VII. — GnstaTe Flaubert [Rouen, 1821;! 1880, Paris
1" Les Sources. — Correspondance de G. Flaubert, 4 voliitnctr 1987-1893, Paris, et, eo tèLc du premier volume : Soui'enirs intimée. [par M">° ComiDOnville, s.i nièce]; — Guy de Mnupassant, Éluda sur Gustave Flaubert, 1885, en têlc de l'édilloQ des (Buvrei complètes de Flaubert; — Mnxime du Camp. Souvenirs littéraires, Paris. 1882-1S83.
Satute-Beuve, Causeries du lundi, t. XllI, 1858, et Ifoave/iiix lundis, t. IV, 18e2; — Saint-Rent^ Tiiill.tudior, dans lu Bévue det Deux Mondes, 1863 (février) et 1869 (décembre); — F. Brune. tière, le Roman naturaliste, 1877 et 1880; — Emile Zola, /m Romanciers naturalistes, ISSl ; — Paul Bourget, Essais de psychologie contemporaine. 1883; — Louis Desprez, l'Évolution naturaliste, Paris, 1883; — Mnurice Spronck. /es Artistes littéraires, Paris, 1889; — Emile Uennequin. la Critique scientifique. Paris, 1888. — J. Charles Tarver, Gustave Flaubert. Londres, 1895; ~< Bcttellieini. Detttsùhen und Frantosen, Vienne, 1805,
2° Le Ruhanciejr. — Ses origines ; — son éducation romnnliquc — tes premières liaisons, Louis Bouîlliet et Mniime da Cam[ et ses voyages, — Sa conoeplion de l'art [Cf. sa Correspondant avec sa Muse, Louise Coletj; — et qu'elle n'a orlginnireraenl prt ci'dd que de l'eicis de sn modestie ; — a Les petits débordés prennent des airs d'océan; il no leur manq cliose pour r<>tre, In dimension I Restons donc rîviÉre,
&0^ MANUEL DE l/llISTOlRE DE LA LITTÉRATURE FRi
partir tir sein Marquis de Villemer, 18G0, ou de sieur SifvestrCy ISI'k), si Ton veut, chaque volume m (|u\*ll<* ajoute à son œuvre en est un qu'elle reti (le sa gloire? Ce ne serait, hélas, que la vérîtél il;ins sa drcadence, ce qu*ellc essaie de faire, elle qui l'ut Valentine et qui fut Indiana, c'est de « sei rralitê de plus près » ; elle descend de son iiuaj avec uno modestie qui Thonore, elle se met maintei à Técolo de Flaubert.
il n*ost qu*un point, toutefois, sur lequel on les ti intraitables, et heureusement intraitables, si justei c*est le point vulnérable du <c naturalisme ». Ils n'adi tent pas que Tart se doive séparer de la vie, ni l'artistel
tourner lo muiilin o [Cf. t. II, p. 190]. — Les haines de Flaubed
— ot, par coiitrastc, son estime singulière pour « ce vieux croùM de Boilcuu ». — Hésitations et premiers essais : la Tentation à saint Antoine. — Sa préoccupation du style ; — et, j\ cette occasioi s'il ne l'a pas poussée jusqu'à la manie ?
Unité de l'œuvre do Flaubert; — et que, quoi que l'on dii de Madame Bovary ou de l'Education sentimentale'^ — l'applici tion s'en fait d'elle-même i\ Salammbô et à la Tentation de sain Antoine. — Le sujet seul diffère; — mais les procédés son demeurés les mêmes; — et la conception d'art identique. — Li premier point est do s'abstraire de la réalité que l'on représente
— ot de n'en retenir, pour le peindre, que ce qui donnera li môme impression, — à tous ceux qui l'étudieront d'assez prè) [Cf. à ce sujet la discussion de Sainte-Beuve avec Flaubert sui Salammbô]. — Mais, en second lieu, la représentation devra êtn typique, — et non anecdotique; — ce qui est encore lo contraire du romantisme; — attendu que, si le romantisme a vu dans le carac tèro, ce qu'on pourrait appeler « l'accidentel » ou 1' « unique i [Cf. Notre-Dame de Paris, la Confession d'un enfant du siècle Colomba], — le caractère, pour Flaubert et pour le naturalisme, — comme pour la science de son temps, — a consisté dans l'élémenl durable et permanent des choses changeantes. «— On peut donc traiter lavenlure d'Iilmma Bovary comme on fait celle de la fllh d'ifamilcar; — et incarner, dans l'une comme dans l'autre, — toul un « moment » de l'histoire; — toute une famille de femmes; — el
LÀ LITTI^RATCnB MODBIIMI!
