtnit rentière nouveauté de la méthode; — si les éléments en ctiiicnl cfTecti veulent partout; — mais la « synthèse d nulle part;
— et (]ue personne surtout n'en eût aperçu les conséquences. •— L'application de la doctrine; — et VHistùire de la littérature anglaise, 18G3. — La critique aux yeux de Taine est a l'histoire naturelle des esprits » ; — l'artiste ou le poète n'étant qu'à peine représentatifs d'eux-mêmes; — et témoignant en tout temps pour toute une espèce d'hommes, de sentiments, ou d'idées, — dont ils ne sont que les interprètes.
Collo théorie est demeurée la sienne jusqu'en 1865. — Mais alors, ayant été nommé a professeur d'esthétique et d'histoire de l'art » ; — et se trouvant être le plus consciencieux des hommes ;
— il s'est rendu compte que l'on ne pouvait parler des œuvres d'art sans les « juger » ; — ni en faire seulement l'histoire sans les « classer ». — C'est ce que l'on voit déjà paraître dans sa Philosophie de lavt en Italie, 1865; — plus clairement encore dans son Voyage en Italie, 1866; — et tout à fait ouvertement dans ses leçons sur \ Idéal dans l'art, 1869. — C'est en effet là qu'après avoir épuisé tous les moyens « naturels » de déterminer le rang des œuvres d'art; — possession des ressources du métier; — permanence et profondeur du caractère exprimé par les œuvres;
■ — « e()nvergencc des effets » ; — il pose comme critérium décisif,
son style, toujours vivant, maU brutiil et biiniil à la fi se sente jusqu'à son dernier jour des lieux ou des milieu: qu'il avait autrefois fréquentés ; el que ses bonaèles femmes, et surtout ses raisonneurs, — qui les uns et les autres concluent mieux qu'ils ne raisonnent, — semblent prendre un plaisir inconscient et paradoxal a célébrer les « espérances de l'âme n dans le langage assez cru de sa Suzanne d'Ange ou de son Albertine de Borde? a On n'a jamais employé tant d'esprit à vouluî nous rendre bêtes m, écrivait jadis Voltaire à 1': du Discours sur rinégaHté : l'avenir dira pareill qu'on n'a jamais défendu la cause de l'idéalisme p3
— i le degré de bieufaisauce du caractère >. — Et ne ci est dÏEculable; — mais o'bd est ud el tel qa'aucun GeolTroy Saint Hilaire n'en u jamnis invoqué de semblable; — puisqu'enfia il t lï mettre le renard ou l'bjèue fort s au-dessouB a du chien ; — el considération n esthétique a s'en trouve réintégrée dans 1» eritiq
C>;peuiIuDt les événements de 1870-71 éclatent; — el ils s pour Taiue un trait de lumière. — Il publie ses Notes sur l'AngU terre. 1872; — et il conçoit le plan du grand ouvrage — dont I premier volume : l'Ancien régime, 1875, — est peut-être son ch« d'rauvre. — Les études qu'il entreprend sur la Révolullon — i font cODD.-iitre alors une espèce d'hommes qu'il avait peu pratiqua jusqu'alors. — Il se demiinde. avec une angoisse qui l'bonore, s'il est bien vrai u qu'un palais soit beau m^rae quand il brùL ûu aarlout quand il lirûle o; — et quuad nous rencontrons n crocodile n parmi nous, — si nous n'avons qu'à le décrif el qu'à indmirer? — Sa loyault' lui répond que non; — et son insu voil& la couaidëriilion o morale u qui rentre dans la cri tique; — pour y devenir tout i fait prépondérante, dans les dei uiers volumes de ses Origines. 1890-1892.— Il se retrouve aînl au même endroit du cercle; — et il u employé quarante ans d'it labeur ininterrompu. — à ramener ce qu'il avait le plus PrnelU ment raillé dans l'éclectisme; — c'eat-à-dire la subordination de I critique et de l'histoire à la morale.
11 a d'ailleurs, dans l'intervalle, déployé des qualilésd'adm écrivain; — ou de poëie même; — gàlëes seulement par un po d'urtilice. — On sent trop n comment ii ses plus belles pages
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(les iiioycns plus nuturalistes que ceux de Taul nUrun^vre ou de la Princesse de Bagdad, La impartiale ajoutera seulement que ces moyens v\\ leur temps les meilleurs, ou les plus elHcacesi pût user Dumas ; et en lui reprochant ce qu'il de vulgaire, elle se souviendra qu'ils ont tourné ment au profit de Tart même.
C*est ce que j'essaierais de montrer, si je le pouvai v«'ux dire si, dans ce Manuel de rhistoire de la litték /'ninraisCf je n^avais dû m^imposer la loi de n'appi
fuites. — On y trouve trop de rhétorique; — des procc'dés appareuts; — surtout dans ses derniers écrits; — et une dui uiH> vioIcMice d'effets, — qui n'est pas uniquement imputable
iiatiirc> (lu sujet.
li<> Lf8 Œuvres. — Il est assez diflicile de classer les Œuvreai Taine par catégories déterminées, et à l'exception du aux Pyrénées, 1855; de la Vie et Opinions de Thomas Graindoi 18r)8; et de ses Notes sur l'Angleterre 1 1872, tous ses ouvrages soi oiivra^'os « de critique et d'histoire d. \
Essai sur les fables de La Fontaine [thèse pour le doctorat, 185S remaniée sous le titre de La Fontaine et ses fables^ 1860; — Eams sur Tite Live, 1855; — Essais de critique et d'histoire, 1858
— Histoire de la littérature anglaise, 1863, 4 vol. in-8<>, oi 5 vol. in-12; — Nouveaux Essais de critique et d'histoire, 1865
— Philosophie de l'art en Italie, 1865; — De l'Idéal dans l'art 1867; — Philosophie de Vart en Grèce, 1869; — Philosophie ai l'art dans les Pays-Bas [quatre volumes réunis en deux, depuii 1881, sous le titre général de Philosophie de /'«r<]; — Voyage ef Italie, 1866; — De l'Intelligence, 1870; — les Origines de U France contemporaine, 1876-1890; — Derniers essais de critiqui et d'histoire, 1894; — Carnets de voyage, 1896.
Ajoutez les Philosophes français, 1856; — et une brochure sui le Suffrage universel, 1871.