rclirer et s'isoler du inonde, k L'aclionl — écrit Michelet en 1866, — Voltaire, dans ses Letlres anglaises a di la grande parole, le moderne Symbole ; le but de thom, est Vaclion » [Cf. Histoire de France, t. XVI, 1" édîtioi 1866, pp. 426, 427]. El George Siiiul, à son tour, discd tant sur son art avec Flntiherl ; « Il faut écrire pour toi le monde, pour tout ce qui a besoin d'être est tout le secret de nos travaux persévérants et de noti amour de l'art. Qu'est-ce que cesl que l'art sans les rœt» on lesesprits où on le verse? » [Cf. George Sand, Cône» pondance, t. V, lettre d'octobre 1866, n" 616]. C'est que Leconte de I.isie et Flaubert n'ont pas voulu com
prendre;-
I dans la vi^-rité de cette leçon
que
totile une civilisation. — C'est ce que Fl.iubert entend pnr la dite du dessous n. — Enfin, et en troisième lieu, il faut commui à TcEUvre b la vie supérieure de la forme s ; — par le moyen d'o style n rythmé comme le vers et précis comme te Inogage de sciences u ; — dont le pouvoir ait quelque chose d'intrins^qui d'existant pur soi i ^ s indépendamment de ce que l'on dit > ; dont la beautO propre ait quelque chose d'analogue â celle d'm ligne; — qui est harmonieuse, gracieuse et Toluptueuae eu Et ce sont toutes ces exigences auxquelles s'est couformc Fiai bcrt, — dans Salammbâ comme dans Madame Bovary, et ds V Éducation sentimentale comme dans la Tentation de sa Antoine.
Mais que toutes les « réali^^ulions u de Flaubert, — â l'exccptl de Madame Bovary, — ont été gâtées par l'tnlcrvcnlion de l'aulc de Bouvard et Pécuchet; — dont l'ironie perp<!tuelte est une pi pi^tui^Ue dérogation au principe de l'impersonn alité de rartiale; et, ù ce propos, du pessimisme de Flaubert. — L'origine en • purement littéraire; — et il n'en veut â la vie el aux hommes, que de ne pas comprendre l'art comme lui-mCme [Cf. en Currespi fiance], — Qui; ce point de vue n'est légitime — qu'à lu vundili qu'où se renferme étroitement dans son art; — et qu'on n'en so: pas pour interpréter ou pour juger la v'ui. ~~ Flaubert n cru q\ n'y II an monde que l'art; — ce qui a d'ailli^ors été sa force; unis aussi sa faiblesse, à un autre poîui t]e vue, — parce qu'il a diiiiB lu vie iiulri- rlioso que 1 art. — lïtroitessc a cet égard dl
!'0«'i MANt'KI. PI*. L HISTOIRR DE LA LITTRIIATURB PRANÇAl
naturalisme, «iprrs avoir transformé lalittérature, a tro l<* ^rand obstacle a Ha propagation.
I)*«ititrrs romanciers en otfci l*ont compris, dont 1' iliicnct* a pour cette raison contrebalancé la leur, et prrniier ran^r Tauteiir de Y Histoire de Sibylle ^ 1862, et Mtinsiiuir de Camors^ 18G7. Mais les auteurs dramatiqpi r(»iit mieux compris encore, eux, dont nous avons vu q Tart s\'*v;uiouissait tout entier s'ils perdaient le conta du [HiMir. (( Combien de sots faut-il pour former i public? » demandait insolemment Chamfort. Il voula dire : combien de spectateurs de tout fige et de toni condition, qui ne sont point « artistes »? qui ont 1 droit de ne pas Tètro? que par conséquent la fonctio:
idrt'^ lit' Flaubert; — cl que, sans doute, elles n'ont pascontribu iiirdiorrotiu'iit à détourner de sa voie large, — le « naturalisme i vers des voies étroites. — Et que si ce mépris de tout ce qui n'es; pas l'art est du a romantisme », — on s'explique par là ce qu'il y i do (' rninaiitisnio » diins l'œuvre des derniers représentants du iiahiiMilMni'.
kV' Iii:s Œuvres. — Les Œuvres de Flaubert comprennent :
l^Si's romans : Madame Bovaiy^ 1856 [dans la Revue de Paris], et 1857, Michel Lévy; — Salammbô, 1862; — ^Éducation sentimontale, 1870; — la Tentation de saint Antoine ^ 1874 [dont les premiers fragments ont paru dans V Artiste, en 1856 et 1857]; — Trois contes, 1877; — et Bouvard et Pécuchet, 1881 [posthume et inachevé^.
2" Doux pièies de théâtre : le Candidat^ 1874; — et le Château des ('(furs, 1871).
o" Quelques opuscules, dont les plus importants sont sa lettre ù Saillie- Beuve, sur Salammbô ; — et la Préface pour les dernières chansons de Louis Bouilhet. Nous avons signalé l'intérêt de sa Concspondancc.
Les OEuvres complètes, moins la Correspondance, ont été réunies en sept volumes, in-8°, Paris, 1885, Quantin.